scholarly journals Systèmes d’élevage ovin et gestion des ressources génétiques animales dans la région du Plateau central du Burkina Faso

Author(s):  
Kisito Tindano ◽  
Nassim Moula ◽  
Amadou Traoré ◽  
Pascal Leroy ◽  
Nicolas Antoine-Moussiaux

A l’image de l’ensemble de la filière de l’élevage dans les pays en développement, l’élevage ovin au Burkina Faso fait face à une demande croissante, dans un contexte de production socio­économique et environnemental contraignant. Cela a donné lieu à des croisements peu maîtrisés dans la zone périurbaine de la capitale, Ouagadougou. Afin d’identifier les moyens d’enca­drer ces pratiques pour rendre durables les systèmes ovins, une enquête a été conduite auprès de 63 éleveurs évoluant dans le milieu rural de la région du Plateau Central. L’objectif princi­pal était d’évaluer les possibilités d’une gestion intégrée entre les éleveurs ruraux et les éleveurs périurbains à travers notam­ment des échanges de femelles. Les données ont été collec­tées à travers des entretiens directs à l’aide d’un questionnaire comportant des questions ouvertes et fermées. Les résultats ont montré que l’ensemble des éleveurs avaient des stratégies de sélection à travers le choix des mâles reproducteurs. Ce choix se faisait essentiellement dans leur propre troupeau (98 % des interviewés) et quelquefois dans les marchés (22 %). Les objec­tifs principaux d’amélioration concernaient le poids adulte et la croissance des jeunes, ou le maintien de la rusticité. La brebis Djallonké, variété Mossi, était la race la plus rencontrée dans la zone (présente dans 97% des troupeaux). Mettant en œuvre leurs objectifs les éleveurs croisaient leurs brebis Mossi avec des béliers Peuhls, d’un plus grand gabarit, mais de manière tem­poraire afin de limiter la perte de résistance de leur troupeau. Le lien potentiel avec la production des éleveurs périurbains par la vente de femelles semblait faire face à des contraintes culturelles. Le système de production décrit par les éleveurs présentait des contraintes de durabilité et ne permettait pas de véritable intégration avec le système périurbain. Des approches participatives devraient être mises en œuvre localement afin d’élaborer des solutions appropriées pour accroître la produc­tion et la gestion durable des ressources zoogénétiques.

2020 ◽  
Vol 73 (2) ◽  
pp. 133-140
Author(s):  
Madi Savadogo ◽  
Philippe Koné ◽  
Laibané Dieudonné Dahourou ◽  
Rosine Manishimwe ◽  
Adama Sow ◽  
...  

La rage est une zoonose endémique dans les pays en développement et compte parmi les pathologies virales les plus virulentes et mortelles. Elle constitue une menace pour la sante publique et animale au Burkina Faso. La présente étude transversale a été conduite pour décrire l’épidémiologie de la rage et les connaissances, attitudes et pratiques (CAP) des populations à Ouagadougou. Elle a consisté en une collecte de données auprès des ménages et des structures techniques impliquées dans la prévention, le contrôle et la surveillance de la rage humaine et animale. L’enquête CAP a été réalisée auprès de 616 ménages. Elle a montré que la majorité des participants avaient entendu parler de la rage humaine (80,7 %) et animale (94,6 %), savaient qu’elle se transmettait essentiellement à la suite de morsure par un chien infecte (94,2 %) et étaient capables de citer correctement au moins deux voies de transmission de la maladie (65,7 %). En revanche, seuls 9,7 % des propriétaires de chiens affirmaient être capables de financer la vaccination antirabique canine annuelle. Les principaux canaux d’information et de communication sur la rage utilises par les participants étaient l’entourage (41,8 %), l’école (33,4 %) et les médias (24,8 %). Quant à l’étude épidémiologique rétrospective, qui s’est appuyée sur les documents disponibles au sein des structures nationales, elle a mis en évidence qu’en moyenne 4172 cas de morsures étaient enregistrées chaque année, que seules 31,7 % des personnes mordues avaient bénéficié d’une prophylaxie postexposition complète et que 68 % des animaux testes étaient positifs au virus rabique. Ces études confirment la présence du risque rabique dans le pays et montrent la nécessite de renforcer l’éducation et l’engagement communautaire ainsi qu’une étroite collaboration entre les secteurs de la santé animale et de la santé humaine pour une gestion intégrée des cas de morsures.


