scholarly journals L’adaptation au changement climatique devant les questions de gouvernance de l’eau

2018 ◽  
Vol 61 (174) ◽  
pp. 447-467 ◽  
Author(s):  
Alain LÉTOURNEAU

Situé en philosophie pratique, impliquant à ce titre une perspective d’ouverture aux sciences concernées, ce texte cherche à clarifier les requêtes qui concernent un domaine d’action particulier. Il fait d’abord un rappel des grandes lignes du programme centré sur l’adaptation aux changements climatiques. La question de la gouvernance de l’eau est ensuite posée en termes de gestion intégrée dans le cadre des travaux en gouvernance environnementale, ce qui suppose de revenir de manière critique sur la notion de gouvernance. Puis la question principale est de savoir si l’adaptation aux changements doit être confiée à des groupes régionaux multiacteurs ayant spécifiquement cette tâche ou si elle doit plutôt relever des acteurs de la gestion intégrée de l’eau. C’est la première option que nous retenons ici, tout en plaidant pour une intégration des forces impliquées dans la gestion intégrée de l’eau.

Climatologie ◽  
2020 ◽  
Vol 17 ◽  
pp. 2
Author(s):  
Lucille Alonso ◽  
Florent Renard

Le changement climatique est un phénomène majeur actuel générant de multiples conséquences. En milieu urbain, il exacerbe celui de l’îlot de chaleur urbain. Ces deux manifestations climatiques engendrent des conséquences sur la santé des habitants et sur la sensation d’inconfort thermique ressenti en milieu urbain. Ainsi, il est nécessaire d’estimer au mieux la température de l’air en tout point d’un territoire, notamment face à la rationalisation actuelle du réseau de stations météorologiques fixes de Météo France. La connaissance spatialisée de la température de l’air est de plus en plus demandée pour alimenter des modèles quantitatifs liés à un large éventail de domaines, tels que l’hydrologie, l’écologie ou les études sur les changements climatiques. Cette étude se propose ainsi de modéliser la température de l’air, mesurée durant 4 campagnes mobiles réalisées durant les mois d’été, entre 2016 et 2019, dans Lyon par temps clair, à l’aide de modèle de régressions à partir de 33 variables explicatives issues de données traditionnellement utilisées, de données issues de la télédétection par une acquisition LiDAR (Light Detection And Ranging) ou satellitaire Landsat 8. Trois types de régression statistique ont été expérimentés, la régression partial least square, la régression linéaire multiple et enfin, une méthode de machine learning, la forêt aléatoire de classification et de régression. Par exemple, pour la journée du 30 août 2016, la régression linéaire multiple a expliqué 89% de la variance pour les journées d’étude, avec un RMSE moyen de seulement 0,23°C. Des variables comme la température de surface, le NDVI ou encore le MNDWI impactent fortement le modèle d’estimation.


Author(s):  
Delphine GRAMOND

Les changements climatiques actuels modifient potentiellement les filtres environnementaux desquels dépendent, dans leur répartition et leur biomasse, la faune et la flore. Ce chapitre propose d’évaluer dans quelles mesures (conceptuelle et opérationnelle) le biome, unité structurelle de la biosphère à l’échelle globale, peut être considéré comme un indicateur intégrateur des impacts directs, indirects, induits, du changement climatique actuel sur les communautés biotiques.


2020 ◽  
Vol 153 (1) ◽  
pp. 22-32
Author(s):  
Komla Elikplim Abotsi ◽  
Kouami Kokou ◽  
Germinal Rouhan ◽  
Vincent Deblauwe

