Émile Nelligan en espagnol : quatre versions latino-américaines d’un même « soir d’hiver »
Émile Nelligan est un des plus grands auteurs de la poésie québécoise, symbole du « poète maudit ». De tous les membres de l’École de Montréal, il est le plus traduit en espagnol. Éditées au Mexique dès les années 1980, les premières versions sont rééditées, révisées et augmentées à la fin des années 1990. En outre, deux anthologies mexicaines et une espagnole publient une sélection traduite entre 1996 et 2002. Mis en musique et inclus dans de nombreux manuels, Soir d’hiver constitue l’un des plus grands « classiques » nelliganiens. À ce jour, nous en avons répertorié quatre versions espagnoles : une de Marco Antonio Campos (éditée d’abord en 1989, puis en 1999), une de Lorenza Fernández del Valle et Juan Carvajal (1996), une de Benjamín Valdivia (2002) et une dernière de Miguel Frontán (non datée, sur le Web). Curieusement, aucune d’entre elles ne reproduit, à première vue, le schéma métrique ou rimique du poème original. Pourtant, l’un des traducteurs prétend avoir apporté une grande attention à la « musique » des vers, quitte à en sacrifier le sens. Cette étude déterminera sous quel angle les traducteurs ont abordé l’aspect sonore du poème, en comparant les caractéristiques phoniques des retraductions et leurs effets en regard de la « trame sonore » originale.