scholarly journals Émotions fortes et constructionnisme faible

2002 ◽  
Vol 26 (1) ◽  
pp. 1-33 ◽  
Author(s):  
Luc Faucher
Keyword(s):  

RÉSUMÉ De l'avis de plusieurs, il existe une tension entre le modèle « naturaliste » des émotions qui inspire les psychologues évolutionnistes et le modèle des constructionnistes sociaux. D'un côté, il semble que les émotions sont innées, rigides et panculturelles ; de l'autre, elles sont conçues comme des artefacts culturels, changeant au gré des arrière-plans culturels. Nous examinons chacune des deux approches et montrons que l'approche naturaliste n'est pas incompatible avec une forme de constructionnisme faible, en ce que la première peut tenir compte d'un certain degré de plasticité. Nous soutenons qu'en fait les deux courants devraient être vus comme offrant des points de vue différents, mais complémentaires, sur les mêmes phénomènes. Cependant, une part du domaine des émotions étudiée par les constructionnistes échappe aux efforts d'intégration. Une façon de remédier à la situation est de proposer un réaménagement conceptuel du domaine. Par exemple, Griffiths (1990, 1997) propose que la solution passe par l'élimination du concept d’« émotion ». Quoique notre investigation des différentes formes d'émotions suggère un certain scepticisme concernant l'utilité théorique du concept d’« émotion », nous croyons qu'il est trop tôt pour en annoncer la mort.

1989 ◽  
Vol 8 ◽  
pp. 61
Author(s):  
Ηλίας ΑΝΑΓΝΩΣΤΑΚΗΣ
Keyword(s):  

&nbsp; <p>Ilias Anagnostakis</p><p>Notes de g&eacute;ographie historique </p><p>Dans la premi&egrave;re note nous passons en revue les identifications propos&eacute;es des toponymes Aqrita et Ikritiya, ville ou r&eacute;gion des fronti&egrave;res arabo-byzantines et mentionn&eacute;es par les chronographes arabes. La th&egrave;se de Gr&eacute;goire, &agrave; savoir qu'il s'agirait d'un &laquo;th&egrave;me&raquo; akritique (Lykandos ou autre) fut g&eacute;n&eacute;ralement accept&eacute;e. Partant du principe que la nature des textes s'offre &agrave; plusieurs interpr&eacute;tations, et rapprochant le toponyme arabe &agrave; L'&laquo;'E&kappa;&rho;&eta;&tau;&iota;&kappa;ὴ&raquo; de Ptolem&eacute;e, &agrave; Agritice de Plinie ou Egriwike, pays des Egres de Colchis de la G&eacute;ographie arm&eacute;nienne, nous croyons que Aqrita ou Ikritiya proviendrait &eacute;ventuellement d'une confusion entre la capitale du th&egrave;me de &laquo;Chaldie&raquo;, Trapezous, avec Ἐ&kappa;&rho;&eta;&tau;&iota;&kappa;ὴ ou Agritice et la ville Takrit en Chald&eacute;e de M&eacute;sopotamie.</p>Dans la deuxi&egrave;me note nous examinons sous un angle &eacute;tymologique le toponyme Voulkano de Mess&eacute;nie du P&eacute;loponn&egrave;se. Apr&egrave;s une courte esquisse historique annot&eacute;e des etymologies propos&eacute;es, Voulkano est interpr&eacute;t&eacute; comme toponyme anthroponymique d'origine slave. Nous croyons voir dans la famille des &laquo;Esclavons&raquo; La Vulge ou &Lambda;&iota;&alpha;&beta;&omicron;ύ&lambda;(&rho;)&kappa;&omicron;&iota; la premi&egrave;re mention historique (13&egrave;me s.) en P&eacute;loponn&egrave;se d'un nom, qui aurait pu se trouver &agrave; l'origine de Voulkano.


2017 ◽  
Vol 46 (2) ◽  
pp. 397-419
Author(s):  
Denis Cousineau ◽  
Bradley Harding

Les statistiques sont une matière notoirement difficile à enseigner aux étudiants des sciences humaines. L’anxiété statistique, une forme d’anxiété bien documentée chez ces étudiants, est présente dès le début du cours et explique donc une partie des difficultés rencontrées par ces étudiants. Cependant, nous croyons que l’anxiété statistique est la conséquence plutôt que la source de ces difficultés. Pour enclencher une discussion qui, à terme, pourrait bonifier la façon d’enseigner les statistiques dans les sciences humaines, nous examinons ici trois causes qui pourraient expliquer cet anxiété. D’une part, les humains ont très peu d’intuition du hasard (comme le montrent les études sur les jeux d’argent dans lesquels des conceptions erronées sont dévoilées), et donc, les notions de distribution et d’échantillonnage restent des concepts opaques pour plusieurs. De plus, certains concepts statistiques reposent sur des raisonnements « méta-statistiques » dans lesquels il faut concevoir des statistiques sur des statistiques. Finalement, la notion de prise de décision dans un contexte où l’information est partielle et incertaine est souvent mal comprise. Dans ce texte, nous précisons ces trois difficultés et suggérons des recommandations pour en amoindrir les conséquences. Cependant, les pistes présentées ici nécessitent d’être validées par des études formelles; ce texte se veut avant tout un catalyseur de discussions visant l’amélioration de l’état de nos classes de méthodes quantitatives.


