scholarly journals La périphérie en héritage

2016 ◽  
Vol 41 (3) ◽  
pp. 127-143
Author(s):  
Stéphane Inkel
Keyword(s):  
De Se ◽  

Cet article propose de situer la place de la dimension religieuse dans le « moment instituant » de la conscience de soi du Canada français au milieu du xixe siècle, pour ensuite cerner cette mémoire problématique à travers l’analyse des deux premiers romans de Gaétan Soucy, qui expriment le déplacement d’un contenu désormais invisible et spectral et les effets potentiellement catastrophiques d’un retour du refoulé. Poursuivant cette analyse à travers la lecture d’Atavismes de Raymond Bock, l’article met également en rapport cette hantise sans objet définissable de la périphérie que le recueil met en scène, périphérie que le film Carcasses de Denis Côté nous permet de cerner dans toutes ses composantes, en se plaisant à mettre en images un monde fortement ritualisé, ouvert à l’invisible, où la périphérie est une sorte de parenthèse inscrite dans l’histoire de l’Amérique, un arrêt sur image menant à de nouveaux possibles à construire. Il s’agit ainsi de mesurer jusqu’à quel point cette marginalité à l’égard du monde et de l’histoire recoupe — et prolonge — la « sortie du monde » proprement catholique d’une communauté ayant choisi à un moment de son histoire, pour des raisons diverses et selon des degrés évidemment variables, de se replier sur elle-même.

Author(s):  
Tetsuo Sawada
Keyword(s):  

Le présent travail vise à mettre en lumière le statut de l’« ima­gination (Einbildungskraft) » kantienne dans la phénoménologie. Pour ac­complir cette tâche, il convient selon nous de se référer aux travaux de Marc Richir, tels que l’article « L’origine phénoménologique de la pensée » et l’ouvrage Phénoménologie et institution symbolique. Car, en discutant soigneusement de l’imagination kantienne dans la Critique de faculté de juger, ce phénoménologue tente de dégager, à partir du concept de l’imagina­tion, le caractère paradoxal de la vie de la conscience humaine. Il s’agit alors d’une « imagination » dédoublée à son origine entre la « liberté phénomé­nologique » et l’« institution symbolique » de la Raison. La pre­mière nous permet de voir la phénoménalité des phénomènes et leur phéno­ménalisation dans la vie de la conscience humaine. La dernière a pour effet de stabiliser, et même d’aplatir, à l’insu du soi, la première. Ainsi, les phéno­mènes ne se phénoménalisent qu’en étant menacés par la crise de leur disparition dans les idées de la Raison. Cela revient à dire que, pour ce phénoménologue profondément inspiré par l’« imagination » kantienne, la phénoménologie est fondée foncièrement à la limite entre ce qui est phéno­ménologique (« liberté phénoménologique ») et ce qui est non phénoméno­logique (la Raison). C’est, dès lors, par son approche phénoménologique qu’on peut voir la contribution de l’« imagination » kantienne à la phénomé­nologie transcendantale.


2005 ◽  
Vol 4 (3) ◽  
pp. 313-336
Author(s):  
Gérald Fortin ◽  
M.-Adélard Tremblay

