scholarly journals Comment garder la foi et l’unité avec l’Église en Pologne en dehors du pays d’origine ? – à la lumière de la correspondance du Cardinal Wyszyński avec le Recteur de la Mission catholique polonaise en France

2020 ◽  
Vol 114 ◽  
pp. 165-180
Author(s):  
Michał Piotr Klakus

Après la Seconde Guerre mondiale, plus de 400 000 personnes d’origine polonaise vivaient en France. La plupart d’entre eux y est venue dans l’entre-deux-guerres à la recherche de travail. Ils considéraient leur séjour sur cette terre comme temporaire, par conséquent, en vue de retourner dans leur pays d’origine, ils cultivaient également les coutumes et les rituels polonais dans le doma­ine religieux. Leur présence était favorisée par l’existence de prêtres polonais dans les colonies ouvrières. Avec le temps, le lien de l’émigration polonaise en France avec le pays d’origine s’est affaibli. Les travailleurs polonais venant en France étaient en voie de disparition, le nombre d’associations polonaises a donc diminué. Dans les années 60 et 70 du XXe siècle, les troisième et qu­atrième générations d’émigrants polonais ne connaissaient leur pays d’origine que grâce aux histoires racontées par leurs parents et grands-parents. Comment préserver dans cette situation la tradition nationale et religieuse polonaise? Le Cardinal Wyszyński a tenté de répondre à cette question. Il voit un moyen de préserver l’identité religieuse des Polonais en France en maintenant la langue maternelle, l’adhésion au culte marial et la promotion du mouvement de pèlerinage. Afin de maintenir l’unité avec l’Eglise en Pologne, il a encouragé ses compatriotes à l’étranger à connaitre l’enseignement des évêques polonais et à participer à l’aide matérielle pour la Pologne.

Politique ◽  
2008 ◽  
pp. 55-74
Author(s):  
François-Pierre Gingras

Résumé Cet article porte sur l’opportunité de distinguer les militaires québécois dans le personnel des Forces canadiennes. Pour aborder cette question, l’auteur a recours aux résultats d’un sondage mené auprès des catholiques au service de la Défense nationale. On explore d’une part la perception qu’ont les militaires de l’engagement politique et social de leurs concitoyens et d’autre part l’expression de la solidarité civique des militaires par le biais de leur engagement personnel dans trois types d’organismes. L’auteur discute de l’influence relative de la langue maternelle et de la province de résidence sur les perceptions et les comportements des militaires.


Organon ◽  
2003 ◽  
Vol 17 (35) ◽  
Author(s):  
Maria Onice Payer

L’article expose le fonctionnement actuel de la mémoire de lalangue des sujets immigrants, en considérant la réduction au silence deleur langue maternelle dans l’histoire brésilienne. Notre but est decomprendre la relation entre le sujet et la langue, dans la rencontre entrela langue nationale et la langue maternelle. Cette question a trait à laconnaissance des processus de subjetivation qui se présentent dansl’enseignement de la (des) langue(s) et également dans la relation pluslarge de la société avec elle(s), soit par le biais de la mémoire, soit parcelui de l’oubli. On y aborde certains aspects de la relation sujet/languequi se manifestent à travers le rire dans l’énonciation d’une langue réduiteau silence; du chanter dans cette langue; à travers la survalorisation desformes considérées comme correctes de la langue nationale, et aussi ladénégation (méconaissance) de la présence d’autres langues dans lamémoire linguistique des locuteurs - quand en fait leurs traces sontprésentes dans la pratique langagière. En ce sens, il n’est pas suffisantd’enseigner des langues réduites au silence dans les régionsd’immigration, comme il le semble à première vue. On soutientl’importance d’un effectif travail de mémoire dans le sujet, pour la compréhension de la dimension discursive, telle qu’elle se présente dansla situation historique de l’immigration au Brésil.


