scholarly journals Vivre loin de ses parents quand on est un jeune adulte : quel effet sur le lien de confidence?

2014 ◽  
pp. 145-167
Author(s):  
Gil Viry ◽  
Éva Nada

Dans cet article, nous analysons dans quelle mesure les jeunes adultes mentionnent moins leurs parents comme des partenaires importants de discussion lorsqu’ils vivent éloignés d’eux. À partir d’un échantillon représentatif des jeunes de 18 à 34 ans vivant en Suisse, nous montrons que, d’une manière générale, les jeunes vivant à distance de leurs parents ne sont pas moins nombreux à partager un lien de confidence avec eux. Toutefois, le lien avec les parents est particulièrement sensible à la distance dans le cas des jeunes femmes ayant elles-mêmes des enfants. Pour une jeune femme, avoir un enfant augmente les chances de citer sa mère ou son père comme confidents en situation de proximité géographique et les diminue en cas d’éloignement. De plus, les jeunes mères éloignées de leur milieu d’origine ne trouvent pas ailleurs le soutien affectif qu’elles trouvent habituellement dans la proximité spatiale avec leurs parents. Associée à certains évènements familiaux, la distance géographique contribue dès lors à reconfigurer les dynamiques relationnelles et à renforcer les inégalités de genre au sein des familles. Plus généralement, ces résultats soulignent l’importance d’accorder davantage d’attention à la mobilité et à la distance géographique dans les recherches sur la famille et les relations intergénérationnelles.

2017 ◽  
Vol 7 (1) ◽  
pp. 51-62 ◽  
Author(s):  
Caterine Bourassa-Dansereau

Nous montrons dans cet article comment le théâtre-forum peut devenir un outil de recherche et d’intervention auprès des jeunes issus de l’immigration. Plus spécifiquement, nous présentons différents « actes à poser » qui répondent aux enjeux liés à la reconnaissance et à l’expression de la complexité identitaire des jeunes en contexte de diversité. Pour ce faire, notre réflexion s’effectue en trois temps : après la présentation sommaire du théâtre-forum, nous montrons premièrement l’importance et les apports de ce type d’intervention en ce qui a trait aux actes posés par les jeunes eux-mêmes et associés à leur prise de parole, au développement d’un regard réflexif et à la conscientisation individuelle et collective. Nous soulignons comment ces actes s’articulent aux particularités de la recherche et de l’intervention auprès des jeunes issus de l’immigration. Dans un deuxième temps, nous illustrons ces actes grâce à une démarche de théâtre participatif particulière, ModÉgalité, dans laquelle le théâtre-forum a été utilisé comme outil principal d’intervention. Cette recherche-action a été menée auprès de jeunes adultes montréalais de 16 à 22 ans issus de l’immigration et portait sur leurs perceptions de l’égalité entre les femmes et les hommes. Ces exemples concrets nous permettent non seulement d’illustrer les actes posés par ces jeunes mais aussi d’aborder les actes à poser par les intervenants dans ce contexte. Nous soumettons finalement au lecteur nos réflexions concernant les défis liés à ces actes d’intervention lors de la mise en place d’une démarche mobilisant le théâtre-forum, notamment auprès des jeunes issus de l’immigration. En définitive, cet article met en lumière comment les « actes à poser » associés au théâtre-forum amènent à ne plus penser, parler et agir au nom des jeunes issus de l’immigration, mais plutôt par et pour ceux-ci.


