Le concept d’autonomie dans l’arrêt Carter c. Canada : Au-delà du libre-choix

2019 ◽  
Vol 63 (2) ◽  
pp. 283-313
Author(s):  
Karine Millaire

Quelle est la portée du droit à l’autonomie de la personne depuis l’arrêt Carter c. Canada ? L’arrêt a conclu que les dispositions du Code criminel qui prohibaient de façon absolue toute aide à mourir sont inconstitutionnelles en ce qu’elles portaient atteinte de façon injustifiée à l’article 7 de la Charte canadienne des droits et libertés. La présente contribution analyse le concept d’autonomie qui sous-tend les motifs de la Cour. Dans un premier temps, les trois modèles théoriques d’« autonomie » reconnus en contexte biomédical et leurs fondements philosophiques seront décrits, à savoir l’autonomie idéale objective, l’autonomie idéale subjective et l’autonomie « non idéale » subjective (autrement qualifiée de « libre-choix »). Dans un deuxième temps, nous démontrerons que le concept d’autonomie développé dans Carter possède une véritable portée normative substantive correspondant aux principes philosophiques identifiés. La définition du droit à la vie excluant un « droit à la mort » correspond à une norme universelle compatible avec un modèle d’autonomie idéale objective. Lorsque l’autonomie est saisie sous le prisme de l’atteinte au droit à la liberté, c’est alors le modèle de l’autonomie idéale subjective qui est retenu par les juges, lequel vise à permettre à un individu de se gouverner selon l’ensemble de ses valeurs et de ses convictions quant à la conduite générale de sa vie. En définitive, nous concluons que le concept d’autonomie tel que consacré par l’arrêt Carter revêt une dimension normative dont le respect en pratique pourra — voire devra — justifier des exigences juridiques comme éthiques allant au-delà du simple « libre-choix ».

2016 ◽  
Vol 47 (2) ◽  
pp. 137-161
Author(s):  
Adrien Pégourdie

Cet article analyse les déterminants sociaux de l’accès à la reconnaissance artistique en musique classique. Récusant les modèles théoriques naturalistes centrés sur le talent comme principe explicatif ultime de la réussite des carrières artistiques, il s’attache à mettre en évidence les conditions sociales de la consécration musicale. Ainsi, le processus de reconnaissance est étudié à travers les inégalités instrumentales qu’il suscite, lesquelles sont étroitement liées à des différenciations sociales. Après avoir mis au jour ces inégalités, qui tendent à consacrer prioritairement des interprètes d’instruments socialement sélectifs, on s’intéresse aux façons de surmonter l’absence de consécration pour des interprètes des instruments plus ouverts socialement qui sont, le plus souvent, poussés vers l’enseignement. L’étude des trajectoires de musiciens révèle ainsi les dynamiques sociales auxquelles elles sont soumises, de l’origine sociale dont dépend notamment la familiarisation précoce avec les principes du champ de la musique classique aux inégalités entre les sexes qui orientent les manières de « se faire à sa position ».


2009 ◽  
Vol 54 (2) ◽  
pp. 279-294
Author(s):  
Tanja Collet

Résumé Dans le présent article, nous nous intéressons à la manière de signifier du terme. Pour examiner cette problématique, nous nous plaçons dans une perspective textuelle et étudions comment le terme participe au processus d’interprétation textuelle. Dans le contexte de cet examen, nous nous basons sur plusieurs modèles théoriques, formulés en terminologie mais aussi en sémantique lexicale, afin d’élaborer une théorie dynamique de la signification du terme en discours. Ainsi, nous avançons, à la suite de notre examen, que le terme possède en discours un sens qui n’est point fixe mais soumis à au moins deux types de variations, l’une idiolectale et l’autre contextuelle. Nous concluons en posant, en outre, qu’il est fort difficile de déterminer la nature essentiellement linguistique (sens) ou plutôt conceptuelle (concept) du contenu dont s’investit le terme en discours.


Author(s):  
Amanda Grenier ◽  
Rachel Barken ◽  
Tamara Sussman ◽  
David Rothwell ◽  
Valérie Bourgeois-Guérin ◽  
...  

