La fatigue associée au cancer

Author(s):  
Louise Baussard ◽  
Florence Cousson-Gélie

Dans la population générale, la fatigue reste un symptôme connu, banal et normalisé. Cette sensation disparaît après une période de repos, une sieste ou encore une bonne nuit de sommeil. Cependant, chez les personnes atteintes de cancer, ce symptôme diffère sur de nombreux aspects de la fatigue typique. Nous verrons à travers ce chapitre les particularités de cette fatigue associée au cancer, en présentant l'intérêt des études longitudinales afin de repérer ses évolutions. Ce chapitre sera approfondi par la présentation de nouvelles analyses statistiques «à classes latentes» qui permettent de repérer les déterminants d'un symptôme comme la fatigue et d'en prédire ses évolutions dans le temps.

Criminologie ◽  
2007 ◽  
Vol 35 (1) ◽  
pp. 53-67 ◽  
Author(s):  
Michel Born

RÉSUMÉ L'adolescence et le début de l'âge adulte sont les deux périodes de la vie où le taux de délinquance est le plus élevé, mais les statistiques n'indiquent pas si ce sont les mêmes personnes qui sont responsables de ces taux. L'hypothèse d'une délinquance limitée à l'adolescence est testée dans deux études longitudinales réalisées, d'une part, sur un échantillon de jeunes représentatifs de la population générale d'une zone urbaine et, d'autre part, sur un échantillon représentatif des jeunes contrevenants placés en institution. Loin de confirmer l'arrêt majoritaire de la délinquance à l'issue de la période adolescente, cette étude met en évidence, chez la plupart des sujets, une continuité de la délinquance. Cette continuité s'avère d'autant plus probable que le jeune s'est rendu coupable de délits variés, s'il a été victimise et s'il a consommé précocement de la drogue. L'abandon des conduites illicites arrivera, le cas échéant, plus tardivement, non en raison d'un changement de statut, mais en raison d'une prise de responsabilités affectives et sociales.


2013 ◽  
Vol 28 (S2) ◽  
pp. 2-2
Author(s):  
A. Dervaux

La toxicité cérébrale du cannabis est marquée principalement par des effets cognitifs, addictifs et psychotomimétiques.Troubles cognitifsPlusieurs études ont montré que l’administration aiguë de Δ-9-THC, principal principe actif du cannabis, et que la consommation régulière de cannabis entraînaient des troubles de l’attention, de la mémoire, en particulier de la mémoire de travail et de la mémoire épisodique ainsi que des troubles des fonctions exécutives. Ces troubles ont un impact sur l’apprentissage, les acquisitions scolaires, la conduite d’un véhicule et les tâches complexes. Ils sont liés à la dose, à la fréquence, à la durée d’exposition et à l’âge de la première consommation. Ils peuvent disparaître après sevrage, mais des anomalies durables s’observent chez les sujets ayant débuté leur consommation avant l’âge de 15 ans.Effets addictifsLa fréquence sur la vie entière de la dépendance au cannabis, caractérisée essentiellement par le craving, la perte de contrôle de la consommation et le retentissement important sur la vie familiale/professionnelle/sociale est, d’après certaines études, de 1 % en population générale. Le syndrome de sevrage, décrit en 2004, pourrait être inclus dans le DSM-5.Effets psychotomimétiquesFréquents, les symptômes psychotiques induits par la consommation de cannabis (idées de référence, de persécution) disparaissent spontanément dans les 24 heures. Ils durent parfois plusieurs semaines dans les pharmacopsychoses. Neuf études longitudinales ont montré que les sujets qui avaient fumé du cannabis avaient deux fois plus de risque environ que les sujets abstinents, de présenter ultérieurement des troubles psychotiques. Le risque, dose-dépendant, est plus élevé lorsque la consommation de cannabis a débuté avant l’âge de 15 ans et chez les sujets qui ont des antécédents familiaux de troubles psychotiques. L’évolution de la schizophrénie est aggravée par la consommation de cannabis.Toxicité cérébrale du cannabisElle est liée à l’interaction du Δ-9-THC sur les récepteurs cannabinoïdes cérébraux CB1, localisés principalement dans l’hippocampe, le cervelet, le cortex frontal, le striatum et les ganglions de la base. Plusieurs études ont retrouvé que la consommation de cannabis pouvait interférer avec le système endocannabinoïde cérébral lors de la maturation du cerveau à l’adolescence. Elle favorise aussi des troubles vasculaires cérébraux. Les études d’imagerie cérébrale ont retrouvé que les effets du cannabis, modérés en cas d’usage simple, étaient marqués chez les consommateurs réguliers par une diminution dose-dépendante de la densité de substance grise au niveau de l’hippocampe, des régions parahippocampiques et de l’amygdale.


2018 ◽  
Vol 52 (1) ◽  
pp. 9-20
Author(s):  
C. Goubron ◽  
M. Le Gall ◽  
C. Philip-Alliez ◽  
V. Monnet-Corti

Parodontologie et orthodontie sont deux disciplines odontologiques intimement liées, l’une et l’autre agissant sur le parodonte de nos patients. Si dans la majeure partie des cas l’orthodontie n’a pas d’effet néfaste sur le parodonte, en cas de parodonte dont le phénotype est fragile (faible hauteur ou absence de tissu kératinisé, tables osseuses fines, fenestrations ou déhiscences osseuses), le traitement orthodontique peut, selon les mouvements effectués, entraîner ou aggraver des récessions parodontales inesthétiques et douloureuses pour le patient et compromettre les résultats. Au travers d’un cas clinique, nous verrons comment prévenir et traiter ces cas afin de rendre possible le traitement orthodontique et maintenir ses résultats dans le temps.


