scholarly journals Déploiement et résistances chez Foucault

2007 ◽  
Vol 14 (1) ◽  
pp. 33-56
Author(s):  
Michaël La Chance

RÉSUMÉ Chez Foucault le pouvoir est d'abord pensé comme déploiement de la visibilité et comme inscription des corps. On voit dans une première partie comment les figures de l'autorité disparaissent, laissant place à un espace de dispersion où s'estompe la figure de l'homme comme effet passager d'une discontinuité entre le savoir et le pouvoir. Si le pouvoir est invisible lorsqu'il se confond avec l'adéquation à soi du savoir, c'est dans un effet de résistance que se constituent nos expériences qui sont à la fois événements et significations : dans une deuxième partie nous reprenons la question du pouvoir à partir de l'impuissance du sujet à fonder son expérience, la perte de l'intériorité, la difficulté de la contestation, la perte de la profondeur, la perte du corps comme « propre » qui est aussi perte de l'excellence inhérente à tout être humain et du sexe comme affirmation de la différence (ou d'une identité). Nous croyons toujours opposer une nature intacte au déploiement du pouvoir. Nous examinons comment nous croyons trouver cette nature dans ce que nous caractérisons comme sujet de la contestation, peuple-substrat, corps-rebelle ou sexe-nature. Mais - nous le voyons dans la troisième partie - ces natures sont toujours « informées » par le pouvoir. C'est pourquoi, dans ce qui oppose une résistance au pouvoir, tels les expériences de la contestation sociale, de la sexualité et aussi du redoublement et de la transgression dans le langage, on retrouve les mêmes figures de déploiement qui caractérisent un pouvoir qui se redouble en lui-même et se dissémine dès qu'il rencontre des résistances, pour informer celles-ci. Car chez Foucault, l'expérience est une structure tripartite qui met en relation savoir, pouvoir et subjectivité.

2012 ◽  
Vol 77 ◽  
pp. 41-54
Author(s):  
Christian Samson

La Mission Chinoise de Québec fut une oeuvre d’évangélisation visant à convertir à la foi catholique les immigrants chinois présents dans la ville de Québec. La première partie de notre étude se concentre sur les aspects sociaux et culturels de la Mission. Nous y décrivons les diverses activités qui furent proposées à cette population et, par la suite, nous examinons les réactions de celle-ci par rapport à cette offre. La seconde partie porte sur le rôle proprement religieux de la Mission. Nous pouvons y observer plusieurs tentatives d’apostolat visant la population chinoise de Québec. Finalement, nous dressons un portrait nuancé des résultats obtenus au fil du temps par cette oeuvre d’évangélisation.


2017 ◽  
Vol 46 (1) ◽  
pp. 193-221
Author(s):  
Serge Larivée ◽  
Marc-Olivier Blondin-Provost ◽  
Carole Sénéchal ◽  
Claude Perreault

L’objectif de ce texte est de tenter de comprendre la persistance du phénomène de la croyance aux miracles dans un monde dominé par la science et la technologie. Le texte comprend cinq parties. Au cours de la première partie, nous présentons quelques sondages concernant la croyance aux miracles ainsi qu’une définition des miracles. Puisque la prière est au coeur du processus miraculeux, l’analyse de son efficacité fait l’objet de la deuxième partie. Nous examinons par la suite le fonctionnement du processus miraculeux en s’inspirant de ce qui se passe à Lourdes. Dans la quatrième partie, nous nous interrogeons sur la possibilité de concilier science et religion. La dernière partie comprend trois sections : quatre critiques méthodologiques concernant l’efficacité de la prière, l’importance des notions de hasard et de probabilités nécessaires à la compréhension de la notion de miracle et la présentation de six hypothèses alternatives de nature médicale aux explications des miracles reconnus par l’Église.