2007 ◽  
Vol 14 (1) ◽  
pp. 33-56
Author(s):  
Michaël La Chance

RÉSUMÉ Chez Foucault le pouvoir est d'abord pensé comme déploiement de la visibilité et comme inscription des corps. On voit dans une première partie comment les figures de l'autorité disparaissent, laissant place à un espace de dispersion où s'estompe la figure de l'homme comme effet passager d'une discontinuité entre le savoir et le pouvoir. Si le pouvoir est invisible lorsqu'il se confond avec l'adéquation à soi du savoir, c'est dans un effet de résistance que se constituent nos expériences qui sont à la fois événements et significations : dans une deuxième partie nous reprenons la question du pouvoir à partir de l'impuissance du sujet à fonder son expérience, la perte de l'intériorité, la difficulté de la contestation, la perte de la profondeur, la perte du corps comme « propre » qui est aussi perte de l'excellence inhérente à tout être humain et du sexe comme affirmation de la différence (ou d'une identité). Nous croyons toujours opposer une nature intacte au déploiement du pouvoir. Nous examinons comment nous croyons trouver cette nature dans ce que nous caractérisons comme sujet de la contestation, peuple-substrat, corps-rebelle ou sexe-nature. Mais - nous le voyons dans la troisième partie - ces natures sont toujours « informées » par le pouvoir. C'est pourquoi, dans ce qui oppose une résistance au pouvoir, tels les expériences de la contestation sociale, de la sexualité et aussi du redoublement et de la transgression dans le langage, on retrouve les mêmes figures de déploiement qui caractérisent un pouvoir qui se redouble en lui-même et se dissémine dès qu'il rencontre des résistances, pour informer celles-ci. Car chez Foucault, l'expérience est une structure tripartite qui met en relation savoir, pouvoir et subjectivité.


1965 ◽  
Vol 5 ◽  
pp. 136
Author(s):  
J. Dommanget
Keyword(s):  

Au cours de recherches bibliographiques diverses, nous avons remarqué que bien des observateurs se sont servis et se servent encore de formules par trop approximatives pour calculer – lorsqu’ils le font – les erreurs moyennes affectant leurs mesures.Nous croyons important et opportun de rappeler ici la formule correcte dont nous avons donné une démonstration à une autre occasion (1959).


1966 ◽  
Vol 21 (6) ◽  
pp. 1189-1211 ◽  
Author(s):  
A. Emmanuel
Keyword(s):  

On serait tenté de souscrire à l'affirmation de Schumpeter, à savoir que « l'abîme qui sépare Marx de Keynes est… beaucoup moins large que celui qui sépare Marx de Marshall et de Wicksell ». Mais un « abîme moins large » n'en demeure pas moins un abîme et les diverses tentatives faites jusqu'ici, à partir des deux bords, en vue d'y jeter la passerelle de 1' « Économie généralisée », ne semblent pas très réussies.Une de ces tentatives est représentée par un exposé remarquable que l'économiste marxiste, Paul Boccara, a fait à l'École Pratique des Hautes Études à la Sorbonne, dans lequel un effort systématique a été déployé pour faire converger les deux doctrines. Bien sûr, Boccara ne met les deux doctrines en parallèle que sur un point précis, ce que Marx appelle la surproduction de capital. Nous supposons en outre qu'il admette que dans l'ensemble, et hormis ce point particulier, les deux systèmes soient fondamentalement différents et irréductibles. Mais nous croyons que même sur ce chapitre, et peut-être sur celui-là encore plus que sur certains autres, l'incompatibilité des prémisses interdit certains rapprochements et c'est ce que nous nous proposons de démontrer.


2014 ◽  
Vol 38 (2) ◽  
pp. 229-246 ◽  
Author(s):  
Montserrat Ventura i Oller ◽  
Alexandre Surrallés ◽  
Maite Ojeda Mata ◽  
Josep Lluis Mateo Dieste ◽  
Mònica Martínez Mauri ◽  
...  

