scholarly journals Le marketing est-il soluble dans la très petite entreprise ?

Author(s):  
Jean-Claude Pacitto ◽  
Pierre-André Julien

Les toutes petites entreprises (TPE) ne manifestent à l’égard du marketing qu’un intérêt limité. Cette réticence ne doit pourtant pas être interprétée comme une résistance au changement ou la simple persistance d’un référent trop traditionnel en matière de gestion ; elle provient de comportements particuliers, notamment d’une relation particulière qu’entretiennent les TPE avec leurs clients et leur environnement. Cette relation se structure autour de la notion de proximité, proximité tant géographique que relationnelle et culturelle. Cette proximité aboutit à une relativisation d’un objectif important du marketing, soit la conquête de nouvelles clientèles. À l’aide d’une enquête auprès de 376 TPE françaises, nous avons analysé les différentes raisons de cette réticence. Nous avons comparé cette enquête à d’autres études de même type. Les résultats confirment que les TPE dédaignent certaines pratiques de marketing sans toutefois délaisser d’autres formes de liens forts avec leurs clients. C’est en examinant ces liens que l’on sera le plus à même de proposer des solutions commerciales et de marketing adaptées à ces entreprises.

Author(s):  
Isabelle Géniaux ◽  
Sylvie Mira Bonnardel

L’approche «resource based» est à l’honneur dans la réflexion en management stratégique et devrait même devenir, pour de nombreux chercheurs, la colonne vertébrale des problématiques de recherche en management pour le prochain millénaire. Des travaux sur des pratiques d’entreprises en soulignent les portées opératoires. Cependant, nous devons constater que la plupart de ces études concernent de grandes entreprises. La question reste posée pour les PME pour lesquelles nous avons encore peu de visibilité en matière de management des connaissances et des compétences : ceci résulte-t-il d’une faible médiatisation ou de l’absence de formalisation des pratiques ? Cet article vise à apporter des éléments de réponse à cette question. À cet effet, nous avons observé plus attentivement les pratiques des PME en matière de management des ressources et des compétences et nous y avons retrouvé des modes opératoires et organisationnels particulièrement structurés et orientés vers un management global des connaissances et des compétences. Cette étude exploratoire confirme que la problématique de management des ressources et des compétences est bien présente dans les réflexions des dirigeants de ces PME qui ont su mettre en œuvre des outils et méthodes particulièrement sophistiqués.


2005 ◽  
Vol 23 (3) ◽  
pp. 387-388
Author(s):  
Gérard Dion

La question de la langue de travail dans l’industrie au Québec n'est pas sans poser un problème sérieux pour l'existence, le maintien et le développement de la culture canadienne-française. Il y va aussi de la dignité et du respect de l'homme. Comment, en effet, les canadiens-français, même s'ils sont en majorité au Québec, pourront-ils conserver leur identité et se développer selon leur culture s'ils sont obligés à la journée longue d’utiliser une langue qui n'est pas la leur ? Le problème n'est pas nouveau au Québec et surtout dans les milieux urbains, car, pour une bonne part, l'initiative économique et la direction des grandes entreprises a été entre les mains de personnes de langue anglaise. Dans le passé, il n'était cependant pas aussi aigu qu'il l'est aujourd'hui, alors que la plus grande partie des travailleurs canadiens-français s'adonnaient à l'agriculture ou travaillaient dans de petites entreprises et vivaient soit dans des milieux ruraux ou des petites villes. Avec la montée de l’industrialisation et la concentration des travailleurs dans de grandes agglomérations urbaines, la situation s'est aggravée et peut même devenir catastrophique. Plusieurs en sont conscients. Il faut alors rechercher une solution. Pour certains, il n'y en a pas et on devrait simplement laisser les choses évoluer spontanément sans se soucier de l’avenir. Pour d'autres, il faut frapper un grand coup et imposer par la loi l'unilinguisme français dans les limites du territoire québécois. En dehors de ces deux catégories extrémistes, d'autres, attachés aussi à la valeur de la culture canadienne-française et au respect des hommes, reconnaissent la complexité du problème et ne croient pas à la possibilité d'une solution simpliste. C'est alors qu'il faut faire montre de réalisme, d'imagination et d’initiative. Depuis quelques années, la direction de Relations industrielles a colligé un certain nombre de témoignages, d'opinions et de documents. Dans le but d'aider à cerner différentes dimensions de ce problème elle les publie ensemble dans ce numéro. Nous avons été aidé dans cette tâche par notre ancien collègue Roger Chartier. Nous le remercions de même que tous les autres collaborateurs qui nous ont permis de reproduire leur texte. Il va sans dire que chacun assume la responsabilité de son opinion et que celle-ci n'est pas nécessairement partagée par la revue.