2020 ◽  
Vol 43 (1) ◽  
pp. 1-23
Author(s):  
Eric Savarese

Précis Dans cet article, nous examinons dans quelle mesure les politiques de la mémoire peuvent dépendre du modèle de citoyenneté ou de la situation politique au présent. En France, les politiques de la mémoire ont été associées aux trois piliers du modèle de citoyenneté (individualisme, universalisme, laïcité) au dix-neuvième et dans la première partie du vingtième siècle. Mais l'adoption des récentes « lois mémorielles » montrent que les politiques de la mémoire peuvent également dépendre du contexte. Nous montrons ainsi que les politiques mémorielles dépendent exclusivement du modèle de citoyenneté lorsqu'elles sont associées à sa promotion ; mais elles dépendent également du contexte lorsqu'il s'agit de formellement conserver le modèle de citoyenneté, sans qu'elles y soient complètement ajustées. This article examines the relationship between memory politics and models of citizenship in France's current political situation. From the end of the nineteenth through the early twentieth century, commemorative policies reflected the three pillars of France's model of citizenship: individualism, universalism, and secularism (laïcité). The recent passage of new memory laws, however, demonstrates that memorial practices are sensitive to changing political contexts and consequently that the association between memory politics and citizenship is not automatic. Although recent commemorative laws are in some ways at odds with French concepts of citizenship, there has been no effort to reassess citizenship in response to the new politics of memory.


2015 ◽  
Vol 69 (4) ◽  
pp. 785-812
Author(s):  
Katherine Lippel ◽  
Nathalie Lanctôt

Cet article examine le droit de la santé et de la sécurité du travail appliqué aux situations de violence physique au travail au Québec. Après une mise en contexte qui fait appel à la littérature des sciences sociales et sciences de la santé pour déterminer les enjeux importants au niveau de la prévention des conséquences pour la santé des personnes exposées à la violence physique au travail, l’article fait appel à la méthodologie juridique classique pour tracer le portrait du droit québécois d’indemnisation et de prévention. Cette analyse permet de déterminer si les régimes de santé et sécurité du Québec en matière d’indemnisation et de prévention incitent les employeurs à assurer une prévention primaire, secondaire et tertiaire. La première partie de l’article fait appel à la littérature portant sur les différentes formes que peut prendre la violence au travail afin de mettre en contexte la violence physique. Ensuite, on y documente les conséquences potentielles des agressions physiques au travail, en soulignant l’importance de la prévention primaire, secondaire et tertiaire. La seconde partie examine le droit québécois régissant l’indemnisation des victimes de violence physique au travail ainsi que la prévention des lésions professionnelles. Nous identifions les critères de reconnaissance des lésions professionnelles attribuables à la violence au travail, en nous attardant au fardeau de preuve et en constatant les défis spécifiques à la reconnaissance des lésions psychologiques par rapport aux lésions physiques. En deuxième lieu, nous examinons la Loi sur la santé et la sécurité du travail ainsi que les incitatifs de prévention prévus dans la Loi sur les accidents du travail et les maladies professionnelles. Ainsi, nous examinons la jurisprudence relative aux demandes d’externalisation des coûts reliés aux lésions professionnelles attribuables à la violence physique. Cette analyse nous permet de constater que l’interprétation par les tribunaux administratifs de certaines règles de droit encadrant le financement du régime d’indemnisation, ajoutées à l’interdiction des poursuites civiles, a pour effet de minimiser les incitations économiques à la prévention qui avaient été prévues par le législateur lors de l’adoption de la Loi. Nous concluons en soulignant l’importance d’assurer une incitation économique à la prévention primaire, secondaire et tertiaire, ce qui pourrait être atteint par une application plus raffinée des règles de droit relatives au financement du régime.


2002 ◽  
Vol 52 (3) ◽  
pp. 315-344 ◽  
Author(s):  
Karine Hébert

RÉSUMÉ Cet article présente, à la lumière des développements récents de l'historiographie féministe, une nouvelle interprétation de la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste. Cette réinterprétation se base sur un concept assez nouveau: le maternalisme, défini comme une catégorie d'analyse utilisée pour qualifier les mouvements de femmes chez qui la maternité constituait le point central de l'idéologie et de l'argumentation. Nous examinons, entre autres, le modèle féminin véhiculé par la FNSJB pour constater qu'il correspondait au modèle traditionnel de « la femme », celui qui effectuait une équation entre la femme et la mère. La maternité n'était toutefois pas perçue par la FNSJB comme une fonction limitative, mais bien comme une ouverture vers la société. Elle a donc dû redéfinir les frontières entre les sphères privée et publique pour permettre aux femmes de transgresser celles du foyer et faire bénéficier la société de leur influence maternelle. Le cadre d'analyse élaboré dans la première partie est ensuite appliqué à un cas concret de revendication: la bataille pour le vote des femmes.