Le besoin étant défini de façon subjective, l'univers des besoins de la famille constitue pour celle-ci un système normatif qui conditionnera ses conduites économiques. Cependant, la famille dans la définition de sa situation globale doit tenir compte non seulement de ses normes mais aussi du niveau réel de ses ressources, de son revenu. Nous avons pu déterminer que la définition de la situation était aussi influencée par l'histoire de la famille et par certaines dispositions psychologiques. La définition de la situation par la famille peut cependant porter sur deux objets différents. La famille peut extérioriser sa définition de la situation en exprimant son degré de satisfaction ou de privation par rapport aux différents postes du budget et par rapport à des conduites particulières. Elle peut aussi livrer sa définition en évaluant globalement la situation présente et passée. En général, il nous est apparu que la famille avait beaucoup de difficulté à subdiviser la situation en aspects particuliers et avait plutôt tendance à percevoir globalement ses chances de vie. C'est pourquoi nous voulons consacrer le présent article à l'analyse de la définition globale de la situation. À ce propos deux questions s'imposent à notre attention : a) comment les familles évaluent-elles leur revenu par rapport à leurs besoins ? et, b) de quelle façon les familles entrevoient-elles l'avenir ? Cette double interrogation nous permet de rejoindre l'univers des aspirations, c'est-à-dire ce qui est considéré comme souhaitable et réalisable dans un avenir plus ou moins rapproché. L'aspiration peut être analysée à travers les explications que fournit l'individu pour justifier un comportement et à travers les désirs que ces explications expriment. L'aspiration se révèle aussi dans les objectifs et les projets dont l'individu poursuit la réalisation. Mais tous ces différents indices qui manifestent à des degrés divers, à travers divers mécanismes, la présence d'aspirations n'apparaissent que lorsque le consommateur a atteint un certain niveau de vie. En effet, comme nous le verrons plus loin, la définition de la situation s'exprimera à travers des aspirations seulement si l'individu a réussi au préalable à satisfaire la plupart de ses besoins essentiels. Un individu qui est constamment aux prises avec les problèmes posés par l'incomplète satisfaction des besoins immédiats de sa famille peut difficilement élaborer des projets d'avenir et planifier à long terme l'amélioration de ses conditions de vie. Cependant, la possibilité de se projeter dans l'avenir par l'aspiration ne dépend pas uniquement de la situation objective (un certain niveau de vie), mais aussi de la définition de cette situation. Cette définition de la situation dépend aussi bien de la situation objective de la famille que de ses normes de consommation. C'est pourquoi, avant d'aborder l'étude des aspirations, il faut examiner la manière dont les familles jugent leur situation objective (les ressources disponibles) par rapport à leurs besoins. Cette première section s'intitulera : « La satisfaction des besoins quotidiens ». Dans une deuxième section, on définira « l'univers des aspirations » des travailleurs salariés, puis on analysera comment s'effectue le passage du besoin à l'aspiration et comment les aspirations deviennent des rêves.


2005 ◽  
Vol 14 (1) ◽  
pp. 117-123 ◽  
Author(s):  
Pierre Philippe

On a souvent dénoncé la carence d'études strictement démographiques au Canada français. Or, les populations canadiennes-françaises constituent un véritable laboratoire qui place les chercheurs dans une situation presqu'expérimentale. À cet effet, insistons sur la qualité de notre état civil grâce auquel des analyses de démographie historique peuvent être achevées avec une rare précision. De plus, l'union de cette discipline à la génétique des populations peut donner lieu à des travaux extrêmement féconds. Depuis quelques années, la génétique démographique a connu un essor rapide au Canada français. Le présent travail se propose de présenter, dans une première étape, les taux de fécondité des couples fertiles de la population de l'Isle-aux-Coudres depuis la colonisation jusqu'à 1960. L'évaluation des taux de fécondité a été réalisée par la compilation des durées d'intervalles intergénésiques des cinq premiers rangs de naissance, ce qui correspond approximativement à la fécondité des couples dont la femme est âgée de vingt à trente ans. En second lieu, nous avons estimé la fécondabilité des femmes par le calcul de l'intervalle protogénésique. Pour les détails concernant le matériel et les méthodes, le lecteur est prié de se référer à un autre article. Finalement, nous soulignerons la possibilité d'incidence de la consanguinité sur la fécondité.


