scholarly journals Revisiter la notion de traitement à partir de récits de personnes usagères, d’intervenants et de responsables de ressources alternatives en santé mentale : la question de la subjectivité

2011 ◽  
Vol 36 (1) ◽  
pp. 115-130 ◽  
Author(s):  
Marie-Laurence Poirel ◽  
Ellen Corin

Cet article examine l’importance de la subjectivité comme dimension du sujet humain dans le champ de la psychiatrie et les impasses qui la marquent. La question de la subjectivité apparaît assez marginale dans les débats et les travaux contemporains en psychiatrie et en santé mentale, particulièrement en Amérique du Nord. Les auteures s’interrogent sur la tendance à mettre à l’écart cette question, et sur les espaces où la subjectivité est prise en compte dans la pratique du traitement en santé mentale. Les résultats d’une recherche qualitative auprès des personnes usagères, des intervenants et des responsables d’organismes non institutionnels identifiés comme des ressources alternatives de traitement, démontrent que les voix se rejoignent dans la compréhension du traitement, ce qui accroît l’intérêt et la portée des résultats de cette étude.

2002 ◽  
Vol 17 (1) ◽  
pp. 93-108 ◽  
Author(s):  
Françoise BOUDREAU

Résumé Cette étude est exploratoire et ses conclusions préliminaires. Elle s'intéresse surtout à poser des questions et à stimuler la réflexion des lecteurs sur un sujet presque tabou dans le domaine de la santé mentale. En effet, l'auteure s'est proposée d'examiner dans quelle mesure le clergé et les communautés religieuses qui jouissaient jadis du monopole de la distribution des services psychiatriques à la population catholique du Québec, peuvent aujourd'hui se considérer et être considérés comme "ressource communautaire" en santé mentale. Pour répondre à cette question, l'auteure rend compte de la littérature sur ce sujet et d'un grand nombre d'interviews non structurées qu'elle a menées auprès d'un grand nombre de témoins ou d'acteurs privilégiés, allant des membres de l'assemblée des évêques, à des prêtres et des ex-prêtres, à des intervenants en santé mentale à titre de psychologues, psychiatres, etc. À travers ces témoignages et cette littérature, l'auteure se demande si au Québec, la rupture dramatique entre psychiatrie et clergé des années 60, donne aujourd'hui quelques signes d'assouplissement.


Aporia ◽  
2019 ◽  
Vol 11 (1) ◽  
pp. 16-27
Author(s):  
Étienne Paradis-Gagné ◽  
Dave Holmes

La violence perpétrée à l’endroit des membres de la famille par un proche souffrant d’un trouble mental sévère est un phénomène commun en psychiatrie légale, alors que près de la moitié des familles en est victime. Cette violence engendre des impacts significatifs à l’endroit de la famille, qu’ils soient physiques, psychologiques ou sociaux. Dans cet article, nous présentons les résultats d’un des cinq thèmes d’une étude qualitative réalisée auprès de familles victimes de violence perpétrée en contexte de troubles mentaux sévères. Plus particulièrement, le thème du dispositif médico-légal sera abordé dans cet article. Les travaux de Donzelot et Foucault agissent comme fondements théoriques permettant l’étude de cette problématique sous l’angle du gouvernement des familles. Les résultats de notre recherche indiquent que ce gouvernement s’effectue par l’entremise de certains mécanismes, dont l’instrumentalisation du rôle familial. Nous abordons aussi le processus de judiciarisation dans lequel s’inscrivent les familles, et la nécessité du critère de violence afin de faire hospitaliser le proche à risque.


2014 ◽  
Vol 60 (1) ◽  
pp. 72-89 ◽  
Author(s):  
Chantal Bourassa ◽  
Michel Labarre ◽  
Pierre Turcotte ◽  
Geneviève Lessard ◽  
Nicole Letourneau

Cet article présente les résultats d’une recherche qualitative visant à comprendre comment les intervenants intègrent le concept de paternité dans les groupes de thérapie pour les hommes aux comportements violents. Des groupes de discussion et des entrevues semi-dirigées ont été effectués auprès d’intervenants dans trois organismes au Nouveau-Brunswick et au Québec. Selon l’analyse des données recueillies, la prise en compte de la paternité des hommes représente un défi pour ces intervenants. Les difficultés qu’éprouvent de nombreux hommes (non-reconnaissance de leur violence, expériences de violence lors de l’enfance, frustrations en lien avec les systèmes et problèmes de toxicomanie ou de santé mentale), le manque de temps, d’outils et de formation pour les intervenants, les questions de sécurité, et les normes culturelles et représentations sociales de la violence conjugale, compliquent l’exploration de la paternité dans le cadre des groupes d’intervention.