2013 ◽  
Vol 25 (2) ◽  
pp. 45-71
Author(s):  
Anthoula Rontogianni ◽  
Katerina Spiropoulou

Ap. J.-C., avant-dernier roman de l’écrivain grec francophone Vassilis Alexakis, est un livre exemplaire sur la problématique de l’autotraduction. À la différence des écrivains francophones issus de la colonisation auxquels le français a été imposé, rien ne prédisposait Alexakis à écrire dans cette langue. Quelles sont les raisons qui l’ont poussé à utiliser une langue autre que sa langue maternelle pour faire carrière? Pourquoi écrit-il dans deux langues? Aborder l’oeuvre d’Alexakis sous l’angle de ce que l’on appelle l’autotraduction ne constitue pas en soi une nouveauté. Mais il semble que l’on assiste en ce moment à un retour vers le grec, puisque Ap. J.-C. a lui aussi fait l’objet d’une écriture en grec et d’une autotraduction vers le français. Quels sont les choix opérationnels effectués par l’auteur pour camper un contexte aussi éloigné que le mont Athos, autrement dit la Sainte Montagne, dans Ap. J. -C., dans le but d’atteindre des imaginaires si différents? Après un survol des personnages et de la thématique de l’oeuvre, nous tenterons, dans un premier temps, de répondre à cette question par l’analyse thématique de son ouvrage et de soulever, dans un second temps, les problèmes socio-linguistiques et culturels qui résultent du passage d’une langue à l’autre, plus précisément de l’autotraduction.


1948 ◽  
Vol 3 (4) ◽  
pp. 569-570
Author(s):  
Pierre Chaunu

Comme le soulignait Jean Chardonnet, il y a trois ans déjà, dans son livre Guerre ou Paix, il faut nous déprendre du tableau traditionnel de l'Amérique latine, tel qu'André Siegfried, dans son livre classique, l'a incrusté dans nos esprits : exportatrice pour 95 à 99 p. 100 de matières premières, importatrice pour 65 à 76 p. 100 de produits manufacturés. Cette situation se fût sans doute prolongée, sans la crise de la seconde guerre mondiale. La carence des fournisseurs traditionnels, tendus dans leur effort de guerre, le blocus, la crise du tonnage, isolèrent presque totalement les Sud-Américains d'une Europe complémentaire de leur continent — et cela, alors que les États-Unis étaient incapables de faire face, tout de suite, à leurs besoins. Le trafic de Buenos-Aires baissa donc des deux tiers de 1939 à 1942, révélant une crise sans précédent par son ampleur… L'indication vaut pour toute l'Amérique latine et particulièrement pour le Brésil.


