scholarly journals Déclassement et transformation de la structure de classes au Japon de 1945 à 2013

2014 ◽  
Vol 13 (1) ◽  
pp. 9-26
Author(s):  
Bernard Bernier

Le Japon avant la Seconde Guerre mondiale avait une distribution des revenus très inégalitaires, signe de différences de classes importantes. Après la défaite de 1945, l’écart dans les revenus s’est dissipé laissant la place à une pyramide des revenus relativement plate. Cette situation a donné lieu à une vision du Japon comme société sans classe, étant constitué d’une immense classe moyenne. Cependant, les inégalités ont considérablement augmenté après le début de la crise financière en 1990, quand les grandes entreprises ont effectué des mises à pied et ont limité de façon draconienne l’embauche de jeunes salariés à la sortie des écoles et de l’université. Le chômage et la pauvreté ont augmenté. Le Japon de 2013 se retrouve donc avec des inégalités de classes qui s’approchent de celles de l’avant-guerre.

1970 ◽  
Vol 25 (5) ◽  
pp. 1418-1433 ◽  
Author(s):  
Rondo Cameron

Le développement de l'économie française après la Seconde Guerre mondiale est, pour les sociologues et historiens américains spécialistes des affaires françaises, un phénomène qui n'a pas fini d'étonner, un phénomène très discuté et qui donne lieu à bien des réinterprétations de l'histoire économique de la France. Certains, parmi ces Américains, ont eu une connaissance personnelle de la France pour y avoir étudié à titre privé durant les années de la grande dépression qui a précédé la guerre ; d'autres ont fait connaissance avec la France durant la dernière phase de la guerre et les premières années de l'après-guerre en tant que conseillers auprès des forces militaires et de l'Administration de la Coopération économique. Les uns et les autres ont été marqués, il va sans dire, par leurs impressions sur l'économie française de l'époque — une époque particulièrement sombre et malheureuse — et ces impressions ont évidemment influencé leur interprétation de la société française contemporaine, et même de l'histoire française tout court.


1948 ◽  
Vol 3 (4) ◽  
pp. 569-570
Author(s):  
Pierre Chaunu

Comme le soulignait Jean Chardonnet, il y a trois ans déjà, dans son livre Guerre ou Paix, il faut nous déprendre du tableau traditionnel de l'Amérique latine, tel qu'André Siegfried, dans son livre classique, l'a incrusté dans nos esprits : exportatrice pour 95 à 99 p. 100 de matières premières, importatrice pour 65 à 76 p. 100 de produits manufacturés. Cette situation se fût sans doute prolongée, sans la crise de la seconde guerre mondiale. La carence des fournisseurs traditionnels, tendus dans leur effort de guerre, le blocus, la crise du tonnage, isolèrent presque totalement les Sud-Américains d'une Europe complémentaire de leur continent — et cela, alors que les États-Unis étaient incapables de faire face, tout de suite, à leurs besoins. Le trafic de Buenos-Aires baissa donc des deux tiers de 1939 à 1942, révélant une crise sans précédent par son ampleur… L'indication vaut pour toute l'Amérique latine et particulièrement pour le Brésil.


1954 ◽  
Vol 9 (1) ◽  
pp. 106-107
Author(s):  
André Armengaud
Keyword(s):  

Si les temps d'épidémie ont souvent donné lieu à des manifestations de haine, récemment étudiées ici même, certaines périodes de guerre permettent de saisir quelques réactions psychologiques assez semblables dans leur nature.A cet égard, les départements de la région toulousaine offrent, en août 1870, quelques exemples significatifs. Alors que « l'entrain vaniteux et fanfaron » provoqué par la déclaration de guerre n'y était pas encore apaisé, l'annonce des premières défaites semble avoir entraîné une forte commotion de l'opinion, se traduisant par un véritable « accablement ». Négligeant les réactions plus proprement politiques entraînées par cette situation (notamment les menaces et malédictions individuelles à l'égard du souverain), nous citerons seulement quelques faits caractéristiques de la psychologie collective.