2015 ◽  
Vol 30 (S2) ◽  
pp. S74-S74
Author(s):  
J.-M. Thurin ◽  
M. Thurin ◽  
B. Odier

La question de la preuve scientifique (qu’est-ce qui fait preuve et comment ?) appelle aujourd’hui une réflexion de fond et une discussion à rouvrir. Cette question ne se limite pas au champ de la psychiatrie, même si ces questions s’y posent de manière aiguë. Dans le cadre d’un partenariat scientifique avec la HAS, un groupe de travail a été constitué par la FFP pour les traiter. Les points de départ identifiés sont le travail antérieur de la HAS sur ce sujet, l’expérience de l’American Association of Psychology, l’évaluation des interventions complexes réalisées par le MRC (UK), ainsi que différents textes qui introduisent la dimension épistémologique et présentent les nouvelles méthodologies qui réduisent la fracture entre pratique clinique et recherche. Après la présentation par J.-M. Thurin, des éléments issus de la réflexion documentée du groupe de travail et de ses premières propositions sur ces bases, M. Thurin partira du fait que les guides de traitement utilisés en santé mentale sont basés sur les troubles. Il faut en concevoir les limites dans le cadre de la clinique « ordinaire ». En effet, les cliniciens reçoivent des patients dont les comorbidités sont fréquentes. De plus, les problèmes qu’ils présentent vont bien souvent au-delà du simple diagnostic (problème familial ou professionnel, par exemple). Les données probantes ne doivent pas négliger ces aspects. Des critères permettant d’introduire la signification clinique au cœur des données probantes seront proposés. B. Odier montrera qu’en psychiatrie les tâches de description clinique sont inachevées. Certains chercheurs fondamentalistes pensent que la réponse viendra du génotype des maladies mentales. Les cliniciens chercheurs, modestement et patiemment, poursuivent les tâches de description clinique car ils pensent qu’elles sont des préliminaires incontournables aux travaux de classification, aux opérations diagnostiques, aux évaluations pronostiques, à l’étude des évolutions sans et sous traitement.


2018 ◽  
Vol 64 (6) ◽  
pp. 443-446
Author(s):  
Altay Manço ◽  
Ertugrul Tas

Objectif : Cette contribution évalue les migrations matrimoniales en tant que facteurs de risque en santé mentale pour les personnes immigrées et leur entourage. Méthode : L’effet des migrations matrimoniales sur la santé mentale des personnes immigrées est approché grâce à l’analyse des données produites par une clinique psychologique située en Belgique. Entre 1997 et 2014, ce centre a accueilli un total de 3265 patients d’origine turque immigrés dans ce pays, dont 41% d’hommes et 59% de femmes. La moitié de ces personnes a migré à la suite d’un mariage. Résultats : L’étude montre une incidence prononcée des troubles psychosomatiques et de l’humeur chez les immigrées matrimoniales, alors que les immigrés matrimoniaux atteints de troubles anxieux ou de l’humeur le sont plus gravement. Cette question est peu élaborée dans la littérature bien qu’elle impacte le travail des spécialistes en santé mentale, ainsi que celui des acteurs de l’intégration. Conclusions : L’étude devrait être élargie vers d’autres communautés immigrées, dans d’autres pays récepteurs de migrants, notamment en Amérique du Nord. Les observations montrent l’importance de revoir les politiques migratoires et le droit du séjour en fonction des risques psychologiques pris par les migrants matrimoniaux, souvent dépendants de leur belle-famille pour leur subsistance dans le pays d’installation. Si ces personnes avaient d’autres voies d’accès au pays et un droit de séjour, même s’ils ne poursuivent pas leur mariage, cela diminuerait probablement le stress qu’ils vivent.


2008 ◽  
Vol 54 (1) ◽  
pp. 100-115 ◽  
Author(s):  
Patrick Fougeyrollas ◽  
Line Beauregard ◽  
Charles Gaucher ◽  
Normand Boucher

L’article présente les résultats d’une recherche qualitative qui avait pour objectif d’identifier et de décrire les conséquences sociales sur la santé de l’inaccessibilité aux services et aux compensations financières pour les personnes ayant des incapacités et leurs proches. Cinquante-deux personnes ont été rencontrées lors d’une entrevue individuelle. L’analyse de contenu des entrevues révèle que l’inaccessibilité entraîne des conséquences négatives sur la santé physique, la santé mentale et la participation sociale. L’analyse fait également ressortir comment les personnes composent face aux carences de la protection sociale. Ces résultats sont discutés à la lumière des transformations récentes dans les pratiques de compensation au Québec.