2005 ◽  
Vol 17 (3) ◽  
pp. 323 ◽  
Author(s):  
Calvin J. Veltman

Les données les plus complètes que nous possédions sur le revenu, le groupe ethnique et la langue proviennent de la Commission royale d'enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme. D'après ces données tirées du recensement canadien de 1961, ce sont les membres de la communauté juive qui ont les meilleurs revenus au Québec. Le groupe ethnique anglais vient en deuxième, suivi des divers groupes allophones, puis viennent les francophones et les Italiens, ces deux derniers groupes ethniques ayant des revenus bien inférieurs à la moyenne. La Commission d'enquête a en outre démontré que les unilingues anglais avaient des revenus nettement supérieurs aux Québécois bilingues, lesquels avaient à leur tour un revenu plus élevé que les unilingues français. Deux études plus récentes confirment qu'il existe toujours une disparité de revenus entre les anglophones et les francophones. Selon une étude effectuée en 1971 par la Commission Gendron, la proportion des postes détenus par les anglophones augmente à mesure que s'élèvent les revenus. Cette étude reposait toutefois sur un échantillon d'employés d'entreprises et nous ne savons pas quel est le rapport entre cet échantillon et l'ensemble de la population. Une autre étude, réalisée en 1976 pour le Montréal Star, révèle d'importantes disparités de revenus en faveur des anglophones, mais elle suggère néanmoins que le fossé se serait quelque peut comblé ces dernières années. Ces données risquent toutefois, d'être faussées à cause du libre choix des répondants. Les données sur lesquelles se fonde la présente étude sont tirées de tabulations spéciales provenant du recensement canadien de 1971. Les données de 1971 recueillies par Statistique Canada sont supérieures à celles des recensements précédents tant par leur étendue que par leur qualité. Comme elles reposent sur un échantillon du tiers de la population, elles permettent d'éviter en quelque sorte les erreurs dues au libre choix et les difficultés d'échantillonnage. La supériorité du recensement de 1971 vient en outre de ce que pour la première fois se posait la question de la langue le plus fréquemment parlée à la maison. En comparant les réponses à cette question avec les réponses à la question sur la langue maternelle, il est possible d'évaluer la portée des transferts linguistiques sur la composition de la population. Ces estimations peuvent se faire directement à partir du recensement de 1971, sans devoir recourir à des comparaisons longitudinales avec les recensements antérieurs. Nous entendons en premier lieu dans la présente étude, établir la relation langue et revenu dans la région métropolitaine de recensement de Montréal, en comparant dans la mesure du possible les données de 1971 avec celles qu'a publiées la Commission Laurendeau-Dunton sur le bilinguisme et le biculturalisme. En deuxième lieu, nous présenterons des données sur les transferts linguistiques entre les francophones, les anglophones et les allophones. Et enfin, nous proposerons des interprétations et tenterons d'apporter des conclusions d'ordre politique.


Author(s):  
Anne Mévellec ◽  
Linda Cardinal

Comment les logiques territoriales propres aux régions influencent-t-elles les comportements des acteurs locaux à l’égard des politiques linguistiques ? Les données utilisées pour répondre à cette question de recherche proviennent d’une enquête originale menée en 2016 dans les Comtés unis de Prescott et Russell en Ontario dans le secteur agrotouristique local, un domaine important de vitalité économique et culturelle pour la francophonie dans la province. Dans cette région, 65 % de la population sont de langue maternelle française alors que les francophones représentent environ 5 % de la population ontarienne. Prescott et Russell est la seule région à majorité francophone en Ontario, ce qui en fait un cas privilégié pour étudier l’institutionnalisation des politiques linguistiques sur le plan local. L’étude porte sur deux cas d’activités agrotouristiques prisées dans la région, soit le Festival de la Curd et la Foire gourmande. Elle cible les trois dimensions principales des régimes territoriaux que sont la confiance entre les acteurs, les modalités de la régulation politique ainsi que la capacité de définir des problèmes publics pour préciser comment celles-ci interagissent avec les processus d’institutionnalisation des politiques linguistiques sur le plan local. L’analyse des données existantes sur la région ainsi que celle des douze entrevues semi-dirigées réalisées avec des acteurs clés des Comtés unis de Prescott et Russell, ont révélé une situation ambiguë caractérisée par des comportements d’acteurs souvent conflictuels sur le plan administratif et un biais favorable à l’anglais dans les activités économiques. Les francophones sont fiers de promouvoir le français, une des deux langues officielles du pays avec l’anglais, mais ils ne veulent pas s’aliéner les anglophones. Ils accordent une grande valeur au bilinguisme par rapport au français, une réponse qui permet de neutraliser la possibilité de contestation de leurs activités de la part de leurs collègues anglophones. Ainsi, le comportement des acteurs révèle l’influence déterminante du régime territorial sur l’institutionnalisation des politiques linguistiques au plan local. En décentrant ainsi le regard sur les politiques linguistiques du national vers le local, l’article permet d’approfondir les rapports entre la langue et le territoire.