2005 ◽  
Vol 8 (3) ◽  
pp. 319-349
Author(s):  
Claude Beauchamp

Dans la société canadienne-française traditionnelle, le leadership était assez simple. Il était constitué du curé et des notables locaux, ordinairement le médecin et le notaire. Aujourd'hui, la situation est beaucoup plus complexe et les élites traditionnelles sont loin d'avoir le même pouvoir d'attraction. En milieu rural, elles ont perdu de l'influence au profit du gérant de la caisse populaire ou de l'instituteur, par exemple. Dans les milieux plus industrialisés, le syndicalisme a, lui aussi, favorisé chez nous l'émergence de nouvelles élites. Il n'est pas rare de voir le président d'un syndicat local sollicité pour occuper un poste au conseil municipal ou à la commission scolaire. De plus en plus, les officiers syndicaux exercent une influence, non seulement dans l'usine, mais aussi dans la municipalité, parfois même dans la région. À un autre échelon, nous retrouvons les permanents syndicaux. Peu nombreux il y a quelques années, ils sont aujourd'hui environ deux cents dans la seule Confédération des syndicats nationaux et ils sont répartis dans les principaux centres industriels de la province. Ces permanents syndicaux exercent un véritable leadership, d'abord sur les officiers et les membres des syndicats avec lesquels ils ont particulièrement à travailler, ensuite dans leur propre milieu, car eux aussi sont souvent sollicités pour assumer des responsabilités dans leur paroisse ou dans leur municipalité. Nous croyons que l'étude de ces nouvelles élites constitue une voie privilégiée pour expliquer l'évolution du Canada français. Elle nous permet de la saisir dans son dynamisme interne, en nous adressant à ceux-là qui sont non seulement les témoins de cette évolution mais qui la provoquent et l'orientent. Nous avons choisi de nous intéresser plus particulièrement aux permanents syndicaux. Parmi ceux-ci, nous retrouvons deux groupes : ceux qui ont accédé à cette fonction après avoir fait des études supérieures, généralement un cours universitaire ; ceux qui viennent de la base, ceux qui ont travaillé en usine ou dans des chantiers de construction, ont occupé diverses fonctions à l'intérieur de leur syndicat et qui, par la suite, furent libérés pour devenir permanents syndicaux. Il ne sera question ici que de ces derniers. Quelques permanents syndicaux sont au service de certains syndicats locaux dont les effectifs sont assez considérables mais la plupart sont à l'emploi, soit d'une fédération ou d'un conseil central, soit de la Confédération des syndicats nationaux comme telle. Le permanent syndical peut s'occuper de l'organisation de nouveaux syndicats, de la négociation des conventions collectives, de la discussion des griefs, de la préparation et de la direction des grèves ; il peut aussi être affecté à divers services comme le Service d'éducation. Il est habituellement agent d'affaires, organisateur ou conseiller technique. La plupart des permanents sont attachés à une fonction particulière, mais d'autres voient à l'ensemble des problèmes touchant la vie syndicale. Nous avons centré notre recherche sur les seuls permanents syndicaux d'origine ouvrière travaillant à l'intérieur des cadres de la Confédération des syndicats nationaux. Nous avons aussi limité notre échantillon aux permanents syndicaux travaillant à Montréal et à Québec. Ne disposant pas d'une longue période de temps pour effectuer ces entrevues, celles-ci ont été faites auprès des permanents qui pouvaient nous consacrer quelques heures sans trop de délais. Nous devons dire qu'ils étaient plutôt rares ; nous avons pu en rencontrer cinq à Montréal et quatre à Québec. L'âge de ces permanents varie entre trente-deux et soixante-sept ans. Six d'entre eux sont originaires d'un milieu industriel et urbain, les trois autres sont fils de cultivateurs. Leur degré d'instruction est en moyenne plus élevé que celui de l'ensemble des gens de leur génération. Le plus vieux a quitté l'école après la cinquième année, deux après la sixième, mais les autres ont fait une dixième année ou, encore, quelques années du cours classique. Presque tous ont pu parfaire leur instruction, surtout à la suite de leur participation à diverses associations, particulièrement à la Jeunesse ouvrière catholique ou au syndicalisme. Comme permanents syndicaux, ils ont de plus participé, chaque année, à diverses sessions d'étude. Tous nos informateurs ont commencé à travailler assez tôt : l'un à douze ans, les autres avant dix-sept ans. C'est dire que tous connurent pendant au moins quelques années, certains même pendant quinze ou vingt ans, la vie de travail en usine ou dans des chantiers de construction. Tous furent membres actifs d'une ou plusieurs associations avant de devenir permanents syndicaux. Et ils sont unanimes pour dire que ces diverses expériences ne sont pas étrangères à leurs préoccupations actuelles. Trois furent membres de la Jeunesse ouvrière catholique : un fut responsable au plan diocésain et un autre au plan national. La plupart s'occupèrent activement de syndicalisme, huit ayant été membres d'un syndicat, dont sept officiers. Un de nos informateurs fut, pendant quelques années, permanent pour le mouvement créditiste « Vers Demain ». Quelques-uns furent officiers d'une caisse populaire ; un autre participa à la formation d'une coopérative de consommation. Nous aborderons successivement les thèmes suivants : les comportements et les activités des permanents syndicaux, leurs motivations, leur perception de la société canadienne-française, quelques problèmes de la classe ouvrière, la mentalité des travailleurs, la signification du syndicalisme.


