scholarly journals Vers la « local-démocratie »

Author(s):  
Jean-Pierre Garnier

Il convient de s’interroger sur la portée « anti-capitaliste » qu’on est tenté d’attribuer aux luttes sur le « cadre de vie ». Les luttes urbaines ont effectivement participé au « changement social », mais dans le cadre structurel des rapports de production capitalistes. Les luttes urbaines ont à la fois incité et aidé la bourgeoisie à renouveler les formes de son hégémonie en érigeant le « local » en point d’appui privilégié d’un processus de social-démocratisation qui n’avait pu se réaliser au niveau central. Pour pouvoir renouveler les formes de son hégémonie en érigeant le « local » en point d’appui privilégié d’un processus de social-démocratisation qui n’avait pu se réaliser au niveau central. Pour pouvoir gouverner « à droite », la classe dirigeante a dû laisser une autre classe administrer le pays « à gauche » : la nouvelle petite-bourgeoisie intellectuelle et technicienne. Les nouvelles couches moyennes conquièrent le « pouvoir local » en investissant les branches « décentralisées » de l’appareil d’État pour établir leur hégémonie sur les classes populaires dans des zones bien délimitées. C’est pourquoi le rôle des instances locales est devenu si essentiel. À travers la question du « pouvoir local », on assiste à la mise en place d’un nouveau mode de gestion étatique de la société civile.

Author(s):  
Michel Vuille ◽  
P. Beaud

Les professionnels de la communication développent une vision petite bourgeoise du monde et de la régulation de ses conflits : il en résulte qu’une « culture moyenne « (de classes moyennes) devient prédominante. Ouvriers et employés sont ainsi exclus d’une bataille dont l’enjeu est symbolique et leur rapport au changement social ne peut se situer que dans les domaines de l’utopie et de l’imaginaire. Les médias sont un moyen de production d’une classe sociale : cheminement actuel de la petite bourgeoisie vers le contrôle de l’intervention sur le social, à l’image de l’ascension de la bourgeoisie au moment de l’avènement de la société industrielle.


2007 ◽  
Vol 7 (1) ◽  
pp. 117-152 ◽  
Author(s):  
Jean-Marc Gouanvic

Résumé La traduction et le devenir social: le cas de l'irruption de la science-fiction américaine en France après la Seconde Guerre mondiale. À partir de la théorie de Pierre Bourdieu (concepts de champ, de capital et de biens symboliques, d'habitus et d'ïllusio), cette étude propose une sociologie de la traduction appliquée à l'importation de la science-fiction américaine en France dans les années 1950. C'est d'un « nouveau genre littéraire » d'origine américaine que Boris Vian, Raymond Queneau et Michel Pilotin se font les initiateurs dans l'espace socio-culturel français. Or, si les textes de SF des auteurs américains sont traduits massivement dans la culture française de l'époque, cette traduction n'a lieu que moyennant l'importation des structures institutionnelles américaines autonomes (en particulier des magazines et des collections spécialisées) qui ont émergées à la fin des années 1920 et à la naturalisation du modèle subculturel américain qui aboutissent à la constitution d'un champ de science-fiction autonome dans l'espace culturel français. Dès lors, la question traductologique essentielle que pose l'importation de la science-fiction américaine en France est la suivante. Lorsqu'un type de texte (ou un genre) prend corps dans un groupe social d'un espace culturel (source) et qu'il est traduit dans un autre espace culturel, par quel groupe social ce type de texte ou ce genre est-il reçu dans l'espace culturel cible? L'auteur fait l'hypothèse que la translation (au sens mathématique du terme) de la science-fiction américaine (textes et structures institutionnelles) réussit parce que, d'une part, il existe en France une ou des catégories sociales qui sont les homologues de la petite bourgeoisie américaine technophile des années 1920 et parce que, d'autre part, il existe une adhésion plus ou moins consciente à l'American way of life comme le modèle de société qui s'impose comme allant de soi dans de larges pans de l'espace social français de l'après-guerre. Dans ces conditions, la traduction contribue à renforcer le modèle américain dans sa prétention à l'universalité, quelles qu'aient été à l'origine les vertus de changement social que les agents d'implantation Vian, Queneau et Pilotin avaient reconnues dans la science-fiction et sur lesquelles ils s'appuyaient pour la présenter comme un « genre nouveau ».


2005 ◽  
Vol 26 (68) ◽  
pp. 223-233 ◽  
Author(s):  
Paul Y. Villeneuve

L'émergence d'une « nouvelle petite bourgeoisie » dans les sociétés capitalistes avancées modifie la configuration des rapports de pouvoir en milieu urbain. L'auteur illustre certaines divergences dans l'analyse de ce phénomène à l'aide des exemples de Montréal et de Vancouver. À la lumière de ce préambule, il tente ensuite d'interpréter l'évolution récente du pouvoir municipal à Québec.


2005 ◽  
Vol 21 (1-2) ◽  
pp. 55-96 ◽  
Author(s):  
G.-Raymond Laliberté

Préoccupé de cerner plus étroitement que ce n'est souvent le cas le concept même de corporatisme, cet essai en propose une définition opératoire susceptible de réserver cette notion aux seuls projets sociaux globaux qui s'appuient sur une restructuration à base de domination directe qui fasse l'économie des appareils d'État parlementaires ou les contourne en un fascisme de type étatique. Conçue en vue de cerner la forme spécifique de corporatisme que l'on connut au Québec au cours des décennies trente et quarante surtout et dont l'Action libérale nationale, le Bloc populaire, de même que d'autres mouvements politiques de moindre envergure sont directement tributaires, cette étude applique ce concept on ne peut plus politique à l'École sociale populaire de Montréal dont un des éléments forts du discours était de dire son corporatisme social et non politique. Elle tente également de cerner les origines cléricalistes de cette idéologie de classe marquée d'une conjoncture économique de crise, en même temps que d'une tentative hégémonique de prise 'en charge directe de la superstructure idéologique/politique, à travers une nouvelle articulation de la reproduction sociale large qui fasse régner politiquement la petite bourgeoisie clérico-intellectuelle, oriente l'économie locale vers cette forme de « restauration sociale » et asservisse le syndicalisme « national » à cette nouvelle direction politique de la société civile. En cela même, l'École sociale populaire et ses associés intellectuels se révèlent avoir été à l'origine d'un projet corporatiste aussi remarquable, pour le Québec, que ne l'ont été les fascismes catholicistes de l'Europe de l'Ouest dans la période qui précéda la Seconde Guerre mondiale, corporatisme dont les racines nationalistes utopistes effleurent encore la scène politique québécoise actuelle.


L Homme ◽  
1992 ◽  
Vol 32 (121) ◽  
pp. 31-46 ◽  
Author(s):  
Susan Carol Rogers
Keyword(s):  

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