scholarly journals Les stratégies de coopération des galeries d’art contemporain

Author(s):  
Nathalie Moureau ◽  
Dominique Sagot-Duvauroux ◽  
Muriel de Vrièse

Cet article a pour objectif d’étudier dans quelles conditions la proximité spatiale entre galeries d’art est susceptible de déboucher sur des coopérations. L’hypothèse que nous cherchons à tester est que les proximités spatiale et cognitive doivent s’accompagner d’une proximité de valeurs pour que naissent des stratégies collaboratives. L’économie des proximités constitue le corpus théorique principal sur lequel nous nous appuyons. Une double enquête, quantitative, à partir des données de la Maison des artistes, et qualitative, à partir d’entretiens semi-directifs réalisés auprès des acteurs de l’art actuel dans cinq métropoles françaises, nous permet de constater que les galeries d’art sont extrêmement concentrées sur le territoire français sans que cette proximité spatiale ne se traduise nécessairement par des stratégies coopératives, alors même qu’elles partagent le même métier et savoir-faire (proximité cognitive). Nous mettons en évidence l’existence de différents réseaux de l’art actuel au sein d’un même espace géographique. Nous montrons que ces réseaux se différencient principalement par le fait qu’ils ne partagent pas les mêmes critères d’appréciation de la qualité des oeuvres (conventions de qualité artistique).

2018 ◽  
Vol 13 (1) ◽  
pp. 91-116
Author(s):  
Florence Bétrisey

Dans cet article, nous proposons d’analyser la démarche de recherche et le comportement des sujets-chercheurs au prisme de la notion de reconnaissance. Nous questionnons notre propre démarche et notre propre comportement de sujet-chercheuse dans le cadre de notre recherche doctorale en Bolivie. Plus particulièrement, nous analysons deux dimensions clés de la recherche en sciences sociales : la performance du travail de terrain et l’espace académique (eurocentriste) dans lequel s’inscrit le chercheur. L’analyse du travail de terrain (compris comme une performance sociale) au prisme de la notion de reconnaissance nous permet d’abord d’éclairer les tensions entre conformisme stratégique du chercheur et reproduction de normes sociales locales. Dans un deuxième temps, nous mettons en évidence le désir du chercheur d’obtenir une reconnaissance académique et la façon dont ce désir l’enjoint à reproduire la grammaire dominante de reconnaissance académique. Nous éclairons notamment le fait que ce désir d’obtention d’une reconnaissance, sociale ou académique est étroitement lié aux relations de pouvoir qui structurent l’espace académique (lequel n’est, au demeurant, pas considéré comme un espace neutre). Enfin, nous montrons que, si la promesse de reconnaissance rend la contestation des normes de reconnaissance difficile, elle n’empêche pas leur contournement, par exemple par l’adhésion à des récits alternatifs de la qualité de la recherche (« slow science »). Ces derniers peuvent en effet agir comme des canaux alternatifs de reconnaissance, producteurs de nouveaux récits et nouvelles grammaires de reconnaissance. Or ces mécanismes de conformisme, résistance ou contournement des normes de reconnaissance, autant en ce qui concerne la performance de terrain que l’espace académique, se déroulent souvent dans le domaine de l’inconscient et du non cognitif.


Author(s):  
Christina Constantinidis ◽  
Manal El Abboubi ◽  
Noura Salman ◽  
Annie Cornet

L’entrepreneuriat constitue pour les femmes marocaines une opportunité d’accéder à des activités génératrices de revenus. Notre objectif est de comprendre le processus entrepreneurial de ces femmes, en distinguant trois réalités différentes : les femmes chefs d’entreprises, les femmes exerçant une profession libérale et les femmes en coopérative. Cibler trois groupes nous permet d’aller au-delà des généralités sur l’entrepreneuriat féminin pour en montrer la complexité et la diversité. L’analyse du processus entrepreneurial de ces femmes va mobiliser des variables individuelles et familiales, mais aussi les spécificités liées aux caractéristiques de leur entreprise et à leur secteur d’activité ainsi que les caractéristiques socioéconomiques, culturelles, politiques et juridiques du Maroc. Sur base d’une étude qualitative auprès de 60 femmes entrepreneures, nous montrons les paradoxes au sein desquels les femmes entrepreneures marocaines exercent leurs activités, tentant de concilier une volonté d’autonomie et d’émancipation avec le respect de schémas de pensées traditionnels qui conditionnent, voire handicapent, leur exercice entrepreneurial.


