scholarly journals L'articulation des réseaux sociaux

2005 ◽  
Vol 17 (2) ◽  
pp. 247-260 ◽  
Author(s):  
Vincent Lemieux

Sous l'influence première d'un article de Barnes (1954), les études anthropologiques sur les réseaux sociaux ont ouvert une voie de recherches qui apparaît encore pleine de promesses. Il faut bien avouer, pourtant, que jusqu'à maintenant peu d'analyses fondées sur des données empiriques ont emporté la conviction. Les études de réseaux n'ont pas encore fait la preuve de leur fécondité. Il leur manque un fondement théorique, pourtant disponible dans la théorie des graphes qui est justement une théorie des réseaux, qu'ils soient sociaux ou autres. Comme l'a noté Mitchell, la jonction n'existe pas — ou pas assez — entre les spécialistes de la théorie des graphes et les chercheurs sur le terrain (1969, p. 35). Pourtant, quelques bons exposés ont été écrits par des anthropologues, qui indiquent bien ce qu'on pourrait tirer d'une utilisation plus poussée de la théorie des graphes (en particulier Mitchell, 1969; Barnes, 1969a; et surtout Barnes, 1972). Malgré ces mises en place, la plupart des études empiriques ne dépassent guère l'analyse situationnelle qui, comme le note Barnes (1972, p. 13), peut fort bien se passer de la notion de réseau, en plus d'être inapte au dégagement d'hypothèses générales. Nous allons donner, à la fin de cet article, une brève illustration d'une étude proprement structurale des réseaux sociaux, au sens où l'entendent Harary, Norman et Cartwright (1968), dans leur ouvrage sur les graphes orientés. En utilisant des données recueillies sur le terrain, nous montrerons comment la notion d'articulation, tirée de la théorie des graphes, permet de poser et de traiter des problèmes théoriques, mais aussi pratiques, qui nous semblent propres aux réseaux sociaux. Auparavant, nous voudrions discuter de certaines questions préalables à une analyse vraiment spécifique des réseaux sociaux. Ils ont trait au concept même de réseau, à la constitution des unités d'analyse, et aux différentes voies d'analyse qui s'offrent au chercheur.

Author(s):  
Andrzej Jr Napieralski ◽  
Alina Goniewicz

Dans le livre Totem et tabou Sigmund Freud remarque que « le fondement du tabou est une action interdite pour laquelle il existe dans l’inconscient une forte inclination ». La politique est un domaine qui, depuis son apparition, met en valeur des hommes qui éveillent en même temps des émotions ambiguës comme l’admiration, la curiosité, voire parfois la jalousie et le mépris. Avec l’émergence des réseaux sociaux (Twitter et Facebook) et grâce à la liberté d’expression sur Internet, on constate que cette forte inclination de notre inconscient peut enfin être assouvie sans limites. Le but de notre communication sera de présenter comment le tabou concernant les penchants vers l’alcool de l’ex-président de la Pologne Aleksander Kwaśniewski demeure sur Internet. A l’aide de supports visuels et à la fois d’outils contemporains de la communication sur Internet - des mèmes, nous allons présenter une campagne de dénigrement relevant du hate dans laquelle l’euphémisme et l’ironie sont responsables de la rupture d’un tabou datant d’il y a près de 25 ans. Notre classement sera effectué sur un corpus d’une centaine de mèmes tirés essentiellement de Facebook et du fanpage « Aleksander Kwaśniewski Memes ». Mis à part l’analyse sociolinguistique de ce phénomène, nous allons procéder à un classement de ces mèmes du point de vue de leur construction en distinguant entre autres les figures, les allusions, les néologismes, les emprunts, les jeux graphiques et phonétiques qui s’y produisent.


