scholarly journals Approche cognitive de la gestion stratégique dans une entreprise monodécideur : le cas de l'entrepreneur agricole

Author(s):  
Sophie Allain
Keyword(s):  
A Priori ◽  

Dans le domaine de la gestion stratégique des PME, une des questions clés est de savoir comment s’établit le lien entre les idées contenues dans la vision stratégique du dirigeant et les décisions réelles qui sont prises. On aborde ici cette question par une approche cognitive ; il s'agit de comprendre pourquoi et comment un individu prend ses décisions. Et on considère que ce n’est qu’en revenant à la manière même dont celui-ci interprète sa situation qu’on peut y parvenir. On choisit le cas de l’entreprise agricole pour prospecter cette voie, car il s’agit d’une très petite entreprise, généralement pilotée par un seul décideur; vision stratégique et décisions concrètes relèvent donc de la même personne. On propose tout d’abord le schéma suivant des décisions : l’agriculteur a des représentations stables, qui sont, d’une part, une vision stratégique de son entreprise lui fournissant les éléments de sa politique générale et, d’autre part, des programmes d’action lui permettant de prendre des décisions opérationnelles à caractère répétitif, donc, d’assurer le fonctionnement courant de son entreprise; le couplage entre ces deux plans est assuré par les décisions de gestion stratégique qui sont, pour nous, les décisions qui gèrent le changement dans l'entreprise. On construit alors une grille d'analyse de ces décisions. Celles-ci sont vues comme suivant à la fois une logique de résolution de problème et une logique d'adéquation, l’individu recherchant une solution satisfaisante, non connue a priori, en s'appuyant sur les représentations qui guident son action ; ces deux logiques obéissent à des principes de simplification, de continuité et de connexion étroite aux actions à mener au même moment. On applique cette grille au cas d'un agriculteur d’une région de grande culture française et on envisage pour finir quelques perspectives en matière d’aide à la décision et de recherche.

2002 ◽  
Vol 24 (1) ◽  
pp. 81-90
Author(s):  
Marike FINLAY

Résumé Cet article pose la question suivante : est-ce que le sujet peut être réduit à une série de déterminations externes, qu'elles soient d'ordre discursif ou d'ordre socio-économique ? L'auteure répond à cette question en proposant une phénoménologie de l'horreur qui établit d'une part la primauté de l'affect dans l'expérience humaine et, d'autre part, un intérêt humain fondamental dans l'intégration psychosomatique du sujet. Sur ces bases, elle soutient que le sujet se déploie dans une sphère ontologique de l'intériorité. Cette sphère n'existe pas a priori mais se développe, comme l'école psychanalytique des relations d'objets le soutient (Klein, Winnicott), à partir d'une expérience du rapport entre le moi et le non-moi, le sujet et l'objet, l'image du corps et le schéma corporel, qui favorise l'intégration psychosomatique plutôt que le morcellement du sujet.


1970 ◽  
Vol 25 (4) ◽  
pp. 842-856 ◽  
Author(s):  
Denys Lombard
Keyword(s):  
A Priori ◽  
De Se ◽  

L'Asie du Sud-Est offre à l'historien un terrain à la fois privilégié et complexe ; on sait qu'en ce carrefour, le « substrat » a largement subi les influences de l'Inde, de la Chine, de l'Islam et de l'Europe et l'on est a priori en droit de se demander si le phénomène urbain n'y porte pas, de façon originale, la marque des diverses cultures qui s'y sont ainsi croisées. Il s'en faut malheureusement que nous disposions déjà des monographies élémentaires qui permettraient de donner à cette question une réponse certaine ; sauf exceptions, les études archéologiques ont principalement porté sur des édifices religieux (hindouistes ou bouddhistes) et, pour la période antérieure à l'arrivée des Européens, l'histoire économique et sociale reste pour ainsi dire à écrire.


Author(s):  
Georges Kleiber

Le modèle psychologique hiérarchique des catégories proposé par Rosch et al. (1976) a-t-il une quelconque pertinence pour la linguistique ou non ? Cet article a pour objectif d’apporter quelques éléments de réponse à cette question. Il prolonge un autre travail entrepris sur ce sujet où nous nous sommes posé la question Y a-t-il des“termes” de base ? (Kleiber 1993). Il n’a donc pas pour ambition de présenter de nouvelles thèses sur la catégorisation ni de formuler des idées originales sur la sémantique lexicale, mais il s’attachera, beaucoup plus modestement, à travers l’examen de quelques problèmes linguistiques particuliers, a priori éloignés de la question de la spécificité lexicale, à montrer que la notion psychologique de niveau de base a des répercussions linguistiques suffisamment fortes pour qu’elle soit également prise en compte par le linguiste. Une telle entreprise n’est pas inutile, étant donné les objections de fond qu’a pu susciter la conception “verticale” de la sémantique du prototype. Aussi essaierons-nous, dans une première partie, de dégager l’importance de l’enjeu, le poids des arguments opposés et les réponses qu’on peut leur apporter, avant de passer, dans les parties suivantes, sur un plan tout à fait différent, celui des retombées linguistiques avec des manifestations de la notion de catégorie de base dans des domaines où on ne l’attend pas forcément.