2021 ◽  
Vol N° 142 (1) ◽  
pp. 41-69
Author(s):  
Lirassê Akouwerabou ◽  
Laurice Alexandre ◽  
Aude d’Andria

Author(s):  
Jacques Fisette

Les années 1970 sont généralement perçues comme une décennie de changements profonds marquant un tournant dans les politiques des organismes internationaux vis-à-vis de la lutte contre la pauvreté dans les pays en développement. Cette perception vient sans doute de l’importance que prennent les débats sur l’équité, la redistribution des richesses et la mise en place de programmes nouveaux axés sur la lutte contre la pauvreté en milieu rural et urbain. L’article tente de montrer que l’échec des attentes fondées sur la théorie du « trickle down » n’a pas mené à une véritable remise en cause des finalités des politiques ni des fondements intellectuels qui sous-tendent les actions pratiques. Ce sont essentiellement les instruments d’intervention qui ont pris une configuration nouvelle.


2017 ◽  
Vol 20 ◽  
pp. 12-25
Author(s):  
Salfo Savadogo ◽  
Issaka Ouedraogo ◽  
Adjima Thiombiano

Cette étude analyse les stratégies locales de dénomination des espèces végétales par les Mossé des régions du nord, du centre nord, du centre et du Plateau Central du Burkina Faso et leurs perceptions des plantes. A travers des interviews semi directes auprès de 1437 personnes âgées d’au moins 60 ans et des jeunes de moins de 40 ans personnes âgées d’au moins 40 ans des différentes localités, l’étude a pu montrer les critères de dénomination, les conceptions que les populations ont des espèces végétales ainsi que l‘impact de ces connaissances dans la conservation de la phytodiversité. 72 espèces au total ont été décrites. Elles sont réparties en 51 genres et 29 familles. Les familles dominantes sont les Commelinaceae et les Fabaceae-Mimosoideae. Dans la taxonomie locale faite sur les plantes en milieu rural Mossé, 16 critères sont utilisés. Les critères les plus cités par la population sont l’usage fait de la plante (94 %), le mysticisme lié à l’espèce (86 %), l’écologie ou le milieu de vie de l’espèce (83 %), la dualité mâle/femelle (83 %), la couleur des organes ou parties de la plante (81 %), l’origine de la plante (80 %), la morphologie foliaire (76 %), la présence d’organes saillants sur la plante (75 %) et le mode de dissémination des fruits ou des graines (74 %). Les noms botaniques attribués aux plantes varient d’une région à une autre. Les populations ont des perceptions vis-à-vis de nombreuses espèces. Ainsi, les espèces comme Stereospermum kunthianum, Calotropis procera, Ozoroa insignis, Faidherbia albida, Maytenus senegalensis et Biophytum umbraculum sont frappées de mysticisme. Elles sont toutes craintes par les populations et sont dans certaines localités à l’abri d’exploitations multiformes humaines. Cela contribue à une meilleure conservation de la biodiversité.


2019 ◽  
Vol 28 ◽  
pp. 26
Author(s):  
Gaspard Vognan ◽  
Michel Fok

L’avantage économique des cultures transgéniques pour les producteurs des pays en développement reste un sujet de préoccupation et de controverse. Seules quelques études ont pris en compte les différences entre producteurs pour comprendre les performances variables des cultures transgéniques, notamment dans le cas du coton Bt incorporant des gènes de la bactérie Bacillus thuringiensis pour la résistance à certains ravageurs du coton. Notre étude d’évaluation concerne le Burkina Faso où la diffusion à grande échelle du coton Bt a commencé en 2009 et a été suspendue en 2016. Elle aborde plus particulièrement les pratiques des producteurs, dans des exploitations différenciées selon le niveau d’équipement en culture attelée, la première année d’adoption à grande échelle du coton Bt et de diffusion de recommandations adaptées de traitement insecticide. Nous avons trouvé que le coton Bt augmentait les rendements, mais dans une moindre mesure que prévu ; de plus, une augmentation de la rentabilité n’a été observée que dans les exploitations bien équipées en culture attelée (les plus aisées), mais pas pour les autres, plus démunies et représentant 58 % des producteurs. Cela résulte des stratégies des producteurs démunis consistant à réduire les dépenses monétaires pour les engrais minéraux et les insecticides, stratégies exacerbées par le prix élevé des semences de coton Bt. Le cas étudié indique que les premiers impacts d’une nouvelle technologie dépendent de son prix et de la prise en compte, ou pas, du comportement des producteurs les plus démunis.


