scholarly journals « La vérité sort de la bouche des enfants »

2017 ◽  
Vol 28 (1) ◽  
pp. 250-275
Author(s):  
Simon Lapierre ◽  
Isabelle Côté ◽  
Dominique Damant ◽  
Marie Drolet ◽  
Chantal Lavergne ◽  
...  

Cet article présente les résultats issus de la première phase d’une recherche qualitative et participative qui vise à mieux comprendre l’expérience et le point de vue d’enfants et d’adolescents québécois et franco-ontariens vivant dans un contexte de violence conjugale. L’objectif de cette première phase de l’étude n'était pas de documenter l’expérience et le point de vue des participants sur la violence à laquelle ils ont été exposés, mais plutôt d’amorcer un dialogue concernant la nature et les modalités de l’étude en impliquant les jeunes dès les premières étapes du processus, permettant ainsi à l’équipe de recherche de mettre en place les conditions nécessaires à la réalisation d’une recherche « avec » et « pour » les enfants et les adolescents. Les résultats présentés dans cet article s’appuient donc sur les données recueillies lors de trois groupes de discussion, réalisés auprès de 20 participants âgés entre 6 et 15 ans. Ils démontrent, à partir de données recueillies directement auprès des jeunes participants, les principales raisons justifiant l’importance de développer des recherches qui donnent la parole aux enfants et aux adolescents qui vivent dans un contexte de violence conjugale.

2014 ◽  
Vol 60 (1) ◽  
pp. 72-89 ◽  
Author(s):  
Chantal Bourassa ◽  
Michel Labarre ◽  
Pierre Turcotte ◽  
Geneviève Lessard ◽  
Nicole Letourneau

Cet article présente les résultats d’une recherche qualitative visant à comprendre comment les intervenants intègrent le concept de paternité dans les groupes de thérapie pour les hommes aux comportements violents. Des groupes de discussion et des entrevues semi-dirigées ont été effectués auprès d’intervenants dans trois organismes au Nouveau-Brunswick et au Québec. Selon l’analyse des données recueillies, la prise en compte de la paternité des hommes représente un défi pour ces intervenants. Les difficultés qu’éprouvent de nombreux hommes (non-reconnaissance de leur violence, expériences de violence lors de l’enfance, frustrations en lien avec les systèmes et problèmes de toxicomanie ou de santé mentale), le manque de temps, d’outils et de formation pour les intervenants, les questions de sécurité, et les normes culturelles et représentations sociales de la violence conjugale, compliquent l’exploration de la paternité dans le cadre des groupes d’intervention.


Criminologie ◽  
2019 ◽  
Vol 52 (1) ◽  
pp. 301-323
Author(s):  
Amélie Couvrette2 ◽  
Chantal Plourde

Cette recherche qualitative exploratoire s’intéresse aux perceptions de mères détenues quant aux effets de leur incarcération sur leurs relations avec leurs enfants. L’étude documente également les conséquences qu’elles perçoivent à la suite de cette incarcération ainsi que les réactions de leurs enfants. Quinze mères incarcérées dans un établissement de détention ont été rencontrées. L’analyse montre qu’un ensemble de conditions, l’instabilité et la violence conjugale, la consommation de substances psychoactives et les restrictions quant à la garde des enfants étaient présentes avant l’incarcération et que celles-ci affectaient la relation entre la mère et ses enfants. Mais pour les mères rencontrées, l’incarcération s’impose comme un élément supplémentaire complexifiant une relation déjà tendue entre la mère et ses enfants. Les réactions des enfants à la nouvelle détention et les conséquences de celle-ci dans leur relation avec leur mère ont été largement décrites. Alors qu’elles blâment leurs propres mères pour leurs choix déviants et qu’elles reconnaissent avoir placé leurs enfants à risque, elles se placent comme élément de solution aux problèmes de délinquance et de consommation que leurs enfants pourraient développer. Pour elles, elles arriveront à briser ce cycle.


2005 ◽  
Vol 39 (2) ◽  
pp. 188-216 ◽  
Author(s):  
Geneviève Martin ◽  
Francine Lavoie

Cet article s'inscrit dans une perspective de prévention secondaire en matière de violence conjugale. Il présente une partie des résultats d'une recherche qualitative menée auprès de vingt sujets, médecins et infirmières, en milieu hospitalier et en pratique privée. Dix comportements d'aide sont regroupés autour de deux axes : l'action directe auprès des femmes violentées et l'action avec les ressources. La discussion porte sur la relation entre intervenants, intervenantes et femmes violentées, sur l'éthique reliée à la suggestion de départ du foyer et enfin, sur la contribution de ces intervenants et intervenantes à l'ensemble du système d'aide en faveur des femmes violentées.


2015 ◽  
Vol 61 (1) ◽  
pp. 77-92
Author(s):  
Valérie Roy ◽  
Michel Labarre ◽  
Marie-Ève Drouin

Au Québec et ailleurs, les groupes pour les conjoints ayant des comportements violents constituent une des réponses sociales au problème de la violence conjugale. Or, les taux d’abandon dans ces groupes demeurent préoccupants en raison notamment des risques de récidive qui y sont associés. Les études suggèrent qu’un faible sentiment d’engagement compte parmi les facteurs associés aux abandons, alors que l’engagement dans les groupes serait considéré comme un élément favorisant le succès des programmes d’intervention. Cet article présente les résultats d’une recherche qualitative sur les stratégies qui peuvent favoriser l’engagement des hommes dans les programmes de groupe. Les résultats mettent en lumière l’importance du choix de s’engager dans le groupe, de même que le rôle des intervenants, des autres membres du groupe et de l’environnement dans ce processus. Une analyse critique des stratégies contribuant à maintenir et à renouveler le choix des hommes de s’engager dans leur démarche de groupe est proposée.


