scholarly journals La langue de travail dans l’industrie au Québec

2005 ◽  
Vol 23 (3) ◽  
pp. 387-388
Author(s):  
Gérard Dion

La question de la langue de travail dans l’industrie au Québec n'est pas sans poser un problème sérieux pour l'existence, le maintien et le développement de la culture canadienne-française. Il y va aussi de la dignité et du respect de l'homme. Comment, en effet, les canadiens-français, même s'ils sont en majorité au Québec, pourront-ils conserver leur identité et se développer selon leur culture s'ils sont obligés à la journée longue d’utiliser une langue qui n'est pas la leur ? Le problème n'est pas nouveau au Québec et surtout dans les milieux urbains, car, pour une bonne part, l'initiative économique et la direction des grandes entreprises a été entre les mains de personnes de langue anglaise. Dans le passé, il n'était cependant pas aussi aigu qu'il l'est aujourd'hui, alors que la plus grande partie des travailleurs canadiens-français s'adonnaient à l'agriculture ou travaillaient dans de petites entreprises et vivaient soit dans des milieux ruraux ou des petites villes. Avec la montée de l’industrialisation et la concentration des travailleurs dans de grandes agglomérations urbaines, la situation s'est aggravée et peut même devenir catastrophique. Plusieurs en sont conscients. Il faut alors rechercher une solution. Pour certains, il n'y en a pas et on devrait simplement laisser les choses évoluer spontanément sans se soucier de l’avenir. Pour d'autres, il faut frapper un grand coup et imposer par la loi l'unilinguisme français dans les limites du territoire québécois. En dehors de ces deux catégories extrémistes, d'autres, attachés aussi à la valeur de la culture canadienne-française et au respect des hommes, reconnaissent la complexité du problème et ne croient pas à la possibilité d'une solution simpliste. C'est alors qu'il faut faire montre de réalisme, d'imagination et d’initiative. Depuis quelques années, la direction de Relations industrielles a colligé un certain nombre de témoignages, d'opinions et de documents. Dans le but d'aider à cerner différentes dimensions de ce problème elle les publie ensemble dans ce numéro. Nous avons été aidé dans cette tâche par notre ancien collègue Roger Chartier. Nous le remercions de même que tous les autres collaborateurs qui nous ont permis de reproduire leur texte. Il va sans dire que chacun assume la responsabilité de son opinion et que celle-ci n'est pas nécessairement partagée par la revue.

Author(s):  
Isabelle Géniaux ◽  
Sylvie Mira Bonnardel

L’approche «resource based» est à l’honneur dans la réflexion en management stratégique et devrait même devenir, pour de nombreux chercheurs, la colonne vertébrale des problématiques de recherche en management pour le prochain millénaire. Des travaux sur des pratiques d’entreprises en soulignent les portées opératoires. Cependant, nous devons constater que la plupart de ces études concernent de grandes entreprises. La question reste posée pour les PME pour lesquelles nous avons encore peu de visibilité en matière de management des connaissances et des compétences : ceci résulte-t-il d’une faible médiatisation ou de l’absence de formalisation des pratiques ? Cet article vise à apporter des éléments de réponse à cette question. À cet effet, nous avons observé plus attentivement les pratiques des PME en matière de management des ressources et des compétences et nous y avons retrouvé des modes opératoires et organisationnels particulièrement structurés et orientés vers un management global des connaissances et des compétences. Cette étude exploratoire confirme que la problématique de management des ressources et des compétences est bien présente dans les réflexions des dirigeants de ces PME qui ont su mettre en œuvre des outils et méthodes particulièrement sophistiqués.


