scholarly journals Les variables associées à l’attitude du personnel enseignant du secteur collégial vis-à-vis des étudiantes et étudiants présentant un trouble de santé mentale

2016 ◽  
Vol 44 (1) ◽  
pp. 173-194
Author(s):  
Myreille St-Onge ◽  
Alexandre Lemyre

Dans cet article, nous traitons des variables associées à l’attitude du personnel enseignant à l’égard d’étudiantes et étudiants présentant un trouble de santé mentale (TSM) et fréquentant seize cégeps au Québec. Ces variables regroupent le sexe, l’âge, l’expérience en enseignement et la source de connaissances sur les TSM. Le questionnaire évaluant l’attitude du personnel enseignant est constitué d’échelles du Student Mental Illness Awareness Survey et de trois échelles construites par l’équipe de recherche. Les résultats obtenus auprès de 232 enseignantes et enseignants sont présentés. Des analyses de variance univariées et des tests a posteriori ont été réalisées. Certaines variables sont associées à une attitude plus positive à l’égard de ces étudiantes et étudiants : être une femme, être plus jeune, mais aussi enseigner depuis plus longtemps et avoir acquis des connaissances sur les TSM lors d’une formation universitaire ou en milieu de travail. En contrepartie, l’acquisition de connaissances sur les TSM par l’intermédiaire des médias est associée à une attitude plus négative. Ces travaux appuient l’efficacité des formations visant à améliorer l’attitude du personnel enseignant à l’égard des étudiantes et étudiants ayant un TSM et ainsi faciliter leur parcours scolaire. Les résultats éclairent l’effet potentiellement négatif des médias sur les attitudes. Nous proposons deux stratégies étudiées chez d’autres populations afin de contrebalancer cet effet.

2020 ◽  
pp. 070674372098026
Author(s):  
Roger Godbout ◽  
Julie Carrier ◽  
Célyne Bastien ◽  
Charles M. Morin

Les données recueillies lors de crises et tragédies passées prouvent que les problèmes de sommeil survenant durant ou peu de temps après un événement traumatique sont reliés à une probabilité accrue de développer des symptômes psychiatriques durables. Or la pandémie COVID-19 et ses conséquences à moyen et long-terme combinent plusieurs facteurs de risque pour le sommeil, tant pour les intervenants de la santé que la population générale. Notre relevé mensuel des publications scientifiques qui combinent COVID-19 et sommeil/insomnie entre janvier et juillet 2020 révèle un taux de croissance comparable pour les articles qui portent plus précisément sur la santé mentale mais aucune ne porte sur les résultats d’une intervention. Nous proposons qu’il faille agir rapidement sur les difficultés de sommeil en cette période de pandémie afin de protéger l’équilibre psychologique individuel à moyen et long terme, d’autant plus que les outils nécessaires à la prévention de l’insomnie, sa détection et son traitement sont à la portée de tous les professionnels de la santé mentale.


2012 ◽  
Vol 18 (2) ◽  
pp. 122-139
Author(s):  
Marie-Claude Thifault ◽  
Marie Lebel ◽  
Isabelle Perreault ◽  
Martin Desmeules

Considérant qu’un Canadien sur neuf hospitalisé pour maladie mentale retournera à l’urgence moins d’un mois après sa sortie d’hôpital, il importe de documenter, dans une perspective socio-historique, les itinéraires « transinstitutionnels » des personnes souffrant de troubles psychiques. Nous proposons ici une note de recherche sur l’enquête que nous menons sur l’évolution des services de soins de santé mentale des communautés de langue officielle en situation minoritaire, en particulier, les communautés francophones de l’Est et du Nord ontarien ainsi que de la communauté anglophone de l’Ouest du Québec. Ces regards croisés entre deux régions francophones de l’Ontario et le Montréal anglophone visent une meilleure compréhension de l’impact des facteurs de « langue de service » et de « culture » sur la santé mentale des communautés francophones en situation minoritaire (CFSM).