2016 ◽  
Vol 24 (2) ◽  
pp. 93-107
Author(s):  
Nadine Proia-Lelouey

L’article pose sur deux registres différents mais interdépendants la place de la psychanalyse dans le soin aujourd’hui. Il s’agit dans un premier temps de montrer, en se référant à des analyses sociologiques, que cette question est étroitement liée aux différentes manières d’appréhender la pathologie mentale au cours du 20e siècle. Evolution elle-même liée à des changements de la condition anthropologique du sujet. Ainsi, si la psychanalyse a été au coeur de l’institution du soin pour avoir largement contribué dans les années 1950/1960 au passage du paradigme de la pathologie mentale à celui de la souffrance psychique, elle a, en revanche, largement pâti d’une rupture qui, au cours des années 1980/1990, a mis au centre du soin le paradigme normatif de la santé mentale. La psychanalyse devient alors une forme de résistance afin que la norme n’efface pas totalement le sujet dans les institutions de soins. Mais la psychanalyse doit se transformer et penser de nouveaux dispositifs à partir des nouvelles conditions anthropologiques du sujet. L’auteure soutient que l’enjeu fondamental de cette nouvelle psychanalyse concerne la fonctionnalité du préconscient et l’accès à la capacité réflexive. Elle développe cette réflexion à partir des travaux contemporains engagés par R. Kaës et R. Roussillon sur l’analyse transitionnelle.


2006 ◽  
Vol 10 (2) ◽  
pp. 13-29 ◽  
Author(s):  
Chantal Brisson ◽  
Michel Vézina ◽  
Alain Vinet

Résumé Le présent article expose d'abord un modèle général de recherche concernant l'association entre des caractéristiques de l'organisation du travail et des atteintes à la santé et à l'intégrité phsysique et mentale des travailleurs et travailleuses. Par la suite, ce modèle est utilisé dans le domaine de la santé mentale pour examiner les conséquences d'une organisation du travail caractérisée par des tâches répétitives exécutées sous contrainte de temps. Une problématique de cette question est esquissée, suivie des résultats et des limites méthodologiques des recherches effectuées dans le domaine. Enfin, un cadre d'analyse intégrant les connaissances acquises et les avenues de recheche à privilégier dans l'avenir est présenté.


2013 ◽  
Vol 18 (10) ◽  
pp. 2869-2877 ◽  
Author(s):  
Michèle Clément ◽  
Lourdes Rodriguez del Barrio ◽  
Jean Gagné ◽  
Annie Lévesque

Cet article documente la manière dont s'est renouvelé et s'est transformé au fil du temps le projet de faire participer les usagers aux exercices de planification et d'organisation des services de santé mentale au Québec (Canada). Pour ce faire, les auteurs reviennent sur l'ensemble des documents ministériels qui ont traité de cette question et dégage, pour les principaux moment-clés, les principales modalités de participation des usagers.


2015 ◽  
Vol 40 (1) ◽  
pp. 81-100 ◽  
Author(s):  
Michèle Clément

L’auteure rend compte ici des résultats d’une recherche qualitative qui avait pour objectif de faire un premier état de situation de la participation des personnes utilisatrices de services à la suite de l’implantation, en 2005, du Plan d’action en santé mentale : la force de liens [PASM]. Le PASM comportait en effet une directive rendant nécessaire la participation des usagers à tous les exercices de planification et d’organisation des services de santé mentale. Pour ce faire, l’auteure revient sur la manière dont a été reçue cette directive, l’émergence et la diversité des regroupements d’usagers qui en a résulté, les modalités avec lesquelles les usagers se sont engagés dans les dispositifs institués de participation (lieux investis, soutien reçu, prises de position) ainsi que sur les facteurs reconnus avoir favorisé ou nuit aux expériences de participation. Il ressort de cet état de situation que si la directive du PASM visant la participation des usagers a permis de multiplier et de régionaliser les occasions de participation, son imprécision a donné lieu à de multiples interprétations qui n’ont pas toujours desservi son implantation.


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