scholarly journals Entre la colère… et la rupture du lien social

2008 ◽  
Vol 54 (1) ◽  
pp. 100-115 ◽  
Author(s):  
Patrick Fougeyrollas ◽  
Line Beauregard ◽  
Charles Gaucher ◽  
Normand Boucher

L’article présente les résultats d’une recherche qualitative qui avait pour objectif d’identifier et de décrire les conséquences sociales sur la santé de l’inaccessibilité aux services et aux compensations financières pour les personnes ayant des incapacités et leurs proches. Cinquante-deux personnes ont été rencontrées lors d’une entrevue individuelle. L’analyse de contenu des entrevues révèle que l’inaccessibilité entraîne des conséquences négatives sur la santé physique, la santé mentale et la participation sociale. L’analyse fait également ressortir comment les personnes composent face aux carences de la protection sociale. Ces résultats sont discutés à la lumière des transformations récentes dans les pratiques de compensation au Québec.

2006 ◽  
Vol 9 (2) ◽  
pp. 17-25
Author(s):  
Marie-Carmen Plante

Résumé Le chômage et le non-emploi causent beaucoup de perturbations chez les jeunes. Plus ils durent, davantage peuvent-ils causer des troubles profonds sur les différents aspects de la santé mentale de ces mêmes jeunes. Afin de mieux cerner ces effets, nous traiterons dans cet article des effets du chômage sur la santé physique des jeunes, et de l'impact du chômage dans les années 30 par rapport à l'impact du chômage dans les années 80. Ensuite, nous étudierons les réactions au chômage, les trois stades traversés par les adolescents en recherche d'emploi, et les atteintes à la santé mentale des jeunes soient: l'indépendance, la réaction d'ennui, la diffusion de l'identité, l'estime de soi, la culpabilité et la honte, l'anxiété et la peur, la colère, la dépression ; l'atteinte des relations familiales, les perturbations dans l'organisation du temps libre, l'augmentation du taux de suicide, l'augmentation de la consommation de drogues et d'alcool et l'augmentation de la criminalité.


Author(s):  
Loïc Lerouge

Le droit à la santé au travail doit-il être considéré comme un droit fondamental ou bien le droit fondamental à la santé s’applique-t-il directement au travail ? L’approche de la santé au travail au prisme des textes internationaux relatifs aux droits fondamentaux et aux droits de l’Homme, aussi l’évolution au regard de la reconnaissance de la santé mentale au travail au côté de la santé physique au regard notamment de l’essor des risques organisationnels, amènent à nous interroger sur la portée du droit fondamental à la santé à l’aune du travail. C’est une question de grande importance aujourd’hui, notamment au regard de la reconnaissance des risques psychosociaux au travail, mais également des atteintes à la santé mentale au travail notamment en raison d’organisations du travail qui aujourd’hui impactent de plus en plus la santé mentale des travailleurs. Pour répondre à ces interrogations, la reconnaissance et les enjeux liés au droit à la santé au travail doivent être explicités et précisés. Ces enjeux se prolongent dans l’objectif de garantir une meilleure protection de la santé physique et mentale au travail et d’asseoir une approche préventive tout en intégrant dorénavant de nécessaires questionnements de l’ordre de l’éthique. Les pages suivantes sont dédiées à la reconnaissance et aux enjeux du droit à la santé au travail et à sa qualification ou non comme droit fondamental.


