scholarly journals Vers une théorie du backlash : la résistance dynamique et le rôle fondamental du pouvoir1

2012 ◽  
Vol 25 (1) ◽  
pp. 151-162 ◽  
Author(s):  
Jane Mansbridge ◽  
Shauna L. Shames

Pour comprendre théoriquement la notion de backlash, il faut, en règle générale, dégager une terminologie analytiquement utile de l’ensemble de ses associations politiques usuelles. Dans l’usage courant, le backlash est associé à une réaction conservatrice à un changement social et politique progressiste (ou libéral) et l’ouvrage de Faludi (1991) est un classique du genre. Dans cet article, toutefois, les auteures visent une définition non idéologique du backlash qui s’inscrit dans une approche un peu plus neutre de son étude. Dans l’usage courant, le backlash comprend autant des actes de persuasion véritable que des actes de pouvoir. Pour leur part, les auteures soutiennent qu’il serait plus utile, sur le plan analytique, d’employer ce terme uniquement pour les actes de pouvoir coercitif. Elles se basent en ce sens sur la littérature sociologique sur les mouvements sociaux et les contre-mouvements de même que sur la littérature de science politique sur le pouvoir, les préférences et les intérêts. Les exemples apportés par les auteures sont tirés principalement du contexte étatsunien et des débats sur le genre et le féminisme. Elles commencent donc là où le processus de backlash lui-même commence, avec le pouvoir et la remise en question du statu quo.

2004 ◽  
Vol 47 (131) ◽  
pp. 223-242 ◽  
Author(s):  
Catherine Trudelle

Résumé La recherche quantitative systématique sur l’activité conflictuelle est née dans les années 1960. L’étude des conflits urbains, qui peuvent revêtir la forme d’activités de protestation, est très souvent réalisée dans le cadre conceptuel des mouvements sociaux urbains. Cependant, il est maintenant établi que ces conflits ne sont pas tous le fait de mouvements sociaux et que le changement social ne procède pas que des mouvements sociaux. Comment, alors, analyser adéquatement les conflits urbains auxquels prennent part des acteurs et des actrices qui ne participent pas d’un mouvement social et de ses organisations? Le texte présente une typologie qui recouvre potentiellement l’ensemble des conflits urbains, quels que soient les acteurs et actrices qui y participent. Par là, il est possible, entre autres, de mettre en lumière les différents types d’activisme urbain féminin et le rôle crucial des femmes sur la scène urbaine.


2002 ◽  
Vol 25 (1) ◽  
pp. 173-188 ◽  
Author(s):  
Pierre HAMEL

Résumé L'article aborde la question du modèle de gestion du social tel que remis en cause par la crise de l'État-providence. À la lumière de l'expérience montréalaise et en étudiant plus particulièrement les organismes communautaires qui offrent des services aux jeunes, l'auteur examine comment le milieu communautaire, qui semble avoir acquis un nouveau pragmatisme, s'engage sur la voie du partenariat. Faisant appel à la sociologie des mouvements sociaux et à une problématique institutionnelle, il esquisse une perspective qui met en lumière les principales contradictions que doivent affronter de part et d'autre les acteurs communautaires et la classe politique.


2002 ◽  
Vol 23 (2) ◽  
pp. 27-41 ◽  
Author(s):  
Alain TOURAINE

Résumé Cet article vise à faire le point, selon un mode dialectique, sur les mouvements sociaux envisagés tant sur le plan de leur centralita conceptuelle dans l'analyse sociologique que sur le plan de leur capacité à articuler, comme c'était le cas dans la société industrielle, le changement social. L'auteur passe d'abord en revue les trois principales manifestations de l'ébranlement contemporain des mouvements sociaux traditionnels ainsi que de la possibilité même de fonder une analyse sociologique sur la notion de mouvement social. L'auteur fait ensuite place à la contre-thèse, élaborée à partir d'une autre lecture du même matériel historique et sociologique, qui l'amène à envisager la reconstruction, sur un nouveau mode, de mouvements sociaux, corollaires d'une éventuelle recons-tructicjn de l'analyse sociologique.


Author(s):  
Emilie Biland ◽  
Gabrielle Schütz

RésuméPortant sur une affaire relative aux droits des couples non mariés qui agite le Québec depuis 2009, cet article compare son traitement par les tribunaux, l’expertise académique et la presse. S’inspirant du cadre d’analyse de la « forme affaire », il étudie le processus par lequel ce conflit privé hors-normes devient un problème public, mobilisant une rhétorique des droits, en l’occurrence celui des couples non mariés à être traités également aux couples mariés. Son analyse discute les travaux sur la « politique des droits », en interrogeant les conditions de succès des stratégies judiciaires pour la réduction des inégalités, dans un contexte où la mise à l’agenda échappe en large part aux mouvements sociaux, en particulier féministes. Les luttes définitionnelles entre les fractions des élites issues des trois espaces sociaux étudiés construisent de nouveaux cadres cognitifs et moraux d’appréhension des droits des conjoints de fait, rendant pensable le changement social.


