scholarly journals Quatre propositions pour une analyse sociologique de l’innovation sociale

2014 ◽  
pp. 195-214 ◽  
Author(s):  
Denis Harrisson

Il est étonnant de constater que la sociologie, en tant que champ disciplinaire, s’est peu intéressée à l’innovation sociale. L’innovation sociale conduit à une transformation sociale par des actions intentionnelles. Deux grands concepts sociologiques permettent de traiter de cette question : une conception du changement social et une conception de la motivation de l’action sociale. Quatre théories sociologiques seront utilisées afin de clarifier la place qu’occupe l’innovation sociale dans leur conception respective du changement social et de l’action sociale soit la théorie du choix rationnel, le constructivisme social, l’institutionnalisme et la théorie des mouvements sociaux. L’innovation sociale ne fait pas partie du langage conceptuel d’aucune de ces théories, il faut voir comment le concept peut être intégré. Chaque théorie a ainsi une façon particulière de décrire les phénomènes en jetant un regard singulier sur le sens et les propriétés générales du phénomène et permet d’appréhender le savoir et la connaissance du phénomène par sa portée scientifique, sa signification ainsi que par le procédé de production de la connaissance.

2004 ◽  
Vol 47 (131) ◽  
pp. 223-242 ◽  
Author(s):  
Catherine Trudelle

Résumé La recherche quantitative systématique sur l’activité conflictuelle est née dans les années 1960. L’étude des conflits urbains, qui peuvent revêtir la forme d’activités de protestation, est très souvent réalisée dans le cadre conceptuel des mouvements sociaux urbains. Cependant, il est maintenant établi que ces conflits ne sont pas tous le fait de mouvements sociaux et que le changement social ne procède pas que des mouvements sociaux. Comment, alors, analyser adéquatement les conflits urbains auxquels prennent part des acteurs et des actrices qui ne participent pas d’un mouvement social et de ses organisations? Le texte présente une typologie qui recouvre potentiellement l’ensemble des conflits urbains, quels que soient les acteurs et actrices qui y participent. Par là, il est possible, entre autres, de mettre en lumière les différents types d’activisme urbain féminin et le rôle crucial des femmes sur la scène urbaine.


2002 ◽  
Vol 25 (1) ◽  
pp. 173-188 ◽  
Author(s):  
Pierre HAMEL

Résumé L'article aborde la question du modèle de gestion du social tel que remis en cause par la crise de l'État-providence. À la lumière de l'expérience montréalaise et en étudiant plus particulièrement les organismes communautaires qui offrent des services aux jeunes, l'auteur examine comment le milieu communautaire, qui semble avoir acquis un nouveau pragmatisme, s'engage sur la voie du partenariat. Faisant appel à la sociologie des mouvements sociaux et à une problématique institutionnelle, il esquisse une perspective qui met en lumière les principales contradictions que doivent affronter de part et d'autre les acteurs communautaires et la classe politique.


2008 ◽  
Vol 19 (1) ◽  
pp. 135-161 ◽  
Author(s):  
Réjean Pelletier ◽  
Daniel Guérin

Résumé La présence de nouveaux mouvements sociaux (NMS) représente-t-elle un défi pour les partis politiques établis? Nous avons choisi de répondre à cette question en nous concentrant sur le défi organisationnel, considéré à la fois sous l’angle des motivations pour adhérer à un mouvement social ou à un parti politique, ce qui est à la base même de toute organisation, et sous l’angle de la conception que l’on a de sa propre organisation. Reposant sur des interviews menées auprès d’une quarantaine de militants et militantes, certains appartenant à des NMS (groupes environnementaux et groupes de femmes) et d’autres aux deux principaux partis politiques au Québec, cette recherche montre que deux visions s’opposent : l’une ciblée sur une seule cause dans les NMS, l’autre plus englobante dans les partis. Ces deux visions apparaissent irréconciliables, d’autant plus que chacun manifeste un certain scepticisme à l’égard des actions politiques de l’autre. De même, l’organisation hiérarchisée et centralisée des partis contraste fortement avec les structures souples et simples des NMS. Malgré tout, au lieu de parler de défi et d’opposition entre les deux, nous suggérons de parler plutôt de complémentarité.


2002 ◽  
Vol 23 (2) ◽  
pp. 27-41 ◽  
Author(s):  
Alain TOURAINE

Résumé Cet article vise à faire le point, selon un mode dialectique, sur les mouvements sociaux envisagés tant sur le plan de leur centralita conceptuelle dans l'analyse sociologique que sur le plan de leur capacité à articuler, comme c'était le cas dans la société industrielle, le changement social. L'auteur passe d'abord en revue les trois principales manifestations de l'ébranlement contemporain des mouvements sociaux traditionnels ainsi que de la possibilité même de fonder une analyse sociologique sur la notion de mouvement social. L'auteur fait ensuite place à la contre-thèse, élaborée à partir d'une autre lecture du même matériel historique et sociologique, qui l'amène à envisager la reconstruction, sur un nouveau mode, de mouvements sociaux, corollaires d'une éventuelle recons-tructicjn de l'analyse sociologique.


