La charité et l'État : un mariage mixte centenaire
RÉSUMÉ La réduction et la restructuration de l'État-providence s'inscrivent dans une tendance mondiale qui, malgré les critiques des syndicats et de la gauche traditionnelle, est de plus en plus acceptée voire saluée par les intellectuels et les militants progressistes favorables aux initiatives de «la base». L'auteur soutient qu'il n'y a rien de bien nouveau ou original dans le fait de confier une partie des services sociaux aux organisations charitables et au secteur communautaire: des pays comme le Canada, qui n'ont jamais connu la frontière entre charité privée et assistance publique caractéristique du système de protection sociale britannique depuis la première Poor Law, ont toujours eu une « économie sociale mixte », l'État subventionnant et réglementant les bonnes œuvres sans exercer de contrôle direct sur la prestation des services. L'histoire de l'Ontario illustre cette proposition et éclaire le débat sur les vertus respectives du secteur privé et de l'État en matière de programmes sociaux.