Étude de la biodégradation des feuilles d’eucalyptus (Eucalyptus camaldulensis) et de laurier rose (Nerium oleander) dans l’eau de l’Oued Aïn Chkef au Maroc
Cet article traite de l’aspect global et des effets positifs etnégatifs du phénomène de la décompositiondes feuilles, qui représente l’une des principalescaractéristiques du fonctionnement hétérotrophedes milieux aquatiques. L’objectif de cette étudeétait d’évaluer la relation entre les coursd’eau et les milieux terrestres adjacents, puisque c’est auniveau des interfaces terre/eau que se résument les grandesétapes du fonctionnement d’un écosystème.Nous avons utilisé la technique des sacs à mailles, avecdes sachets de 0,5 cm d’ouverture de mailles permettant ainsi unaccès plus facile à la majeure partie desinvertébrés aquatiques qui interviennent dans ladégradation des feuilles dans l’eau. Les sachetsétaient introduits dans l’eau avec deux ou trois pierrespermettant de les lester au fond. Au niveau de la dégradationdes feuilles, nous avons constaté que les feuilles de laurierrose se décomposent et perdent leurs poids plus rapidement quecelles d’eucalyptus, une perte d’ailleurs trèsrapide puisqu’elle atteint la valeur de 70 % du poidsinitial en 30 jours seulement. Cette perte du poids initial pourraitêtre liée au phénomène de lessivage desfeuilles, lui-même dépendant de la texture et de lastructure des feuilles et de l’action desinvertébrés, particulièrement celle des mollusques(dilacérateurs) et des diptères (filtreurs) quicontribuent pour une part très importante dans ladégradation des feuilles. Cette période est assez rapidepour les feuilles de laurier rose (15 jours), alors qu’elle estrelativement longue pour celles d’eucalyptus (30 jours) dont lacolonisation par les invertébrés, aussi bien en nombrequ’en biomasse, demeure plus faible par rapport à celledes feuilles de laurier.