scholarly journals Expliquer, dépister et traiter médicalement les troubles du comportement des enfants et des adolescents

2007 ◽  
Vol 19 (2) ◽  
pp. 62-75 ◽  
Author(s):  
Denis Lafortune

L’INSERM a publié en France un rapport, Trouble des conduites chez l’enfant et l’adolescent, qui est ici abordé comme un cas type. Nous faisons une hypothèse selon laquelle le modèle biopsychologique véhiculé dans ce rapport représente bien les nouveaux paramètres nord-américains de recherche, explication et traitement des troubles mentaux. Il accorde un rôle central aux éléments suivants : troubles définis et diagnostiqués à partir de constellations de symptômes, susceptibilité génétique, déficits neurocognitifs, tempérament, environnement familial et social conçu comme des « stresseurs », dépistage à grande échelle à partir d’instruments simples et traitements multimodaux incluant thérapies cognitivo-comportementales et médicaments psychotropes.

Author(s):  
Charles D. Phillips ◽  
Kathleen M. Spry

RÉSUMÉTrès peu de recherches ont été effectuées sur les pensionnaires des maisons de soins ayant manifestés des troubles mentaux chroniques sans démence avant leur entrée en institution. Les données du Minimum Data Set for Nursing Home Resident Assessment and Care Screening (MDS) de 1993 ont été utilisées pouranalyser les différences dans les caractéristiques et les soins se rapportant à ce type de pensionnaires par rapport aux autres pensionnaires. Cette enquête portait sur 70 000 pensionnaires du Kansas, du Maine, du Mississippi et du Dakota du Sud. Les caractéristiques des pensionnaires qui éprouvaient ce type de troubles mentaux chroniques étaient plus fréquemment les suivantes: sexe masculin, 65 ans et plus, bénéficiaires de Medicaid, moins médicalement inaptes et niveau plus élevé de problèmes de comportements. Ces pensionnaires reçoivent aussi davantage de médicaments psychotropes et suivant une thérapie, la prévalence de la thérapie étant cependant moins éleveé. Les informations recueillies pourraient laisser croire que les soins accordés à ces pensionnaires ne sont pas des plus appropriés.


2007 ◽  
Vol 26 (2) ◽  
pp. 106-131 ◽  
Author(s):  
Frank Vitaro ◽  
Muriel Rorive ◽  
Mark Zoccolillo ◽  
Elisa Romano ◽  
Richard E. Tremblay

Résumé Cet article examine la cooccurrence de trois types de problèmes d'adaptation à l'adolescence : la consommation problématique de psychotropes, les troubles du comportement (trouble oppositionnel et trouble des conduites) et les sentiments dépressifs (dépression et dysthymie). Il examine aussi les caractéristiques comportementales et sociofamiliales qui, au cours de l'enfance, distinguent les jeunes avec plusieurs problèmes d'adaptation de ceux avec un seul problème ou aucun problème. Plus de 1600 jeunes de toutes les régions du Québec ont participé à l'étude. Ces jeunes étaient âgés en moyenne de 15,7 ans lorsqu'ils ont participé à une entrevue visant à déterminer la présence possible d'une consommation problématique de psychotropes, de problèmes de comportement et de sentiments dépressifs. Leurs caractéristiques comportementales et sociofamiliales avaient été évaluées au préalable (entre l'âge de 6 et 12 ans) à l'aide de questionnaires remplis par les parents et les enseignants. Les résultats révèlent que près de 10 % des jeunes éprouvent deux ou trois problèmes d'adaptation. Ces jeunes se distinguent de ceux avec un seul problème sur diverses dimensions personnelles et sociofamiliales au cours de l'enfance. Les jeunes avec un seul problème représentent un peu plus de 25 % de l'échantillon. À leur tour, ils se distinguent du groupe sans problème sur plusieurs variables. Le groupe des jeunes qui affichent seulement un problème de consommation de psychotropes fait toutefois exception. La discussion souligne l'importance de connaître s'il y a présence simultanée de plusieurs problèmes et propose d'intervenir préventivement auprès des jeunes qui risquent de présenter plusieurs problèmes.


