scholarly journals Violence conjugale et paternité : les défis de l’intervention sociale

2014 ◽  
Vol 60 (1) ◽  
pp. 72-89 ◽  
Author(s):  
Chantal Bourassa ◽  
Michel Labarre ◽  
Pierre Turcotte ◽  
Geneviève Lessard ◽  
Nicole Letourneau

Cet article présente les résultats d’une recherche qualitative visant à comprendre comment les intervenants intègrent le concept de paternité dans les groupes de thérapie pour les hommes aux comportements violents. Des groupes de discussion et des entrevues semi-dirigées ont été effectués auprès d’intervenants dans trois organismes au Nouveau-Brunswick et au Québec. Selon l’analyse des données recueillies, la prise en compte de la paternité des hommes représente un défi pour ces intervenants. Les difficultés qu’éprouvent de nombreux hommes (non-reconnaissance de leur violence, expériences de violence lors de l’enfance, frustrations en lien avec les systèmes et problèmes de toxicomanie ou de santé mentale), le manque de temps, d’outils et de formation pour les intervenants, les questions de sécurité, et les normes culturelles et représentations sociales de la violence conjugale, compliquent l’exploration de la paternité dans le cadre des groupes d’intervention.

2015 ◽  
Vol 30 (S2) ◽  
pp. S87-S87
Author(s):  
S. Larchanché

Dans la prise en charge des personnes migrantes et réfugiées, la prise en compte des représentations sociales et culturelles est indispensable à la pertinence et la cohérence de l’offre de soin, de la prise en charge, et donc du parcours de soin de manière générale. Elle permet des orientations plus précises, ainsi que des diagnostics cliniques et des traitements appropriés. Elle évite donc les parcours d’errance thérapeutique ou encore les hospitalisations arbitraires, fluidifiant ainsi le fonctionnement du système de soin en général. À partir d’exemples concrets basés sur l’évaluation des demandes de prise en charge, l’auteure démontrera la pertinence du cadre de l’anthropologie médicale clinique dans l’identification des représentations sociales et culturelles et leur impact sur les orientations de soin et sur le diagnostic.


2015 ◽  
Vol 30 (S2) ◽  
pp. S86-S87
Author(s):  
C. Paris

Concernant le parcours de soins en santé mentale « L’objectif est d’améliorer sur le terrain, par des outils et des recommandations de bonne pratique, le parcours de soins et la qualité de vie des personnes présentant des troubles mentaux », précise la direction de l’amélioration de la qualité et de la sécurité des soins de la HAS. Le centre F. Minkowska géré par l’association F. et E. Minkowski a mis en perspective cet objectif pour une population migrante et refugiée afin, d’une part, d’éviter toute ghettoïsation des pratiques cliniques et, d’autre part, le souci de répondre à la demande en proposant une offre de soin tout à fait conforme au droit commun et avec un éclairage santé publique. Le projet d’établissement de ce centre medico-psychosocial s’articule sur la valorisation des bonnes pratiques en les déclinant sur trois volets. Le volet théorique autour des représentations sociales et culturelles de la santé et de la maladie mentale, le volet organisationnel avec la mise en place d’un dispositif (Mediacor) permettant d’améliorer l’accès aux soins pour les personnes migrantes et refugiées et enfin, le volet clinique avec un cadre thérapeutique reposant sur la notion de compétence culturelle. Ces trois aspects permettent de mieux appréhender les obstacles identifiés dans le parcours de soin et, par conséquent, d’y remédier.


2007 ◽  
Vol 20 (1) ◽  
pp. 119-136 ◽  
Author(s):  
Carole Poulin ◽  
Maurice Lévesque

RÉSUMÉ Le contexte social lié à la désinstitutionnalisation nous a amenés à nous interroger sur l'impact des étiquettes apposées aux personnes ayant un vécu psychiatrique. Le but de cette recherche est de saisir les nuances qu'apporte la population dans les appellations suivantes: le malade mental, l'ex-patient psychiatrique et la personne souffrant d'un problème de santé mentale. Les données recueillies auprès de 255 résidents francophones de la région de Montréal indiquent que l'expression « expatient psychiatrique » s'avère moins stigmatisante que les expressions « malade mental » ou « personne souffrant d'un problème de santé mentale » (PSPSM) puisqu'elle fait référence à un événement du passé, lequel est révolu. L'appellation « malade mental » met l'accent sur la chronicité du problème de santé dont souffre l'individu; celle de PSPSM accentue le potentiel de guérison de la personne; et celle d'« ex-patient psychiatrique » fait état de la capacité de fonctionner adéquatement dans la société.


2020 ◽  
Vol 39 (1) ◽  
pp. 49-63
Author(s):  
Geneviève Lessard ◽  
Chantal Lavergne ◽  
Sylvie Lévesque ◽  
Annie Dumont ◽  
Pamela Alvarez-Lizotte ◽  
...  

Cette recherche qualitative explore les points de vue de mères, de pères et d’adolescents (n = 43) quant aux services reçus pour les problèmes cooccurrents de violence conjugale, de santé mentale et de consommation chez les parents. Les données ont été recueillies par des entrevues semi-dirigées, soutenues d’un outil de cartographie des services utilisés. L’analyse de contenu thématique montre que les participants déploient plusieurs stratégies pour faire face aux problèmes cooccurrents vécus et utilisent diverses ressources d’aide formelle et informelle. Plusieurs recommandations sont proposées pour améliorer l’offre d’aide aux familles en situation de cooccurrence, dont la concertation entre les différentes ressources concernées.


