Une scénographie républicaine au féminin : La confession d’une jeune fille de George Sand
D’aucuns ont reproché à George Sand de ne pas s’être ralliée à l’action féministe au cours de la Révolution de 1848 ni à la lutte ouvrière sous la Commune de 1871. Si elle ne radicalise pas son républicanisme, elle table en revanche sur le pouvoir subversif de postures en marge de l’ordre établi. Elle met à l’épreuve la doxa dans des récits qui confrontent le discours misogyne et contre-révolutionnaire avec des paroles de marginaux (femmes, artistes), où la mise en cause des valeurs bourgeoises appelle des changements sociopolitiques. De ce point de vue, un roman tel La confession d’une jeune fille, paru six ans avant l’avènement de la iiie République, témoigne d’une écriture négociant son rapport à la doxa selon un dispositif d’énonciation qui établit un contrat de lecture républicain avec un lectorat de plus en plus démocratisé, et ce, dans l’entre-deux stratégique de la norme bourgeoise et de la culture révolutionnaire.