2019 ◽  
Vol 6 (1) ◽  
pp. 28-45
Author(s):  
Nicolas Bruwier ◽  
Anne Delizée ◽  
Christine Michaux ◽  
Simon De Brouwer

Résumé : La traduction et l’interprétation professionnelles de services publics (TISP) sont présentes en Belgique depuis les années 1970, mais ont vraiment pris leur envol en 1992. Une augmentation constante de la demande, ainsi qu’une exigence d’amélioration de la qualité, ont suivi. Par conséquent, en Belgique, la professionnalisation des traducteurs et interprètes en milieu social est devenue une question centrale dès le début des années 2000. Parallèlement, des besoins spécifiques sont apparus et le Service de Traduction et Interprétariat en milieu social bruxellois (SeTIS Bruxelles) a mis en place une offre adaptée à ces évolutions. Dans cet article, nous proposons une réflexion sur cette adaptation aux changements législatifs et sur la pratique actuelle de la "collaboration thérapeute-interprète" en santé mentale. Pour le SeTIS Bruxelles, le futur de la TISP requiert une adaptation aux besoins exprimés par le terrain, ainsi qu’une plus grande valorisation du bagage personnel et culturel de l’interprète. Resumen: La traducción e interpretación profesionales para los servicios públicos han estado presente en Bélgica desde tan pronto como los años 1970 pero han tenido que esperar hasta el 1992 para despegar. Al tiempo que las solicitudes y la exigencia de mejoramiento cualitativo incrementaban constantemente, la profesionalización de los traductores e intérpretes para los servicios públicos en Bélgica se ha convertido en una cuestión clave desde el inicio de los años 2000. Paralelamente, las necesidades específicas no tardaron en llegar y el Servicio de Traducción e Interpretación en el ámbito Social de Bruselas (SeTIS Bruxelles) ha desarrollado una oferta adaptada a esas evoluciones. En este artículo, nos interesaremos a los cambios legislativos y a las prácticas actuales de “colaboración terapeuta-intérprete” en el sector de la salud mental. Para el SeTIS Bruxelles, el futuro de la TISP requiere la adaptación a las necesidades del terreno valorizando el bagaje cultural y personal del intérprete.  


2015 ◽  
Vol 30 (S2) ◽  
pp. S110-S110
Author(s):  
E. Watrin ◽  
J. Madigand

IntroductionIntégrés dans la prise en charge globale du trouble de l’usage d’alcool, les traitements addictolytiques présentent un réel intérêt mais restent relativement peu prescrits [1]. Afin de faciliter leur utilisation, nous proposons une mise au point sur les différentes possibilités pharmacologiques actuelles et les pistes thérapeutiques d’avenir. État des lieux : en partenariat avec le patient, deux types d’objectif de consommation peuvent être proposés : la réduction ou l’abstinence [1]. Dans le 1er cas, seul le nalméfène a actuellement l’AMM en France [2]. En cas d’objectif d’abstinence, la naltrexone, l’acamprosate et le disulfirame sont les traitements addictolytiques de 1er choix [2]. Encadré par son actuelle recommandation temporaire d’utilisation, le baclofène peut être employé en 2e intention [2] et nécessite certaines précautions d’emploi lors de son instauration et de son sevrage [3]. Les résultats de son évaluation dans les 2 types d’objectif (études Bacloville et Alpadir) devraient être éminemment diffusés [2]. D’autres travaux en cours permettront d’étayer nos connaissances sur les systèmes de neurotransmission et les potentialités thérapeutiques qui en découlent [4]. En complément du traitement addictolytique, une bonne relation soignant–malade reste une base indispensable du parcours de soins [2]. Ce dernier permettra au patient un suivi médical de type entretiens motivationnels, une psychothérapie, le traitement d’éventuelles comorbidités somatiques ou psychiatriques, et des entretiens avec des membres d’associations d’anciens buveurs [2].ConclusionRelativement peu prescrit, le traitement addictolytique nécessite une plus large diffusion et une meilleure utilisation en santé mentale et en médecine générale.


