scholarly journals Communicative Citizenship and Human Rights from a Transnational Perspective

Author(s):  
Camilo Tamayo Gómez

Cet article examine l’expérience de deux mouvements sociaux de victimes de la région d’Antioquia orientale en Colombie. Ces mouvements ont développé une variété de symboles, adopté une perspective transnationale et mis en œuvre des actions de citoyenneté communicative afin de porter des revendications de droits humains au milieu du conflit armé. L’article se base en particulier sur l’étude de cas de deux associations : L’association des femmes organisées de l’Antioquia orientale (AMOR) et L’association provinciale des victimes vers les citoyens (APROVIACI). L’article explore la façon dont ces acteurs ont transféré, puis adopté différents symboles et mis en œuvre des actions de citoyenneté communicative. Les formes d’engagement politique déployées se réfèrent à d’autres groupes de victimes du Sud Global, tels que Les mères de Plaza de Mayo (Argentine) et Que nos filles puissent rentrer à la maison (Mexique). Nous démontrons que les deux associations colombiennes, AMOR et APROVIACI, sont des exemples réussis de transfert, d’adaptation et de mise en œuvre d’actions politiques et de symboles provenant d’autres parties du Sud Global, afin d’améliorer l’activisme social et politique dans leur contexte particulier. Nous introduisons à cet égard le concept de citoyenneté communicative, où les affects et les émotions agissent comme les catalyseurs des actions collectives menées par des groupes contre-publics dans des sociétés marquées par le conflit armé. Par ce biais, la citoyenneté communicative permet de transformer le statut de victime en une condition de citoyenneté active. Enfin, cet article soutient que la construction de symboles qui articulent les dimensions communicatives des droits politiques, sociaux et culturels, peuvent aider les groupes de la société civile et les mouvements sociaux à réparer le sens de la citoyenneté et de l’appartenance collective. Ils permettraient en outre de générer des processus de construction de mémoire sociale, de reconnaissance et de solidarité du point de vue des contre-publics.

2008 ◽  
Vol 39 (1) ◽  
pp. 39-62 ◽  
Author(s):  
Frédéric Mégret

Le droit international (di) se présente comme un droit de consolidation de la souveraineté et de sa limitation par la communauté internationale. Demeurent exclus de ce face à face les efforts engagés par la « société civile », les individus ou les mouvements sociaux, qui concourent pourtant à renforcer les objectifs du di. Le projet normatif incarné par le di pourrait bénéficier d’une plus grande reconnaissance de la part significative qu’ont joué et pourraient encore jouer les acteurs non-étatiques dans son établissement. Il y aurait là une convergence entre l’aspiration substantive croissante du di à être un droit de l’humain, et le développement de modalités de mise en oeuvre du di renouvelées qui prendraient pour assise la figure centrale de la résistance. Pour que prenne forme cette utopie, on se propose d’identifier dix conditions préalables à son avènement.


2009 ◽  
Vol 28 (1) ◽  
pp. 63-89
Author(s):  
François Buton

Résumé Dans le domaine de la lutte contre le VIH-sida en France, les associations de défense des personnes séropositives font souvent office d’acteurs protestataires, critiques à l’égard des pouvoirs publics et de coproducteurs des politiques publiques, partenaires dans leur élaboration et leur mise en oeuvre. Mais ils savent aussi parfois s’imposer politiquement aux décideurs et aux experts. L’examen des interactions, à distance et en face-à-face, entre représentants associatifs, décideurs et experts à l’occasion de la préparation d’un nouveau système de surveillance de l’épidémie, montre ainsi comment les premiers cités s’appuient sur les rapports de force politiquement constitués et sur les émotions ordinaires de leurs interlocuteurs pour parvenir à leurs fins.


2014 ◽  
Vol 26 (1) ◽  
pp. 99
Author(s):  
Gnissan Henri Auguste Yao ◽  
Lepri Bernadin Nicaise Aka ◽  
Nogbou Jean Marc Manouan ◽  
Kachi Odile Angbo-Effi ◽  
Alfred Douba ◽  
...  

2005 ◽  
Vol 28 (3) ◽  
pp. 473-486
Author(s):  
Jean-Louis Seurin

The universality of the ideology of Human Rights is presently enjoying increased interest inspite of the limited results and disappointing concrete realizations achieved in this area. At the time of the adoption of the Universal Declaration of Human Rights, the universality of the doctrine of Human Rights was only an illusion and the problems raised by the application of subsequent international accords have made evident the political conflicts which are at play behind the human rights debate. Presently, one may accurately speak of a "geopolitic of human rights". Starting from the precept that the best way to resolve opposing points of view is to begin with reality, the author examines the relative situation of Human Rights in three groups which are each relatively homogeneous : the Atlantic zone regrouping the pluralist constitutional democracies; the totalitarian countries including the Soviet Union, the Eastern Bloc countries and the communist countries of Asia and, finally, the zone of non-aligned countries of the "third world".


2016 ◽  
Vol 40 (2) ◽  
pp. 61-88 ◽  
Author(s):  
Francine Saillant ◽  
Joseph J. Lévy ◽  
Alfredo Ramirez-Villagra

La proposition s’appuie sur une recherche en cours portant sur la mémoire des droits dans les organismes communautaires au Québec sur une période de cinquante ans (1960-2010), laquelle rassemble les témoignages d’acteurs-témoins du mouvement dans cinq secteurs d’action, ceux des femmes, de la migration, du handicap, de la santé mentale et des LGBT. L’article propose une analyse préliminaire de ce matériel, qui retient les propos de 16 des acteurs-témoins rencontrés dans le secteur migration, lesquels portent sur les principales luttes auxquelles ils ont participé. Une attention particulière est portée à la formulation du litige et aux interactions entre la société civile et le gouvernement, en particulier les instances de l’immigration. La question du travail fait l’objet d’analyses spécifiques. La formulation du litige, soit le différend entre les acteurs-témoins, les groupes qu’ils représentent et le pouvoir étatique ainsi que la société dominante, permet de voir comment s’expriment et se transforment les idées de droit et plus généralement de droits humains dans cet univers spécifique. Le concept de vie sociale des droits est mis de l’avant en relation avec la mémoire collective, le témoignage, et la problématique de la culture ou de la vernacularisation des droits humains.


2005 ◽  
Vol 17 (2) ◽  
pp. 126-143
Author(s):  
Louis Favreau

La mondialisation de la dernière décennie et donc l’interdépendance accrue entre les nations de la planète tout entière font de la période actuelle une période de profondes mutations qui représentent des menaces, mais aussi des opportunités. Malgré la déroute des projets de grande envergure (socialiste et tiers-mondiste) et même si la mondialisation néolibérale représente indiscutablement une tendance forte et durable, le rapport des forces en présence n’est pas à sens unique pour autant. La conjoncture internationale est en effet incertaine et instable. Les mouvements sociaux peuvent tirer parti d’une situation moins polarisée et cristallisée qu’à l’époque de la guerre froide. Comme en témoignent la mobilisation des organisations non gouvernementales internationales (ONGI) lors des nombreux sommets et conférences organisés par l’ONU (Rio, Beijing, Copenhague…) ou la forte participation lors des forums sociaux mondiaux, la société civile se fait à nouveau entendre aujourd’hui sur la scène mondiale. Cet article cherche à dégager les lignes de force de cette nouvelle situation dans laquelle des mouvements sociaux ont aujourd’hui une part active après avoir été longtemps sur la défensive.


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