RÉSUMÉLe sans-abrisme chez les personnes âgées est une préoccupation croissante à travers le Canada et devrait augmenter avec le changement démographique (Crane & Warnes, 2010; Culhane, Métraux, Byrne, Stino, et Bainbridge, 2013). Pourtant, les connaissances actuelles, les politiques et les pratiques concernant le sans-abrisme ont tendance largement de se concentrer sur des populations plus jeunes. De même, la recherche et les politiques sur le vieillissement en général négligent le sans-abrisme. Les réponses au problème de sans-abrisme chez les personnes âgées doivent répondre aux besoins complexes liés à la santé, la sécurité du revenu et le logement. Basé sur un examen exhaustif de la littérature, cet article présente les domaines de recherche afin d'éclairer les politiques, les stratégies et les services pour les divers groupes des aînés sans-abri. Nous clarifions les intersections du vieillissement et du sans-abrisme; examinons les statistiques pertinentes, y compris la prévalence estimée; discutons des voies et des variations de l'expérience; et determinons les lacunes dans les connaissances. Nous concluons par un appel à un programme de recherche inclusive qui aidera à créér des politiques et des pratiques visant à réduire et finalement à éliminer le sans-abrisme chez les personnes âgées au Canada.


2017 ◽  
Vol 42 (1) ◽  
pp. 125-145 ◽  
Author(s):  
Isabelle Doré ◽  
Jean Caron

La santé mentale est plus que l’absence de maladie mentale ou de troubles mentaux : elle constitue une forme de bien-être complet et interpelle notre capacité à jouir de la vie et à faire face aux défis auxquels nous sommes confrontés. La santé mentale et la maladie mentale ne représentent pas les extrêmes d’un même continuum, mais constituent plutôt des concepts distincts, bien que corrélés. La santé mentale influence directement le fonctionnement personnel et social des individus, justifiant l’importance d’agir en amont des problèmes pour promouvoir la santé mentale. Cet article vise, dans un premier temps, à situer le concept de santé mentale dans une perspective historique ; la conception traditionnelle suggérant que la santé mentale se définit par l’absence de troubles mentaux a été remplacée par une conception holistique qui interpelle directement la santé publique. Des modèles théoriques sont présentés afin d’exposer les diverses composantes de la santé mentale qui incluent une appréciation du bien-être émotionnel/qualité de vie (QV), du bien-être psychologique et social. Les auteurs présentent également différents instruments de mesure qui permettent d’évaluer les multiples dimensions de la santé mentale. Enfin, une recension des écrits présente les résultats de recherche sur les déterminants de la santé mentale. Nous souhaitons que cet article permette au lecteur de se familiariser avec des concepts et des outils qui ont pour but d’orienter la recherche, la surveillance, l’élaboration de politiques publiques et de programmes de santé publique destinés à la promotion de la santé mentale.


2007 ◽  
Vol 22 (1) ◽  
pp. 47-72 ◽  
Author(s):  
Claude Laflamme

Résumé Le discours officiel soutient que les jeunes ont besoin de formation pour s'insérer dans le marché de l'emploi. Pendant que la population en général s'instruit de plus en plus et que des modèles théoriques expliquent le rôle de la formation dans l'insertion professionnelle, la situation des jeunes sur le marché de l'emploi ne cesse de se dégrader. Ce texte examine la valeur, sur le marché de l'emploi, du diplôme des finissants du secondaire et du collégial, et pose la question du rapport entre le système d'enseignement et le système de production.


1978 ◽  
Vol 39 (C1) ◽  
pp. C1-164-C1-167
Author(s):  
D. PÉQUIGNOT ◽  
G. STASINSKA ◽  
S. M. V. ALDROVANDI
Keyword(s):  

2020 ◽  
pp. 30-33
Author(s):  
Keyword(s):  

Depuis le début de la crise sanitaire, la filière nucléaire ainsi que les autorités de contrôle ont modifié leur façon de travailler et d’inspecter, car il n’est pas toujours possible aux inspecteurs de se rendre sur les sites nucléaires ou dans les usines. La mise en oeuvre de nouvelles solutions d’inspections à distance s’inscrira probablement parmi les pratiques usuelles post-épidémie, pour une part des contrôles, l’inspection physique demeurant de toute façon incontournable pour un certain nombre d’opérations.


Sign in / Sign up

Export Citation Format

Share Document