2014 ◽  
Vol 29 (S3) ◽  
pp. 628-629
Author(s):  
P. Lascar

Les suicides de salariés et de demandeurs d’emploi ont été les révélateurs d’une souffrance liée au monde du travail. Il est préféré à ce terme, trop subjectif et compassionnel, mal défini car n’apparaissant ni dans le vocabulaire juridique, ni dans la sémiologie médicale, celui de Risques PsychoSociaux (RPS).Nous retiendrons les définitions suivantes qui articuleront les trois communications :– facteurs de risques psychosociaux : éléments organisationnels et relationnels relatifs à l’environnement professionnel du travailleur qui peuvent potentiellement entraîner chez lui des troubles psychiques;– troubles psychosociaux : troubles psychiques chez un travailleur, dont l’origine est directement liée à son milieu professionnel;– risques psychosociaux : probabilité de survenue de troubles psychosociaux relative à une exposition à des facteurs de risques psychosociaux.Selon la définition de l’Organisation mondiale de la santé, les RPS sont entendus comme risques pour la santé mentale, physique et sociale, engendrés par une exposition à des conditions d’emploi, des facteurs organisationnels et relationnels en milieu professionnel susceptibles d’interagir avec le fonctionnement mental.Diverses dispositions juridiques (art. L 4121-1 et suivants du Code du travail) et accords nationaux interprofessionnels s’imposent aux employeurs. Leur responsabilité sur la sécurité et la protection de la santé physique mais aussi mentale des travailleurs est engagée. Ils doivent inscrire les RPS dans une démarche globale de prévention et d’évaluation des risques.Notre discipline doit s’engager dans la prise en compte du stress au travail, dans l’identification (prévention secondaire) et dans la prise en charge des RPS (prévention tertiaire). Elle doit remédier à l’absence d’inscription de pathologies psychiques dans un tableau de maladies professionnelles. Des réponses sont apportées tant dans le domaine des préventions que dans celui de la reconnaissance de pathologies psychiques d’origine professionnelle.


Aporia ◽  
2019 ◽  
Vol 11 (1) ◽  
pp. 16-27
Author(s):  
Étienne Paradis-Gagné ◽  
Dave Holmes

La violence perpétrée à l’endroit des membres de la famille par un proche souffrant d’un trouble mental sévère est un phénomène commun en psychiatrie légale, alors que près de la moitié des familles en est victime. Cette violence engendre des impacts significatifs à l’endroit de la famille, qu’ils soient physiques, psychologiques ou sociaux. Dans cet article, nous présentons les résultats d’un des cinq thèmes d’une étude qualitative réalisée auprès de familles victimes de violence perpétrée en contexte de troubles mentaux sévères. Plus particulièrement, le thème du dispositif médico-légal sera abordé dans cet article. Les travaux de Donzelot et Foucault agissent comme fondements théoriques permettant l’étude de cette problématique sous l’angle du gouvernement des familles. Les résultats de notre recherche indiquent que ce gouvernement s’effectue par l’entremise de certains mécanismes, dont l’instrumentalisation du rôle familial. Nous abordons aussi le processus de judiciarisation dans lequel s’inscrivent les familles, et la nécessité du critère de violence afin de faire hospitaliser le proche à risque.


2014 ◽  
Vol 60 (1) ◽  
pp. 72-89 ◽  
Author(s):  
Chantal Bourassa ◽  
Michel Labarre ◽  
Pierre Turcotte ◽  
Geneviève Lessard ◽  
Nicole Letourneau

Cet article présente les résultats d’une recherche qualitative visant à comprendre comment les intervenants intègrent le concept de paternité dans les groupes de thérapie pour les hommes aux comportements violents. Des groupes de discussion et des entrevues semi-dirigées ont été effectués auprès d’intervenants dans trois organismes au Nouveau-Brunswick et au Québec. Selon l’analyse des données recueillies, la prise en compte de la paternité des hommes représente un défi pour ces intervenants. Les difficultés qu’éprouvent de nombreux hommes (non-reconnaissance de leur violence, expériences de violence lors de l’enfance, frustrations en lien avec les systèmes et problèmes de toxicomanie ou de santé mentale), le manque de temps, d’outils et de formation pour les intervenants, les questions de sécurité, et les normes culturelles et représentations sociales de la violence conjugale, compliquent l’exploration de la paternité dans le cadre des groupes d’intervention.


