scholarly journals La conservation des ressources en eau par la mise en oeuvre de paiements pour services environnementaux dans un bassin versant

2016 ◽  
Vol 29 (2) ◽  
pp. 109-117
Author(s):  
Abdelmohssin El Mokaddem ◽  
Fayçal Benchekroun

Les paiements pour services environnementaux (PSE) sont un outil économique d’incitation de plus en plus utilisé pour la conservation des bassins versants. En se basant sur la notion des services environnementaux, il permet de concilier plusieurs objectifs de conservation au niveau des bassins versants pour une finalité d’amélioration des attributs qui caractérisent les ressources en eau. L’amélioration de la disponibilité de l’eau en surface et en sous-sol, ainsi que l’amélioration de sa qualité par la réduction de l’érosion hydrique et la filtration des nitrates, sont des exemples de services qui permettent de renforcer la conservation des bassins versants et d’améliorer l’efficacité économique des investissements. Au Maroc, la conservation des bassins versants a traversé des étapes importantes vers la mise en place d’une gestion intégrée, toutefois les PSE ne sont pas encore mis en oeuvre. Leur introduction au niveau du pays permettra des apports et sera en même temps contrariée par un certain nombre de limites. L’article présente la notion de services environnementaux et les fondements économiques des PSE, puis apporte un point de vue et des propositions quant à leur mise en oeuvre pour améliorer la conservation des bassins versants dans le contexte spécifique du Maroc.

Author(s):  
Philippe Cecchi

Les appellations de 152 pièces d’eau d’un bassin-versant du centre du Burkina Faso ont été répertoriées par l’autorité en charge de la mise en œuvre de la gestion intégrée des ressources en eau, dans l’objectif d’établir les bases d’une nomenclature du réseau hydrographique. 125 de ces pièces d’eau portent un nom en langue vernaculaire (en mòoré), dont le sens est indiqué en français dans le rapport technique qui synthétise les résultats de l’enquête. L’échantillon offre la possibilité de comparer le sens des noms attribués aux éléments naturels (les « cours d’eau ») et aux éléments artificiels (les « étendues d’eau » ou « petits barrages » comme on les dénomme localement). Les deux catégories ne partagent pas totalement les mêmes dénominations : les noms de l’eau varient, comme varient les perceptions et représentations qu’en ont leurs riverains. Des intuitions en lien avec l’appropriation plus ou moins revendiquée des réservoirs artificiels et les modalités de leurs mises en valeur peuvent être avancées.


2018 ◽  
Vol 61 (174) ◽  
pp. 469-488
Author(s):  
Geneviève CLOUTIER ◽  
Marc-André DEMERS

Le Comité Rivière a été mis en place à Saint-Raymond, Portneuf (Canada) à la suite d’une inondation par embâcle survenu en 2014. Composé de résidents et de représentants municipaux, ce comité se présente comme un espace de concertation en phase avec les principes de la gestion intégrée de l’eau par bassin versant. La mise en place du comité, son animation par l’organisme de bassin versant (OBV) et sa mise en relation avec des experts en hydrologie sont des facteurs favorables à une transformation de la manière de problématiser le risque, d’organiser les ressources pour y faire face et d’élaborer des solutions qui se distinguent des solutions traditionnelles, réactives et à court terme. Ce processus correspond à une expérimentation de gouvernance en émergence. Reprenant les moments-clés de cette émergence, l’article éclaire à la fois le potentiel des expérimentations de gouvernance locale et les obstacles à la mise en oeuvre d’une gestion intégrée du risque d’inondation.