Ethnologies ◽  
2018 ◽  
Vol 39 (2) ◽  
pp. 69-80
Author(s):  
Emanuela Trevisan Semi

À partir des années 1990, le Maroc a entamé un processus de reconnaissance des différentes identités, d’origine berbère ou juive, qui ont contribué à la formation de l’identité marocaine à travers le temps. En fait, jusque dans les années 1990, et en accord avec l’atmosphère panarabiste de l’époque, les politiques gouvernementales au Maroc cherchaient à cacher et à marginaliser tous les héritages historiques et culturels non arabes. Le changement de politique intervenu dans les années 90 a donné lieu à un nouvel ensemble de problèmes en termes de mémoire et de politique du patrimoine. L’intérêt manifesté par le roi Mohammed VI, qui souhaitait que tous les cimetières juifs du Maroc soient restaurés grâce à des fonds provenant directement du Palais Royal, a permis de sauver 167 cimetières juifs au Maroc en 2015. Face à cette situation, le cas de Meknès est unique et intéressant à analyser. Meknès, l’une des villes les plus importantes de l’histoire des juifs au Maroc, ne compte jusqu’à aujourd’hui aucun lieu de mémoire juif restauré et préservé, à l’exception d’une restauration partielle de l’ancien cimetière réalisé en 2017. Le cimetière de l’ancien mellah à Meknès, en particulier, présente une typologie urbaine unique qui voit les tombeaux nichés le long de ses murs, les plus sacrés étant placés au pied des murs eux-mêmes, comme pour protéger, de cette position, tout le mellah. Cet article analysera donc le cas spécifique de Meknès et de l’oubli de son héritage juif.


2005 ◽  
Vol 33 (1) ◽  
pp. 29-49 ◽  
Author(s):  
Michel Poulain ◽  
Kusuto Naito

Résumé Toutes les données démographiques montrent que la longévité est exceptionnelle à Okinawa, même par comparaison avec le Japon. L’espérance de vie des hommes s’y compare à celle de tout le pays, et les femmes y jouissent de 1,4 année de plus que l’ensemble de leurs compatriotes. De la sorte, Okinawa dépasse 86 années d’espérance de vie, seuil considéré comme une limite maximale pour l’espèce humaine il y a encore deux décennies. Si l’on compare la prévalence des centenaires, on en compte 40 pour 100 000 habitants à Okinawa, mais 15 au Japon. Takahashi (1993) est le seul démographe à avoir mis cette situation exceptionnelle en évidence, mais des chercheurs d’autres disciplines ont ouvert de nombreuses pistes explicatives pour en rendre compte. Ils mettent en avant certaines caractéristiques génétiques, une moindre consommation de sel, mais aussi une alimentation plus riche en protéines animales, un climat plus doux, propice à un plus haut niveau d’activité tout au long de l’année, la considération plus grande accordée aux personnes âgées au sein de la société et, de façon plus globale, un style de vie plus traditionnel. Toutefois, dès la fin des années 1980, on a décelé à Okinawa une moindre amélioration des risques de décéder pour les jeunes adultes. Concrètement, notre analyse des tables de mortalité met en évidence un croisement des taux de mortalité : face au risque de mourir, la population d’Okinawa semble ainsi se diviser en deux groupes, les générations nées avant ou pendant la Seconde Guerre mondiale et celles qui sont nées après. La situation des premières est nettement meilleure que celle de l’ensemble de la population japonaise, la situation des secondes moins favorable. Nous tentons de saisir les causes de ce croisement de mortalité et ses conséquences possibles pour l’évolution de la longévité à Okinawa.