Author(s):  
W. Hovdestad ◽  
M. Shields ◽  
G. Williams ◽  
L. Tonmyr

Introduction Les familles avec une jeune mère sont associées à un risque accru de mauvais traitements envers les enfants et de problèmes sociaux et de santé. Méthodologie Une analyse du chi carré effectuée sur des données combinées des services de protection de l’enfance issues de l’étude canadienne sur l’incidence des signalements de cas de violence et de négligence envers les enfants (ECI-2003 et ECI-2008) a permis de comparer 284 mères adolescentes (18 ans et moins) et 800 jeunes mères (19 à 21 ans) et leurs familles à 5 752 familles avec une mère de 22 ans ou plus. Résultats Vingt-six pour cent des jeunes mères avaient 18 ans ou moins. La plupart recevaient de l’aide sociale comme principale source de revenu (68 % des familles avec une mère adolescente et 57 % des familles avec une mère jeune adulte contre 36 % des familles avec une mère de 22 ans ou plus). Les mères adolescentes et les mères jeunes adultes étaient plus susceptibles d’avoir été placées dans leur enfance que les mères de 22 ans ou plus (31 % et 23 % contre 10 %) et présentaient plus fréquemment des facteurs de risque tels que l’alcoolisme (25 % et 23 % contre 18 %) ou un manque de soutien social (46 % et 41 % contre 37 %). Les pourvoyeurs secondaires de soins dans les familles avec de jeunes mères étaient aussi associés à un plus grand nombre de facteurs de risque. Les familles de mères adolescentes ou jeunes adultes couraient un risque plus élevé de décision de placement de l’enfant pendant l’enquête (29 % et 27 % contre 17 %). Les mères couraient toutes le même risque d’être victimes de violence familiale et de présenter des problèmes de santé mentale. Conclusion Dans cet échantillon de familles à risque élevé, les risques étaient plus importants pour les familles avec de jeunes mères que pour les familles auxquelles on les avait comparées. Le jeune âge de la mère pourrait être un bon critère pour repérer les familles nécessitant des interventions ciblées.


Author(s):  
Nathalie Moureau ◽  
Dominique Sagot-Duvauroux ◽  
Muriel de Vrièse

Cet article a pour objectif d’étudier dans quelles conditions la proximité spatiale entre galeries d’art est susceptible de déboucher sur des coopérations. L’hypothèse que nous cherchons à tester est que les proximités spatiale et cognitive doivent s’accompagner d’une proximité de valeurs pour que naissent des stratégies collaboratives. L’économie des proximités constitue le corpus théorique principal sur lequel nous nous appuyons. Une double enquête, quantitative, à partir des données de la Maison des artistes, et qualitative, à partir d’entretiens semi-directifs réalisés auprès des acteurs de l’art actuel dans cinq métropoles françaises, nous permet de constater que les galeries d’art sont extrêmement concentrées sur le territoire français sans que cette proximité spatiale ne se traduise nécessairement par des stratégies coopératives, alors même qu’elles partagent le même métier et savoir-faire (proximité cognitive). Nous mettons en évidence l’existence de différents réseaux de l’art actuel au sein d’un même espace géographique. Nous montrons que ces réseaux se différencient principalement par le fait qu’ils ne partagent pas les mêmes critères d’appréciation de la qualité des oeuvres (conventions de qualité artistique).


2010 ◽  
Vol 16 (1) ◽  
pp. 152-179 ◽  
Author(s):  
Caroline Veilleux1 ◽  
Marc Molgat

Cet article est issu d’une étude qui s’inscrit dans une démarche d’exploration de la réalité plurielle actuelle des jeunes adultes ayant reçu un diagnostic de maladie mentale à travers la considération de leur discours. Il vise dans un premier temps à déterminer si ces jeunes adultes se perçoivent comme des adultes et à identifier les critères associés à cette perception d’être adulte. En second lieu, la recherche vise à circonscrire l’impact de la maladie mentale sur la perception de soi en tant que jeune adulte et à connaître la représentation et le positionnement de ces jeunes adultes par rapport aux services de santé mentale. Pour ce faire, des entrevues semi-dirigées ont été réalisées auprès de huit jeunes adultes âgés de 18 à 35 ans, qui ont reçu un diagnostic de maladie mentale. L’analyse approfondie du discours a permis de relever que ces jeunes adultes se réfèrent moins aux marqueurs de transition formels tels que l’entrée dans le marché du travail et la parentalité, pour expliquer leur parcours de vie et s’en remettent davantage à leurs expériences personnelles de vie. Ils se réfèrent à de nouveaux repères pour ainsi donner un sens à leur réalité, ce qui a comme conséquence de préserver en partie l’image de soi. Quelques pistes de réflexion pour l’intervention sont finalement proposées.


2006 ◽  
Vol 9 (2) ◽  
pp. 83-87
Author(s):  
Marc Le Blanc
Keyword(s):  

Résumé Quelle est la continuité entre la conduite délinquante durant l'adolescence et l'activité antisociale des jeunes adultes? Nous servant d'un échantillon d'adolescents conventionnels et d'un échantillon déjeunes délinquants, nous analysons la stabilité de la conduite délinquante durant l'adolescence : sa précocité, sa durée, son aggravation, son activation et sa diversité. Par la suite, nous montrons que la nature de l'activité illicite à l'adolescence est directement prédictive de l'ampleur et de la nature de la criminalité adulte.