Author(s):  
Pierre-François Mercure

SommaireAvec l’entrée en vigueur de la Convention sur la diversité biologique, les ressources génétiques de la biosphère sont soumises à la juridiction de l’État à l’intérieur du territoire où elles se trouvent, conformément au principe de la souveraineté permanente des États sur les ressources naturelles. L’idée d’une gestion de ces ressources par la communauté internationale au profit de l’humanité, sehn les caractéristiques propres du concept de patrimoine commun de l’humanité, n’a pu être retenue à cause de l’attitude des pays développés. Ces derniers refusaient d’établir des mécanismes de préférence à l’égard des pays en développement, quant à la transmission des connaisances et des brevets en matière de biotechnologie, en échange de leur libre accès aux ressources génétiques.Le rejet du concept de patrimoine commun de l’humanité par les pays en développement a été encouragé par leur désillusionnement quant à son application à d’autres ressources naturelles communes, ainsi que par le traitement fait à la diversité biologique par la Commission mondiale sur l’environnement et le développement dans le rapport qu’elle a produit. Les pays en développement, s’appuyant sur le concept de développement durable, entendent poursuivre la réalisation des éléments constitutifs du nouvel ordre économique international à travers la gestion des ressources génétiques.


2018 ◽  
Author(s):  
◽  
Gaston Jean ◽  

Ce travail vise à proposer une solution d’assainissement durable, digne, sécurisante, accessible à tous, permettant de réduire les maladies à transmission hydrique, adaptée aux populations vivant dans des conditions précaires en zones rurales de pays en développement. Il contribue ainsi à la lutte contre la défécation à l’air libre, une des cibles de l’Objectif de Développement Durable n°6 concernant l’eau et l’assainissement. Le choix s’est porté sur des toilettes sèches individuelles à litière biomaîtrisée et un mode de gestion communautaire des résidus, en lien avec une association paysanne locale. La mise en place s’est faite avec un accompagnement scientifique qui a donné lieu aux travaux présentés ici. Dans un premier temps, nous avons opéré selon une approche participative, visant à s’assurer de l’adhésion des utilisateurs. Puis nous avons mené un programme scientifique pour identifier les conditions permettant l’hygiénisation des résidus traités. Après 3 ans d’expérimentation, la filière d’assainissement mise en place est totalement adoptée par les ménages, qui apportent régulièrement leurs résidus sur le site de compostage. Une enquête a fait ressortir que les familles sont très satisfaites de ce mode d’assainissement à domicile et se sentent moins sujettes à des maladies féco-orales. Ces ménages se sont constitués en un groupe qui procède à présent à l’appui à la réplication. Les litières absorbantes utilisées, les résidus avant et après traitement par compostage ont été caractérisés. Des essais en pilotes ont permis de déterminer les conditions permettant de garantir une hygiénisation rapide, ce qui était un de nos principaux objectifs, afin de réduire les risques sanitaires. Nous sommes à présent à même de définir les « bonnes pratiques » pour que la filière d’assainissement par toilettes sèches à litière biomaîtrisée dans une zone rurale de pays en développement soit sûre et durable, sur les aspects sociaux, techniques, économiques, environnementaux et sanitaires.


2019 ◽  
Vol 85 (3-4) ◽  
pp. 173-192
Author(s):  
Abel Tiemtore

L’assurance indicielle, considérée dès son introduction dans les pays en développement comme un puissant outil de stabilisation des revenus des paysans et de réduction de la pauvreté, a très vite désenchanté ses promoteurs. L’évolution de la demande de cette assurance est particulièrement décevante dans la majeure partie des pays qui l’ont expérimenté. Au Burkina Faso, on constate une forte baisse des adhésions et partant des superficies et des sommes assurées. La principale raison évoquée par les producteurs est l’absence d’indemnisations ou le très faible niveau d’indemnisation en cas de perte de production (risque de base). La présente étude propose l’utilisation des techniques de classification floue qui autorise l’appartenance partielle à des classes à indemniser pour réduire le risque de base et augmenter l’attractivité de l’assurance indicielle au sein des producteurs de coton au Burkina Faso. Nous avons montré que l’application de la technique de classification floue augmente significativement la probabilité d’être indemnisé (de plus de trois fois par rapport à son niveau actuel) mais aussi la prime de l’assurance. Toutefois selon Elabed et Carter (2014a), les producteurs seraient prêts à payer des sommes substantielles pour atténuer ou éliminer totalement le risque de base.


2020 ◽  
Vol 35 (Supp 2) ◽  
Author(s):  
Emmanuelle Semporé ◽  
Herman Bazié ◽  
Bernard Ilboudo ◽  
Hervé Kpoda ◽  
Blandine Bila ◽  
...  

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