2010 ◽  
Vol 5 (2) ◽  
pp. 39-64
Author(s):  
Stéphane Renaud ◽  
Suzanne Dupuis

Le but de cet article est de connaître les impacts de la présence de la rémunération variable sur la vie syndicale, particulièrement sur la participation aux activités syndicales locales. Pour répondre à cette question de recherche, nous avons émis trois hypothèses basées sur deux approches théoriques, soit la théorie de l’équité d’Adams (1965) et la théorie du conflit industriel de Wheeler (1985). Nous croyons que la participation aux activités syndicales locales sera accrue dans les syndicats où il y a présence de rémunération variable de nature individuelle par rapport aux syndicats où il n’y en a pas. Par ailleurs, nous croyons que la présence de la rémunération variable de nature collective aura l’effet contraire sur la participation syndicale, c’est-à-dire que les membres participeront moins que dans les syndicats où il n’y en a pas. Enfin, notre troisième hypothèse est conséquente des deux premières à l’effet que les membres des syndicats où il y a de la rémunération variable de nature individuelle participeront plus que ceux où il y de la rémunération variable de nature collective. Afin de vérifier empiriquement nos hypothèses, nous avons conduit une enquête par questionnaire auprès de l’exécutif des syndicats locaux de quatre fédérations affiliées à la CSN. Des 894 questionnaires acheminés, 234 questionnaires utilisables nous été retournés. Bien que les résultats démontrent que notre modèle est adéquat pour expliquer la participation syndicale, nos trois hypothèses sont infirmées. Nos résultats démontrent que les membres des syndicats où il y a de la rémunération variable de nature individuelle participent moins que les autres alors que ceux ayant de la rémunération variable de nature collective participent plus et conséquemment la troisième hypothèse est aussi infirmée. Cet article se termine par la conclusion qui inclut les implications pour les acteurs en relations industrielles et identifie des pistes pour de futures recherches.


Author(s):  
Anna Ronquillo ◽  
Carme Saurina

Cette analyse sur l’internationalisation de la très petite entreprise (TPE) étudie ce phénomène dans les cantons de Girona. Il s’agit d’une région présentant les caractéristiques socio-économiques pour réaliser une telle étude : un grand nombre de petites entreprises et un niveau socio-économique élevé. Nous avons utilisé un questionnaire permettant de trouver les variables qui peuvent affecter le niveau de développement international des entreprises. Les résultats indiquent que l’attitude du chef d’entreprise, ainsi que les caractéristiques générales ou structurelles de l’entreprise sont les facteurs les plus importants en ce qui concerne le succès de l’activité internationale. Les entreprises analysées ont été classées en trois groupes : celles qui jouent un rôle influent sur leur environnement, avec un esprit entreprenant et une attitude combative non seulement en ce qui concerne la recherche de l’information nécessaire permettant de réaliser les exportations, mais aussi le dépassement des difficultés réelles de l’exportation tout en ayant une vision optimiste du développement de la crise actuelle; celles qui se laissent influencer par leur environnement avec des attitudes moins dynamiques et une plus grande préoccupation quant à leur futur immédiat; enfin, les entreprises traditionnelles avec des attitudes réservées quant à leur implication internationale.


Author(s):  
Jean-Claude Pacitto ◽  
Pierre-André Julien

Les toutes petites entreprises (TPE) ne manifestent à l’égard du marketing qu’un intérêt limité. Cette réticence ne doit pourtant pas être interprétée comme une résistance au changement ou la simple persistance d’un référent trop traditionnel en matière de gestion ; elle provient de comportements particuliers, notamment d’une relation particulière qu’entretiennent les TPE avec leurs clients et leur environnement. Cette relation se structure autour de la notion de proximité, proximité tant géographique que relationnelle et culturelle. Cette proximité aboutit à une relativisation d’un objectif important du marketing, soit la conquête de nouvelles clientèles. À l’aide d’une enquête auprès de 376 TPE françaises, nous avons analysé les différentes raisons de cette réticence. Nous avons comparé cette enquête à d’autres études de même type. Les résultats confirment que les TPE dédaignent certaines pratiques de marketing sans toutefois délaisser d’autres formes de liens forts avec leurs clients. C’est en examinant ces liens que l’on sera le plus à même de proposer des solutions commerciales et de marketing adaptées à ces entreprises.


Author(s):  
Véronique Favre-Bonté ◽  
Sébastien Tran

La diffusion des TIC chez les PE demeure faible (Eurostat 2010) et pourtant, parmi les applications IT, Internet est pour les PE une source d’opportunités de développement de leurs affaires (Scaglione, Schegg et Murphy, 2009). L’un des enjeux est donc de savoir si Internet peut être utilisé efficacement par ces petites structures et comment sa mise en oeuvre peut contribuer à améliorer leur positionnement stratégique. Nous avons étudié quatre cas d’entreprises dans l’hébergement touristique qui est un secteur très en avance dans l’utilisation des TIC en général et d’Internet en particulier (Kalika et Rival, 2009 ; Aldebert et Loufrani-Fedida, 2010). Notre recherche montre que les PE peuvent utiliser Internet comme un outil de différenciation, notamment sur les dimensions liées à la relation client (marketing, distribution). La réussite, quant à l’utilisation d’un site Internet, repose sur un choix très judicieux de la technologie par rapport au positionnement de l’entreprise. La mise en place d’une stratégie doit donc se faire à partir d’une véritable réflexion quant au métier de la PE, car cela conditionne les services et les fonctionnalités proposées à partir des technologies. Enfin, ce n’est pas tant le profil technophile qui importe que le profil innovant et preneur de risques du dirigeant et son aptitude à percevoir l’utilité des technologies.


