Rapports sociaux de sexe dans la recherche biomédicale : une lecture de la production de savoirs dans les publications féministes anglophones
L’analyse féministe a porté une attention particulière aux sciences explorant la sexualité ou le comportement des sexes comme les sciences biomédicales. Cet article étudie les publications féministes anglophones sur la recherche biomédicale, en se plaçant dans la perspective des deux objectifs qui fondent le projet épistémologique féministe : d’une part, établir les apports de la critique féministe à la mise en évidence du sexisme et de l’androcentrisme dans la pratique scientifique ; d’autre part, proposer et soutenir des pratiques scientifiques féministes qui engagent à la libération des femmes, dans une perspective d’égalité sociale et politique, et ce, en expliquant comment de telles propositions moralement et politiquement engagées sont à même de permettre la production d’un nouveau mode de connaissance (Anderson, 1995). Après avoir retracé les origines et la nature des critiques féministes « réformistes », ce texte s’intéresse aux critiques « révolutionnaires » en mobilisant les épistémologies sociales, notamment celle de Longino. Comment les « épistémologies féministes » participent-elles d’une transformation des pratiques scientifiques (pour les sciences sociales comme pour les sciences biomédicales) et partant, d’une nouvelle forme de connaissance ?