Conceptualiser les troubles mentaux chez les enfants et les adolescents
Résumé J’explore de façon critique la supposition du DSM1 et de théoriciens tels que Wakefield et Gert selon laquelle les troubles mentaux doivent être attribués à un individu plutôt qu’à un groupe de personnes. Cette supposition est particulièrement problématique en pédopsychiatrie où le système familial est très souvent au centre de l’attention clinique. Il y a bien sûr des éléments de preuve substantiels indiquant que certains troubles mentaux des individus sont causés par leurs relations avec les autres et que leur guérison est grandement facilitée en traitant le groupe, tel que la famille, comme un tout. Malgré cela, il y a eu beaucoup moins de travail conceptuel visant à définir ce que cela pourrait être pour un couple, une famille ou un autre groupe que de se voir attribuer un trouble mental. Pour traiter de cette question, j’utilise un débat entre Wakefield (2000) et Murphy et Woolfolk (2000) sur la question de savoir s’il fait partie du concept de trouble mental que celui-ci soit causé par une dysfonction interne de la personne. Je discute aussi de la proposition faite par Bolton (2000) d’abandonner complètement le concept de trouble mental et d’utiliser plutôt le concept, plus large, de problème de santé mentale. Je soutiens qu’en fin de compte le caractère individuel des troubles mentaux ne constitue pas une vérité conceptuelle a priori, et qu’il faut faire intervenir des considérations pragmatiques pour décider s’il est utile de nous limiter à une telle définition ou si nous pourrions être mieux servis par une définition plus extensive. Je fais le lien avec le pragmatisme et je soutiens qu’une approche pluraliste non réductive est particulièrement appropriée en pédopsychiatrie.