2007 ◽  
Vol 21 (2) ◽  
pp. 117-138 ◽  
Author(s):  
Michel Vézina

RÉSUMÉ Dans les pays occidentaux, les problèmes de santé mentale sont en croissance et représentent l'une des principales causes de morbidité de la population, avec une prévalence annuelle qui varie de 15 à 25 %. Les conséquences de cette morbidité se font sentir de façon importante au chapitre de la capacité de travail des individus. Plusieurs éléments liés notamment à l'évolution de l'organisation et des conditions de travail au cours des dernières années incriminent le milieu de travail dans l'explication de l'origine de cette nouvelle « épidémie ». S'il y a une relative unanimité sur l'importance des problèmes de santé mentale au travail, il n'en va pas de même de la compréhension de l'origine de ces problèmes, et par voie de conséquence, des stratégies à mettre en oeuvre pour les contrer. De l'ensemble des recherches qui ont tenté d'expliquer ce phénomène, trois approches sont considérées de façon particulière : l'approche causaliste, l'approche cognitiviste et enfin, l'approche de la psychodynamique du travail. Même si l'approche cognitive permet de comprendre pourquoi certains facteurs de stress identifiés par l'approche eausaliste peuvent être pathogènes, elle apparaît un peu réductionniste en ramenant les problêmes de santé mentale au travail à l'échec des efforts d'adaptation des individus. Contrairement à l'interprétation cognitive et aux actions individuelles auxquelles nous conduit l'approche du stress, la psychodynamique du travail débouche sur un questionnement de l'intelligibilité de l'origine organisationnelle des problèmes de santé mentale au travail, en analysant l'interface dynamique et évolutive entre les objectifs que poursuivent l'individu, l'organisation et le groupe de travail.


2013 ◽  
Vol 54 (2-3) ◽  
pp. 439-459
Author(s):  
Sophie Fantoni-Quinton

Les pathologies mentales en milieu de travail recouvrent non seulement les troubles mentaux d’origine non professionnelle, mais également les nombreux cas de souffrances du fait du travail (dus à l’organisation et aux relations du travail). Concernant les souffrances dues au travail, le système juridique français a une double action. En amont, il impose à l’employeur d’améliorer dans un processus continu les conditions de travail de chacun des travailleurs pour prévenir une altération ou une détérioration de l’état de santé du salarié. En aval de la survenue d’une altération de la santé mentale des salariés, il existe, dans le droit français de l’(in)aptitude, des outils incitatifs, voire coercitifs, pour imposer à l’employeur l’adaptation du poste de travail d’un salarié en difficulté et son reclassement en cas d’inaptitude au poste antérieur ou de handicap avérés. Cependant, ce droit de l’(in)aptitude qui concerne chaque salarié recèle des limites inhérentes à la question même de la santé mentale au travail.


2006 ◽  
Vol 10 (2) ◽  
pp. 99-113 ◽  
Author(s):  
Sylvie de Grosbois ◽  
Donna Mergler

Résumé Grâce à leurs propriétés chimiques, les solvants organiques ont une affinité particulière avec le système nerveux, de sorte qu'ils peuvent interférer avec le fonctionnement d'un élément ou d'un ensemble d'éléments de ce système. Des études de cas et des études épidémiologiques ont démontré une association entre l'exposition à long terme à certains solvants et le risque de neuropathies, d'encéphalopathies et de troubles psychiatriques. Mais entre l'état de bien-être et la maladie, il existe un continuum de détérioration de la santé mentale. Le présent article vise à poser le problème de la détérioration du bien-être chez des personnes exposées à des agents neurotoxiques, à partir d'une étude menée auprès de 71 traavilleurs exposés professionnellement à l'éther éthylique ou l'éthanol dans une usine d'explosifs et de 74 travailleurs non exposés. Il s'agit d'une étude de nature exploratoire, portant sur la prévalence de symptômes qui pourraient résulter de l'expositon professionnelle à ces agents neurotoxiques. Les résultats montrent que les personnes exposées, comparées aux personnes non exposées, manifestent davantage de symptômes prénarcotiques durant le travail, tels que des sensations d'ivresse, des difficultés à articuler les mots... Ces personnes rapportent également une fréquence plus élevée de symptômes généraux reflétant l'instabilité de l'humeur, des problèmes de fatigue, de sommeil, de mémoire et de concentration. Le nombre rapporté de symptômes prénarcotiques et de symptômes généraux augmente avec le degré d'exposition. La discussion porte sur la signification de ces résultats pour la santé mentale des personnes impliquées.