2004 ◽  
Vol 47 (132) ◽  
pp. 389-411 ◽  
Author(s):  
Jean-François Bibeault

Résumé La gestion intégrée de l’eau au Québec, qui a récemment fait l’objet d’une consultation publique, a soulevé une diversité d’enjeux qui met en question la capacité des institutions d’y faire face de manière optimale. Les préoccupations notées lors de cette consultation ont abouti à un certain nombre de constats qui avaient déjà été émis lors d’un autre exercice de consultation réalisé il y a plus de trente ans (commission Legendre en 1970, voir CEPJE, 1971) et, surtout, à une première expérimentation de gestion par bassin versant au Québec : le plan d’aménagement du bassin de la rivière Yamaska, un projet qui, pour une bonne part, a été oublié dans la foulée des multiples projets et innovations institutionnels des années 1960 et 1970. Le présent texte constitue une analyse rétrospective visant à rappeler le contexte d’émergence de la gestion intégrée de l’eau au Québec et les difficultés de mise en oeuvre d’une telle politique. On pourra dès lors établir certains parallèles avec les enjeux actuels sur le plan de la capacité d’action des acteurs institutionnels.


2005 ◽  
Vol 48 (134) ◽  
pp. 209-238 ◽  
Author(s):  
Carlo Prévil ◽  
Benoît St-Onge ◽  
Jean-Philippe Waaub

Résumé Les conditions particulières prévalant lors de l’application d’une approche de gestion par bassin versant au Québec (Canada) font appel à de nouvelles méthodologies intégrées pour faciliter l’analyse et le partage des informations, les conditions de négociation entre les parties prenantes et la mise en oeuvre des choix d’aménagement ou de gestion retenus. Cet article met en perspective la modélisation des processus décisionnels territoriaux à l’échelle des bassins versants (BV). Il dégage certains enjeux méthodologiques se rattachant à cette problématique de gestion dans sa dimension informationnelle, dans le contexte du Québec. Il montre l’interconnexion des préoccupations décisionnelles aux conditions d’utilisation d’une plate-forme géomatique à même de modéliser de tels processus territoriaux dans le cadre d’un système intégré d’aide à la décision (SIAD). Finalement, il recommande l’évaluation de l’utilisation d’un tel système (SIAD-BV) pour faciliter l’émergence des conditions d’application de l’approche de la gestion intégrée par bassin versant au Québec, à partir des discussions réalisées avec des intervenants des bassins Chaudière et Outaouais.


Author(s):  
Claire Dupaquier ◽  
Annie Desbrosse ◽  
Pierre Maurel ◽  
Laure-Elise Ruoso ◽  
Roelof Plant ◽  
...  

Dans le contexte actuel de gestion intégrée du littoral, la croissance démographique et l'augmentation de la pression foncière sur le bassin de Thau font de ce territoire un enjeu important, se répercutant sur l'occupation du sol. Pour faire face à ces enjeux, les collectivités territoriales du territoire de Thau ont confié au SMBT à partir de 2006 l'élaboration conjointe de plusieurs instruments de planification afin de mener une approche intégrée du développement territorial au travers du SCoT, du SAGE et d'une procédure Natura 2000. L'objectif de cette contribution est de présenter la méthodologie opérationnelle développée pour cartographier l'occupation du sol initiale 2012/2013 à partir d'images Pléiades sur le bassin de Thau. Cette cartographie constituera une donnée d'entrée pour nourrir l'observatoire du territoire de Thau et sera adaptée à la mise en œuvre des instruments de planification. La méthodologie a été scindée en deux parties, une première partie de photo-interprétation pour cartographier les espaces artificialisés et leurs évolutions sur plusieurs années et une seconde partie sur une approche par télédétection avec la réalisation d'une classification orientée-objet sur les espaces agricoles et les milieux naturels. La démarche procure un état actualisé de l'occupation du sol selon une typologie à 4 niveaux adaptée de Corine Land Cover et sera mise à jour tous les deux ans pour produire des indicateurs de suivi et d'évaluation du territoire de Thau.