Semiotika ◽  
2016 ◽  
Vol 12 ◽  
pp. 70-84
Author(s):  
Heidi Toelle ◽  
Kęstutis Nastopka

Cet article reprend en partie celui que nous avons publié dans Metai 2014. Nous y procédons tout d’abord, après avoir indiqué nos sources, à une analyse sémantique des vingt-deux lexèmes qui, en arabe classique, désignent divers degrés d’amour. Nous montrons ensuite que, selon nos sources, l’amour, quelqu’en soit l’intensité, suppose une interaction permanente entre le somatique, le cognitif et le passionnel, tant et si bien qu’on passe, au fur et à mesure que la passion investit le corps et l’esprit, du règne de la raison à celui de la passion, puis à celui de la folie amoureuse, ce qui nous permet de proposer un premier carré sémiotique. La passion amoureuse étant considérée à l’époque classique, tantôt comme une maladie grave qui conduit progressivement à des comportements immoraux, tantôt comme une vertu suprême qui amène l’amoureux à s’exclure peu à peu de la société, tout en instaurant sa propre morale laquelle consiste à s’en tenir à une stricte chasteté qui finit par le faire mourir d’amour, nous proposons pour ces parcours trois autres carrés sémiotiques : de la morale sociale à l’immoralité ou à la morale individuelle, de la socialisation à la réclusion. Pour finir, nous reviendrons brièvement sur le parcours du mystique dont l’amour vise, lui, l’extase résultant de son anéantissement en Dieu et de sa fusion avec ce dernier.


2008 ◽  
Vol DMTCS Proceedings vol. AJ,... (Proceedings) ◽  
Author(s):  
Alistair Savage

International audience We show that the category of representations of the Euclidean group $E(2)$ is equivalent to the category of representations of the preprojective algebra of the quiver of type $A_{\infty}$. Furthermore, we consider the moduli space of $E(2)$-modules along with a set of generators. We show that these moduli spaces are quiver varieties of the type considered by Nakajima. These identifications allow us to draw on known results about preprojective algebras and quiver varieties to prove various statements about representations of $E(2)$. In particular, we show that $E(2)$ has wild representation type but that if we impose certain combinatorial restrictions on the weight decompositions of a representation, we obtain only a finite number of indecomposable representations. Nous montrons que la catégorie des représentations du groupe d'Euclide $E(2)$ est équivalente à la catégorie des représentations de l'algèbre préprojective de type $A_{\infty}$. De plus, nous considérons l'espace classifiant de modules de $E(2)$ avec un ensemble de générateurs. Nous montrons que ces espaces sont de variétés de carquois de Nakajima. Cette identification nous permet d'utiliser des résultats des algèbres préprojectives et des variétés de carquois pour prouver des affirmations sur des représentations de $E(2)$. En particulier, nous montrons que le type de représentations de $E(2)$ est sauvage mais si nous imposons des restrictions aux poids d'une représentation, il y a seulement un nombre fini de représentations qui ne sont pas décomposables.


2019 ◽  
Vol 58 (4) ◽  
pp. 323-329
Author(s):  
Amélie Pointurier ◽  
Annie Descourty ◽  
Christophe Joedicke

Cet article présente le travail en équipe au sein du Centre psychothérapiquee de La Velotte. À travers une présentation clinique nous montrons comment la constellation transférentielle se déploie au cœur de notre équipe, et comment elle nous permet de restituer au patient les différentes parties clivées qu’il a pu projeter à l’extérieur de lui-même. Nous soulignons la notion de « solution délirante », ou de respect de l’espace délirant, qu’il est indispensable de préserver au cours d’un cheminement psychique comme celui qu’Alban effectue à l’Hôpital de Jour de La Velotte. Nous montrons également comment nous tentons de le rejoindre afin d’installer un espace psychique partagé, de co-thérapie, qui va lui permettre d’avancer dans le travail d’autonomie psychique et pragmatique qu’il a à faire pour construire sa vie.


