scholarly journals La fortune littéraire du Journal de voyage de Saint-Luc de La Corne

2006 ◽  
Vol 20 (2) ◽  
pp. 329-341
Author(s):  
Pierre Lespérance

Résumé Le journal de voyage que Saint-Luc de La Corne écrivit en 1762 et fit publier à Montréal en 1778 constitue le premier jalon de l'histoire littéraire québécoise. Peu à peu oublié, le récit du naufrage de /'Auguste survécut dans la première moitié du xix3 siècle grâce à la tradition orale dont il fut l'objet dans la famille Aubert de Gaspê. À compter des années I860, la postérité se saisit du texte de La Corne. D'Aubert de Gaspépère à Robert de Roquebrune, en passant par Henri-Raymond Casgrain, Archibald MacMechan et Pierre-Georges Roy, les hommes de lettres apportent à l'épisode de /'Auguste des développements qui modifient jusqu'à l'esprit de l'oeuvre de La Corne. À mesure que ce jeu hypertextuel s'effectue, l'enjeu devient de plus en plus clairement idéologique dans la mesure où les littérateurs utiliseront l'effet La Corne pour alimenter leurs thèses respectives.

1963 ◽  
Vol 18 (5) ◽  
pp. 1002-1006
Author(s):  
A. De Hautecloque
Keyword(s):  

Si le Cambodge a fait l'objet d'études archéologiques et épigraphiques innombrables, la documentation ethnographique s'y rapportant est d'une pauvreté regrettable. Or il arrive que les gestes s'usent et se dégradent plus vite que les pierres il y avait donc là une urgence. C'est pour faire face à cette urgence qu'a été créée la Commission des Mœurs et Coutumes du Cambodge, que Mme E. Porée-Maspero a dirigée de 1943 à 1950, et dont les manuscrits, provenant de toutes les régions du pays, ont fourni une grande partie des matériaux de l'importante étude que celle-ci consacre aux rites agraires des Cambodgiens. Mais c'est en fait une œuvre beaucoup plus ambitieuse que ne le laisserait supposer son titre que Mme Porée-Maspero a entreprise ici, ce dont elle s'explique dans l'introduction de ce premier tome, après avoir parlé de ses sources : la tradition, orale essentiellement, de ses informateurs : domestiques et paysans illettrés, mais aussi a£ar (maîtres de cérémonies) des monastères, enfin de ses méthodes d'enquête : l'observation directe le plus souvent possible.


1983 ◽  
Vol 38 (3) ◽  
pp. 614-627
Author(s):  
Solange Alberro ◽  
Serge Gruzinski
Keyword(s):  
De Se ◽  

Il n'y a vraiment rien d'étonnant à ce qu'un pays, un des rares du continent américain à être semé de milliers de sites archéologiques, d'innombrables coupoles et façades coloniales, un pays qui scrute ardemment son passé, y recherchant avec passion ses origines et son identité, place son histoire au cœur de son présent et peut-être de son avenir. Car le Mexique, depuis les premières migrations qui peuplèrent son sol, ne cesse de se souvenir, à travers le mythe, la tradition orale, la chronique, le récit, la légende, le livre, la chanson, l'archive, l'hémérothèque, l'ordinateur ou la pellicule, outils populaires ou savants, archaïques et sophistiqués, au service de la grande tâche collective. Voilà pourquoi on y fait de l'histoire un peu partout et de toutes les façons, académique ou militante, novatrice ou ronronnante, bon enfant ou hermétique ; qu'il nous suffise donc d'évoquer les principales institutions académiques comptant d'importants départements de recherche, assistés de services de publication, l'U.N.A.M. M.,l’I.N.A.H. etses dépendances, l'U.A.M. le Colegio de Mexico, l'Université ibéro-américaine, outre certaines universités de province. Les publications sont abondantes, fruit non seulement des recherches réalisées par les départements que nous venons d'évoquer, mais aussi résultat d'études commandées par des banques, des ministères, des commissions, des gouvernements provinciaux, des archives et fonds divers, des associations confessionnelles ou professionnelles, bref, le mécénat officiel ou privé sous toutes ses formes.


1974 ◽  
Vol 29 (6) ◽  
pp. 1465-1474
Author(s):  
Annie Schnapp
Keyword(s):  

Les historiens se prennent souvent de passion pour les périodes de « régression » ou de « déclin »; il semble que toute discontinuité, toute rupture introduite dans le cours linéaire de l' Histoire se doive d'être comblée en priorité. Et ainsi s'ébauche un foisonnement de reconstitutions, dont la hardiesse égale généralement la fragilité. Le « Moyen Age grec » (appellation impropre mais fréquente), ne fait pas exception à la règle. Une série de mythes historiques, cohérents d'ailleurs pour la plupart, s'est constituée, parfois dès l' Antiquité, afin d'établir une liaison satisfaisante pour l'esprit entre les données archéologiques dont le caractère spectaculaire frappait les imaginations (trésors de Mycènes, puissance des forteresses...) et la tradition orale (guerre de Troie, retour des Héraclides, etc.). Citons parmi ces mythes celui de la « conquête dorienne », responsable à la fois de l'effondrement du monde mycénien, de l'hilotisme à Sparte, de l'introduction de la métallurgie du fer, etc.


2013 ◽  
pp. 1-23
Author(s):  
Jocelyne Mathieu

Le fonds Pierre-Joseph-Olivier Chauveau, premier premier ministre du Québec (1867-1873), déposé aux Archives de l’Université Laval, comprend une série intitulée « Les femmes de la famille P.-J.-O. Chauveau » dans laquelle sont rassemblés les journaux personnels de ses filles Flore, Éliza, Henriette et Honorine, entre les années 1855 et 1876. Ces journaux – dits intimes – relatent certains événements et témoignent de la vie familiale et sociale de cette famille bourgeoise ayant vécu à Québec et à Montréal. Ce texte est une première approche des journaux de ces jeunes filles ; il s’attarde d’abord à la pratique de l’écriture d’un journal « intime », le déménagement de la famille de Québec à Montréal alors que Chauveau est nommé surintendant de l’Instruction publique au Bas-Canada ; au journal de voyage d’Éliza en séjour de vacances chez les Papineau ; et au récit, à posteriori, des derniers jours de la mère, Marie-Louise-Flore Masse-Chauveau, par la cadette de ses filles, Honorine.


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