scholarly journals D’amour ou de raison ?

2016 ◽  
Vol 48 (2) ◽  
pp. 131-153
Author(s):  
Fabien Deshayes
Keyword(s):  

Cet article narre un mariage mixte dans des familles pauvres, entre une femme française âgée de 60 ans et un homme algérien âgé de 44 ans, qui se sont connus quelques mois avant cette union. Des préparatifs à la cérémonie en passant par les conséquences de cette alliance sur le groupe familial, nous suivons chronologiquement les épreuves administratives que doit traverser le couple ainsi que les jugements des proches sur cet événement. En recueillant la parole des divers protagonistes concernés par ce mariage, ce texte souligne les bouleversements qu’il provoque. Cette union a des effets sur les équilibres antérieurs et modifie sensiblement la place des hébergés qui vivent dans l’appartement du couple ainsi que celle des proches. Ceux qu’il s’agissait d’épauler hier reculent dans la hiérarchie et se voient contraints d’envisager de nouvelles protections. Avec cette union, c’est tout le paysage des liens interpersonnels qui se recompose. L’étude ethnographique du mariage permet de lever le voile sur l’ampleur des liens d’interdépendance qui caractérisent les milieux pauvres, que ce soit par l’intermédiaire de transferts économiques, d’hébergements ou par tout un ensemble de services rendus.

2020 ◽  
Vol 30 ◽  
pp. 67-82
Author(s):  
Robert Brym ◽  
Rhonda Lenton

Drawing on secondary literature, this paper first identifies trends in Jewish religious intermarriage in Canada—including variation over time, gender, age and community size. It then critically examines results from the 2018 Survey of Jews in Canada to explore factors associated with intermarriage. Binary logistic regression demonstrates that intermarriage is significantly and independently associated with residing in cities other than Montreal and Toronto, relative youth, male gender, having little Jewish secondary socialization outside the family and having both parents born in Canada. The statistically positive effect of having intermarried parents on children’s likelihood of intermarriage falls if children attend full-time Jewish school and summer camp with Jewish content. The effect disappears if at least one parent is an immigrant. These findings imply that the rising rate of intermarriage can be significantly mitigated if the Jewish community finds the means to increase the proportion of children who undergo intensive Jewish secondary socialization and the proportion of immigrants in the Jewish community. The paper concludes by discussing policies that could facilitate this outcome.   En s’appuyant sur la littérature secondaire, cet article identifie d’abord les tendances des mariages interreligieux juifs au Canada, y compris les variations dans le temps, le sexe, l’âge et la taille des communautés. Il examine ensuite de manière critique les résultats de l’enquête de 2018 sur les Juifs au Canada afin d’étudier les facteurs associés aux mariages mixtes. La régression logistique binaire démontre que les mariages mixtes sont associés de manière significative et indépendante à la résidence dans des villes autres que Montréal et Toronto, à la jeunesse relative, au sexe masculin, à une faible socialisation secondaire juive en dehors de la famille et au fait que les deux parents sont nés au Canada. L’effet statistiquement positif du fait d’avoir des parents mariés à des non-Juifs sur la probabilité de mariage mixte diminue si les enfants fréquentent une école juive à temps plein et un camp d’été à contenu juif. L’effet disparait si au moins un des parents est un immigrant. Ces résultats impliquent que le taux croissant de mariages mixtes peut être considérablement atténué si la communauté juive trouve les moyens d’augmenter la proportion d’enfants qui poursuivent une socialisation secondaire juive intensive et la proportion d’immigrants dans la communauté juive. L’article conclut en discutant des politiques qui pourraient faciliter ce résultat.


2002 ◽  
pp. 27-35 ◽  
Author(s):  
Mariana Valverde

RÉSUMÉ La réduction et la restructuration de l'État-providence s'inscrivent dans une tendance mondiale qui, malgré les critiques des syndicats et de la gauche traditionnelle, est de plus en plus acceptée voire saluée par les intellectuels et les militants progressistes favorables aux initiatives de «la base». L'auteur soutient qu'il n'y a rien de bien nouveau ou original dans le fait de confier une partie des services sociaux aux organisations charitables et au secteur communautaire: des pays comme le Canada, qui n'ont jamais connu la frontière entre charité privée et assistance publique caractéristique du système de protection sociale britannique depuis la première Poor Law, ont toujours eu une « économie sociale mixte », l'État subventionnant et réglementant les bonnes œuvres sans exercer de contrôle direct sur la prestation des services. L'histoire de l'Ontario illustre cette proposition et éclaire le débat sur les vertus respectives du secteur privé et de l'État en matière de programmes sociaux.


2017 ◽  
Vol 4 ◽  
pp. 13-49
Author(s):  
Roger Bernard

Roger Bernard reprend le thème des enjeux de l’exogamie comme facteur d’assimilation de la population française au Canada. Il puise une fois de plus dans les données de l’enquête nationale « Vision d’avenir », qu’il dirigea en 1990, et, pour comprendre l’évolution de la langue de communication qu’ils utilisent avec leurs parents, il sonde les enfants des 680 familles exogames francophones retenues, à trois moments distincts – à six ans, à treize ans et à la fin de l’adolescence. Ses conclusions, qui valident ses travaux antérieurs – en particulier la légère supériorité de la mère francophone sur le père francophone à maintenir le français en situation d’exogamie –, confirment que l’anglicisation des échanges est à l’oeuvre, que le choix de la langue de communication dépend de celle des parents – surtout en présence d’un parent anglophone dont l’unilinguisme prescrit l’usage de l’anglais – et aussi de l’âge des enfants dont la période critique se situe entre six et treize ans. Bien que l’endogamie demeure l’association conjugale dominante, le phénomène de l’exogamie, ou mariage mixte, connaît un accroissement important depuis les années 1950 en milieu minoritaire où il est devenu un puissant instrument de l’assimilation linguistique des Canadiens français.


2003 ◽  
Vol 28 (2) ◽  
pp. 138-159
Author(s):  
Jean-Christian Pleau
Keyword(s):  

Résumé La publication de L’appel de la race par l’abbé Groulx en 1922 a déclenché une polémique violente dans les milieux intellectuels canadiens-français. Cependant, il est difficile aujourd’hui de comprendre les enjeux du débat. Ni la question des droits des minorités linguistiques, ni celle de la pertinence des idées de Groulx sur le mariage mixte ou les croisements de « races » ne sont ouvertement discutées. En revanche, une place considérable est accordée à des questions de théologie morale, et l’on tâche de présenter le roman de l’abbé comme « dangereux ». Derrière ces arguments, il est toutefois possible de distinguer un débat politique qui n’ose (ou ne sait) s’afficher comme tel.


2017 ◽  
pp. 111-120
Author(s):  
Madeleine Dreyfus
Keyword(s):  

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