Contexte et objectifs – La conservation durable de la biodiversité requiert une bonne compréhension des causes de son déclin. Mis à part les activités humaines, les changements climatiques se révèlent comme la principale menace qui pèse sur la biodiversité au 21ème siècle. Notre étude vise à déterminer l’impact du changement climatique sur les Ptéridophytes au Togo.Méthodologie – En se basant sur 2865 occurrences de Ptéridophytes couvrant toute l’Afrique de l’Ouest et regroupés en 5 groupes écologiques, les distributions actuelle et future des Ptéridophytes ont été modélisées grâce à Maxent. La capacité de conservation des aires protégées du Togo vis-à-vis de ces plantes a été évaluée.Résultats clés – Nos résultats montrent que 9,81% du pays peut abriter simultanément l’ensemble des groupes de ptéridophytes. Les précipitations des périodes sèches, l’isothermalité et la saisonnalité de la température sont les variables climatiques qui contraignent le plus leurs niches en Afrique de l’Ouest et particulièrement au Togo. Exceptés les taxons thermophiles dont les zones climatiquement favorables devraient quasiment doubler à l’horizon 2070, les niches des autres groupes devraient se restreindre drastiquement au Togo. Seules les aires protégées du tiers sud des Monts Togo pourront garantir la conservation des niches climatiques actuelles et futures des ptéridophytes dans le pays.Conclusions – Le sud des Monts Togo constituera probablement un refuge climatique pour les ptéridophytes au Togo. Toutefois, la faiblesse de l’étendue des aires protégées dans cette partie du pays pourrait constituer une source de vulnérabilité pour ces plantes.   Vulnerability of pteridophytes to climate change and implications for their conservation in Togo (west Africa)   Background and aims – The sustainable conservation of biodiversity requires a good understanding of the causes of its decline. Apart from human activities, climate change is the major threat to global biodiversity during the 21st century. Our study aims to determine the impact of climate change on pteridophytes in Togo.Methods – Based on 2865 occurrences of pteridophytes covering West Africa and grouped into 5 ecological groups, current and future distributions of pteridophytes were modelized using Maxent. The conservation capacity of Togolese protected areas for these plants was assessed.Key results – Our results show that 9.81% of the country can shelter simultaneously all groups of pteridophytes. Precipitations of the driest periods, isothermality and temperature seasonality are the climatic variables which constrain the most their niche in West Africa and particularly in Togo. Apart from thermophilic taxa whose climatically suitable niche is expected to nearly double by 2070, niche of all other group should be drastically restricted in Togo. Only protected areas in the southern third of Togo Mountains would guarantee current and future climatic niches for pteridophytes in the country.Conclusions – Southern Togo Mountains will probably constitute a climatic refugium for Pteridophytes in Togo. However, the small extent of protected areas in this part of the country would be a source of vulnerability for these plants.


2020 ◽  
Vol 344 ◽  
pp. 3-16
Author(s):  
Said Moukrim ◽  
Said Lahssini ◽  
Nabil Rifai ◽  
Kamal Menzou ◽  
Hicham Mharzi-Alaoui ◽  
...  

Le changement climatique constitue un grand défi à relever par les politiques publiques et les gestionnaires des espaces naturels. La compréhension de ses impacts sur les écosystèmes forestiers constitue un préalable nécessaire à toute réflexion visant leur conservation et le maintien des services écosystémiques qu’ils offrent. Cette étude s’est intéressée à la modélisation de la distribution potentielle de Cedrus atlantica Manetti, à l’identification des variables environnementales conditionnant sa distribution, et à la définition de l’étendue géographique des aires qui sont favorables à sa présence sous les conditions climatiques passées, actuelles et futures. Ce travail a été réalisé en se basant sur le principe d’entropie maximale. La cartographie des aires potentielles révèle la sensibilité du cèdre aux changements climatiques passés et suggère une grande étendue (quadruple de la surface d’occurrence actuelle de l’espèce) des zones bioclimatiquement adaptées au développement de cette espèce sous les conditions climatiques actuelles. Cependant, les distributions potentielles futures semblent être dépendantes de certains sites spécifiques et risquent d’être affectées négativement par le climat futur. Ces résultats mettent en évidence l’ampleur des régressions projetées des superficies du cèdre dans le futur, ce qui pourrait impacter considérablement les fonctions et services de cet écosystème et augmenter les risques d’extinction locale. Ils constituent par ailleurs un bon outil de prise de décision pour les gestionnaires du territoire quant à la conservation de ce précieux écosystème forestier, afin d’éviter toute extinction de ce foyer de biodiversité marocaine.


2018 ◽  
Vol 46 ◽  
pp. 01010
Author(s):  
Kjersti Fløttum

La communication portant sur le changement climatique reste un défi majeur. Le langage utilisé joue un rôle essentiel dans la conceptualisation et le cadrage des discours portant sur le réchauffement de notre planète. Ces discours constituent un champ hétérogène, dont le discours des enquêtes représente un sous-domaine de plus en plus central. La raison en est que les opinions et attitudes des citoyens sont d’une importance particulière en ce qui concerne les chemins à prendre afin d’atténuer les conséquences négatives des changements climatiques. Dans cette contribution, une comparaison entre des données françaises et norvégiennes obtenues par des enquêtes représentatives sera présentée. Les participants des enquêtes ont répondu à la question ouverte suivante : « A quoi pensez-vous quand vous entendez ou lisez l'expression "changement climatique"? » Etant donné la différence entre les bouquets énergétiques des deux pays, on pourra s’attendre à des discordances entre les associations évoquées par les Français et les Norvégiens. A contrario, au vu de la dimension globale et commune du changement climatique, on pourra s’attendre à des manières similaires de s’exprimer. Ces questions seront abordées dans un cadre théorique de l’énonciation, comprenant des perspectives liées à la modalité déontique.