Author(s):  
Anna Ronquillo ◽  
Carme Saurina

Cette analyse sur l’internationalisation de la très petite entreprise (TPE) étudie ce phénomène dans les cantons de Girona. Il s’agit d’une région présentant les caractéristiques socio-économiques pour réaliser une telle étude : un grand nombre de petites entreprises et un niveau socio-économique élevé. Nous avons utilisé un questionnaire permettant de trouver les variables qui peuvent affecter le niveau de développement international des entreprises. Les résultats indiquent que l’attitude du chef d’entreprise, ainsi que les caractéristiques générales ou structurelles de l’entreprise sont les facteurs les plus importants en ce qui concerne le succès de l’activité internationale. Les entreprises analysées ont été classées en trois groupes : celles qui jouent un rôle influent sur leur environnement, avec un esprit entreprenant et une attitude combative non seulement en ce qui concerne la recherche de l’information nécessaire permettant de réaliser les exportations, mais aussi le dépassement des difficultés réelles de l’exportation tout en ayant une vision optimiste du développement de la crise actuelle; celles qui se laissent influencer par leur environnement avec des attitudes moins dynamiques et une plus grande préoccupation quant à leur futur immédiat; enfin, les entreprises traditionnelles avec des attitudes réservées quant à leur implication internationale.


Author(s):  
Véronique Favre-Bonté ◽  
Sébastien Tran

La diffusion des TIC chez les PE demeure faible (Eurostat 2010) et pourtant, parmi les applications IT, Internet est pour les PE une source d’opportunités de développement de leurs affaires (Scaglione, Schegg et Murphy, 2009). L’un des enjeux est donc de savoir si Internet peut être utilisé efficacement par ces petites structures et comment sa mise en oeuvre peut contribuer à améliorer leur positionnement stratégique. Nous avons étudié quatre cas d’entreprises dans l’hébergement touristique qui est un secteur très en avance dans l’utilisation des TIC en général et d’Internet en particulier (Kalika et Rival, 2009 ; Aldebert et Loufrani-Fedida, 2010). Notre recherche montre que les PE peuvent utiliser Internet comme un outil de différenciation, notamment sur les dimensions liées à la relation client (marketing, distribution). La réussite, quant à l’utilisation d’un site Internet, repose sur un choix très judicieux de la technologie par rapport au positionnement de l’entreprise. La mise en place d’une stratégie doit donc se faire à partir d’une véritable réflexion quant au métier de la PE, car cela conditionne les services et les fonctionnalités proposées à partir des technologies. Enfin, ce n’est pas tant le profil technophile qui importe que le profil innovant et preneur de risques du dirigeant et son aptitude à percevoir l’utilité des technologies.


2019 ◽  
Vol 74 (1) ◽  
pp. 66-88
Author(s):  
Philippe Sin ◽  
François Grima

Notre étude cherche à comprendre la militance dans de très petites entreprises en France. Plus précisément, nous cherchons à cerner la forme prise par la militance dans ce contexte et les motivations du militant. Pour cela, nous nous appuyons sur 29 entretiens semi-directifs réalisés auprès de conseillers du salarié des deux principales entités syndicales. Mobilisant la littérature sur l’engagement et le travail militant, nous avons dégagé trois profils : le « bon soldat », le « défenseur des droits » et le « combattant ». Le « bon soldat » a une stratégie de valorisation de son syndicat. Sa militance s’exprime par un accueil soigné au salarié et un alignement sur sa position dans sa relation avec l’employeur. Son engagement militant montre qu’il cherche à préserver un équilibre entre son engagement syndical et sa vie privée. Le second profil, le « défenseur des droits », est attiré par les dimensions juridiques de son engagement auprès des salariés. Le conseiller du salarié ayant ce profil cherche à construire une stratégie de partenariat avec le salarié afin d’obtenir le moins de sanctions pour ce dernier. Pour lui, sa militance est d’abord motivée par la défense des droits du salarié. Le dernier profil, « le combattant », est très expérimenté syndicalement et il s’intéresse davantage à la relation interpersonnelle. Le conseiller du salarié de ce profil met en place une stratégie de conflits. Il s’engage auprès du salarié sans condition. Il lui propose une prise en charge totale jusqu’à le substituer et il ira jusqu’à mobiliser son syndicat, cela sans hésitation. L’étude met en exergue la diversité de la militance dans les très petites entreprises grâce à des conseillers du salarié qui restent fidèles à leur organisation syndicale et qui s’engagent auprès des salariés en s’appropriant la militance. Cette dernière vient questionner globalement les pratiques syndicales dans les très petites entreprises.


