La Province en héritage, Pierre Michon, Pierre Bergounioux, Richard Mille (review)

2002 ◽  
Vol 42 (2) ◽  
pp. 103-103
Author(s):  
Elisabeth Arnould-Bloomfield
2011 ◽  
Vol 36 (1) ◽  
pp. 59-77
Author(s):  
Francis Langevin

Sébastien Chabot (L’angoisse des poulets sans plumes et Le chant des mouches), Éric Dupont (La logeuse) et Christine Eddie (Les carnets de Douglas) campent une partie de l’action de leurs romans dans un Québec imaginé, dans des villages périphériques aux noms fictifs (Sainte-Souffrance, Notre-Dame-du-Cachalot et Rivière-aux-Oies). Cette « régionalité » est comparée, dans cet article, à l’étiquette attribuée entre autres aux écrivains français Richard Millet, Pierre Michon et Pierre Bergounioux. L’auteur montre que les enjeux de la représentation des régions, dans les productions québécoises abordées ici, se distinguent des enjeux de la « provincialité » souvent évoquée par la critique pour regrouper certaines productions romanesques contemporaines françaises. Si la question identitaire sociale et mémorielle (collective et individuelle) est un enjeu majeur des romans de Millet, Michon et Bergounioux, caractérisés aussi par leur registre sérieux qui en fait des « fictions critiques » (Viart), les Chabot, Dupont et Eddie font plutôt la part belle aux registres parodique (Dupont), carnavalesque (Chabot), ou encore à une tonalité « sentimentale » (Eddie), ce qui place ces romans québécois plutôt du côté de l’inventivité romanesque, en quoi ils s’apparentent davantage aux « fictions joueuses » (Blanckeman) des Jean Echenoz, Jean Rouaud, Jacques Roubaud, Antoine Volodine, etc.


2010 ◽  
Vol 45 (3) ◽  
pp. 11-23 ◽  
Author(s):  
Laurent Demanze

Résumé Sociologues et historiens de la famille décrivent la modernité comme la perte des communautés traditionnelles qui soudaient l’un à l’autre l’héritier et ses ancêtres. Pour s’inventer librement, l’individu moderne rompt les entraves du passé, mais cette libération est aussi vécue chez les écrivains contemporains avec culpabilité. Afin d’y remédier, ils font une place à la fois inquiétante et fondatrice aux spectres et aux revenants de la généalogie, qui étayent et disloquent la parole de l’héritier. C’est ainsi que Sylvie Germain et Jean Rouaud, Gérard Macé, Pierre Michon et Pierre Bergounioux sont des écrivains hantés. Ce sont autant d’héritiers dont les gestes reconduisent des vies antérieures, et dont les mots sont comme magnétisés par les parlures ou les inflexions des parents. Ces héritiers sont donc en quelque sorte à la fois dépossédés d’un passé familial qui n’est pour eux que ruines et deuil et possédés par ces êtres absents qui obsèdent leur conscience et parasitent leur parole. L’héritier est alors déchiré par la mélancolie, au point de se faire tombeau de ses ascendants. À travers la thématique spectrale, la littérature contemporaine analyse toute la situation ambivalente de l’individu contemporain, à la fois orphelin et parricide d’un passé familial, et les secousses inconscientes et linguistiques de cette perte.


Revue Romane ◽  
2013 ◽  
Vol 48 (1) ◽  
pp. 119-130
Author(s):  
R.-L. Etienne Barnett

Sociologists and historians of genealogical filiations invoke modernity as the dissolution of traditional communities that formerly, albeit oft tacitly, bound descendants to ancestors. So as to invent oneself spontaneously and without restraint, the modern figure breaks with the strictures of the past, forging a path toward liberation. This newly-minted “emancipation” gives way to a sense of discomfortable culpability among contemporary “scribes.” In quest of remedy, they fashion a space, at once disturbing yet inviting to the ghosts and spectres of primogenitors, a space that both supports and distorts the words of heir(s). In such an optic, Sylvie Germain (1954) and Jean Rouaud (1952), Gérard Macé (1946), Pierre Michon (1945) and Pierre Bergounioux (1949) are powerfully haunted writers. As beneficiaries/successors, their gestures recall past lives and their words replicate their parents’ inflections and manner of verbal discourse. They are, as such, dispossessed of a familial past that represents little but ruin and grief, yet possessed by those absent beings who intrude obsessively on their consciousness and speech. They are heirs torn apart by a melancholy that extends to the grave of their “predecessors.” Contemporary literature vies with this spectral theme to analyze the ambivalence occasioned by such haunting refrains: artistic victims, orphans and parricidal vestiges of a family past, significantly impacted by the unconscious and linguistic upheavals that accompany such compelling loss.