Author(s):  
Colin A. Capaldi ◽  
Mélanie Varin ◽  
Raelyne L. Dopko

Introduction Une santé mentale positive est un élément essentiel du développement sain des jeunes. Par exemple, une santé mentale positive est associée à une meilleure santé physique autodéclarée, à des relations plus étroites et à moins de problèmes de comportement chez les jeunes. La promotion d’une santé mentale positive est une priorité de santé publique, il est donc important d’en examiner les facteurs déterminants potentiels. Méthodologie Nous avons analysé les données d’élèves de la 7e à la 12e année (1re à 5e année du secondaire au Québec) de neuf provinces canadiennes ayant participé à l’Enquête canadienne sur le tabac, l’alcool et les drogues chez les élèves de 2016­2017. Le bien­être psychologique et social a été évalué à l’aide de l’Échelle de satisfaction des besoins intrinsèques des enfants (questionnaire CINSS). Nous avons effectué des analyses de régression linéaire pour déterminer les associations des variables sociodémographiques, psychosociales et liées à la consommation de substances avec les scores globaux du questionnaire CINSS (n = 37 897). Résultats En général, les jeunes au Canada ont fait état d’un bien-être psychologique et social assez élevé. Après correction pour toutes les variables incluses, le fait d’être dans un niveau scolaire supérieur, le fait d’être victime d’intimidation, le fait d’intimider les autres, le signalement de problèmes de comportement et le fait d’avoir fumé la cigarette, vapoté ou consommé du cannabis au moins une fois au cours des 30 derniers jours sont associés à des scores globaux inférieurs au questionnaire CINSS chez les élèves des deux sexes. Le signalement de comportements prosociaux a été associé à des scores globaux élevés pour les deux sexes. Conclusion Un certain nombre de facteurs sociodémographiques, psychosociaux et liés à la consommation de substances sont associés au bien-être psychologique et social chez les jeunes au Canada. Des études prospectives longitudinales et d’intervention pourraient examiner si les changements dans ces facteurs potentiels de risque et de protection se répercutent sur la santé mentale positive.


2008 ◽  
Vol 32 (2) ◽  
pp. 59-82 ◽  
Author(s):  
Didier Acier ◽  
Louise Nadeau ◽  
Michel Landry

Résumé Cette étude est un suivi rétrospectif sur cinq ans qui examine les variations dans la consommation de substances psychoactives et les déterminants de ces variations. Il s’agit d’une recherche exploratoire auprès d’un sous-échantillon de 22 participants, sélectionnés à partir d’un échantillon initial de 197 patients, présentant à la fois des problèmes de consommation problématique de substances et de santé mentale. Au niveau quantitatif, la comparaison statistique entre les deux temps de mesure montre une amélioration de la consommation problématique d’alcool et de drogues et une absence de changement au niveau de l’état psychologique, de la santé, des relations familiales/interpersonnelles et de l’emploi. Au niveau qualitatif, l’analyse de la perspective subjective des participants indique que les deux principaux éléments de progression de la consommation sont les effets et la disponibilité des substances. Les principaux éléments de diminution de la consommation sont l’utilisation des services, des techniques personnelles mises au point par les participants, le réseau familial, les atteintes à la santé physique, le manque de ressources financières, les activités « occupationnelles » et un processus de maturation.


Author(s):  
Dominic Julien ◽  
Lise Gauvin ◽  
Lucie Richard ◽  
Yan Kestens ◽  
Hélène Payette

RÉSUMÉDes niveaux moins élevés de participation sociale et d’épisodes de marche représentent deux facteurs pouvant contribuer à la dépression chez les personnes âgées, mais les recherches antérieures ne sont pas concluantes à ce sujet. L’objectif de cette étude transversale est de quantifier les associations entre la dépression et l’effet combiné de la participation sociale et de la marche dans un échantillon de personnes âgées vivant au Canada (n = 549). Des analyses de régressions linéaires et logistiques ont été effectuées pour examiner si la participation sociale et la marche prédisent la dépression indépendamment des caractéristiques individuelles. Dans les modèles finaux, les résultats suggèrent que les individus qui ne prennent pas de marches présentent davantage de symptômes dépressifs ou une possible dépression (l’association entre la participation sociale et la dépression devient non significative dans les modèles ajustés). La présente étude souligne le rôle central des habitudes de vie telle la marche pour la santé mentale des aînés.


Sign in / Sign up

Export Citation Format

Share Document