Author(s):  
Muriel Dejemeppe ◽  
Bruno Van der Linde

Le chômage a-t-il atteint en Belgique son niveau le plus bas depuis 1992 ? Si l’on tente de cerner la notion de chômage au sens convenu internationalement, nous montrons que (1) le chômage est plus élevé aujourd’hui qu’au début des années 90 et (2) que la récente amélioration est toute relative et bien modeste. Non, on est encore très loin de pouvoir crier victoire sur le front du chômage. Le rapport annuel 2015 de l’ONEM recense 570.902 «chômeurs» en moyenne en 2015. En 2014, ce même groupe représentait 633.361 personnes et en 1992, 705.815 personnes. Par rapport à 2014 la baisse est de 10 %; par rapport à 1992, elle s’élève à 19 %. Comment interpréter ces chiffres ? L’ONEM quantifie ici le nombre de «chômeurs» que l’Office indemnise. C’est une grandeur importante pour cette institution et pour la sécurité sociale. Mais, cette notion n’est pas celle qui nous permet de prendre la mesure de l’importance du chômage. Il y a à cela deux raisons. D’abord, il faut s’entendre sur les mots. Le Bureau International du Travail (BIT) définit un chômeur comme une personne sans emploi, à la recherche d’un emploi et disponible pour occuper un tel emploi. Cette définition internationale ne précise pas si la personne est indemnisée ou non. Par conséquent, pour dénombrer la population en chômage, il faut dépasser la notion de chômage indemnisé. Surtout, lorsque des réformes, comme la limitation dans le temps des allocations d’insertion, modifient les règles d’accès à une indemnité. Ensuite, ce qui compte ce n’est pas tant de dénombrer les chômeurs que de mesurer l’ampleur du risque de chômage. Pour cela, il faut s’intéresser au taux de chômage, qui est le rapport entre la population en chômage et celle qui souhaite travailler, qu’elle soit en emploi ou en chômage. Cette dernière porte le nom de population active. Un aspect important complémentaire est l’hétérogénéité du risque de chômage. Une même évolution moyenne peut recouvrir des évolutions divergentes selon le type de population. Ce numéro de Regards économiques approfondit ces aspects.


2014 ◽  
Vol 21 (4) ◽  
pp. 366-387 ◽  
Author(s):  
Nejmeddine Hentati

Dans cette étude, nous montrons que l’attitude des juristes malikites vis-à-vis du prince n’était pas unifiée, ce qui nous permet de classer ces juristes en trois catégories : les révoltés, les soumis et les réservés. Si les révoltés participèrent à des révoltes et se permirent même dans certains cas de tirer l’épée contre le prince, les soumis, que les sources qualifient de ʿulamā’ al-salāṭīn, cherchèrent à rendre divers services au prince et mirent l’accent sur l’obligation des sujets de lui être soumis. La troisième catégorie de juristes porta son attention sur les devoirs du prince et tenta de se faire les porte – parole du petit peuple et de la religion. Nous rattachons cette diversité d’attitudes à plusieurs données historiques, dont la position ambiguë de Mālik b. Anas vis-à-vis du prince.
In this study, I show that the attitudes of Mālikī jurists towards the ruler fall into three categories: rebellious, submissive, and reserved: Rebelious jurists participated in revolts and, in some cases, drew their swords against the ruler; submissive jurists – identified in the sources as ʿulamāʾ al-salāṭīn – performed favors for the ruler and emphasized the obligation of his subjects to submit to him; reserved jurists focused on the duties of the ruler and attempted to give voice to the common people and religion. I link these three positions to historical data, including the ambiguous position of Mālik b. Anas vis-à-vis the ruler. 