2020 ◽  
Vol 29 (1) ◽  
pp. 53-64
Author(s):  
Marco Alberio

Dans des régions rurales côtières, telles que la Gaspésie et la Côte-Nord, la pêche joue un rôle fondamentaldu point de vue social et économique. Le cas de la pêche nous semble intéressant en raison de la proximitéexistante entre l’exploitant (le pêcheur, capitaine propriétaire), la famille, le territoire et sa communauté. Contrairement à d’autres types d’exploitations naturelles, le capitaine propriétaire du Québec est un petit entrepreneur de type familial lui-même fortement enraciné dans une communauté territoriale. En vertu de cette proximité, les dynamiques entrepreneuriales (y compris celles associées à la relève) sont fortement imbriquées à celles de la communauté et de la famille. Après avoir présenté des données du recensement sur l’évolution du secteur (volumes de capture et marché de l’emploi) à travers les résultats d’une recherche qualitative, par le biais de 2 groupes de discussion avec des experts du secteur et 85 entrevues avec les capitaines propriétaires et leur famille, nous observerons comment et à travers quels mécanismes sociaux la famille, la communauté locale et la communauté professionnelle peuvent contribuer à façonner la trajectoire professionnelle et entrepreneuriale des pêcheurs capitaines propriétaires, plus spécifiquement le phénomène du transfert d’entreprise et de sa relève. La relève est, selon nous, un élément fondamental ayant un rôle central sur la pérennité des entreprises dans un secteur clé pour cette région. Dans ce contexte, la pérennité de ce métier et de ces entreprises devient essentielle pour la vitalité sociale et économique de la région de la Gaspésie, qui expérimente plusieurs difficultés d’ordre démographique, social et économique.


2016 ◽  
Vol 33 (1) ◽  
pp. 5-25 ◽  
Author(s):  
Louis-François Dallaire ◽  
Normand Brodeur

La concomitance de violence conjugale et de troubles mentaux chez les conjoints violents est un sujet controversé, tant au plan conceptuel qu’au plan clinique. De nombreuses études ont objectivé la présence de troubles mentaux dans la population des conjoints violents, sans toutefois s’intéresser aux points de vue des professionnels qui accompagnent ces hommes dans un processus de changement. Cet article présente les résultats d’une recherche qualitative qui visait à explorer les points de vue de professionnels spécialisés dans l’intervention auprès de conjoints violents quant à la concomitance de violence conjugale et de troubles mentaux chez leur clientèle. Onze professionnels ont été rencontrés au cours d’une entrevue de recherche semi-dirigée. Les participants estiment que les conjoints violents souffrant de troubles mentaux (CVTM) se distinguent de l’ensemble des conjoints violents par un degré élevé de désorganisation, et conçoivent les troubles mentaux comme un facteur augmentant le risque d’exercer de la violence conjugale. Leurs points de vue sont observables à travers leurs énoncés verbaux et les conduites professionnelles qu’ils adoptent auprès des CVTM, soit l’évitement, la distanciation et l’intégration. Le discours des participants reflète les paradoxes associés à la catégorisation des CVTM et à l’intervention auprès de cette clientèle.


2020 ◽  
Vol 39 (1) ◽  
pp. 49-63
Author(s):  
Geneviève Lessard ◽  
Chantal Lavergne ◽  
Sylvie Lévesque ◽  
Annie Dumont ◽  
Pamela Alvarez-Lizotte ◽  
...  

Cette recherche qualitative explore les points de vue de mères, de pères et d’adolescents (n = 43) quant aux services reçus pour les problèmes cooccurrents de violence conjugale, de santé mentale et de consommation chez les parents. Les données ont été recueillies par des entrevues semi-dirigées, soutenues d’un outil de cartographie des services utilisés. L’analyse de contenu thématique montre que les participants déploient plusieurs stratégies pour faire face aux problèmes cooccurrents vécus et utilisent diverses ressources d’aide formelle et informelle. Plusieurs recommandations sont proposées pour améliorer l’offre d’aide aux familles en situation de cooccurrence, dont la concertation entre les différentes ressources concernées.


2015 ◽  
pp. 113-133 ◽  
Author(s):  
Sébastien Savard ◽  
Isabelle Arcand ◽  
Marie Drolet ◽  
Josée Benoît ◽  
Jacinthe Savard ◽  
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Cet article présente les résultats d’une recherche qualitative sur la collaboration et le partenariat entre les professionnels des services sociaux et de la santé qui interviennent auprès de francophones vivant en situation minoritaire en Ontario. L’étude met en lumière, à partir de l’information recueillie auprès de 43 professionnels rencontrés dans huit groupes de discussion, le contexte qui caractérise leur pratique, les défis qu’ils rencontrent dans leur tentative de créer des liens de collaboration avec d’autres professionnels qui oeuvrent auprès des communautés francophones minoritaires ainsi que les facteurs qui facilitent l’établissement de partenariats entre les différents intervenants qui répondent aux besoins de cette population. Les résultats font ressortir que le sentiment d’appartenance, la confiance et l’engagement des professionnels envers la communauté francophone, de même que les valeurs de réciprocité et de solidarité qui les habitent sont des éléments qui favorisent le développement du capital social de la communauté des intervenants. Cependant, le manque de mécanismes permettant la consolidation et la pérennisation des relations de collaboration constitue un facteur qui limite la capacité de bonifier le capital social des professionnels de la santé et des services sociaux francophones et bilingues.


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