2015 ◽  
Vol 34 (2) ◽  
pp. 25-45
Author(s):  
Boualem ALIOUAT ◽  
Hadj NEKKA ◽  
Zahir YANAT
Keyword(s):  

Observant que les stratégies de réseaux ne s’inscrivent pas formellement dans la culture stratégique de certaines entreprises, notamment au Maghreb, quel qu’en soit l’étendue (entre entreprises appartenant à une même région, à un pays ou à une échelle internationale), la thèse soutenue dans cet article considère au contraire que cette forme inter-organisationnelle serait une source première du développement et de performance pour ces entreprises en situation de risques qui occasionne des coûts de transactio prohibitifs. Cette recherche exploratoire consiste dans un premier temps à mettre l’accent sur les difficultés qui ne permettent pas à des entreprises, ici le cas des firmes algériennes, de se développer en réseaux et de discuter ensuite les raisons qui favorisent davantage les partenariats publics-privés. L’exploitation de l’ensemble de ces informations nous permet de proposer quelques recommandations pour inciter les entreprises, notamment algériennes, à tendre davantage vers la forme en réseau pour se développer dans un avenir au sein d’un environnement hostile porteur de risques prohibitifs. Ces propositions sont transposables à toutes formes d’environnements hostiles au sens économique du terme.


2006 ◽  
Vol 42 (2) ◽  
pp. 103-133
Author(s):  
Ginette Michaud

Notre étude s’inscrit dans le cadre du projet de recherche subventionné par le CRSH, « Entre philosophie et littérature : Jacques Derrida et Hélène Cixous, rapports croisés ». Comment l’écriture touche-t-elle le tableau ? Il s’agit d’examiner ici, dans une sorte de triptyque, trois façons d’« être », de se tenir, de se plier ou de se rendre à la Chose de la peinture, à la chose peinte. Des nombreux textes de Jean-Luc Nancy consacrés à l’art, nous retenons surtout sa Visitation (de la peinture chrétienne), Noli me tangere et Transcription, en nous attachant au « sens dessus dessous » produit par la methexis au sein de la représentation. D’Hélène Cixous, nous analysons Le tablier de Simon Hantaï. Annagrammes, où la question du commerce de l’écriture avec la peinture, de l’échange entre la lettre et le tableau (en l’occurrence, la toile Peinture [Écriture rose], de Simon Hantaï) est abordée dans une relation unique où advient « la transfiguration de Peinture en Écriture, d’Écriture en Peinture ». Quant à Jacques Derrida, nous le suivons dans l’atelier de Camilla Adami où, devant les grands singes de (ou en) peinture qui le toisent, il rêve en silence de la Chose et interroge, au-delà de toute appropriation, ces singes/signes de peinture, cette Chose expropriée par tout discours où s’échangent « le devenir-quelqu’un de quelque chose » et le « devenir quelque chose de quelqu’un » — autrement dit, la grande question philosophique du « qui » et du « quoi » comme celle de « la peinture même ». Cette façon d’entrecroiser les lectures nous permet ainsi de laisser ces textes, ensemble et séparément, se parler, ou mieux se toucher, comme les toiles accrochées ou tournées contre le mur dans l’atelier.


