scholarly journals Langue d’usage avec les parents à l’intérieur des foyers mixtes francophones. Les enjeux de l’exogamie

2017 ◽  
Vol 4 ◽  
pp. 13-49
Author(s):  
Roger Bernard

Roger Bernard reprend le thème des enjeux de l’exogamie comme facteur d’assimilation de la population française au Canada. Il puise une fois de plus dans les données de l’enquête nationale « Vision d’avenir », qu’il dirigea en 1990, et, pour comprendre l’évolution de la langue de communication qu’ils utilisent avec leurs parents, il sonde les enfants des 680 familles exogames francophones retenues, à trois moments distincts – à six ans, à treize ans et à la fin de l’adolescence. Ses conclusions, qui valident ses travaux antérieurs – en particulier la légère supériorité de la mère francophone sur le père francophone à maintenir le français en situation d’exogamie –, confirment que l’anglicisation des échanges est à l’oeuvre, que le choix de la langue de communication dépend de celle des parents – surtout en présence d’un parent anglophone dont l’unilinguisme prescrit l’usage de l’anglais – et aussi de l’âge des enfants dont la période critique se situe entre six et treize ans. Bien que l’endogamie demeure l’association conjugale dominante, le phénomène de l’exogamie, ou mariage mixte, connaît un accroissement important depuis les années 1950 en milieu minoritaire où il est devenu un puissant instrument de l’assimilation linguistique des Canadiens français.

2005 ◽  
pp. 95 ◽  
Author(s):  
Réal Allard ◽  
Rodrigue Landry ◽  
Kenneth Deveau
Keyword(s):  

2020 ◽  
Vol 30 ◽  
pp. 67-82
Author(s):  
Robert Brym ◽  
Rhonda Lenton

Drawing on secondary literature, this paper first identifies trends in Jewish religious intermarriage in Canada—including variation over time, gender, age and community size. It then critically examines results from the 2018 Survey of Jews in Canada to explore factors associated with intermarriage. Binary logistic regression demonstrates that intermarriage is significantly and independently associated with residing in cities other than Montreal and Toronto, relative youth, male gender, having little Jewish secondary socialization outside the family and having both parents born in Canada. The statistically positive effect of having intermarried parents on children’s likelihood of intermarriage falls if children attend full-time Jewish school and summer camp with Jewish content. The effect disappears if at least one parent is an immigrant. These findings imply that the rising rate of intermarriage can be significantly mitigated if the Jewish community finds the means to increase the proportion of children who undergo intensive Jewish secondary socialization and the proportion of immigrants in the Jewish community. The paper concludes by discussing policies that could facilitate this outcome.   En s’appuyant sur la littérature secondaire, cet article identifie d’abord les tendances des mariages interreligieux juifs au Canada, y compris les variations dans le temps, le sexe, l’âge et la taille des communautés. Il examine ensuite de manière critique les résultats de l’enquête de 2018 sur les Juifs au Canada afin d’étudier les facteurs associés aux mariages mixtes. La régression logistique binaire démontre que les mariages mixtes sont associés de manière significative et indépendante à la résidence dans des villes autres que Montréal et Toronto, à la jeunesse relative, au sexe masculin, à une faible socialisation secondaire juive en dehors de la famille et au fait que les deux parents sont nés au Canada. L’effet statistiquement positif du fait d’avoir des parents mariés à des non-Juifs sur la probabilité de mariage mixte diminue si les enfants fréquentent une école juive à temps plein et un camp d’été à contenu juif. L’effet disparait si au moins un des parents est un immigrant. Ces résultats impliquent que le taux croissant de mariages mixtes peut être considérablement atténué si la communauté juive trouve les moyens d’augmenter la proportion d’enfants qui poursuivent une socialisation secondaire juive intensive et la proportion d’immigrants dans la communauté juive. L’article conclut en discutant des politiques qui pourraient faciliter ce résultat.