Author(s):  
Brittany Fox ◽  
Jillian Stroud

Dans un monde où la majorité de la population est obsédé par les communications au moyen des réseaux sociaux comme Facebook et Twitter, le film « L’Artiste » présente une réalité rafraichissante au point que l’audience n’a pas d’autre choix que de regarder attentivement le film. Avec l’usage de la musique, la langue du corps et l’intuition de l’audience, « L’Artiste » a réussi à communiquer efficacement, sans conversations orales. Le film comprend quelques intertitres, mais seulement là où c’était nécessaire et ces occasions n’étaient pas très fréquentes.Notre recherche inclura une analyse de la communication d’aujourd’hui, car ce film nous force à reconsidérer les niveaux de communication qu’on utilise dans notre vie quotidienne. Nous allons comparer les méthodes de communication qui sont utilisées dans le film, un film de 2011, mais qui se passe au début du 20e siècle, avec les méthodes qu’on utilise et qu’on considère normales aujourd’hui. Nous allons examiner la décision faite par le metteur en scène de ne pas utiliser de couleur ni de conversations orales dans un film du 21e siècle, une décision que l’on croit très courageuse. Une décision qui a aussi mené à la célébrité, car ce film a gagné 3 Golden Globes, 5 Oscars, et 6 Césars, ce film est maintenant le film français le plus célèbre de l’histoire.En analysant l’usage de la communication dans le film « l’Artiste » et l’usage de la communication dans la vie quotidienne, nous allons examiner les changements et les liens de la communication dans les deux mondes et ce qu’ils représentent.


Criminologie ◽  
2007 ◽  
Vol 34 (2) ◽  
pp. 57-83 ◽  
Author(s):  
Joel Harvey ◽  
Alison Liebling

Résumé Malgré L'attention considérable des politiques dans ce domaine, le nombre de suicides dans les prisons d'Angleterre et du pays de Galles continue de poser un problème. Suite à la prolifération des études entreprises, d'importants progrès ont été réalisés. Nous allons ici revoir les conclusions clés de différentes études menées dans plusieurs pays au cours des dix dernières années. De plus en plus, le suicide en prison est considéré comme un problème de vulnérabilité et d'adaptation, et l'on croit qu'en améliorant les politiques et les relations on pourra offrir aux prisonniers ce soutien dont ils ont un si grand besoin. Les liens entre la capacité à résoudre des problèmes, l'adaptation, le soutien social et le comportement suicidaire en prison sont évidents ; le présent article soutient donc qu'il faut aborder le suicide dans le cadre des relations sociales interpersonnelles pour arriver à le comprendre. La recherche devrait s'appuyer sur la littérature sociologique facilement disponible et qui insiste sur l'importance des réseaux sociaux au sein de la communauté carcérale. Les détenus qui constituent un risque de suicide sont souvent les plus démunis quand il s'agit d'obtenir du soutien social ou de réagir aux rares sources de soutien disponible. Parallèlement aux méthodes psychologiques et aux tests psychométriques, la recherche devrait s'appuyer sur l'ethnographie et sur les modèles qualitatifs, ainsi que sur l'examen systématique du tissu complexe des relations existantes dans la communauté carcérale. Si cet article sert de tremplin à de plus amples discussions et qu'il génère davantage de recherche, son but aura été atteint.


2010 ◽  
Vol 36 (202) ◽  
pp. 79-96 ◽  
Author(s):  
Vincent Chauvet ◽  
Bathélemy Chollet

2019 ◽  
Vol 45 (283) ◽  
pp. 51-72
Author(s):  
Jean-François De Moya ◽  
Jessie Pallud ◽  
Caroline Merdinger-Rumpler ◽  
Franck Schneider

Cette recherche examine l’environnement communicationnel des hôpitaux sur les médias sociaux et la structure de leur réseau sur Twitter. L’étude propose une approche méthodologique innovante reposant sur l’analytique des médias sociaux et l’analyse des réseaux sociaux afin de mieux comprendre les interactions d’un hôpital avec son réseau social sur Internet. En s’appuyant sur les données du compte Twitter des hôpitaux universitaires de Genève (HUG), l’étude révèle la stratégie mise en place par cet hôpital afin d’inspirer et de guider d’autres organisations. Les résultats introduisent de nouveaux indicateurs de performance utiles à l’action managériale.


2012 ◽  
Vol 26 (4) ◽  
pp. 369-392 ◽  
Author(s):  
Juan David Cruz ◽  
Cécile Botherel ◽  
François Poulet

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