2014 ◽  
Vol 13 (1) ◽  
pp. 9-26
Author(s):  
Bernard Bernier

Le Japon avant la Seconde Guerre mondiale avait une distribution des revenus très inégalitaires, signe de différences de classes importantes. Après la défaite de 1945, l’écart dans les revenus s’est dissipé laissant la place à une pyramide des revenus relativement plate. Cette situation a donné lieu à une vision du Japon comme société sans classe, étant constitué d’une immense classe moyenne. Cependant, les inégalités ont considérablement augmenté après le début de la crise financière en 1990, quand les grandes entreprises ont effectué des mises à pied et ont limité de façon draconienne l’embauche de jeunes salariés à la sortie des écoles et de l’université. Le chômage et la pauvreté ont augmenté. Le Japon de 2013 se retrouve donc avec des inégalités de classes qui s’approchent de celles de l’avant-guerre.


2005 ◽  
Vol 33 (1) ◽  
pp. 29-49 ◽  
Author(s):  
Michel Poulain ◽  
Kusuto Naito

Résumé Toutes les données démographiques montrent que la longévité est exceptionnelle à Okinawa, même par comparaison avec le Japon. L’espérance de vie des hommes s’y compare à celle de tout le pays, et les femmes y jouissent de 1,4 année de plus que l’ensemble de leurs compatriotes. De la sorte, Okinawa dépasse 86 années d’espérance de vie, seuil considéré comme une limite maximale pour l’espèce humaine il y a encore deux décennies. Si l’on compare la prévalence des centenaires, on en compte 40 pour 100 000 habitants à Okinawa, mais 15 au Japon. Takahashi (1993) est le seul démographe à avoir mis cette situation exceptionnelle en évidence, mais des chercheurs d’autres disciplines ont ouvert de nombreuses pistes explicatives pour en rendre compte. Ils mettent en avant certaines caractéristiques génétiques, une moindre consommation de sel, mais aussi une alimentation plus riche en protéines animales, un climat plus doux, propice à un plus haut niveau d’activité tout au long de l’année, la considération plus grande accordée aux personnes âgées au sein de la société et, de façon plus globale, un style de vie plus traditionnel. Toutefois, dès la fin des années 1980, on a décelé à Okinawa une moindre amélioration des risques de décéder pour les jeunes adultes. Concrètement, notre analyse des tables de mortalité met en évidence un croisement des taux de mortalité : face au risque de mourir, la population d’Okinawa semble ainsi se diviser en deux groupes, les générations nées avant ou pendant la Seconde Guerre mondiale et celles qui sont nées après. La situation des premières est nettement meilleure que celle de l’ensemble de la population japonaise, la situation des secondes moins favorable. Nous tentons de saisir les causes de ce croisement de mortalité et ses conséquences possibles pour l’évolution de la longévité à Okinawa.


2005 ◽  
Vol 37 (1-2) ◽  
pp. 120-136
Author(s):  
Lise Dunnigan

Au Québec, tous les aspects de la vie reproductive sont activement débattus. Cet article propose quelques réflexions sur les bases d'une approche différente du problème de l'infertilité, incluant des dimensions subjectives, évolutives et interactives, et sur la place que pourrait prendre l'intervention psychosociale auprès des personnes qui vivent cette situation. L'auteure conclut sur l'intérêt de développer une approche d'intervention féministe sur cette question.


2008 ◽  
Vol 04 (06) ◽  
pp. 1043-1067 ◽  
Author(s):  
SINNOU DAVID ◽  
AMÍLCAR PACHECO

Let ϕ be a Drinfel'd module defined over a finite extension K of 𝔽q(T); we establish a uniform lower bound for the canonical height of a point of ϕ, rational over the maximal abelian extension of K, and thus solve the so-called abelian version of the Lehmer problem in this situation. The classical original problem (a non torsion point in 𝔾m(ℚab)) was solved by Amoroso and Dvornicich [1].Soit ϕ un module de Drinfel'd défini sur une extension finie K de 𝔽q(T); nous démontrons une minoration uniforme pour la hauteur canonique d'un point de ϕ, rationnel sur l'extension abélienne maximale de K, et résolvons ainsi la version dite abélienne du problème de Lehmer dans cette situation. Dans le cadre classique (un point d'ordre infini de 𝔾m(ℚab)), cette question a été résolue par Amoroso et Dvornicich dans [1].


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