2002 ◽  
Vol 27 (1) ◽  
pp. 171-181 ◽  
Author(s):  
Ronald BABIN ◽  
Jean-Guy VAILLANCOURT

Résumé Avec la fin de la Guerre froide et l'émergence des problèmes écologiques globaux, deux nouveaux mouvements sociaux - le mouvement vert et le mouvement pour la paix - convergent dans leurs efforts pour lier les questions de sécurité globale, de reconversion des dépenses militaires et de développement durable. Ce dernier concept ne concerne pas seulement la protection de l'environnement et le développement économique, mais comprend aussi une dimension plus socio-politique et culturelle s'adressant à la démocratie, au désarmement, à l'équité entre générations, entre le Nord et le Sud, entre hommes et femmes, entre riches et pauvres... L'analyse de l'intégration des trois thématiques laisse voir les diverses facettes des enjeux politiques, économiques, sociaux et éthiques du changement social.


2008 ◽  
Vol 3 (1) ◽  
pp. 75-85
Author(s):  
Daniel Turcotte

Résumé Dans cet article, l'auteur traite des liens possibles entre les praticiens et praticiennes des établissements du réseau et les membres des mouvements sociaux. Après avoir situé la place de ces mouvements, il identifie les contraintes que pose la pratique à la création de tels liens. Il suggère que ces échanges peuvent se révéler une source d'oxygène pour les praticiens en même temps que les intervenants des organisations communautaires peuvent y trouver des alliés.


2014 ◽  
pp. 195-214 ◽  
Author(s):  
Denis Harrisson

Il est étonnant de constater que la sociologie, en tant que champ disciplinaire, s’est peu intéressée à l’innovation sociale. L’innovation sociale conduit à une transformation sociale par des actions intentionnelles. Deux grands concepts sociologiques permettent de traiter de cette question : une conception du changement social et une conception de la motivation de l’action sociale. Quatre théories sociologiques seront utilisées afin de clarifier la place qu’occupe l’innovation sociale dans leur conception respective du changement social et de l’action sociale soit la théorie du choix rationnel, le constructivisme social, l’institutionnalisme et la théorie des mouvements sociaux. L’innovation sociale ne fait pas partie du langage conceptuel d’aucune de ces théories, il faut voir comment le concept peut être intégré. Chaque théorie a ainsi une façon particulière de décrire les phénomènes en jetant un regard singulier sur le sens et les propriétés générales du phénomène et permet d’appréhender le savoir et la connaissance du phénomène par sa portée scientifique, sa signification ainsi que par le procédé de production de la connaissance.


2018 ◽  
Vol 43 (4) ◽  
Author(s):  
Doug Tewksbury

Background  This article presents the results of an ethnographic study of the online and offline communities participating in the “Maple Spring” student strike in Québec as a case study for theorizing the trajectory of the technology-embedded social movement. AnalysisAnalyzing data collected during field visits that include over 50 interviews with participants, community organizers, union representatives, community-media producers, and activists, this article argues that it is the practices of online-offline sharing, belonging, strategizing, and affectively being together that allowed for a hybridized practice of social movements to translate into concrete direct democratic action. Conclusions and implications  The social and mobile media uses of the Québec student-strike participants suggest that the strategy of using mediated exchanges in order to both build community belonging and share information/knowledge can be effective in mobilizing boots-on-the-ground actions as a means of democratic participation and social change for today’s hybridized social movements and direct actions. Contexte  Cet article présente les résultats d’une étude ethnographique sur les communautés en ligne et hors ligne qui ont participé à la grève étudiante du Printemps érable au Québec. Cette étude de cas sert à l’analyse de la trajectoire de ce mouvement social renforcé par certaines technologies de la communication.Analyse  L’auteur a recueilli des données à partir d’enquêtes de terrain comprenant plus de 50 entretiens avec des participants, des organisateurs communautaires, des représentants syndicaux, des producteurs de médias communautaires et des activistes. En se fondant sur une analyse des données recueillies, l’auteur soutient que c’est une combinaison de pratiques hybrides (partage, solidarité, formulation de stratégies, camaraderie, et ce, tant en ligne que hors ligne) qui a permis la mise en œuvre d’une forme de démocratie directe.Conclusions et implications L’utilisation de médias sociaux et mobiles par les participants au Printemps érable montre qu’il peut être efficace de recourir à des technologies de la communication pour créer un sentiment d’appartenance communautaire et pour partager des informations et savoirs. Ces technologies peuvent en outre motiver les participants à entrer dans le feu de l’action, encourageant la participation démocratique et le changement social au sein des mouvements sociaux hybrides et de l’action directe d’aujourd’hui.


Sign in / Sign up

Export Citation Format

Share Document