2002 ◽  
Vol 26 (1) ◽  
pp. 1-33 ◽  
Author(s):  
Luc Faucher
Keyword(s):  

RÉSUMÉ De l'avis de plusieurs, il existe une tension entre le modèle « naturaliste » des émotions qui inspire les psychologues évolutionnistes et le modèle des constructionnistes sociaux. D'un côté, il semble que les émotions sont innées, rigides et panculturelles ; de l'autre, elles sont conçues comme des artefacts culturels, changeant au gré des arrière-plans culturels. Nous examinons chacune des deux approches et montrons que l'approche naturaliste n'est pas incompatible avec une forme de constructionnisme faible, en ce que la première peut tenir compte d'un certain degré de plasticité. Nous soutenons qu'en fait les deux courants devraient être vus comme offrant des points de vue différents, mais complémentaires, sur les mêmes phénomènes. Cependant, une part du domaine des émotions étudiée par les constructionnistes échappe aux efforts d'intégration. Une façon de remédier à la situation est de proposer un réaménagement conceptuel du domaine. Par exemple, Griffiths (1990, 1997) propose que la solution passe par l'élimination du concept d’« émotion ». Quoique notre investigation des différentes formes d'émotions suggère un certain scepticisme concernant l'utilité théorique du concept d’« émotion », nous croyons qu'il est trop tôt pour en annoncer la mort.


2016 ◽  
Vol 10 (1) ◽  
pp. 108-130
Author(s):  
Lucie Lamarche

La plus récente réforme de l’assurance-emploi au Canada remonte à 2013. C’est une réforme qui prétend maximiser le potentiel de ce régime de protection sociale d’arrimer les besoins du marché du travail et les travailleurs disponibles à l’emploi. La réforme de 2014 comporte à cet effet des dispositions brutales, telles celles relatives à l’évaluation du refus d’un emploi jugé convenable, refaçonné, lequel peut entraîner la suspension des prestations d’assurance-emploi. Pour plusieurs, cette dernière réforme s’inscrit dans le continuum des mesures législatives destinées à rendre plus hasardeux l’accès aux prestations d’assurance-emploi. Nous croyons cependant que celle-ci s’inscrit plutôt dans le récent virage de l’État néo-providentiel. Si l’État social néo-libéral a eu pour effet de transformer le statut des bénéficiaires du droit à la protection sociale en celui de ressources humaines mises à la disponibilité immédiate du marché du travail, l’État néo-providentiel se distingue pour sa part par la reconnaissance du besoin d’un réinvestissement dans les mesures de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale, et ce, à l’échelle planétaire. Dans ce contexte nouvellement minimaliste en matière de protection sociale, doit-on renoncer au droit à l’assurance-emploi ? La première partie de cet article s’intéresse aux dimensions philosophiques – la liberté du travail et ses conditions d’exercice – et politiques – l’exercice du travail nécessite que l’on veille à la satisfaction des besoins des base- de la plus récente réforme canadienne en matière d’assurance-emploi. La seconde partie de l’article propose l’analyse de la même question sous l’angle des droits humains, et plus particulièrement du droit à la sécurité sociale prévu au Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels. Puis, elle s’intéresse à la récente initiative de l’Organisation internationale du travail pour les socles minima de protection sociale concrétisée par la Recommandation no 202 adoptée en 2012. Suite à cette analyse, nous concluons à l’existence d’un virage international en faveur de la fonction minimaliste – à savoir la satisfaction des besoins de base des personnes et des familles – des mesures dites de protection sociale. Un tel niveau de protection sociale consacre non pas la préséance de l’égalité dans le paradigme de la protection sociale mais bien plutôt celui de la liberté et de l’égalité des chances, sis tant est que les besoins de base soient satisfaits. Dans un tel contexte, il reste bien peu de choses du régime canadien d’assurance-emploi, historiquement destiné à remplacer le revenu de l’emploi perdu.


1989 ◽  
Vol 8 ◽  
pp. 61
Author(s):  
Ηλίας ΑΝΑΓΝΩΣΤΑΚΗΣ
Keyword(s):  

