Le poids de la culture « allégée » au temps de la lipophobie ou la beauté comme un corset symbolique : le cas du Mexique
L'époque actuelle, très préoccupée de l'esthétisme corporel, a érigé la beauté au rang de critère de santé physique et mentale et a fait de la minceur un impératif en matière d'acceptation sociale. Dans un tel contexte, il paraît intéressant de savoir comment réagissent les femmes, cibles choyées des médias sur ces thèmes, à cette préoccupation incessante. Le présent article propose une discussion sur les processus identitaires mis en œuvre relativement aux exigences sociales sur l'apparence physique qui s'imposent aux femmes pour préserver une image positive d'elles-mêmes. Après plusieurs mois d'observation participante et d'entrevues réalisées dans un centre d'entraînement, une enquête a été menée auprès de 120 femmes de la capitale de l'État de Puebla, au Mexique, pour connaître leur représentation de l'apparence physique des femmes. Les résultats obtenus sur la perception des femmes grosses et des femmes minces mettent en évidence la façon dont sont incorporés divers éléments de violence symbolique qui agissent en fonction d'un discours présent dans divers espaces socioculturels et qui légitiment l'exercice de la discrimination et de l'oppression dans la vie quotidienne des femmes.