2018 ◽  
Vol 28 (1) ◽  
pp. 159-166
Author(s):  
Joël Biard
Keyword(s):  
A Priori ◽  

L'ouvrage de Dag Nikolaus Hasse ouvre à nouveau le dossier de la présence et de l'importance de la science et de la philosophie arabes à la Renaissance. Il estime que cette question a trop souvent été traitée de façon partisane, soit pour valoriser a priori l'importance de la pensée arabe dans le développement des sciences en Occident, soit pour valider a posteriori son rejet. Il convient de reprendre le problème sur des bases factuelles, voire quantitatives (éditions, diffusion, etc.).


2005 ◽  
Vol 36 (98) ◽  
pp. 275-298
Author(s):  
Jean-Paul Hubert

Les sciences sociales se servent de découpages géographiques pour constituer les phénomènes sur lesquels porte leur savoir. Aussi, une théorie expliquant comment apparaissent ces cloisonnements du monde, en les considérant en tant qu'objets autonomes, pourrait apporter une connaissance cruciale, voire fondatrice, pour ces sciences. La théorie de la forme urbaine porte précisément sur de tels objets, mais peut-elle justifier épistémologiquement son droit à occuper cette place fondamentale? Cette question conduit à engager sur cette théorie une réflexion critique. Nous nous en rapportons à l'oeuvre de Kant afin de comprendre à quelles conditions a priori un lieu de l'oecoumène peut être déterminé par une position géographique. L'analyse des fondements transcendantaux des objets géographiques structuraux atteste une cohérence remarquable de la théorie de la forme urbaine avec l'architectonique des trois Critiques kantiennes et légitime ses prétentions scientifiques.


2018 ◽  
Vol 14 (3) ◽  
Author(s):  
Eve Truilhé-Marengo
Keyword(s):  
A Priori ◽  

Parce que certains risques environnementaux manifestent aujourd’hui un caractère global et irréversible, défiant les frontières du temps et de l’espace, ils bousculent la nature a priori locale du litige environnemental. Cela invite le juriste à s’interroger sur la spécificité, l’adaptabilité et l’efficacité du procès face à l’objectif de protection de l’environnement. Il semble que, partout dans le monde, la cause environnementale soit en train de bousculer les règles du procès en les mettant à l’épreuve de certaines questions inédites qui défient le temps tout autant que les frontières juridiques et spatiales au travers de la complexité technique et juridique, de l’incertitude scientifique, et surtout du « global ». Peut-on affirmer qu’il existe-t-il une circulation des normes relatives au procès en matière environnementale ? Pour essayer de répondre à cette question, nous étudions en amont de l’instance la question de l’accès au juge en matière d’environnement et nous constatons ainsi une diffusion progressive du droit au juge. Nous nous intéressons ensuite aux règles relatives au déroulement de l’instance, et spécifiquement celles, centrales, qui régissent l’administration de la preuve pour constater ici aussi une certaine harmonisation au nom de la spécificité des contentieux environnementaux.


Federalism-E ◽  
1969 ◽  
Vol 11 (1) ◽  
pp. 2-18
Author(s):  
Åsbjørn Melkevik

Nous avons intitulé notre essai « la question de la sécession » à dessein ; cela implique nécessairement qu’il y ait une question à poser et sur laquelle il convient de réfléchir. Michael Ignatieff, mesurant bien toute l’importance de la question de la sécession au Canada, écrivait : « Members of my generation have spent their entire adult political life wondering whether the country either can or deserves to survive.1 » En effet,cette question suscite des passions profondes, qui malheureusement entraînent souvent, de la part du sujet passionné, soit un appui total ou un rejet total d’une possible sécession. Au contraire, il ne faut pas rejeter a priori l’interrogation ou affirmer simplement qu’elle est déjà réglée. Autant les attitudes rejetant complètement la possibilité d’une sécession que les attitudes attribuant à la sécession une certaine valeur transcendantale inévitable sont dangereuses pour le fédéralisme et pour la discussion démocratique devant nécessairement précéder un retrait formel d’une entité fédérée.[...]