2013 ◽  
Vol 38 (1) ◽  
pp. 259-278
Author(s):  
Michel Perreault ◽  
Djemaâ-Samia Mechakra-Tahiri ◽  
Marie-Josée Fleury ◽  
El Hadj Touré ◽  
Emma Mitchell ◽  
...  

L’article examine les associations entre l’exposition élevée aux médicaments psychotropes, la présence d’un diagnostic de trouble mental et les caractéristiques sociodémographiques chez la population adulte. Un questionnaire a été passé par entrevue auprès de 2433 personnes de 15 ans et plus dans le cadre de l’enquête ZEPSOM (zone épidémiologique du sud-ouest de Montréal). Les déterminants de leur consommation de psychotropes ont fait l’objet d’analyses bivariées et de régression logistique multivariée. Une association bivariée significative a été observée entre la consommation de somnifères, d’anxiolytiques et d’antidépresseurs et être plus âgé, être une femme, vivre seul, avoir un niveau d’instruction et de revenu faible, de ne pas avoir occupé un emploi au cours des 12 mois précédant l’enquête et présenter un trouble mental. Une exposition élevée aux différents médicaments psychotropes (trois ou plus) a été rapportée chez 3,1 % des répondants. Toutes choses étant égales, elle augmente avec l’âge, le fait de vivre seul, ne pas avoir occupé d’emploi au cours de la dernière année et de présenter un trouble mental. Les résultats suggèrent la nécessité de considérer l’isolement social et la prévalence des troubles mentaux pour contextualiser l’exposition élevée aux médicaments psychotropes puisque la polypharmacie peut présenter des risques importants si elle ne s’inscrit pas dans la logique d’un protocole d’intervention clinique cohérent.


2020 ◽  
Vol 8 (3) ◽  
pp. 183-189
Author(s):  
I.O. Aina ◽  
Y.T. Israel-Aina

Background:This study documented the usage of psychotropics in patients presenting with psychiatric emergencies. The usage of psychotropic medications has to do with the prescription pattern of the clinicians in any setting. Materials & Methods: A retrospective study carried out at the University of Benin Teaching Hospital Case notes of patients who presented withpsychiatric emergencies were retrieved, data extracted and analyzed. Results: A total of one hundred and fourteen patients were studied over a 10 year period. Most patients (82.5%) were diagnosed with psychotic disorders. Antipsychotics accounted for 67.5% of all prescriptions. Chlorpromazine was the most commonly prescribed oral psychotropic (22.8%). Mood stabilizers were 12.3% while antidepressants were 12.3% of all prescriptions. Parenteral psychotropics were used more as combination (60.5%) than as single parenteral medication (14.0%). Commonest combination of parenteral psychotropic was Chlorpromazine and Diazepam. Long-acting medications commonly used were Fluphenazine Decanoate (20.8%) and Flupenthixol Decanoate (17.4%). Conclusion: Oral antipsychotics were more prescribed with Chlorpromazine and Haloperidol as commonest. Amitriptylline was the commonest antidepressant prescribed while Chlorpromazine and Diazepam were the commonest parenteral psychotropic used. Fluphenazine Decanoate and Flupenthixol Decanoate were the commonest long-acting parenteral medications prescribed Keywords: Psychotropics, prescription pattern, psychiatric emergency, Nigeria. French title: L'utilisation de médicaments psychotropes pour les urgences psychiatriques dans un tertiaire centre de soins de santé au Nigéria Contexte général de l'étude : Les médicaments psychotropes sont des médicaments utilisés pour traiter les troubles mentaux. L'utilisation de médicaments est liée au modèle de prescription des cliniciens dans n'importe quel contexte. Ainsi, cette étude a documenté l'utilisation des psychotropes chez les patients présentant des urgences psychiatriques.Matériaux et méthodes de l'étude : Étude rétrospective qui a été effectuée à l'unité des accidents et d'urgence de l'Université du Bénin Centre hospitalier universitaire, Ville Bénin. Les notes de cas des patients qui ont présenté des urgences psychiatriques ont été récupérées, les données extraites et analysées.Résultats de l'étude : Cent quatorze patients ont été étudiés. La plupart des patients (82,5%) ont reçu un diagnostic de troubles psychotiques. Les antipsychotiques représentaient 67,5% de toutes les ordonnances. La chlorpromazine était le psychotrope oral le plus couramment prescrit (22,8%). Les stabilisateurs de l'humeur représentaient 12,3% tandis que les antidépresseurs représentaient 12,3% de toutes les ordonnances. L'antidépresseur le plus couramment prescrit était l'amitriptylline. Les psychotropes parentéraux ont été plus utilisés en association (60,5%) qu'en médicament monoparental (14,0%). L'association la plus courante de psychotropes parentéraux était la chlorpromazine et le diazépam dans 55,7% des cas. Les médicaments à action prolongée couramment utilisés étaient le décanoate de fluphénazine (20,8%) et le décanoate de flupenthixol(17,4%).Conclusion: Les antipsychotiques oraux étaient plus prescrits, la chlorpromazine et l'halopéridol étant les médicaments les plus couramment utilisés. L'amitriptylline est l'antidépresseur le plus courant, tandis que la chlorpromazine et le diazépam étaient les psychotropes parentéraux les plus couramment utilisés. Le décanoate de fluphénazine et le décanoate de flupenthixol étaient les médicaments parentéraux à action prolongée les plus couramment prescrits. Mots-clés : Psychotropes, utilisation, e psychiatrique Mergency, Nigéria