2019 ◽  
Vol 74 (1) ◽  
pp. 66-88
Author(s):  
Philippe Sin ◽  
François Grima

Notre étude cherche à comprendre la militance dans de très petites entreprises en France. Plus précisément, nous cherchons à cerner la forme prise par la militance dans ce contexte et les motivations du militant. Pour cela, nous nous appuyons sur 29 entretiens semi-directifs réalisés auprès de conseillers du salarié des deux principales entités syndicales. Mobilisant la littérature sur l’engagement et le travail militant, nous avons dégagé trois profils : le « bon soldat », le « défenseur des droits » et le « combattant ». Le « bon soldat » a une stratégie de valorisation de son syndicat. Sa militance s’exprime par un accueil soigné au salarié et un alignement sur sa position dans sa relation avec l’employeur. Son engagement militant montre qu’il cherche à préserver un équilibre entre son engagement syndical et sa vie privée. Le second profil, le « défenseur des droits », est attiré par les dimensions juridiques de son engagement auprès des salariés. Le conseiller du salarié ayant ce profil cherche à construire une stratégie de partenariat avec le salarié afin d’obtenir le moins de sanctions pour ce dernier. Pour lui, sa militance est d’abord motivée par la défense des droits du salarié. Le dernier profil, « le combattant », est très expérimenté syndicalement et il s’intéresse davantage à la relation interpersonnelle. Le conseiller du salarié de ce profil met en place une stratégie de conflits. Il s’engage auprès du salarié sans condition. Il lui propose une prise en charge totale jusqu’à le substituer et il ira jusqu’à mobiliser son syndicat, cela sans hésitation. L’étude met en exergue la diversité de la militance dans les très petites entreprises grâce à des conseillers du salarié qui restent fidèles à leur organisation syndicale et qui s’engagent auprès des salariés en s’appropriant la militance. Cette dernière vient questionner globalement les pratiques syndicales dans les très petites entreprises.


2010 ◽  
Vol 1 (2) ◽  
pp. 103
Author(s):  
Bénédicte Serrate

La conception, appelée « design » dans les entreprises industrielles, représente dans le processus d’innovation une étape essentielle pourtant peu étudiée encore par les économistes. Elle mobilise pour aboutir à des innovations de plus en plus jugées essentielles à la compétitivité de l’entreprise, quantité d’acteurs internes et externes selon une logique de réseau sans cesse renouvelée. A partir de l’observation de cas empiriques, nous avons tenté dans cet article de comprendre comment s’organisaient ces réseaux innovants. Aujourd’hui dans la plupart des pays qui pratiquent des politiques de développement économique local, il semble établi qu’il faille construire des proximités géographiques entre acteurs pour que se développent des relations industrielles favorisant la dynamique d’innovation et le transfert des connaissances. L’abondance des « clusters » et des « pôles de compétitivité » partout dans le monde témoigne de ce postulat. En analysant les modes d’organisation des réseaux de conception nous avons donc cherché à vérifier si la proximité géographique constituait encore un ressort essentiel et si la globalisation des entreprises ne laissait pas apparaitre d’autres formes de proximités.