2007 ◽  
Vol 4 (1) ◽  
pp. 75-99
Author(s):  
Michèle Kérisit

Résumé Cet article explore les tensions qui président à l’insertion des nouveaux arrivants de languefrançaise dans la communauté franco-ontarienne et leur impact sur la façon dont on peutaborder l’intervention interculturelle en milieu minoritaire francophone en Ontario. Les défisde l’intervention naissent d’une part d’une logique politique forgée dans l’histoire des relationsentre anglophones et francophones nés au Canada, logique sur laquelle les nouveaux arrivantsont peu de prise; d’autre part, une logique proprement identitaire qui tend à créer des «forteresses»difficilement accessibles aux nouveaux venus. Pourtant, selon l’auteure, nous sommes tousmultiples et devrions utiliser la multiplicité de nos identités — en particulier notre expériencede minoritaires - afin de créer des ponts.


2016 ◽  
Vol 35 (1) ◽  
pp. 25-48 ◽  
Author(s):  
Aude-Claire Fourot

Le déclin du nombre des Canadiens ayant le français comme première langue officielle parlée a conduit l’État et les communautés francophones en milieu minoritaire à penser l’immigration comme une source de « vitalité ». Des plans spécifiques d’attraction et de rétention des immigrants francophones ont alors été mis en place depuis le début des années 2000, faisant qu’aujourd’hui une proportion plus importante de la population francophone installée à l’extérieur du Québec est immigrante et elle est à l’origine de nouveaux espaces francophones, plurilingues et multiculturels. Dans cet article, nous proposons une analyse critique de la prise en compte et des représentations de l’immigration dans la recherche sur les minorités francophones et ses liens avec les débats relatifs à l’identité canadienne. Nous analysons ensuite le renouveau des recherches compte tenu de l’intérêt récent mais soutenu pour l’immigration francophone. Nous en soulignons les principaux thèmes tout en mettant l’accent sur la spécificité « partenariale » du mode de production, comme certaines de ses limites.


2011 ◽  
Vol 21 (1-2) ◽  
pp. 127-150 ◽  
Author(s):  
Paule Buors ◽  
François Lentz

Le terme «littératie» prend aujourd’hui, en particulier dans le contexte de la société du savoir, un sens très large. Dans la foulée des travaux de Diana Masny, on parle désormais non plus d’une seule littératie mais plutôt de littératies multiples. On se propose ici d’examiner les quatre littératies multiples – scolaire, personnelle, communautaire et critique – avancées par Masny (2003) à la lumière du contexte francophone minoritaire. La littératie scolaire touche aux apprentissages des contenus des diverses disciplines scolaires mais aussi à la mise en discours de ceux-ci; elle construit un rapport à l’apprentissage disciplinaire et, plus largement, à l’apprentissage. La littératie personnelle touche aux expériences qui permettent à l’élève de se définir, de donner un sens à sa façon d’être, de devenir, en particulier par les interactions qu’il construit avec les textes; elle construit un rapport à soi. La littératie communautaire touche aux interactions que l’élève vit avec sa communauté et, plus largement, avec l’espace francophone; elle construit un rapport au nous, à l’Autre, à l’espace francophone, au devenir francophone. La littératie critique, enfin, a trait à la mise en oeuvre d’un sens critique, qui habilite l’élève à participer à la construction de son monde, de façon active, créative et positive; elle construit un rapport au monde. Plus fondamentalement, les littératies multiples construisent, pour chacune d’elles mais aussi dans la dynamique qui les relie, un rapport à la langue. Elles gagnent par ailleurs à s’inscrire dans la dynamique qui est au coeur du projet éducatif de l’école francophone en milieu minoritaire: celle qui articule l’école, le foyer et la communauté. Les littératies multiples présentent une forte opérativité potentielle pour penser l’intervention pédagogique en milieu francophone minoritaire, sur trois plans: elles constituent d’abord des vecteurs pour une conception curriculaire des contenus d’apprentissage; elles constituent ensuite des vecteurs d’actualisation pédagogique, au sein de situations d’apprentissage, de contenus d’apprentissage; elles constituent enfin un outil d’élaboration d’un profil de sortie. L’école francophone en milieu minoritaire a un rôle stratégiquement important à jouer: proposer aux élèves des expériences d’apprentissage où ils pourront se construire des comportements littératiés.


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