scholarly journals Note sur les enjeux de la prise en charge de l'enfance délinquante et en danger au XIXe siècle

2002 ◽  
pp. 129-138 ◽  
Author(s):  
Jean-Marie Fecteau

RÉSUMÉLa mise en place, en Occident, des premières politiques de prise en charge de l'enfance abandonnée et de la délinquance juvénile présente des traits généraux qui transcendent les États et les pays. Sans minimiser le caractère particulier du développement des politiques nationales en la matière, force est de constater que, dans chaque cas, une série d'enjeux remarquablement similaires se manifestent. Ainsi, on peut déceler un rythme commun à ces réformes, rythme modulé sur une série de ruptures significatives tant dans le regard porté sur l'enfance que dans les stratégies de prise en charge. Mais au-delà d'une certaine synchronie de développement, une série de questions communes se posent qui interrogent tant les frontières du pénal et du charitable que celles du privé et du public dans la mise en œuvre des politiques.

2019 ◽  
Vol 140 (1-2) ◽  
pp. 43-84
Author(s):  
Manuela Martini

Résumé L’association entre industrie de la construction et sous-traitance est une évidence à la fin du XIXe siècle, tout comme aujourd’hui. Pourtant l’histoire des mutations du statut du sous-traitant et des formes du travail au forfait dans le bâtiment au début du XXe siècle est encore peu étudiée. Pour aborder cette question, cet article prend pour objet un virement institutionnel majeur dans la définition du « tâcheron » en France : la réforme sur les abus du marchandage dans la seconde moitié des années 1930. Ce dispositif classifie et ordonne les relations entre les acteurs économiques aux intérêts divergents impliqués dans la chaîne de la sous-traitance : maître d’ouvrage, maître d’œuvre, sous-traitant, ouvriers travaillant pour le sous-traitant. Formalisant l’état des lieux de la jurisprudence et détaillant les modalités de la mise en œuvre du marchandage, il permet ainsi de s’interroger sur les caractères marquants d’une forme clé d’organisation du travail de la deuxième industrialisation.


2002 ◽  
Vol 57 (6) ◽  
pp. 1521-1557 ◽  
Author(s):  
Alain Cottereau

RésuméL’émancipation ouvrière, à la suite de la Révolution française, loin d’être une formule creuse, a donné lieu à des exigences efficaces de bon droit et s’est traduite en pratiques jurisprudentielles locales. L’article décrit un double phénomène: la mise en œuvre de cette émancipation, puis sa dénégation soudaine durant les années 1880-1890, un « coup de force dogmatique » tenant pour nulles et non avenues neuf décennies de droit des ouvriers, pour lui substituer le « droit du travail ». Au lieu du principe de bilatéralité des volontés libres, s’instaura un principe de protection en contrepartie d’une subordination industrielle impérative.


Author(s):  
Adama Aly Pam

Quel est le rôle et la place de la médecine coloniale dans l’expansion et la mise en œuvre du nouvel impérialisme français en Afrique dans les premières années du XIXe siècle ? Quel est l’impact des épidémies dans la construction et l’établissement de l’ordre colonial ? L'article tente de mettre en évidence les facteurs historiques, sociaux et idéologiques qui sous-tendent les crises sanitaires dans le nord du Sénégal durant la seconde moitié du XIXe siècle, à travers l’étude de l'épidémie de choléra de 1868.


2005 ◽  
Vol 23 (3) ◽  
pp. 361-385 ◽  
Author(s):  
Marcel Fournier

Objet de nombreuses études, le processus de constitution de nouveaux savoirs ou de nouvelles compétences est assimilé tantôt au mouvement de « professionnalisation », tantôt à l'organisation de disciplines scientifiques, mais dans l'un (sociologie des professions) et l'autre cas (sociologie de la science), ce processus est identifié à la constitution d'un corps de spécialistes et à leur insertion en milieu universitaire : les conditions institutionnelles ou les étapes d'institutionnalisation d'une discipline sont invariablement la délimitation des frontières de la discipline, l'organisation d'institutions d'enseignement et de recherche, la constitution de réseaux ou plus largement d'une « communauté » de collègues en contact les uns avec les autres, la formalisation des règles d'accès à la carrière scientifique, etc. Il faut cependant reconnaître que, parce qu'elle exige la mobilisation de ressources humaines et financières, toute transformation de la division sociale du travail intellectuel qu'entraînent l'apparition et l'organisation d'une nouvelle discipline ne repose pas sur la seule force de P« idée » nouvelle ou sur la seule énergie de quelques individus d'exception. Pour la période contemporaine, en particulier pour la période qui correspond à la modernisation du système universitaire et qui date, en Europe et en Amérique du Nord, de la seconde moitié du XIXe siècle, une telle modification n'est nullement indépendante de transformations de la structure sociale elle-même, en particulier de la montée de nouvelles classes dirigeantes qui identifient leur mobilité au « progrès », à la « modernité » et à la « science », et qui souvent s'associent à des mouvements de réformes sociales. Dans le cas de la sociologie aux États-Unis, il ne fait aucun doute, comme le montre Oberschall, que sa naissance et son développement rapide sont provoqués par la prise de conscience et la prise en charge, d'abord par des institutions privées et ensuite par l'État lui-même, des «problèmes sociaux» (pauvreté, hygiène, criminalité, urbanisation, etc.) qu'entraîne l'industrialisation et qui suscitent l'organisation de mouvements réformistes habituellement animés par des membres des classes supérieures. ' Fille de la modernité, la sociologie en est à la fois le témoin, l'analyste et (parfois) le critique. Dans le cas d'une société telle que le Québec dont le développement économique est largement dépendant, Le. fonction de capitaux étrangers, la mobilité et la mobilisation de la bourgeoisie francophone n'ont été, de la seconde moitié du XIXe siècle jusqu'aux années de la Crise, que partielles et n'ont pas permis, à travers des mouvements de réforme, la véritable modernisation du système universitaire francophone. Le développement de la sociologie sera certes lié à un mouvement social de modernisation, mais le contexte politique (de lutte contre le Duplessisme) et aussi la composition de ce mouvement, plus étroitement lié aux classes moyennes et populaires, seront différents : à la fois cette conjoncture spécifique et les caractéristiques sociales de ceux qui s'intéressent à cette discipline donneront à son développement un rythme et une forme particuliers.