Dans cet article, nous montrons que si les populations humaines se sont toujours déplacées et mélangées, les transgressions des frontières socioculturelles n’ont pas nécessairement engendré de nouvelles catégories relevant du mélange. Nous expliquons comment l’apparition (ou non) de ces dernières est liée aux structures sociopolitiques, aux ontologies, aux conceptions de la parenté et de la procréation propres aux différents groupes humains, en partant du processus historico-politique qui a donné origine à la catégorie hispano-américaine du mestizo. Outre l’étude de la société hispano-américaine coloniale, nous examinons les cas de la République d’Argentine, de trois sociétés indiennes d’Amérique latine (Kuna, Tsachila et Candoshi), du nationalisme catalan vis-à-vis des migrants internes espagnols, de la société Chamorra des Îles Mariannes, des habitants des oasis du sud du Maroc et de la société de castes du Nord de l’Inde. Notre objectif est d’identifier dans quelles circonstances les catégories « mixtes » sont politiquement inacceptables ou logiquement inconcevables. Ce faisant, le texte révèle aussi que, si la catégorie de métis n’est pas naturelle, sa naturalisation n’est pas non plus universelle.


2008 ◽  
Vol 43 (3) ◽  
pp. 55-69
Author(s):  
Jonathan Livernois
Keyword(s):  

Résumé Même si Milan Kundera insiste sur la tâche du roman qui consiste à détruire tous les mythes, nous croyons que cette entreprise ne peut y être menée à terme. Dans un monde où toute valeur transcendantale aurait été annulée, où tout aurait été banalisé, le personnage romanesque trouverait difficilement sa voie. C’est ainsi que des éléments sacrés (des mythes et des scènes bibliques), dont la présence n’est pas seulement ironique, donnent de l’ampleur à la vie des personnages de Kundera, les enrichissent d’une tradition mythique qui balise le récit. Deux personnages de L’insoutenable légèreté de l’être en sont de bons exemples : le personnage principal, Tomas, est tiraillé entre deux mythes (la naissance de Moïse et l’Androgyne du Banquet) qui organisent sa vie ; Iakov Staline, qui n’apparaît que brièvement dans le roman, y vit une tension analogue (entre sa vie misérable et son statut « divin ») qui se révèle mortifère.


2009 ◽  
Vol 42 (4) ◽  
pp. 881-910 ◽  
Author(s):  
J. Stephen Ferris ◽  
Marcel-Cristian Voia

Abstract. In this paper we examine the length of political tenure in Canadian federally elected parliamentary governments since 1867. Using annual data on tenure length, we categorize the distribution of governing tenures in terms of a hazard function: the probability that an election will arise in each year, given that an election has not yet been called. Structuring the election call as an optimal stopping rule, we test whether that distribution responds predictably to characteristics of the political and/or economic environment. The results of using the continuous Cox and Gompertz models together with the discrete semi-parametric proportional hazard model suggest that governing parties in Canada do engage in election timing and that the only economic policy measure that is used consistently in conjunction with election timing is fiscal expenditure.Résumé. Dans cet ouvrage, nous examinons la durée d'un régime parlementaire canadien depuis la Confédération de 1867. Nous utilisons des données annuelles et nous représentons la distribution de durée de vie d'un gouvernement par une fonction de hazard, c'est-a-dire, la probabilité qu'une élection soit déclenchée durant une année spécifique étant donné qu'elle ne l'a pas encore été jusqu'à présent. Nous modélisons un déclenchement d'élection par une règle d'arrêt optimal el nous testons si la distribution dépend des caractéristiques de l'environnement politique et économique tel que prédit selon la théorie. Nous résultats basés les modèles de hazard proportionnel continu de type Cox et Gompertz et discret semi-paramétrique révèlent que les partis fédéraux au pouvoir au Canada choisissent le moment opportun pour déclencher une élection. De plus, les dépenses fiscales sont la seule variable de politique économique qui y soit systématiquement relié.


2008 ◽  
Vol 83 (2) ◽  
pp. 201-226
Author(s):  
Jean-François L’Her ◽  
Cécile Le Moigne ◽  
Patrick Savaria
Keyword(s):  

Résumé Nous examinons l’importance relative des effets pays et secteurs dans l’explication des différences de rendements des actions des marchés développés au cours de la dernière décennie. Utilisant une méthodologie similaire à Heston et Rouwenhorst, nous mettons en évidence que les effets secteurs ont dominé les effets pays depuis 1998, pour culminer en 2001, et diminuer sans cesse depuis. L’exclusion des États-Unis ou des secteurs TMT (technologies, médias et télécommunications) mène à une augmentation de l’importance des effets pays et une réduction de l’importance des effets secteurs. Toutefois, cela ne modifie pas notre conclusion générale. L’effet associé aux devises accentue l’importance relative des effets pays et ne modifie pas les effets secteurs. Depuis 1998, la diversification selon la dimension sectorielle aurait été plus avantageuse que la diversification selon la dimension pays.


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