2015 ◽  
Vol 30 (S2) ◽  
pp. S138-S138
Author(s):  
C. Neri ◽  
I. Needham

Les personnes incarcérées présentent plus de problèmes de santé mentale que la population générale. L’environnement carcéral en soi peut provoquer des troubles mentaux et un haut niveau de stress mais, pour beaucoup de détenus, les troubles mentaux étaient préexistants à l’incarcération. Actuellement, les soins dispensés dans les prisons sont au centre d’enjeux sociopolitiques importants, ils représentent une opportunité d’améliorer la santé mentale des personnes incarcérées. Le but de cette étude est de constater la santé mentale des personnes incarcérées ainsi que leur perception du stress et d’explorer les relations entre leur santé mentale, leur perception du stress et leurs caractéristiques sociodémographiques. Cette étude descriptive exploratoire a inclus 40 personnes incarcérées en détention avant jugement dans une prison préventive de Suisse selon une méthode d’échantillonnage non probabiliste par convenance. Les trois instruments utilisés afin de collecter les données sont l’échelle HoNOS-Secure-F, l’échelle du stress perçu et un questionnaire sociodémographique. Les résultats montrent que les domaines obtenant les scores les plus élevés au niveau de la santé mentale concernent les problèmes sociaux et les troubles du comportement. Les détenus présentant la plus mauvaise santé mentale sont incarcérés pour des délits relatifs aux mœurs. Les détenus souffrant d’antécédents psychiatriques présentent plus de problèmes sociaux durant leur détention. Les détenus souffrant de troubles liés à la consommation de substances ainsi que de troubles cognitifs ont la fréquence la plus élevée d’incarcérations. Dans cette étude, la santé mentale est associée de manière statistiquement significative avec le stress perçu. Les résultats de cette étude, discutés d’après le modèle conceptuel pour la promotion de la santé mentale et la prévention des troubles mentaux permettent de constater que les personnes incarcérées présentent un cumul de facteurs de risque pour la santé mentale, alors que les facteurs protecteurs de la santé mentale sont peu présents en milieu carcéral.


2013 ◽  
Vol 28 (S2) ◽  
pp. 27-27
Author(s):  
H. Cavard ◽  
B. Martin ◽  
G. Lesca ◽  
G. Saucourt ◽  
A. Rafat ◽  
...  