2007 ◽  
Vol 43 (1) ◽  
pp. 123-138 ◽  
Author(s):  
Mahigan Lepage

Pierre Michon et Pierre Bergounioux, écrivains français qu’on a souvent comparés, n’ont de cesse de dire leur admiration pour William Faulkner. À la faveur de la parution, en 2002, de « L’éléphant », un court texte de Michon intégré au recueil Corps du roi, et de Jusqu’à Faulkner, un essai biographique de Bergounioux, la présente étude entend analyser la référence à l’écrivain américain chez les deux Français. Prenant acte de l’insistance de Michon et de Bergounioux sur l’ancrage de Faulkner dans le sud des États-Unis, nous nous proposons d’envisager cette référence comme un cas particulier de transfert culturel, afin de saisir le triple processus de sélection, de médiation et de réception du modèle (biographique et littéraire) étranger. Ainsi, en tant que Limousins, Michon et Bergounioux choisissent Faulkner parce que son origine géographique et culturelle — le Sud — leur apparaît d’emblée familière (sélection). Or, entre le Sud du premier xxe siècle et la France d’aujourd’hui, les textes littéraires faulknériens ont subi des transformations significatives : les traducteurs ont eu tendance à se focaliser sur le tragique (au détriment du comique) et surtout à gommer le vernaculaire et les dialectes du Sud au profit d’une prose française policée et intellectualisée (médiation). Du coup, le Faulkner que Michon et Bergounioux reçoivent, c’est un paysan parlant comme un Parisien, et l’écrivain américain devient le modèle par excellence des deux Limousins (réception). À en croire Michon et Bergounioux, ce n’est rien de moins qu’une parole d’écrivain qui leur a ainsi été donnée, celle-là même qui, en retour, leur permet maintenant d’écrire sur Faulkner.


Author(s):  
Mathilde Barraband

Nées en quelque sorte de la rencontre de Jean-Paul Sartre et de Benny Lévy à la fin des années 1970, les éditions Verdier ont aujourd’hui réussi à fédérer autour d’elles des écrivains importants de la littérature française contemporaine. Certains de ces écrivains (Pierre Bergounioux, François Bon, Didier Daeninckx, Pierre Michon, Natacha Michel et Olivier Rolin) et les éditeurs Verdier eux-mêmes ont en commun d’être passés de l’engagement gauchiste dans les années 1970 à l’engagement dans la littérature au début des années 1980. L’article pose alors ces questions : que reste-t-il, dans le discours sur la littérature de ces auteurs, des grands concepts, des grandes idées de Sartre? Quelles fonctions sociales assignent-ils à la littérature et pour qui affirment-ils écrire?AbstractArising from the meeting of Jean-Paul Sartre and Benny Levy in the late 70s, Éditions Verdier have now attracted important writers of contemporary French literature. These writers (Pierre Bergounioux, François Bon, Didier Daeninckx, Pierre Michon, Natacha Michel and Olivier Rolin) and Verdier as publishers have in common that they went from leftist commitment in the 70s to commitment in literature in the early 80s. The article raises the following questions: in the discourse on literature of these writers, what remains of Sartre's major concepts and main ideas? What social functions do they assign to literature? And for whom do they write?


2021 ◽  
Vol 15 (1) ◽  
pp. 176-184
Author(s):  
Manet Van Montfrans

Verdier est une maison d’édition indépendante avec un siège social à Lagrasse, dans l’Aude, et une permanence à Paris. La maison est aujourd’hui co-gérée par Colette Olive et Michèle Planel. Ensemble avec Gerard Bobillier et Benoît Rivéro (qui quittera le groupe assez vite), elles ont été à l’origine d’une aventure éditoriale extra­ordinaire. Les titres (environ 700) du catalogue édité en 2019 à l’occasion des quarante années d’existence se regroupent en cinq grandes rubriques : littérature, sciences humaines, philosophie, art, architecture et cinéma, spiritualités. À la fondation de la maison en 1979, les éditeurs ont laissé derrière eux leur militan­tisme politique, sans pour autant renier leur volonté de contribuer à transformer sinon le monde, du moins les consciences. Le cata­logue témoigne d'une exigence sans faille ainsi que d’une extraordinaire ouverture au monde. Né en plein cœur des Corbières, Verdier a voulu se situer au croisement de différentes cultures. En font preuve les collections de traductions de plusieurs langues étrangères, dont l’arabe et l’hébreu. Le fonds comporte des textes fonda­teurs tels le Guide des égarés de Moïse Maïmonide, Les Batailles nocturnes de Carlo Ginzburg, Les récits de la Kolyma (2003) de Varlam Chalamov, mais il montre aussi l’émergence d’auteurs français importants, tels Pierre Michon et Pierre Bergounioux.  Comment une maison d’édition qui se caractérise par un fonds exigeant a-t-elle réussi à garder son indé­pendance sans faire de concessions ? Comment a-t-elle su survivre aux naufrages économiques, éviter d’être écrasée dans des reprises commerciales incer­taines ? Comment a-t-elle fait face à la transformation radi­cale de l’industrie du livre, c’est-à-dire sa fabrication, sa diffusion et sa médiatisation ? Ce sont les questions que nous avons posées à Colette Olive, dans le cadre d’un entretien visant à mettre en lumière le travail accompli durant une quarantaine d’années par cette maison d’édition singu­lière.


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