2014 ◽  
pp. 145-167
Author(s):  
Gil Viry ◽  
Éva Nada

Dans cet article, nous analysons dans quelle mesure les jeunes adultes mentionnent moins leurs parents comme des partenaires importants de discussion lorsqu’ils vivent éloignés d’eux. À partir d’un échantillon représentatif des jeunes de 18 à 34 ans vivant en Suisse, nous montrons que, d’une manière générale, les jeunes vivant à distance de leurs parents ne sont pas moins nombreux à partager un lien de confidence avec eux. Toutefois, le lien avec les parents est particulièrement sensible à la distance dans le cas des jeunes femmes ayant elles-mêmes des enfants. Pour une jeune femme, avoir un enfant augmente les chances de citer sa mère ou son père comme confidents en situation de proximité géographique et les diminue en cas d’éloignement. De plus, les jeunes mères éloignées de leur milieu d’origine ne trouvent pas ailleurs le soutien affectif qu’elles trouvent habituellement dans la proximité spatiale avec leurs parents. Associée à certains évènements familiaux, la distance géographique contribue dès lors à reconfigurer les dynamiques relationnelles et à renforcer les inégalités de genre au sein des familles. Plus généralement, ces résultats soulignent l’importance d’accorder davantage d’attention à la mobilité et à la distance géographique dans les recherches sur la famille et les relations intergénérationnelles.


Author(s):  
Muriel Dejemeppe ◽  
Bruno Van der Linde

Le chômage a-t-il atteint en Belgique son niveau le plus bas depuis 1992 ? Si l’on tente de cerner la notion de chômage au sens convenu internationalement, nous montrons que (1) le chômage est plus élevé aujourd’hui qu’au début des années 90 et (2) que la récente amélioration est toute relative et bien modeste. Non, on est encore très loin de pouvoir crier victoire sur le front du chômage. Le rapport annuel 2015 de l’ONEM recense 570.902 «chômeurs» en moyenne en 2015. En 2014, ce même groupe représentait 633.361 personnes et en 1992, 705.815 personnes. Par rapport à 2014 la baisse est de 10 %; par rapport à 1992, elle s’élève à 19 %. Comment interpréter ces chiffres ? L’ONEM quantifie ici le nombre de «chômeurs» que l’Office indemnise. C’est une grandeur importante pour cette institution et pour la sécurité sociale. Mais, cette notion n’est pas celle qui nous permet de prendre la mesure de l’importance du chômage. Il y a à cela deux raisons. D’abord, il faut s’entendre sur les mots. Le Bureau International du Travail (BIT) définit un chômeur comme une personne sans emploi, à la recherche d’un emploi et disponible pour occuper un tel emploi. Cette définition internationale ne précise pas si la personne est indemnisée ou non. Par conséquent, pour dénombrer la population en chômage, il faut dépasser la notion de chômage indemnisé. Surtout, lorsque des réformes, comme la limitation dans le temps des allocations d’insertion, modifient les règles d’accès à une indemnité. Ensuite, ce qui compte ce n’est pas tant de dénombrer les chômeurs que de mesurer l’ampleur du risque de chômage. Pour cela, il faut s’intéresser au taux de chômage, qui est le rapport entre la population en chômage et celle qui souhaite travailler, qu’elle soit en emploi ou en chômage. Cette dernière porte le nom de population active. Un aspect important complémentaire est l’hétérogénéité du risque de chômage. Une même évolution moyenne peut recouvrir des évolutions divergentes selon le type de population. Ce numéro de Regards économiques approfondit ces aspects.


2016 ◽  
Vol 7 ◽  
pp. 16-30
Author(s):  
Xavier Laberge

La concentration de gaz à effet de serre dans l’atmosphère est alarmante et en guise de réponse, de plus en plus de gouvernements se tournent vers le marché afin de la réguler. Ce type de solution est privilégié pour son efficacité, sa flexibilité, la prévisibilité de ses résultats, les innovations technologiques qu’elle stimule et ses avantages politiques. Cependant, la marchandisation du carbone ne fait pas l’unanimité. Dans cette recherche, nous évaluons trois différentes perspectives d’analyse : néocoloniale, néogramscienne et polanyienne afin de répondre à la question suivante : quels sont les fondements théoriques de la résistance à la marchandisation du carbone? Cette analyse nous permet de comprendre les mouvements de contestation et de résistance aux nouveaux instruments économiques développés par le néolibéralisme dans l’objectif de diminuer l’amplitude des changements climatiques. Nous montrons qu’en plus de marchandiser la nature, le marché du carbone se trouve accusé par ces mouvements d’être à la fois néolibéral et néocolonial.


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