Author(s):  
Sylvie Mira Bonnardel ◽  
Thomas Rouveure ◽  
Isabelle Geniaux

RésuméLa survie et la croissance des entreprises constituent une problématique majeure sur laquelle la recherche en gestion peut apporter des éclairages fondamentaux. De nombreux travaux de recherche sur la défaillance des entreprises soulignent le rôle du dirigeant dans le processus de défaillance, notamment de sa capacité à concevoir une réflexion stratégique. Dans cet article nous avons interrogé, au cours d’une recherche intervention, seize dirigeants de très petites entreprises (TPE) sur leur réflexion stratégique et leur pilotage de l’entreprise. Cette recherche nous permet de proposer une méthodologie de l’accompagnement du dirigeant de TPE dans la conception d’une réflexion stratégique et d’outils de pilotage appropriés.


Author(s):  
Imen Mzid Ben Amar ◽  
Lassaâd Mezghani

Résumé La structure de la famille est le système d’interactions au sein de la famille qui influence le comportement de chaque membre et sa perception de la réalité (Todd, 1983). La diversité des structures peut avoir une influence sur le développement stratégique des entreprises familiales. En fait, le développement des entreprises familiales, notamment de petite taille, introduit l’idée de l’organisation stratégique en hypogroupe susceptible de permettre la mise en oeuvre des stratégies de croissance par création de nouvelles unités. Ainsi, notre ambition, à travers cette recherche, est d’étudier l’impact de la structure de la famille sur le développement de l’entreprise familiale en hypogroupe. L’information est collectée par le biais d’entretiens semi-directifs auprès des dirigeants propriétaires de cinq cas d’hypogroupes. Les données ont fait l’objet d’une analyse de contenu thématique. Nous avons pu conclure que l’organisation stratégique en hypogroupe est adoptée par les dirigeants qui souhaitent accorder à chacun des successeurs les mêmes opportunités pour réaliser les objectifs personnels de ces derniers. L’égalité entre les successeurs permet d’éviter les conflits internes qui peuvent peser sur la pérennité de l’entreprise. Le choix de l’activité de l’unité nouvellement créée dépend du profil du successeur. Étant donné que les successeurs ont des profils différents, le développement en hypogroupe se réalise à travers la diversification.


Author(s):  
Enrique Claver Cortés ◽  
José María Gómez ◽  
Juan Lopis ◽  
José Luis Gascó

Cet article analyse les caractéristiques des nouvelles petites entreprises dans la province d’Alicante, en Espagne, notamment durant les années 80. À partir d'un questionnaire soumis aux nouveaux propriétaires-dirigeants, nous avons voulu connaître ces entreprises et les caractéristiques de leur dirigeant. Notre enquête s’est arrêtée d’abord aux profils personnels prédominants distinguant ceux-ci de la population, et ensuite aux motifs expliquant leur action. Ces motifs proviennent tant de leurs aspirations personnelles et professionnelles que des besoins et des opportunités économiques. Une fois lancées, les nouvelles entreprises suivent une voie propre avec tout ce que cela entraîne et font face à des problèmes concrets que nous essayons de définir dans cette étude.


Author(s):  
Sylvie Mira-Bonnardel

L’internationalisation constitue un des vecteurs de croissance des entreprises souvent lourd et complexe pour les PME. Dès lors, le dirigeant de PME doit aussi s’appuyer sur des externalités de réseaux lui permettant de déployer son action dans un périmètre suffisamment étendu pour créer de la valeur tout en engageant des ressources mesurées. Dans ce cadre-là, nous avons analysé le rôle des services d’appui des chambres de commerce et d’industrie françaises à l’étranger dans le développement de petites entreprises à l’international. À partir de l’exemple de la CCI française au Japon, nous montrerons dans cet article comment les chambres de commerce françaises à l’étranger s’apparentent, dans leur action, à des clubs d’affaires et jouent un rôle prédominant dans l’installation des entreprises françaises au sein des écosystèmes locaux facilitant ainsi considérablement le processus d’internationalisation des PME, leur permettant de s’affranchir du traditionnel processus d’internationalisation incrémental.


1965 ◽  
Vol 5 ◽  
pp. 136
Author(s):  
J. Dommanget
Keyword(s):  

Au cours de recherches bibliographiques diverses, nous avons remarqué que bien des observateurs se sont servis et se servent encore de formules par trop approximatives pour calculer – lorsqu’ils le font – les erreurs moyennes affectant leurs mesures.Nous croyons important et opportun de rappeler ici la formule correcte dont nous avons donné une démonstration à une autre occasion (1959).


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