scholarly journals Suicide et tentatives de suicide en prison : vulnérabilité, ostracisme et soutien social

Criminologie ◽  
2007 ◽  
Vol 34 (2) ◽  
pp. 57-83 ◽  
Author(s):  
Joel Harvey ◽  
Alison Liebling

Résumé Malgré L'attention considérable des politiques dans ce domaine, le nombre de suicides dans les prisons d'Angleterre et du pays de Galles continue de poser un problème. Suite à la prolifération des études entreprises, d'importants progrès ont été réalisés. Nous allons ici revoir les conclusions clés de différentes études menées dans plusieurs pays au cours des dix dernières années. De plus en plus, le suicide en prison est considéré comme un problème de vulnérabilité et d'adaptation, et l'on croit qu'en améliorant les politiques et les relations on pourra offrir aux prisonniers ce soutien dont ils ont un si grand besoin. Les liens entre la capacité à résoudre des problèmes, l'adaptation, le soutien social et le comportement suicidaire en prison sont évidents ; le présent article soutient donc qu'il faut aborder le suicide dans le cadre des relations sociales interpersonnelles pour arriver à le comprendre. La recherche devrait s'appuyer sur la littérature sociologique facilement disponible et qui insiste sur l'importance des réseaux sociaux au sein de la communauté carcérale. Les détenus qui constituent un risque de suicide sont souvent les plus démunis quand il s'agit d'obtenir du soutien social ou de réagir aux rares sources de soutien disponible. Parallèlement aux méthodes psychologiques et aux tests psychométriques, la recherche devrait s'appuyer sur l'ethnographie et sur les modèles qualitatifs, ainsi que sur l'examen systématique du tissu complexe des relations existantes dans la communauté carcérale. Si cet article sert de tremplin à de plus amples discussions et qu'il génère davantage de recherche, son but aura été atteint.

2005 ◽  
Vol 17 (2) ◽  
pp. 247-260 ◽  
Author(s):  
Vincent Lemieux

Sous l'influence première d'un article de Barnes (1954), les études anthropologiques sur les réseaux sociaux ont ouvert une voie de recherches qui apparaît encore pleine de promesses. Il faut bien avouer, pourtant, que jusqu'à maintenant peu d'analyses fondées sur des données empiriques ont emporté la conviction. Les études de réseaux n'ont pas encore fait la preuve de leur fécondité. Il leur manque un fondement théorique, pourtant disponible dans la théorie des graphes qui est justement une théorie des réseaux, qu'ils soient sociaux ou autres. Comme l'a noté Mitchell, la jonction n'existe pas — ou pas assez — entre les spécialistes de la théorie des graphes et les chercheurs sur le terrain (1969, p. 35). Pourtant, quelques bons exposés ont été écrits par des anthropologues, qui indiquent bien ce qu'on pourrait tirer d'une utilisation plus poussée de la théorie des graphes (en particulier Mitchell, 1969; Barnes, 1969a; et surtout Barnes, 1972). Malgré ces mises en place, la plupart des études empiriques ne dépassent guère l'analyse situationnelle qui, comme le note Barnes (1972, p. 13), peut fort bien se passer de la notion de réseau, en plus d'être inapte au dégagement d'hypothèses générales. Nous allons donner, à la fin de cet article, une brève illustration d'une étude proprement structurale des réseaux sociaux, au sens où l'entendent Harary, Norman et Cartwright (1968), dans leur ouvrage sur les graphes orientés. En utilisant des données recueillies sur le terrain, nous montrerons comment la notion d'articulation, tirée de la théorie des graphes, permet de poser et de traiter des problèmes théoriques, mais aussi pratiques, qui nous semblent propres aux réseaux sociaux. Auparavant, nous voudrions discuter de certaines questions préalables à une analyse vraiment spécifique des réseaux sociaux. Ils ont trait au concept même de réseau, à la constitution des unités d'analyse, et aux différentes voies d'analyse qui s'offrent au chercheur.


Author(s):  
Paul Bourque ◽  
Dolores Pushkar ◽  
Lucie Bonneville ◽  
François Béland

