Les référentiels de compétences comme outils de gestion : concilier les apports déterministes et constructivistes

2019 ◽  
Vol 73 (4) ◽  
pp. 814-839
Author(s):  
Roland Foucher ◽  
Aziz Rhnima

Les démarches relatives aux « compétences », qui marquent la gestion des ressources humaines (GRH) depuis quelques décennies, recourent à des référentiels servant à établir les compétences à maîtriser et déployer. Ces outils de gestion s’inscrivent dans un contexte organisationnel évolutif et interactif suscitant des interrogations, particulièrement sur la façon de les déployer afin qu’ils traduisent les compétences valorisées par les parties concernées et celles effectivement déployées.Ce questionnement est à l’origine d’une recherche qualitative en deux étapes. La première, qui s’applique à des concepts liés à l’approche de la théorie ancrée, a permis de retracer cinq propositions qui proviennent d’écrits sur les outils de gestion et les référentiels de compétences : ces dernières font ressortir : 1-les limites d’une approche déterministe, 2-les interactions entre instruments et usagers, ainsi que 3- celles entre individus et travail effectué, 4-les appropriations sociopolitiques, psycho-cognitives et symboliques qu’elles suscitent, et 5- la pertinence de créer une rétroaction entre les expériences vécues et la révision des référentiels. En second lieu, l’analyse de différents courants de pensée appartenant à l’approche constructiviste a fourni un complément d’information pouvant servir d’assise aux mécanismes d’appropriation.Le cadre de référence résultant de ces deux apports a été illustré, lors de la seconde étape de la recherche, par quatre cas prenant racine dans des apports théoriques pertinents, logiquement reliés à un des processus d’appropriation et basés sur une méthodologie reconnue. Ainsi, la recherche montre qu’une complémentarité fructueuse est possible entre les approches déterministes et constructivistes lorsque l’on considère les rapports entre compétences inscrites dans un référentiel, compétences déployées et exigences du travail.

2017 ◽  
Vol 72 (2) ◽  
pp. 345-369
Author(s):  
Pauline de Becdelièvre ◽  
François Grima

À partir d’une recherche qualitative auprès de 48 ex-militants syndicaux ayant eu plus de 80% de leur temps de travail pour leur syndicat, de 10 directeurs des Ressources humaines et de trois organisations syndicales, une organisation patronale et un cabinet d’accompagnement, cet article questionne la reconversion des militants syndicaux en dehors de la sphère syndicale. En s’appuyant sur le contexte français et la littérature existante sur la reconversion des militants syndicaux, nos travaux soulignent les stratégies mises en place par les ex-militants afin d’assurer leur employabilité militante externe. Ces stratégies sont influencées par la perception qu’ils ont de leur employabilité. Plusieurs facteurs externes et individuels affectent cette perception. Les facteurs individuels sont le capital social perçu, la nature du départ (subi ou volontaire), le niveau de poste précèdent et le niveau atteint dans l’organisation syndicale. Ces facteurs individuels n’expliquent pas tout. D’autres facteurs externes, tels la stigmatisation dont peut faire l’objet le militant à cause de son engagement syndical, le lien contractuel et l’accompagnement du syndicat, expliquent la perception que le militant a de son employabilité. Celle-ci entraine soit une non mobilisation du capital social, soit une mobilisation offensive du capital social. Dans ce dernier cas, l’ex-permanent peut subir une phase d’observation de la part de l’entreprise d’accueil. En s’intéressant à la reconversion syndicale, cette recherche constitue un renversement de positionnement par rapport aux nombreux travaux analysant la carrière syndicale. Le capital social des militants n’est plus pensé au sein de l’organisation syndicale, mais en dehors de celle-ci, et il permet de proposer le concept d’employabilité militante externe, à savoir la capacité d’un ex-militant syndical d’obtenir un travail et de se maintenir en emploi en dehors du syndicat grâce à la mobilisation de son capital social.


2007 ◽  
Vol 62 (3) ◽  
pp. 516-539 ◽  
Author(s):  
Daniel Beaupré ◽  
Julie Cloutier

Cette recherche qualitative fait ressortir l’existence de modèles de gestion à « haute performance » dans la fonction publique québécoise. Les résultats suggèrent l’existence de deux catégories de pratiques de gestion des ressources humaines (RH) mobilisatrices qui agissent sur l’engagement des salariés à travers des mécanismes distincts : 1) les pratiques liées au partage d’information et à la participation des salariés à la gestion et 2) les autres pratiques de RH (les nouvelles formes d’organisation du travail, la gestion axée sur les résultats et la formation liée à l’emploi) qui influencent les perceptions de justice organisationnelle et de support organisationnel. Les résultats suggèrent également un lien entre les performances économiques et sociales et la « double cohérence » des pratiques RH, à savoir la cohérence interne et la cohérence symbolique.


2018 ◽  
Vol 52 (3) ◽  
pp. 269-276
Author(s):  
A. Boukhobza ◽  
T. Etchebarne

L’objectif de cet article est d’identifier quels sont les processus ressources humaines à mettre en place au sein des cabinets d’orthodontie pour à la fois améliorer la prise en charge des patients, mais aussi la rentabilité de la structure tant en termes d’organisation que financièrement. Le travail sur la cohésion des équipes va créer un engagement collectif qui dépend d’une part de la qualité du recrutement des collaborateurs, et ensuite des leviers de motivation mis en place au sein des équipes et entretenus dans le temps. Dans les équipes la collaboration intergénérationnelle doit être gérée et optimisée. D’autre part l’orthodontiste dirigeant doit avoir une stratégie et des objectifs clairs pour pouvoir communiquer efficacement. Il doit par ailleurs connaître les outils de communication selon les circonstances pour faire passer les messages dont il a besoin.


2010 ◽  
pp. 99-99
Author(s):  
Anne-Marie Birac
Keyword(s):  

2019 ◽  
Vol 45 (280) ◽  
pp. 57-74
Author(s):  
Clotilde Coron

Le1 contraste entre la prégnance des notions d’analytique et de big data ressources humaines (RH) dans les discours managériaux actuels et le faible nombre de travaux académiques sur le sujet invite à s’interroger sur la réalité du changement introduit par ces notions. En mobilisant le concept de justification pour analyser de l’observation participante complétée par dix entretiens semi-directifs, les auteurs montrent que les dispositifs d’analytique RH font l’objet de discours similaires à ceux sur le reporting, alors que les dispositifs de big data RH donnent lieu à de nouvelles justifications. Cela invite donc à conclure que l’analytique RH ne constitue pas une rupture proprement dite, alors que le big data RH correspond à un réel changement.


2007 ◽  
Vol 33 (176) ◽  
pp. 15-33
Author(s):  
Brigitte Charles-Pauvers ◽  
Caroline Urbain ◽  
Erwan Le Quentrec
Keyword(s):  

2004 ◽  
Vol 164 (3) ◽  
pp. 1-15 ◽  
Author(s):  
Marie-Claire Villeval ◽  
Jean-Louis Rullière ◽  
Pierre Malgrange
Keyword(s):  

Sign in / Sign up

Export Citation Format

Share Document