Author(s):  
L.C. Green

SommaireDans tout système, un droit n'a de sens juridique que s'il donne lieu à des devoirs concomitants. En droit judaïque, les droits sont habituellement énoncés sous la forme "Tu ne . . . pas." Selon la loi mosaïque ancienne, en particulier telle qu'interprétée par les rabbins, le principe suprême était celui de l'universalisme, éloquemment évoqué par la constante réitération que le Dieu d'Israël était le créateur du monde entier. Ceci signifiait que même les personnes non-croyantes jouissaient de la protection de la loi. Un autre exemple de ce principe se retrouve dans le quatrième commandement, qui enjoint à quiconque, même les Gentils, les gens de service ou les animaux, de ne pas travailler, le jours du sabbat, car chacun a également droit à son jour de repos. Bien que l'esclavage existait à l'époque biblique, l'attitude à l'égard des esclaves fugitifs laissait présager la Déclaration d'émancipation et le mouvement de l'abolition de l'esclavage en Europe, car dès le début, il a été clairement énoncé qu'on ne devait pas retourner l'esclave en fuite chez son ancien maître ou son ancienne maîtresse.Alors que la loi mosaïque était d'orientation masculine, il y avait plusieurs prophétesses dans l'Israël ancienne, et l'on rappelait constamment aux Israélites leur obligation de veiller au bien-être des femmes, des enfants, des personnes âgées et des infirmes. Cette obligation était valable pour toute personne n'étant pas de religion juive qui vivait en territoire juif. Parmi les droits reconnus par la loi mosaïque et la loi talmudique, le plus important était celui à la vie. Malgré les préceptes œil pour œil et une vie pour une vie, les rabbins ont vite substitué ces règles fondées sur la loi du talion par une compensation monétaire ou autre pour le dommage causé. De plus, l'insistance sur les deux témoins lors d'un crime important, tel le meurtre et l'adultère, signifiait que la peine capitale n'était que très rarement imposée. En ce qui a trait aux contrevenants des asiles ou aux personnes en fuite, la loi mosaïque et les principes talmudiques furent les antécédents de la procédure moderne relative aux réfugiés, puisque des villes d'asile ont été créées et que les personnes y résidant jouissaient, en règle générale, des mêmes droits que les habitants locaux. Dans la même veine on trouvait l'obligation de payer une rançon pour les prisonniers; ce qui est toujours un élément clef de la procédure israélienne relative aux personnes détenues par les Forces de la défense israélienne. Maimonides avait donné plus de poids à ce devoir qu'à l'obligation de prêter secours aux pauvres.Les prisonniers ennemis devaient être traités avec humanité. Il n'y avait de devoir d'anéantir des villes et des populations ennemies que si la guerre était entreprise sur l'ordre exprès de Dieu. Autrement, on avait le devoir de ne pas porter atteinte aux femmes, aux enfants ou aux personnes âgées, bien qu'on pouvait dans certaines circonstances les prendre en captivité. Habituellement, la destruction de bétail et des arbres étaient interdite. Il y avait une obligation générale de protéger l'environnement, en temps de paix comme en temps de guerre. Cette obligation remontait à l'injonction faite à Adam de se vêtir et de préserver le Paradis.D'autres droits, maintenant enchâssés dans la Déclaration universelle des droits de l'homme des Nations Unies ou d'autres textes analogues, étaient normalement déjà reconnus dans la loi judaïque. Invariablement, ils étaient plus exigeants, puisqu'ils imposaient des obligations. En ce qui a trait aux développements modernes en matière de droits de la personne, il importe de souligner le rôle important joué par le peuple juif et les organisations juives dans la contestation de l'oppression en Europe ou dans le développement des concepts relatifs aux droits de la personne pendant et après la seconde guerre mondiale. Pensons, par exemple, à Lauterpacht, Lemkin, Schwelb et Cassin, ou encore à la Ligue anti-diffamation et à la B'nai Brith.


2009 ◽  
Vol 34 (3) ◽  
pp. 623-641 ◽  
Author(s):  
Nicole Rege Colet

Résumé La Suisse romande se caractérise par une recherche en pédagogie universitaire très modeste. Pour comprendre cette situation, cet article propose un examen des sciences de l’éducation et de ses principaux axes de recherche dans les universités francophones. Il démontre l’absence d’un programme de recherche pris en charge par les structures universitaires alors que les centres de soutien à l’enseignement des universités mènent une recherche de terrain de qualité. L’essor des centres a donné lieu à une communauté de praticiens qui représentent désormais un fort potentiel de développement. En conclusion, la consolidation de la recherche en pédagogie universitaire passe par un renforcement de la collaboration entre les centres de soutien et les équipes académiques de recherche.


2020 ◽  
Vol 114 ◽  
pp. 165-180
Author(s):  
Michał Piotr Klakus

Après la Seconde Guerre mondiale, plus de 400 000 personnes d’origine polonaise vivaient en France. La plupart d’entre eux y est venue dans l’entre-deux-guerres à la recherche de travail. Ils considéraient leur séjour sur cette terre comme temporaire, par conséquent, en vue de retourner dans leur pays d’origine, ils cultivaient également les coutumes et les rituels polonais dans le doma­ine religieux. Leur présence était favorisée par l’existence de prêtres polonais dans les colonies ouvrières. Avec le temps, le lien de l’émigration polonaise en France avec le pays d’origine s’est affaibli. Les travailleurs polonais venant en France étaient en voie de disparition, le nombre d’associations polonaises a donc diminué. Dans les années 60 et 70 du XXe siècle, les troisième et qu­atrième générations d’émigrants polonais ne connaissaient leur pays d’origine que grâce aux histoires racontées par leurs parents et grands-parents. Comment préserver dans cette situation la tradition nationale et religieuse polonaise? Le Cardinal Wyszyński a tenté de répondre à cette question. Il voit un moyen de préserver l’identité religieuse des Polonais en France en maintenant la langue maternelle, l’adhésion au culte marial et la promotion du mouvement de pèlerinage. Afin de maintenir l’unité avec l’Eglise en Pologne, il a encouragé ses compatriotes à l’étranger à connaitre l’enseignement des évêques polonais et à participer à l’aide matérielle pour la Pologne.