2017 ◽  
Vol 28 (1) ◽  
pp. 250-275
Author(s):  
Simon Lapierre ◽  
Isabelle Côté ◽  
Dominique Damant ◽  
Marie Drolet ◽  
Chantal Lavergne ◽  
...  

Cet article présente les résultats issus de la première phase d’une recherche qualitative et participative qui vise à mieux comprendre l’expérience et le point de vue d’enfants et d’adolescents québécois et franco-ontariens vivant dans un contexte de violence conjugale. L’objectif de cette première phase de l’étude n'était pas de documenter l’expérience et le point de vue des participants sur la violence à laquelle ils ont été exposés, mais plutôt d’amorcer un dialogue concernant la nature et les modalités de l’étude en impliquant les jeunes dès les premières étapes du processus, permettant ainsi à l’équipe de recherche de mettre en place les conditions nécessaires à la réalisation d’une recherche « avec » et « pour » les enfants et les adolescents. Les résultats présentés dans cet article s’appuient donc sur les données recueillies lors de trois groupes de discussion, réalisés auprès de 20 participants âgés entre 6 et 15 ans. Ils démontrent, à partir de données recueillies directement auprès des jeunes participants, les principales raisons justifiant l’importance de développer des recherches qui donnent la parole aux enfants et aux adolescents qui vivent dans un contexte de violence conjugale.


2014 ◽  
Vol 39 (1) ◽  
pp. 311-324 ◽  
Author(s):  
Jean-François Pelletier ◽  
Denise Fortin ◽  
Julie Bordeleau

L’un des quatre principaux chapitres du document de consultation proposé par le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec, en préparation du Forum national sur le Plan d’action en santé mentale 2014-2020, est consacré au plein exercice de la citoyenneté. Ce témoignage est le fruit d’un dialogue tenu entre la direction générale d’un institut universitaire en santé mentale québécois et d’un groupe de personnes utilisatrices de services qui prennent part au Projet citoyen au Centre de recherche de ce même institut. Les résultats préliminaires de la validation d’une nouvelle mesure de la citoyenneté ont été utilisés pour structurer et faire progresser ce dialogue. Cette étude de cas illustre une façon de trianguler des données issues d’une recherche participative et au sein de laquelle des personnes utilisatrices de services de santé mentale ont été des partenaires de recherche à part entière. Ces pairs assistants de recherche ont notamment assumé la collecte des données auprès de 178 autres personnes utilisatrices de services de santé mentale qui ont répondu à l’échelle de la citoyenneté. Ils ont aussi animé des groupes de discussion autour des résultats préliminaires, notamment pour donner des étiquettes aux domaines émergeant des premières analyses statistiques. Ils ont ensuite dialogué avec la directrice générale venue tremper dans le Projet citoyen, et ce témoignage reflète la teneur de ce dialogue.


Aporia ◽  
2019 ◽  
Vol 11 (1) ◽  
pp. 16-27
Author(s):  
Étienne Paradis-Gagné ◽  
Dave Holmes

La violence perpétrée à l’endroit des membres de la famille par un proche souffrant d’un trouble mental sévère est un phénomène commun en psychiatrie légale, alors que près de la moitié des familles en est victime. Cette violence engendre des impacts significatifs à l’endroit de la famille, qu’ils soient physiques, psychologiques ou sociaux. Dans cet article, nous présentons les résultats d’un des cinq thèmes d’une étude qualitative réalisée auprès de familles victimes de violence perpétrée en contexte de troubles mentaux sévères. Plus particulièrement, le thème du dispositif médico-légal sera abordé dans cet article. Les travaux de Donzelot et Foucault agissent comme fondements théoriques permettant l’étude de cette problématique sous l’angle du gouvernement des familles. Les résultats de notre recherche indiquent que ce gouvernement s’effectue par l’entremise de certains mécanismes, dont l’instrumentalisation du rôle familial. Nous abordons aussi le processus de judiciarisation dans lequel s’inscrivent les familles, et la nécessité du critère de violence afin de faire hospitaliser le proche à risque.


2015 ◽  
Vol 32 (1-2) ◽  
pp. 167-186 ◽  
Author(s):  
Oscar Labra ◽  
Anaïs Lacasse

Cet article examine les représentations sociales du VIH/sida de 11 étudiants (six femmes et cinq hommes) de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue ayant participé à deux groupes de discussion stratifiés selon le sexe. Cette étude visait deux objectifs : 1) décrire les représentations sociales du VIH/sida des étudiants, et 2) décrire l’incidence des représentations sociales de ces étudiants sur leur façon de comprendre et d’agir par rapport au VIH/sida. Le discours des participants révèle une attitude positive et une ouverture envers les personnes vivant avec le VIH/sida (PVVIH/sida). Celles-ci sont représentées comme étant des personnes résilientes. Ainsi, cette capacité de résilience nous permet d’affirmer l’hypothèse que les PVVIH/sida peuvent aujourd’hui passer à un nouvel état stable plutôt que de mourir de la maladie comme il y a 30 ans. Cela montre le caractère dynamique de la représentation sociale du VIH/sida dans le temps. Nos résultats montrent aussi chez les participants une différence marquée concernant les mécanismes de prévention. Pour les hommes, cela passe par l’utilisation de préservatifs, pour les femmes, par la confiance en leurs partenaires sexuels. L’étude conclut que les représentations sociales du VIH/sida font partie de la vie quotidienne des étudiants. Elles sont culturellement construites et partagées. L’étude montre la nécessité de concevoir des campagnes de prévention plus assidues avec des messages différenciés selon le sexe chez les jeunes qui pourront mieux prendre en compte la dimension culturelle de ce phénomène.


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