2009 ◽  
Vol 28 (1) ◽  
pp. 15-36 ◽  
Author(s):  
Olivier Fillieule

Résumé À partir du constat selon lequel la définition de ce qu’il faut entendre par mouvements sociaux ne fait pas l’objet d’un consensus dans la littérature, l’auteur pose la question du périmètre de la sociologie des mobilisations et, partant, la question de l’objet pour cette sous-discipline. Le but visé n’est pas de proposer une nouvelle définition des mouvements sociaux, mais plutôt de proposer un petit exercice de vigilance épistémologique consistant à montrer comment les définitions utilisées peuvent générer tout un ensemble d’angles morts. Après un rappel succinct de l’état du champ sur cette question de la définition des mouvements sociaux, cet essai s’organise autour de trois interrogations. D’une part, les mouvements sociaux peuvent-ils se définir par leur orientation vers le changement et, si oui, de quel changement s’agit-il ? D’autre part, peut-on définir les mouvements sociaux par les acteurs qui les portent et, si oui, quels types d’acteurs faut-il retenir ? Enfin, peut-on définir les mouvements sociaux par leur modus operandi et, si oui, quels modes d’action doit on retenir ?


Author(s):  
Emilie Biland ◽  
Gabrielle Schütz

RésuméPortant sur une affaire relative aux droits des couples non mariés qui agite le Québec depuis 2009, cet article compare son traitement par les tribunaux, l’expertise académique et la presse. S’inspirant du cadre d’analyse de la « forme affaire », il étudie le processus par lequel ce conflit privé hors-normes devient un problème public, mobilisant une rhétorique des droits, en l’occurrence celui des couples non mariés à être traités également aux couples mariés. Son analyse discute les travaux sur la « politique des droits », en interrogeant les conditions de succès des stratégies judiciaires pour la réduction des inégalités, dans un contexte où la mise à l’agenda échappe en large part aux mouvements sociaux, en particulier féministes. Les luttes définitionnelles entre les fractions des élites issues des trois espaces sociaux étudiés construisent de nouveaux cadres cognitifs et moraux d’appréhension des droits des conjoints de fait, rendant pensable le changement social.


2017 ◽  
Vol 36 ◽  
pp. 85-109
Author(s):  
Réjean Pelletier ◽  
Daniel Guérin

La présence de nouveaux mouvements sociaux (NMS) représente-t-elle un défi pour les partis politiques établis ? Nous avons choisi de répondre à cette question en nous concentrant sur le défi organisationnel, considéré à la fois sous l’angle des motivations pour adhérer à un mouvement social ou à un parti politique, ce qui est à la base même de toute organisation, et sous l’angle de la conception que l’on a de sa propre organisation. Reposant sur des interviews menées auprès d’une quarantaine de militants et militantes, certains appartenant à des NMS (groupes environnementaux et groupes de femmes) et d’autres aux deux principaux partis politiques au Québec, cette recherche montre que deux visions s’opposent : l’une ciblée sur une seule cause dans les NMS, l’autre plus englobante dans les partis. Ces deux visions apparaissent irréconciliables, d’autant plus que chacun manifeste un certain scepticisme à l’égard des actions politiques de l’autre. De même, l’organisation hiérarchisée et centralisée des partis contraste fortement avec les structures souples et simples des NMS. Malgré tout, au lieu de parler de défi et d’opposition entre les deux, nous suggérons de parler plutôt de complémentarité.


2002 ◽  
Vol 27 (1) ◽  
pp. 171-181 ◽  
Author(s):  
Ronald BABIN ◽  
Jean-Guy VAILLANCOURT

Résumé Avec la fin de la Guerre froide et l'émergence des problèmes écologiques globaux, deux nouveaux mouvements sociaux - le mouvement vert et le mouvement pour la paix - convergent dans leurs efforts pour lier les questions de sécurité globale, de reconversion des dépenses militaires et de développement durable. Ce dernier concept ne concerne pas seulement la protection de l'environnement et le développement économique, mais comprend aussi une dimension plus socio-politique et culturelle s'adressant à la démocratie, au désarmement, à l'équité entre générations, entre le Nord et le Sud, entre hommes et femmes, entre riches et pauvres... L'analyse de l'intégration des trois thématiques laisse voir les diverses facettes des enjeux politiques, économiques, sociaux et éthiques du changement social.


2012 ◽  
Vol 55 (155) ◽  
pp. 215-235
Author(s):  
Michaël Pouzenc ◽  
Valérie Olivier

Dans la foulée des nombreux travaux qui précisent différentes formes de ressources mais tendent à les segmenter, n’y a-t-il pas un enjeu à revenir à une appréhension plus globale de « ce qui fait ressource » en espace rural ? Pour étayer cette question, nous étudions, en une première partie, les ressources construites pour le développement des activités touristiques à Rocamadour. Les évolutions constatées dans ce territoire invitent, dans une seconde partie, à reprendre la réflexion théorique sur différentes conceptions des ressources et sur la possibilité de les articuler les unes aux autres, en vue de mieux rendre compte des interactions observées sur le terrain, notamment la combinatoire d’éléments hétérogènes mobilisés pour « faire ressource » et l’importance du changement social orientant les porteurs de projets dans l’élaboration des ressources.


Sign in / Sign up

Export Citation Format

Share Document