2005 ◽  
Vol 23 (3) ◽  
pp. 253-273
Author(s):  
Marc-Adélard Tremblay

Trois traditions scientifiques particulières sont à l'origine de l'anthropologie de la santé en tant que champ distinctif de l'ethnologie: l'intérêt de l'ethnographie traditionnelle pour les médecines dites primitives (les études ethnomédicinales) ; les travaux sur la personnalité et la culture dans les années trente et quarante qui ont favorisé une étroite collaboration entre anthropologues et psychiatres et l'extraordinaire expansion des programmes internationaux de santé publique durant la période qui a suivi la Seconde Guerre mondiale. Ces trois traditions scientifiques ont contribué à la constitution d'un corpus de connaissances se rapportant à la santé et à la maladie dans des contextes transculturels qui élargissent les conceptions bio-médicales de la maladie ainsi que les représentations professionnelles et les modèles thérapeutiques des intervenants du monde occidental. Les anthropologues médicaux américains ainsi que les spécialistes européens de l'ethnomédecine ont mis en relief des modèles opératoires qui incarnent ces conceptions élargies de la santé : ils proposent aux praticiens de la médecine occidentale une définition plus compréhensive de la santé, des démarches thérapeutiques qui tiennent compte du contexte socio-culturel de la dispensation des soins, des principes de réinsertion sociale qui respectent l'univers phénoménologique des patients ainsi que les systèmes d'attente de l'univers social plus large. Ces conceptions scientifiques nouvelles découlent, dans une large mesure, des acquis récents des sciences de l'homme, et, pour autant, elles ne constituent pas pour les agents traditionnels un paradigme évident d'explication de la réalité pathologique ni ne justifient de transformations profondes dans les démarches thérapeutiques centrées sur le patient en tant qu'unité clinique exclusive. D'autres disciplines, telles que la sociologie, la psychiatrie sociale, la psychologie, par des cheminements parallèles ou analogues proposent elles aussi des définitions nouvelles de la maladie et des procès thérapeutiques rajeunis en vue de restaurer la santé. Pourtant la médecine, en tant que science et en tant que pratique, évolue lentement dans sa démarche de renouvellement. L'anthropologie de la santé, une des sciences humaines dont les traditions de recherche portent à la fois sur le biologique, le psychologique et le culturel dans des voies comparatives peut apporter une contribution d'importance dans le rajeunissement des perspectives conceptuelles sur la santé et la maladie et dans la conception de pratiques professionnelles. Une conception systémique de la santé, par exemple, nécessite l'examen d'expériences pathologiques en tant que phénomènes totaux. Ainsi les analyses que poursuit l'anthropologie de la santé établissent les relations qui existent entre la maladie, les systèmes de dispensation des soins et les patrons culturels sans oublier l'univers phénoménologique du patient et les conceptions prophylactiques du professionnel de la santé. Toutes les civilisations du monde ont élaboré des conceptions de la maladie, ont développé des systèmes de dispensation des soins et ont mandaté des spécialistes pour traiter les malades et les aider à restaurer les équilibres physiologiques, psychosomatiques et socioculturels rompus. Conceptions de la maladie, élaboration des méthodes prophylactiques, apprentissage des spécialistes, application des thérapeutiques, constituent autant d'éléments du système médical qui sont influencés par les visions du monde, les systèmes de pensée et les modes de vie. Une des contributions les plus substantielles de l'anthropologie culturelle dans l'étude des diverses civilisations du monde fut d'énoncer des généralisations qui possèdent un caractère d'universalité puisqu'elles se fondent sur des observations récoltées dans des contextes transculturels. Significatifs furent aussi les apports ethnologiques à la connaissance de la maladie et de la pratique médicale dans « la petite communauté » en mettant en relief les représentations sociales de la maladie tant chez les praticiens que chez les clientèles. Les connaissances récemment acquises en ethnomédecine témoignent d'un intérêt renouvelé pour la compréhension des médecines traditionnelles et primitives ainsi que pour la connaissance de leurs fondements philosophiques et théologiques. Finalement, les histoires de vie des medicine men et des guérisseurs représentent des contributions de première main qui donnent directement accès à la culture vécue des malades et des thérapeutes, révélant ainsi non seulement la dynamique d'un segment culturel mais aussi l'ensemble des éléments significatifs de l'organisation sociale et des patrons culturels d'une civilisation particulière. L'anthropologie de la santé est une discipline scientifique, nul ne saurait le contester. Le modèle d'explication de la santé qu'elle propose (basé principalement sur les notions d'adaptation, d'équilibre et de croissance) découle d'études empiriques transculturelles. Toutefois, en tant que représentation scientifique, elle ne peut être dissociée des contextes socio-historiques de sa naissance et de son évolution ni des univers idéologiques de ses premiers promoteurs. Dans cette perspective, il nous apparaît intéressant et instructif à la fois de mieux connaître comment cette sous-discipline est née ici, le processus de son implantation, le genre d'études auxquelles elle a donné lieu, les principaux résultats auxquels elle arrive et les enseignements qu'ils traduisent, les pistes de recherche qu'elle suggère. La pénétration de cette nouvelle représentation dans notre milieu a-t-elle suscité des transformations du monde de la santé ?