2006 ◽  
Vol 13 (1) ◽  
pp. 132-143 ◽  
Author(s):  
Mario Poirier ◽  
Jean Gagné

Résumé La question de l'insertion sociale des jeunes adultes psychiatrisés se pose différemment pour les intervenants et pour les usagers des services de santé mentale. Le personnel institutionnel est coincé dans un réseau important de contradictions et vit l'ambivalence d'un milieu institutionnel qui doit désinstitutionnaliser. Pour le jeune adulte psychiatrisé, l'insertion sociale se pose en termes de qualité de vie : un passage à l'extérieur est-il possible dans un contexte d'appauvrissement imposé à la fois par la structure institutionnelle et par le système social ?


2014 ◽  
Vol 29 (S3) ◽  
pp. 614-614
Author(s):  
B. Maillet

Contrairement à la phase d’adolescence, la notion de « jeune adulte » est beaucoup plus floue. Au delà des considérations sociales, correspond-elle à une phase développementale spécifique ? Y aurait-il un risque dépressif particulier ? Travaillant dans une unité d’hospitalisation pour adolescents et jeunes adultes, nous rencontrons un grand nombre de jeunes atteints de dépression. Sans doute influencés par l’idée courante de phase d’adolescence interminable, nous n’avions que peu l’habitude de distinguer les dépressions des jeunes adultes de celles des adolescents. Nous verrons comment l’apport de la sociologie, nos observations cliniques ainsi que la notion psychodynamique de « post-adolescence » de Jean Guillaumin pourraient enrichir la compréhension et la prise en charge des dépressions du jeune adulte.


2021 ◽  
Author(s):  
E. Ricadat ◽  
K.-L. Schwering ◽  
N. Boissel
Keyword(s):  

Développer une autonomie psycho-affective est un des enjeux majeurs du processus qui se déploie à partir de l’adolescence, sur une période qui embrasse l’âge jeune adulte. Construire un couple, s’essayer à la vie affective et sexuelle, en est la pierre angulaire. Pour les jeunes atteints de cancer, les difficultés à débuter ou maintenir une vie de couple sont majorées par les atteintes physiologiques et psychosociales qu’induisent les traitements. La notion de contrat narcissique s’avère pertinente pour appréhender ce qu’impose le cancer au couple et à chacun de ses protagonistes.


2015 ◽  
Vol 30 (S2) ◽  
pp. S121-S122
Author(s):  
A. Couillet ◽  
N. Chauliac ◽  
P. Depraz ◽  
J.-L. Terra
Keyword(s):  

Le terme japonais hikikomori désigne un adolescent ou un jeune adulte, le plus souvent de sexe masculin, passant la quasi-totalité de son temps à domicile et s’étant retiré de la vie sociale depuis au moins 6 mois. Ce comportement n’est pas expliqué par une incapacité physique ou une pathologie psychiatrique manifeste. Si le phénomène a initialement été décrit au Japon, des articles sur ce sujet paraissent dans la littérature américaine, anglaise et française. En gardant à l’esprit les particularités de la société nipponne, est-il possible de transposer ce concept à nos sociétés occidentales pour mieux comprendre le phénomène de réclusion de certains jeunes adultes au domicile ? Comme le montre Ehrenberg dans ses travaux, dans nos sociétés, la pression à la performance et à l’autonomisation est forte. Il peut devenir difficile de répondre à cette norme, d’autant plus quand l’environnement familial ne favorise pas le travail de séparation. On note également des différences cliniques selon les pays. Par exemple, les facteurs déclenchants, comme des difficultés sentimentales ou scolaires, sont fréquemment retrouvés en France contrairement au Japon. D’abord utilisé en pédopsychiatrie, dans la continuité du refus scolaire anxieux, il semble que le concept d’hikikomori soit également pertinent en psychiatrie adulte. La difficulté réside alors dans la détection de ces situations de souffrance, qui deviennent moins visibles lorsque le sujet sort du parcours scolaire.


2008 ◽  
Vol 192 (8) ◽  
pp. 1641-1656
Author(s):  
Jean-Paul Dommergues ◽  
Alexia Letierce ◽  
Olivier Bernard ◽  
Dominique Debray

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