2019 ◽  
Author(s):  
Christoph Eberhard

Vivons-nous dans un univers ou dans un plurivers ? : Cette question émerge de plus en plus dans le domaine des sciences sociales, de la philosophie, des arts… Elle se cristallise dans le mouvement de la transition postmoderne qui remet en cause les assises de la modernité occidentale. Elle a des répercussions sur nos manières de penser le droit, le politique, le social et nos manières de les organiser au niveau local et global (de Sousa Santos 1995). Elle se pose le plus souvent en réaction aux modèles préexistants. Dans le cadre de sa réflexion sur les transformations du droit entre modernité et mondialisation, André-Jean Arnaud (1998 : 152) observe : « un droit postmoderne présenterait donc, a priori, une image inversée du produit des huit signes distinctifs de la modernité juridique ». Ces huit signes diacritiques de la modernité : l’abstraction, le subjectivisme, l’universalisme, l’unité de la raison, l’axiomatisation, la simplicité, la centralité de l’État et la sécurité s’inverseraient dans les approches postmodernes en huit autres principes structurants : le pragmatisme, le décentrement du sujet, le relativisme, la pluralité des rationalités, les logiques éclatées, la complexité, le retour de la société civile et le risque (Arnaud 1998 : 153). D’un point de vue anthropologique, on pourrait rajouter le dépassement du monoculturalisme par le multi, voire l’interculturalisme. Cette irruption du pluralisme est interpellante, d’autant plus qu’elle ne se limite pas à nos approches philosophiques et sociales, mais qu’elle a des répercussions profondes même dans les sciences dites dures. Ainsi, en cosmologie, les astrophysiciens se posent de manière de plus en plus persistante la question si nous vivons bien dans un univers… ou si nous ne nous trouverions pas plutôt dans un « multivers ». Nous ne serons pas étonnés d’apprendre qu’il n’y a pas une théorie du multivers. Dans son ouvrage The Hidden Reality. Parallel Universes and the Deep Laws of the Cosmos, Brian Greene (2011 : 355) en propose neuf variétés.Qu’est-il donc en train de se passer ?


2006 ◽  
Vol 33 (1) ◽  
pp. 65-79
Author(s):  
Christian Perring

Résumé J’explore de façon critique la supposition du DSM1 et de théoriciens tels que Wakefield et Gert selon laquelle les troubles mentaux doivent être attribués à un individu plutôt qu’à un groupe de personnes. Cette supposition est particulièrement problématique en pédopsychiatrie où le système familial est très souvent au centre de l’attention clinique. Il y a bien sûr des éléments de preuve substantiels indiquant que certains troubles mentaux des individus sont causés par leurs relations avec les autres et que leur guérison est grandement facilitée en traitant le groupe, tel que la famille, comme un tout. Malgré cela, il y a eu beaucoup moins de travail conceptuel visant à définir ce que cela pourrait être pour un couple, une famille ou un autre groupe que de se voir attribuer un trouble mental. Pour traiter de cette question, j’utilise un débat entre Wakefield (2000) et Murphy et Woolfolk (2000) sur la question de savoir s’il fait partie du concept de trouble mental que celui-ci soit causé par une dysfonction interne de la personne. Je discute aussi de la proposition faite par Bolton (2000) d’abandonner complètement le concept de trouble mental et d’utiliser plutôt le concept, plus large, de problème de santé mentale. Je soutiens qu’en fin de compte le caractère individuel des troubles mentaux ne constitue pas une vérité conceptuelle a priori, et qu’il faut faire intervenir des considérations pragmatiques pour décider s’il est utile de nous limiter à une telle définition ou si nous pourrions être mieux servis par une définition plus extensive. Je fais le lien avec le pragmatisme et je soutiens qu’une approche pluraliste non réductive est particulièrement appropriée en pédopsychiatrie.


Author(s):  
Michel Husson
Keyword(s):  
A Priori ◽  

Qu'est-ce qu'un “employ utile” aujourd'hui? Cette question peut sembler a priori sans fondement mais elle prend sens dès lors qu’on se situe au niveau de l’ensemble de la société. La question devient alors: qu’est-ce qu’un emploi socialement utile? Après avoir brièvement rappelé les débats théoriques sur le sujet, cet article avance deux propositions: 1) Il n’existe pas de corrélation entre le salaire rémunérant un emploi donné et l’utilité sociale de ce dernier; 2) Il existe une relation dialectique entre la répartition des richesses et la structure des emplois et des salaires. Cette dernière est en effet, à la fois, la condition et le reflet de l’accumulation de richesse à un pôle de la société.


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