2005 ◽  
Vol 33 (3) ◽  
pp. 497-514
Author(s):  
Frédéric Lasserre ◽  
Annabelle Boutet

En mai 1997, l'Assemblée générale de l'organisation des Nations Unies adoptait la Convention sur le Droit relatif aux utilisations des cours d'eau internationaux à des fins autres que la navigation. Ce texte est le résultat de plusieurs années, voire décennies de travail de la part des juristes internationaux. Tout en apportant des solutions à la gestion des fleuves internationaux, il soulève également un certain nombre d'interrogations quant à la mise en oeuvre de ses principes tels que la notion de bassin versant, « l'utilisation et la participation équitables et raisonnables », « l'obligation de ne pas causer de dommages significatifs », par exemple. À travers l'histoire récente du bassin du Nil, qui est souvent cité en exemple, cette étude a pour objectif d'analyser et de questionner la place et le rôle du Droit international public dans la gestion et la réglementation des conflits.


2005 ◽  
Vol 11 (3) ◽  
pp. 429-444 ◽  
Author(s):  
O. Gilard ◽  
N. Gendreau

Une partie de la réponse aux impacts économiques, sociaux et humains des inondations réside en une meilleure gestion de l'occupation des sols. La méthode Inondabilité permet d'apporter une réponse opérationnelle aux acteurs en charge de la gestion et l'aménagement des cours d'eau. Elle permet de mesurer dans la même unité et de comparer les deux facteurs indépendants que sont l'aléa et la vulnérabilité, pour aboutir à une quantification objective du risque. Sa mise en oeuvre sur un bassin versant consiste en une modélisation de l'hydrologie grâce aux modèles Débit-durée-Fréquence, de l'hydraulique ainsi que de l'occupation du sol pour aboutir à une représentation cartographique du risque. L'originalité de la méthode Inondabilité tient à la quantification de l'aléa et de la vulnérabilité en une même unité, une période de retour qui permet une comparaison objective de deux grandeurs très différentes. De plus, la quantification du risque est estimée à l'aide d'une différence (Risque=∆ (aléa, vulnérabilité)) contrairement aux approches traditionnelles qui privilégient souvent un produit (Risque=Coût X probabilité ), permettant ainsi la définition d'un risque acceptable (∆ négatif).


2018 ◽  
Vol 31 (3) ◽  
pp. 201-215
Author(s):  
Hong Trang Nguyen ◽  
Sophie Duchesne ◽  
Jean-Pierre Villeneuve ◽  
Babacar Toumbou ◽  
Nomessi Kokutse

Les aménagements opérés sur le territoire d’un bassin versant, notamment les processus rapides d’urbanisation et d’industrialisation, ont souvent un impact important sur les ressources en eau, tant en quantité qu’en qualité. La gestion intégrée des ressources en eau par bassin versant (GIEBV) est une méthode reconnue pour évaluer et contrôler l’impact de ces aménagements sur le régime hydrologique. Cette approche de GIEBV est d’autant plus bénéfique dans un contexte de données restreintes et/ou de mauvaise qualité. Dans un tel contexte, un modèle hydrologique peut permettre d’estimer les débits en rivière en tout point du bassin versant. Cet article étudie la capacité du modèle hydrologique distribué Hydrotel à reconstruire le régime hydrologique dans un contexte de données restreintes. Une application sur le bassin versant de la rivière Cau, au Vietnam, est présentée. Une méthodologie originale est également proposée pour identifier la discrétisation spatiale la plus appropriée pour la simulation hydrologique à l’échelle d’un bassin versant en fonction de l’objectif recherché. Les résultats obtenus démontrent que, même sur un bassin versant où les données disponibles sont limitées en quantité et en qualité, Hydrotel peut apporter des informations utiles pour la mise en place de la GIEBV. Cette application réussie d’Hydrotel dans une région tropicale soumise à la mousson et où les données hydrologiques sont restreintes permettra de promouvoir la démarche de GIEBV basée sur la modélisation des processus en Asie du Sud-Est, en général, et au Vietnam, plus particulièrement.


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