Nous rapportons le cas d’un jeune patient âgé de 22 ans, adressé à notre consultation devant un tableau de schizophrénie atypique, pour recherche d’un diagnostic différentiel. L’histoire neurodéveloppementale révèle des troubles des apprentissages mis en évidence à l’entrée en primaire avec une dyslexie, une dyspraxie, des troubles attentionnels avec comportements oppositionnels. Après une classe de 6e difficile, le patient est orienté vers un apprentissage en alternance et obtient un CAP en mécanique automobile. La première décompensation psychotique a lieu à l’âge de 20 ans dans un contexte de surmenage. Le tableau clinique est dominé par une dissociation psychique avec hermétisme. Le patient est très agressif et mégalomaniaque. Il présente des crises clastiques difficilement contrôlables. Devant la coexistence de troubles importants du comportement, d’une grande taille (202 cm), de doigts courts et d’une dysmorphie faciale (rétraction de l’étage moyen du visage avec prognatisme), un caryotype est effectué avec mise en évidence d’une aneuploïdie de type 47,XYY. La revue de littérature portant sur les liens entre les troubles du comportement avec troubles neurocognitifs et l’aneuploïdie de type XYY sont bien documentés. Les liens avec la schizophrénie sont plus contradictoires. Le repérage des affections gonosomiques est important en population souffrant de troubles mentaux atypiques afin de mieux caractériser les troubles cognitifs qui y sont associés et qui pourraient avoir un rôle dans les manifestations comportementales. Chez ce patient, la remédiation cognitive a eu un impact très positif sur les manifestations comportementales. Une telle prise en charge serait donc à envisager chez les patients porteurs d’aneuploïdie avec troubles cognitifs caractérisés.


2015 ◽  
Vol 30 (S2) ◽  
pp. S71-S71 ◽  
Author(s):  
C. Galéra ◽  
M. Bouvard

Chez les enfants d’âge préscolaire, les comportements agressifs et externalisés sont fréquents. Alors que ces comportements diminuent progressivement avec l’âge pour la majorité des enfants, une minorité d’enfants (< 10 %) va garder de façon persistante des niveaux élevés de comportements agressifs à l’âge de six ans. Au niveau de la nosographie, les troubles du comportement externalisés comprennent le trouble oppositionnel avec provocations (TOP), le trouble des conduites (TC) et le trouble déficit de l’attention/hyperactivité (TDA/H). Malgré leurs limites chez les moins de six ans, les classifications diagnostiques restent incontournables puisqu’elles permettent la reconnaissance du caractère pathologique et la mise en place d’interventions thérapeutiques. Il s’agit d’interventions variées s’inscrivant dans un contexte de prise en charge globale et multidisciplinaire, s’adressant à la fois aux enfants et aux parents. L’outil thérapeutique privilégié chez les moins de 6 ans est la psychoéducation parentale. Parmi les interventions prometteuses, les programmes d’interventions scolaires ont une place de choix.


2007 ◽  
Vol 33 (1) ◽  
pp. 109-126
Author(s):  
Michèle Déry ◽  
Mélanie Lapalme ◽  
Jean Toupin ◽  
Pierrette Verlaan ◽  
Robert Pauzé

Résumé L’article porte sur les caractéristiques familiales et sociales qui distinguent des élèves présentant des troubles du comportement au primaire (n=306) d’élèves non à risque (n=101). Ces caractéristiques sont examinées selon la nature et la sévérité des problèmes comportementaux présentés, c’est-à-dire selon qu’ils répondent ou non aux critères diagnostiques d’un trouble déficitaire de l’attention/hyperactivité, d’un trouble de l’opposition avec provocation ou d’un trouble des conduites. Les résultats indiquent que les élèves qui ont ces problèmes ne se distinguent pas tous du groupe témoin, ni ne s’en différencient sur les mêmes caractéristiques sociales et familiales. Ces résultats suggèrent des interventions distinctes pour ces sous-groupes.


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