2008 ◽  
Vol 21 (2) ◽  
pp. 111-128 ◽  
Author(s):  
Ghislain de Marsily

Résumé Cet article propose une vue d’ensemble des ressources en eaux à l’échelle mondiale, à l’horizon du milieu du XXIe siècle. On considère d’abord les conséquences probables du changement climatique en ce qui concerne les événements moyens aussi bien qu’extrêmes. Des situations de pénurie d’eau et de sécheresse ainsi que d’augmentation des ressources en eaux sont examinées. On étudie combien d’eau il faudra pour produire la nourriture requise, à l’échelle mondiale, étant donné l’évolution démographique prévue, les modifications des modes d’alimentation et la concurrence entre productions alimentaire et bioénergétique. Les risques de pénuries alimentaires en cas de sécheresses mondiales sévères (par exemple pendant des événements El Niño très intenses) sont discutés. Les conséquences des changements climatiques et des besoins en nourriture pour la conservation des écosystèmes et de la biodiversité sont examinées. Des solutions possibles sont proposées.


2008 ◽  
Vol 21 (2) ◽  
pp. 129-133
Author(s):  
Claude Villeneuve

Résumé Les prévisions globales du GIEC tendent vers une augmentation des précipitations dans le nord-est de l’Amérique du Nord, une augmentation des températures moyennes annuelles et de la quantité de précipitations neigeuses, mais une diminution de la durée de la couverture de neige au sol. Si les modèles régionaux et les observations de terrain nous permettent de confirmer cette tendance dans le centre et le nord du Québec, la tendance est moins claire dans le bassin versant des Grands Lacs / Saint-Laurent dont dépend la majeure partie de la population québécoise. Sachant que les impacts d’un changement climatique ne peuvent se prévoir de façon déterministe, sans tenir compte de la capacité d’adaptation d’une population et de sa capacité d’anticiper et d’investir, les nouvelles tendances dans la nature, l’abondance et la répartition des précipitations et surtout, l’équilibre entre les précipitations et l’évaporation à l’échelle de grands bassins versants constituent une grande inconnue des changements climatiques à venir. Nous tenterons dans ce court article de caractériser les impacts et les pistes d’adaptation envisagées pour le sud du Québec face aux modifications anticipées du régime hydrologique.


2021 ◽  
Vol 14 (9) ◽  
pp. 3262-3274
Author(s):  
Jean Ouedraogo ◽  
Idriss Serme ◽  
Mathias Bouinzemwendé Pouya ◽  
Sogo Bassirou Sanon ◽  
Korodjouma Ouattara ◽  
...  

Agricultural intensification is a necessity to ensure food security in the Sahel countries. This study aimed at assessing the effects of technological packages of integrated soil fertility management on sorghum productivity. An experiment was set up in dispersed blocks design where each producer constituted a repetition. Fertilizers were applied using the microdose technique. The results showed that the best grain yields of sorghum are obtained with the technology combining stone bunds + zaï + NPK + urea with respectively 1428.70 kg / ha in 2018 and 1158.40 kg / ha in 2019. The grain yield gaps between the current farmers’ practice under stone bunds and ISFM packages varied from 5.66% to 44.45% in 2018 and from 25.15% to 53.80% in 2019. In the context of climate variability and climate change, these results show that water harvesting techniques such as stone bunds and the zaï, associated with microdose are viable and sustainable alternative for improving agricultural productivity. L’intensification agricole est une nécessité pour assurer la sécurité alimentaire dans les pays du sahel. Cette étude avait pour objectif d’évaluer les effets de paquets technologiques de gestion intégrée de la fertilité des sols sur la productivité du sorgho. Pour ce faire, un dispositif en blocs dispersés a été mis en place en milieu paysan où chaque producteur constituait une répétition. Les paquets technologiques se composent des formules de fumures et/ou des techniques de conservation des eaux et des sols (CES). Les engrais ont été apportés selon la technique de la microdose. Les résultats ont montré que les meilleurs rendements grains du sorgho ont été obtenus avec la technologie cordons pierreux + zaï + NPK + urée avec respectivement 1428,70 kg/ha en 2018 et 1158,40 kg/ha en 2019. Les gaps de rendement grains entre la pratique actuelle des producteurs sous cordons pierreux et les paquets technologiques ont varié de 5,66% à 44,45% en 2018 et de 25,15% à 53,80% en 2019. Dans le contexte de la variabilité et des changements climatiques, ces résultats montrent que la collecte et la valorisation de l’eau à la parcelle à travers les cordons pierreux et le zaï, associée à la microdose est une alternative viable et durable d’amélioration de la productivité agricole.


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