Vacances romaines. Sur La Sapienza d’Eugène Green
L’auteur de cet article interroge la place de Rome dans le film d’Eugène Green La Sapienza (2014), par une analyse des présupposés métaphysiques et sémiologiques de sa poétique du cinématographe. L’auteur explique en quoi Rome illustre l’acte cinématographique en tant que « ville cachée » et ce que nous apprend la comparaison des cinéastes et architectes quant à la définition de l’auteur d’une oeuvre. Pour ce faire, l’expression « présence réelle » appliquée à la ville est examinée dans le sillage d’une esthétique néoplatonicienne pour montrer que l’identité paradoxale de référence du toponyme polysémique de « Rome » suppose une situation de communication poétique. Elle renvoie à un vécu d’hospitalité et de retour sur soi, mis en perspective avec le Journal de voyage en Italie par la Suisse et l’Allemagne en 1580 et 1581 de Montaigne. Par la suite, espaces urbains et filmiques sont comparés afin d’exposer la part du vide comme élément de composition de ce dernier. Le vide se comprend alors comme réceptivité de la lumière, patience. S’ensuit enfin une étude des analogies entre architecte et cinéaste et de la théorie esthétique de l’auteur les sous-tendant.