2018 ◽  
Vol 73 (2) ◽  
pp. 343-368
Author(s):  
Yves Hallée ◽  
Gabrielle Plamondon

Cet article s’intéresse aux organisations de la société civile (OSC) spécialisées dans le soutien aux démarches de (ré)insertion socioprofessionnelle des personnes en situation d’itinérance (PSI) et aux nouveaux acteurs dans le système de relations industrielles québécois. À partir d’une étude de cas réalisée dans l’Arrondissement Ville-Marie de Montréal, nous avons utilisé les dimensions développées par Bellemare (2000) pour rendre opérationnel le concept d’acteur, les travaux de Heery et al. (2012) sur les OSC britanniques, ainsi que les résultats issus de nos recherches dans cet arrondissement, pour déterminer si les OSC impliquées dans la (ré)insertion socioprofessionnelle des PSI peuvent être considérées comme de nouveaux acteurs en relations industrielles (RI). Selon les dimensions de l’analyse, il apparaît que nous pouvons considérer les OSC qui sont engagées dans des expériences de (ré)insertion socioprofessionnelle des PSI comme de nouveaux acteurs en RI. En effet, en termes d’implication aux divers niveaux d’analyse des RI, elles interviennent de façon ponctuelle sur les lieux de travail, mais de façon beaucoup plus continue sur les plans organisationnel et institutionnel. Au niveau organisationnel, mentionnons que les OSC sont en lien avec des entreprises par le biais d’un réseau entretenu avec une OSC qui agit à titre d’intermédiaire afin de permettre le déploiement des programmes d’employabilité. Il s’agit d’un mode de fonctionnement en réseau où nous retrouvons de nombreux échanges interorganisationnels permettant d’assurer un continuum de services dans le but de soutenir les individus dans leur trajectoire de retour au travail et de faciliter les transitions des PSI en entreprises. En ce qui a trait au degré de continuité de l’implication des OSC dans le système de RI, nos résultats diffèrent de ceux de Heery et al. (2012). Nous avons, en effet, constaté une implication soutenue dans les programmes d’employabilité et de pré-employabilité, alors que ces auteurs parlent plutôt d’implication sporadique ou discontinue. Nos résultats montrent, également, des changements au niveau des règles liées aux conditions de travail et dans l’organisation de l’entreprise par la mutualisation de certaines pratiques de GRH, que nous assimilons à une influence des OSC sur le niveau organisationnel. De plus, ces dernières contribuent indirectement à influencer l’environnement social des entreprises grâce à l’action concertée entre OSC et entreprises dans le but d’apporter une solution au problème de concentration de l’itinérance dans le territoire du centre-ville montréalais.


Author(s):  
Sylvie Mira Bonnardel ◽  
Thomas Rouveure ◽  
Isabelle Geniaux

RésuméLa survie et la croissance des entreprises constituent une problématique majeure sur laquelle la recherche en gestion peut apporter des éclairages fondamentaux. De nombreux travaux de recherche sur la défaillance des entreprises soulignent le rôle du dirigeant dans le processus de défaillance, notamment de sa capacité à concevoir une réflexion stratégique. Dans cet article nous avons interrogé, au cours d’une recherche intervention, seize dirigeants de très petites entreprises (TPE) sur leur réflexion stratégique et leur pilotage de l’entreprise. Cette recherche nous permet de proposer une méthodologie de l’accompagnement du dirigeant de TPE dans la conception d’une réflexion stratégique et d’outils de pilotage appropriés.


Author(s):  
Imen Mzid Ben Amar ◽  
Lassaâd Mezghani

Résumé La structure de la famille est le système d’interactions au sein de la famille qui influence le comportement de chaque membre et sa perception de la réalité (Todd, 1983). La diversité des structures peut avoir une influence sur le développement stratégique des entreprises familiales. En fait, le développement des entreprises familiales, notamment de petite taille, introduit l’idée de l’organisation stratégique en hypogroupe susceptible de permettre la mise en oeuvre des stratégies de croissance par création de nouvelles unités. Ainsi, notre ambition, à travers cette recherche, est d’étudier l’impact de la structure de la famille sur le développement de l’entreprise familiale en hypogroupe. L’information est collectée par le biais d’entretiens semi-directifs auprès des dirigeants propriétaires de cinq cas d’hypogroupes. Les données ont fait l’objet d’une analyse de contenu thématique. Nous avons pu conclure que l’organisation stratégique en hypogroupe est adoptée par les dirigeants qui souhaitent accorder à chacun des successeurs les mêmes opportunités pour réaliser les objectifs personnels de ces derniers. L’égalité entre les successeurs permet d’éviter les conflits internes qui peuvent peser sur la pérennité de l’entreprise. Le choix de l’activité de l’unité nouvellement créée dépend du profil du successeur. Étant donné que les successeurs ont des profils différents, le développement en hypogroupe se réalise à travers la diversification.


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