Author(s):  
Julien Zanetta

Avant qu’il ne qualifi e un tour de phrase banal, une idée éculée ou préfabriquée,le poncif tire son origine des arts visuels. Il s’agit, techniquement, d’unmoyen de transfert. Cet article se propose de revenir aux origines proprementvisuelles du poncif et de voir comment, au xixe siècle, la critique d’art en a faitusage. À partir de la défi nition du Salon de 1846 de Charles Baudelaire, on observeracomment cette exaspération à l’égard du trop connu a été mise en oeuvre parle critique d’art, contemporain et ami de Baudelaire, Théophile Silvestre, et lesfrères Goncourt, dans Manette Salomon.


2019 ◽  
Vol 58 (3) ◽  
pp. 242-250
Author(s):  
Anatole Le Bras

La colonie pour jeunes garçons de l’asile de Vaucluse, créée en 1876, est une institution méconnue et pourtant pionnière de l’investissement du champ de l’enfance par l’aliénisme de la fin du XIXe siècle. L’étude de la population des « colons » montre que l’établissement était un lieu de prise en charge pour des enfants et adolescents atteints de formes de déficience mentale légères et présentant des parcours d’inadaptés, donnant souvent dans la délinquance. Si la colonie n’était pour certains qu’un lieu de passage temporaire, d’autres y entamèrent de longues carrières asilaires, ici abordées à travers deux études de cas de trajectoires de patients.


Author(s):  
Jean Blancou

A partir des nombreux documents existants sur l'histoire de la peste bovine, il est possible de décrire avec précision quelles ont été, depuis l'Antiquité jusqu'au XIXe siècle, les modalités pratiques de surveillance et de contrôle de cette maladie. La surveillance est basée sur un diagnostic clinique, nécropsique et expérimental ainsi que sur la connaissance des conditions de l'infection : étiologie, pathogénie, espèces sensibles, matières virulentes, mode de contagion, durée d'incubation, etc. Les données historiques sont rassemblées, comparées et commentées pour chacun de ces points. La lutte était fondée sur l'application des mesures de prophylaxie sanitaire ou médicale : tentative de vaccination et de traitement. Une étude de ces méthodes permet de comparer leur efficacité et de décrire les grandes étapes de leur mise en oeuvre.


2010 ◽  
Vol 65 (3) ◽  
pp. 713-742 ◽  
Author(s):  
Dinah Ribard

RésuméL’histoire du travail, y compris lorsqu’elle s’intéresse aux élaborations écrites des travailleurs sur leur expérience ou lorsqu’elle réfléchit à la production du concept de travail, et l’histoire des professions intellectuelles, des savoirs ou des disciplines, qui tend à être une histoire du travail intellectuel, ne se rencontrent guère. Le propos de cet article est de réduire cet écart entre deux usages historiens du même terme – travail – en faisant jouer ensemble des sources sur la mise en œuvre politique et réglementaire du travail intellectuel comme travail, sur la transformation de la pensée du travail vécu comme travail intellectuel, et sur la production de formes de travail intellectuel qui se donnent pour objet le travail des autres, voulu le plus simple possible. Des tailleurs qui produisent dans les années 1830 une « science des tailleurs » bien plus strictement professionnelle que celle que propose le plus ancien livre de patrons encore lu par eux (1670), l’association dans les années 1770 d’un marchand de vernis et d’un avocat auteur d’un projet de mont-de-piété dans un même travail intellectuel sur le travail des autres, des règlements royaux et des recueils commentés de documents issus des mondes artisans datant du XVIIIe siècle: ces sources, prises ensemble, montrent la socialisation des processus de structuration par le travail de la société française entre fin de l’Ancien Régime et début du XIXe siècle.


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