&nbsp; <p>Ilias Anagnostakis</p><p>Notes de g&eacute;ographie historique </p><p>Dans la premi&egrave;re note nous passons en revue les identifications propos&eacute;es des toponymes Aqrita et Ikritiya, ville ou r&eacute;gion des fronti&egrave;res arabo-byzantines et mentionn&eacute;es par les chronographes arabes. La th&egrave;se de Gr&eacute;goire, &agrave; savoir qu'il s'agirait d'un &laquo;th&egrave;me&raquo; akritique (Lykandos ou autre) fut g&eacute;n&eacute;ralement accept&eacute;e. Partant du principe que la nature des textes s'offre &agrave; plusieurs interpr&eacute;tations, et rapprochant le toponyme arabe &agrave; L'&laquo;'E&kappa;&rho;&eta;&tau;&iota;&kappa;ὴ&raquo; de Ptolem&eacute;e, &agrave; Agritice de Plinie ou Egriwike, pays des Egres de Colchis de la G&eacute;ographie arm&eacute;nienne, nous croyons que Aqrita ou Ikritiya proviendrait &eacute;ventuellement d'une confusion entre la capitale du th&egrave;me de &laquo;Chaldie&raquo;, Trapezous, avec Ἐ&kappa;&rho;&eta;&tau;&iota;&kappa;ὴ ou Agritice et la ville Takrit en Chald&eacute;e de M&eacute;sopotamie.</p>Dans la deuxi&egrave;me note nous examinons sous un angle &eacute;tymologique le toponyme Voulkano de Mess&eacute;nie du P&eacute;loponn&egrave;se. Apr&egrave;s une courte esquisse historique annot&eacute;e des etymologies propos&eacute;es, Voulkano est interpr&eacute;t&eacute; comme toponyme anthroponymique d'origine slave. Nous croyons voir dans la famille des &laquo;Esclavons&raquo; La Vulge ou &Lambda;&iota;&alpha;&beta;&omicron;ύ&lambda;(&rho;)&kappa;&omicron;&iota; la premi&egrave;re mention historique (13&egrave;me s.) en P&eacute;loponn&egrave;se d'un nom, qui aurait pu se trouver &agrave; l'origine de Voulkano.


Author(s):  
Yves Dutercq ◽  
Eric Maleyrot

Notre contribution porte sur la manière dont les enseignants français de l’école primaire publique réagissent aux politiques de performance et de responsabilisation qui se sont développées ces dernières années. Elle cherche à savoir dans quelle mesure leur professionnalisme s’en trouve redéfini. Dans une première partie, une analyse sociohistorique décrit l'évolution des mesures de responsabilisation à travers la succession des outils et de leurs objectifs mis en place pour l’aide individualisée à la réussite des élèves. Nous examinons alors comment la responsabilité attachée au professionnalisme traditionnel des enseignants est remodelée par ces nouveaux dispositifs, en prenant en compte l’autorégulation et la faible reddition dont ils font l’objet. Dans une seconde partie, nous nous centrons sur la réception par les enseignants de deux dispositifs récents. Le premier est un instrument externe de mesure des résultats des élèves, le second un dispositif de mise à disposition d’un enseignant supplémentaire dans des écoles accueillant un public défavorisé. A partir d’enquêtes réalisées antérieurement, notre analyse secondaire met en lumière à la fois les résistances et l’évolution des pratiques professionnelles que ces politiques de responsabilisation suscitent. Enfin, dans une troisième partie, nous questionnons le professionnalisme « interne » des enseignants au regard du professionnalisme « externe » attendu par l'institution. Dans une politique de responsabilisation à régulation « douce », les enseignants (ré)agissent dans un contexte que nous qualifions d’« accountability subjective », laissant apparaître deux formes de professionnalisme, l’un traditionnel, attaché à une autonomie pédagogique individuelle, l’autre à dimension collective, acceptant reddition de comptes.


2010 ◽  
Vol 29 (2) ◽  
pp. 93-104
Author(s):  
Isabelle Bardin ◽  
Dominique Bonet ◽  
Odile Chanut

Dans un contexte global d'intensification des échanges entre régions, pays et continents, la logistique des grands flux a bénéficié d'innovations technologiques et organisationnelles assurant efficacité et efficience, conjuguant maîtrise des coûts et optimisation de la qualité de service. Si cette dynamique opère efficacement à l'échelle globale, il n'en va pas de même à l'échelle urbaine, plus particulièrement dans les centres-villes. En effet, la gestion des flux dans un environnement caractérisé par une forte densité démographique n'a pas encore véritablement trouvé son modèle d'organisation. Aujourd'hui, la logistique urbaine ou encore la gestion "du dernier kilomètre" constitue donc un enjeu sociopolitique et environnemental de premier plan. L'objectif de notre article est de dresser un état des lieux de cette question afin d'en apprécier l'acuité sur le moyen et le long terme. Dans une première partie, nous présentons le contexte socio-économique dans lequel s'inscrit cette problématique. Nous examinons ensuite dans une seconde partie en quoi la région PACA constitue un terrain particulièrement représentatif des enjeux de la logistique urbaine et les pistes de réflexion déjà engagées au sein de l'agglomération marseillaise.


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