2006 ◽  
Vol 10 (2) ◽  
pp. 126-130
Author(s):  
Francine Burnonville

Résumé Parler de sante mentale en milieu de travail, c'est entendre maladie, troubles de la productivité, absentéisme... Tout se passe comme si ce n'était pas le travail qui fatigue mais la vie sociale, la vie hors travail. À l'ouvrage, iI faut être motivé(e), compétitif(ve), adaptable à tous les changements si on veut faire face à la crise. Celles et ceux qui ne tiennent pas le coup, il vaut mieux les refouler hors de l'usine pour qu'elles (ils) ne dérangent pas, les soigner ailleurs. Si la maladie mentale pose de sérieux problèmes quand elle pertube la production, santé mentale n'est pas une préoccupation réelle en milieu de travail, elle n'entre pas concrètement dans la définition de la santé-sécurité.


Author(s):  
Prudence Caldairou-Bessette ◽  
Janique Johnson-Lafleur ◽  
Lucie Nadeau ◽  
Mélanie Vachon ◽  
Cécile Rousseau

Cet article présente quelques réflexions critiques issues de la démarche inductive de deux projets de recherche impliquant des enfants. Ces projets portent sur les services publics en santé mentale jeunesse (SMJ), l’un avec des familles réfugiées et l’autre avec une population générale, tous deux intégrant le jeu et le dessin aux entretiens avec les enfants. Après avoir posé les bases critiques et inductives de la recherche « avec » les enfants, nous présentons quelques éléments de notre approche méthodologique. Cette dernière se situe entre les méthodes projectives de la clinique et les méthodes créatives de la recherche, en proposant un usage narratif, expressif et exploratoire de la projection. La démarche inductive de recherche est présentée à travers l’expérience de l’élaboration méthodologique et de la cueillette de données auprès des enfants. Six exemples sont tirés des projets pour illustrer nos questionnements autour de la directivité des entretiens et de leur exigence pour les enfants, de même que des interrogations autour du degré projectif impliqué, qui change le potentiel interprétatif en le rendant plus complexe, mais aussi plus riche. Nous concluons en proposant une conception créative de la projection en recherche comme un espace de jeu participatif. Cet espace de jeu est également envisagé comme contribuant à l’éthique de la recherche. Finalement, nous proposons, pour des recherches ultérieures, de faire participer les enfants à l’élaboration des méthodologies. Nous terminons en soulignant la pertinence d’une démarche inductive pour développer une réflexion critique en recherche.


2017 ◽  
Vol 42 (2) ◽  
pp. 173-196 ◽  
Author(s):  
Marc Corbière ◽  
Tania Lecomte ◽  
Jean-Philippe Lachance ◽  
Marie-France Coutu ◽  
Alessia Negrini ◽  
...  

La dépression majeure est l’une des premières causes d’incapacité au travail dans le monde et a de nombreuses conséquences tant sur l’employé concerné qu’auprès des acteurs du milieu de travail.ObjectifNous visons à documenter, selon la perspective des employeurs et des cadres des ressources humaines, les stratégies que ces acteurs préconisent dans leur organisation pour faciliter le retour au travail (RaT) d’employés en absence maladie due à une dépression.MéthodeDeux cent dix-neuf employeurs et cadres de ressources humaines (n = 219) ont accepté de répondre à une entrevue semi-structurée téléphonique. La question abordée dans cet article était : « Selon vous, quelles sont les stratégies les plus efficaces pour aider un employé ayant reçu un diagnostic de dépression à retourner au travail ? » La codification duverbatima été effectuée à partir d’études empiriques et de théories existantes.RésultatsTrente-quatre (34) stratégies réparties sur six grands principes ont émergé : 1) Contact avec l’employé en absence maladie (10 stratégies) ; 2) Évaluation et planification du RaT sans précipitation (6) ; 3) Formation des gestionnaires et du collectif de travail à la problématique de la santé mentale au travail (4) ; 4) Concertation des acteurs clés du RaT (4) ; 5) RaT progressif avec aménagements (4) ; 6) Suivi de la santé de l’employé et de son travail (6).ConclusionCes principes articulés autour de 34 stratégies du RaT vont au-delà d’un processus étapiste de nature chronologique. Articulés dans un programme de RaT, ils devront être testés afin d’évaluer leurs retombées dans les organisations, notamment sur la gestion de l’incapacité au travail.


Sign in / Sign up

Export Citation Format

Share Document