2007 ◽  
Vol 5 (2) ◽  
pp. 49-78 ◽  
Author(s):  
Chantal Robillard

Résumé Les études internationales sur la consommation d’alcool font maintenant appel à un cadre d’analyse propre au genre, soulignant des variations dans les profils de consommation des femmes en fonction des rôles sociaux qui leur sont assignés. En considérant la prostitution comme un rôle social de plus, cet article nous amène à réfléchir sur la valeur symbolique positive de la consommation d’alcool dans la définition de la féminité. Les données recueillies lors d’une étude de terrain en Bolivie permettent de proposer deux hypothèses. D’une part, cette consommation redéfinit le rapport des femmes prostituées aux clients et à l’activité sexuelle. D’autre part, elle permet ensuite aux femmes prostituées de se distancer des attributs de leur travail qui les stigmatisent et de se rehausser jusqu’au rang des femmes honorables. Cette réflexion nous permet de concevoir la consommation d’alcool indépendamment de la consommation de drogues et d’aller au-delà de ses aspects sociosanitaires, pour se centrer sur le sens subjectif, mais également culturel et social, que prend ce type d’activité individuelle.


2014 ◽  
pp. 79-92
Author(s):  
Marc-André Gagnon
Keyword(s):  
De Se ◽  

Les activités entourant la Saint-Jean-Baptiste ont joué un rôle déterminant dans l’affirmation des francophones en Outaouais en leur donnant l’occasion de se rassembler et d’exprimer leur fierté. Cet article propose une étude des cahiers spéciaux publiés par le journal Le Droit lors de cette fête annuelle. Par les éditoriaux, les articles et la publicité, ces cahiers témoignent des représentations symboliques de l’événement et de l’engagement des acteurs sociaux impliqués dans sa réalisation, que ce soit les organisateurs ou les annonceurs. Notre étude met en lumière le rôle de la presse dans la construction et la diffusion des discours entourant la fête nationale.


Author(s):  
Denise Lamontagne

Résumé S’il est un personnage qui a su résister au double processus de diabolisation et de récupération des anciennes divinités païennes opéré lors du difficile passage du paganisme au christianisme, c’est bien celui de sainte Anne! En effet, cette femme aux origines douteuses, qui a connu ses plus belles heures de gloire en Bretagne et au Canada français, se donne à voir, tout au long de son histoire, comme une véritable résistante à ce que l’on pourrait qualifier de processus de marginalisation du féminin en contexte monothéiste. En Acadie comme en Bretagne, l’histoire de la résistance de la figure de l’aïeule du Christ au sein de l’Église catholique nous permet d’apporter un nouvel éclairage sur la résistance des marginaux de l’histoire « canonique ». Nous verrons comment la sainte d’Auray en Bretagne tout comme celle du Bocage en Acadie nous convient à une relecture du concept même de marginalité!


2014 ◽  
Vol 21 (4) ◽  
pp. 366-387 ◽  
Author(s):  
Nejmeddine Hentati

Dans cette étude, nous montrons que l’attitude des juristes malikites vis-à-vis du prince n’était pas unifiée, ce qui nous permet de classer ces juristes en trois catégories : les révoltés, les soumis et les réservés. Si les révoltés participèrent à des révoltes et se permirent même dans certains cas de tirer l’épée contre le prince, les soumis, que les sources qualifient de ʿulamā’ al-salāṭīn, cherchèrent à rendre divers services au prince et mirent l’accent sur l’obligation des sujets de lui être soumis. La troisième catégorie de juristes porta son attention sur les devoirs du prince et tenta de se faire les porte – parole du petit peuple et de la religion. Nous rattachons cette diversité d’attitudes à plusieurs données historiques, dont la position ambiguë de Mālik b. Anas vis-à-vis du prince.
In this study, I show that the attitudes of Mālikī jurists towards the ruler fall into three categories: rebellious, submissive, and reserved: Rebelious jurists participated in revolts and, in some cases, drew their swords against the ruler; submissive jurists – identified in the sources as ʿulamāʾ al-salāṭīn – performed favors for the ruler and emphasized the obligation of his subjects to submit to him; reserved jurists focused on the duties of the ruler and attempted to give voice to the common people and religion. I link these three positions to historical data, including the ambiguous position of Mālik b. Anas vis-à-vis the ruler. 



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