2020 ◽  
pp. 172-186
Author(s):  
Cristóbal Farriol
Keyword(s):  

Y a-t-il une entité de l’art ? Pour Duchamp oui, à condition d’en faire une entité vide, produit d’une non-coïncidence entre l’intention de l’artiste et l’interprétation du spectateur. Plus cet écart est accentué, plus l’objet artistique porte ce qu’il nomme « le coefficient d’art ». Nous proposons l’hypothèse d’une correspondance entre l’inadéquation propre au coefficient d’art duchampien, et l’inadéquation propre à l’inconscient. Pour l’argumenter, nous travaillerons le texte « Le processus créatif », et parcourions les moments chez Freud où quelque chose de l’inadéquation est en jeu dans la structure de l’inconscient. Ensuite, nous verrons chez Lacan l’une de ses formalisations pour une inadéquation fondatrice du sujet : aliénation et séparation. Le résultat de cette analyse nous permettra d’argumenter une certaine équivalence entre l’objet artistique selon Duchamp et l’objet cause du désir chez Lacan.


2019 ◽  
Vol 35 (3) ◽  
pp. 41-46
Author(s):  
J. Lombard ◽  
O. Barbier ◽  
C. Bauer ◽  
B. Grignon ◽  
D. Mainardy

Introduction : L’insertion distale du corps musculaire des muscles fibulaires est une entité anatomique rare (6 à 22 % de la population générale), le plus souvent asymptomatique. Parfois, elle peut engendrer un conflit au niveau de la gouttière rétromalléolaire latérale, entraînant une symptomatologie douloureuse chronique. Hypothèse : L’exérèse chirurgicale du corps musculaire présent dans la gouttière rétromalléolaire latérale permet la disparition des douleurs. Patients et méthodes : Il s’agit d’une étude rétrospective monocentrique et mono-opérateur des patients souffrant d’un conflit postérieur de cheville associé à une insertion trop distale d’un corps musculaire des tendons fibulaires opérés sur une période de dix ans. Étaient exclus les patients souffrant d’une pathologie inflammatoire chronique associée. Une évaluation clinique et fonctionnelle avec le score AOFAS était réalisée en pré- et en postopératoire. Résultats : Neuf patients ont été inclus, avec un suivi moyen de 59 mois en postopératoire. Le score AOFAS au contrôle final était de 83,6 points avec un gain moyen de 24 points. Sept patients se disaient très satisfaits de l’intervention. Discussion : L’insertion distale du corps musculaire des tendons fibulaires ou la présence d’un muscle accessoire fibulaire peut être une cause de conflit postérolatéral de cheville. L’exérèse chirurgicale des fibres musculaires insérées distalement dans la gaine des tendons fibulaires est une technique fiable et efficace dans le traitement des douleurs postérolatérales chroniques de cheville (niveau de preuve : IV étude rétrospective).


2020 ◽  
pp. 070674372098026
Author(s):  
Roger Godbout ◽  
Julie Carrier ◽  
Célyne Bastien ◽  
Charles M. Morin

Les données recueillies lors de crises et tragédies passées prouvent que les problèmes de sommeil survenant durant ou peu de temps après un événement traumatique sont reliés à une probabilité accrue de développer des symptômes psychiatriques durables. Or la pandémie COVID-19 et ses conséquences à moyen et long-terme combinent plusieurs facteurs de risque pour le sommeil, tant pour les intervenants de la santé que la population générale. Notre relevé mensuel des publications scientifiques qui combinent COVID-19 et sommeil/insomnie entre janvier et juillet 2020 révèle un taux de croissance comparable pour les articles qui portent plus précisément sur la santé mentale mais aucune ne porte sur les résultats d’une intervention. Nous proposons qu’il faille agir rapidement sur les difficultés de sommeil en cette période de pandémie afin de protéger l’équilibre psychologique individuel à moyen et long terme, d’autant plus que les outils nécessaires à la prévention de l’insomnie, sa détection et son traitement sont à la portée de tous les professionnels de la santé mentale.


1988 ◽  
Vol 3 (3) ◽  
pp. 149-158
Author(s):  
G. Bertschy ◽  
S. Vandel ◽  
R. Volmat

RésuméLes auteurs font la revue des études récentes concernant l’épidémiologie de la dépression. Les études épidémiologiques de la dépression dans la population générale sont difficiles à interpréter, du fait de différences dans l'identification des cas et de variations dans les procédures de diagnostic entre les études. Mais il y a eu un progrés considérable avec le récent développement des méthodes d’identifications de cas, fiables et valides, comme les RDC et le DSM-III. D’autres problémes méthodologiques concernent le choix de la population et le choix des différentes mesures du risque.Des données examinées, on peut tirer les estimations suivantes : la prévalence sur six mois de la dépression majeure est de 1% à 3% chez l’homme, et 3% à 5% chez la femme; la prévalence sur la vie entiere (proportion des sujets qui ont déjà présenté le trouble) est de 3% à 6% chez l’homme et 5% à 10% chez la femme. L’estimation du risque morbide (ou risque sur la vie entiére) est plus difficile. Le principal probléme provient de l’effet de cohorte de naissance: il semble que les taux de troubles affectifs majeurs sont en train d’augmenter dans les cohortes nées apres la Seconde Guerre mondiale.Aussi, les auteurs proposent une estimation des risques sur la vie entiére qui ne peut être que prudente: 6 à 10% chez l’homme, 12 à 20% chez la femme. Ils envisagent aussi l’épidemiologie de la dépression sous l’angle de la mortalité: les troubles affectifs sont associés non seulement à un haut risque de suicide mais aussi à une mortalité générale augmentée.


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