Author(s):  
Outi Kalla ◽  
Jarl Wahlström ◽  
Jukka Aaltonen ◽  
Juha Holma ◽  
Pentti Tuimala ◽  
...  

Identifier avec précision les troubles schizophréniques a toujours été un problème complexe et controversé. Les caractéristiques psychologiques de la schizophrénie ont donné lieu à un volume considérable de travaux et de débats. Ces dernières années sont apparus un nombre croissant d'articles portant sur les différences et similitudes des manifestations de la psychose selon les cultures, partant de l'idée que les caractéristiques de personnalité nationales pourraient contribuer aux tableaux psychopathologiques. Le but premier de cette étude est de mieux comprendre les troubles psychotiques par l'investigation de la structure de personnalité et du fonctionnement de patients faisant un premier épisode psychotique. Le second objectif est de décrire les différences et similitudes observées dans les réponses au Rorschach de patients finlandais et espagnols afin de mettre en évidence des caractéristiques nationales et de contribuer ainsi à la recherche Rorschach interculturelle. Ont été inclus 41 protocoles de patients finlandais hospitalisés de manière consécutive pour premier épisode psychotique, et 32 en Espagne. Le travail a porté sur un certain nombre d'indicateurs de difficultés d'ajustement tirés du résumé formel du Rorschach en Système intégré ( Weiner & Exner, 1991 ). Tous les patients avaient été diagnostiqués comme schizophrènes ou souffrant d'autres troubles fonctionnels psychotiques non affectifs selon le DSM-IV. Les Rorschach ont été administrés en Système intégré aussitôt que possible après leur admission mais après la phase aiguë. La comparaison des groupes finlandais et espagnol, loin de montrer des différences significatives, étaient similaires sur beaucoup de points. Ces résultats confirment des données déjà bien établies sur les structures et mécanismes des patients psychotiques, mais ils en interrogent d'autres. Les patients obtiennent plus de styles ambiéquaux et moins d'introversifs que prévu. Beaucoup d'entre eux manquent de compétences sociales, d'intérêt pour les relations interpersonnelles et semblent avoir une vie sociale insatisfaisante. On observe des signes de difficultés dans le contrôle émotionnel et de modulation des affects, des traits dépressifs, une détresse émotionnelle, et peu de capacités de coping. Les résultats soulignent la notion que les problèmes affectifs et les traits dépressifs devraient être considérés comme un élément important dans un premier épisode psychotique, et ils confirment la présence de déficits cognitifs survenants tôt dans l'histoire d'un trouble psychotique. On a rencontré moins de dysfonctionnements idéationnels que prévu. Les deux groupes de patients se différenciaient sur certaines variables Rorschach, en particulier celles qui concernent la perception de soi. Les patients finlandais sont plus souvent centrés sur eux-mêmes de faç on excessive, plus préoccupés d'eux-mêmes et plus enclins M l'introspection. La majorité des patients espagnols manifestent un sentiment de valeur de soi négatif. Ils disposent de moins de ressources et ont plus souvent des déficits en capacité de coping. En admettant que ces résultats sont dus à des différences dans les caractéristiques de personnalité des patients psychotiques en Finlande et en Espagne, plutôt que des différences nationales dans la manifestation au Rorschach de structures de personnalité en fait identiques, alors ces données pourraient bien nous permettre de repérer des différences interculturelles de personnalité. Toutefois, l'impact des facteurs culturels est difficile M évaluer, surtout s'agissant d'une psychopathologie aussi sévère que la psychose, et la seule faç on d'avancer dans la compréhension de cette question serait de recueillir plus de données Rorschach interculturelles sur des patients psychotiques.


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