RÉSUMÉDes différences existent entre les sexes dans les variables liées à la démographie, à la santé et aux réseaux sociaux, variables qui sont associés à un vieillissement réussi, mais on n'en trouve généralement pas en ce qui concerne la satisfaction face à la vie. La présente étude avait pour but premier de déterminer s'il y a des différences entre les hommes et les femmes par rapport à leur satisfaction dans des domaines particuliers et en général à l'égard de la vie. Ont également été examinées les différences dans la satisfaction face au parcours de la vie entre les hommes et les femmes. Dans un deuxième temps, nous avons procédé à une analyse de l'ensemble de données recueillies dans l'étudeVieillir dans la communauté(Béland et al., 1989) afin d'évaluer le bien-être des adultes francophones plus âgés (N=958). Des analyses acheminatoires ont révélé une bonne concordance des modèles utilisés pour les échantillons masculins et féminins. Chez les hommes, la satisfaction face à la vie s'explique positivement selon l'âge, le revenu et le contrôle et négativement selon les erreurs de mémoire, la maladie et les limitations fonctionnelles. Chez les femmes, la satisfaction face à la vie s'explique selon l'âge, la scolarité, le revenu, la maladie, les limitations fonctionnelles, le soutien social, le contrô le et le mode de vie. Les résultats ont fait ressortir les aspects positifs et négatifs du soutien social pour les femmes. Tel que nous nous y attendions, les modèles de parcours ont indiqué que, même s'il existe des similitudes dans la satisfaction face au parcours de la vie chez les hommes et chez les femmes plus âgés, on retrouve également des différences importantes.


Author(s):  
Andrzej Jr Napieralski ◽  
Alina Goniewicz

Dans le livre Totem et tabou Sigmund Freud remarque que « le fondement du tabou est une action interdite pour laquelle il existe dans l’inconscient une forte inclination ». La politique est un domaine qui, depuis son apparition, met en valeur des hommes qui éveillent en même temps des émotions ambiguës comme l’admiration, la curiosité, voire parfois la jalousie et le mépris. Avec l’émergence des réseaux sociaux (Twitter et Facebook) et grâce à la liberté d’expression sur Internet, on constate que cette forte inclination de notre inconscient peut enfin être assouvie sans limites. Le but de notre communication sera de présenter comment le tabou concernant les penchants vers l’alcool de l’ex-président de la Pologne Aleksander Kwaśniewski demeure sur Internet. A l’aide de supports visuels et à la fois d’outils contemporains de la communication sur Internet - des mèmes, nous allons présenter une campagne de dénigrement relevant du hate dans laquelle l’euphémisme et l’ironie sont responsables de la rupture d’un tabou datant d’il y a près de 25 ans. Notre classement sera effectué sur un corpus d’une centaine de mèmes tirés essentiellement de Facebook et du fanpage « Aleksander Kwaśniewski Memes ». Mis à part l’analyse sociolinguistique de ce phénomène, nous allons procéder à un classement de ces mèmes du point de vue de leur construction en distinguant entre autres les figures, les allusions, les néologismes, les emprunts, les jeux graphiques et phonétiques qui s’y produisent.


Author(s):  
Mélissa Baillargeon ◽  
Anne-Hélène Harrisson ◽  
Joanie Mercier ◽  
Marie-Claude Richard

La solitude est un problème grandissant dans la société.  Cette étude s’intéresse aux liens entre les types d’utilisation de Facebook, le sentiment de solitude et la perception de soutien social.  311 québécois de 18 à 29 ans utilisateurs de Facebook ont rempli un questionnaire informatique composé de l’Échelle de solitude de l’Université Laval (ÉSUL), du Passive and Active Use Measure (PAUM) et d’une version adaptée du Multidimensional Scale of Perceived Social Support (MSPSS).  L’hypothèse que l’utilisation passive de Facebook serait positivement liée au sentiment de solitude n’a pas été rejetée.  Les hypothèses selon lesquelles il y aurait une association négative entre l’utilisation active de Facebook et le sentiment de solitude, que l’association négative entre l’utilisation active sociale de Facebook et le sentiment de solitude serait plus forte que celle entre l’utilisation active non sociale de Facebook et le sentiment de solitude et que la perception de soutien social expliquerait en partie la relation entre les types d’utilisation de Facebook et le sentiment de solitude ont été rejetées.  La pertinence de promouvoir l’utilisation des réseaux sociaux comme moyen de contrer la solitude n’a pu être confirmée, toutefois la sensibilisation aux effets néfastes de l’utilisation passive de Facebook est une avenue intéressante.


Author(s):  
Brittany Fox ◽  
Jillian Stroud

Dans un monde où la majorité de la population est obsédé par les communications au moyen des réseaux sociaux comme Facebook et Twitter, le film « L’Artiste » présente une réalité rafraichissante au point que l’audience n’a pas d’autre choix que de regarder attentivement le film. Avec l’usage de la musique, la langue du corps et l’intuition de l’audience, « L’Artiste » a réussi à communiquer efficacement, sans conversations orales. Le film comprend quelques intertitres, mais seulement là où c’était nécessaire et ces occasions n’étaient pas très fréquentes.Notre recherche inclura une analyse de la communication d’aujourd’hui, car ce film nous force à reconsidérer les niveaux de communication qu’on utilise dans notre vie quotidienne. Nous allons comparer les méthodes de communication qui sont utilisées dans le film, un film de 2011, mais qui se passe au début du 20e siècle, avec les méthodes qu’on utilise et qu’on considère normales aujourd’hui. Nous allons examiner la décision faite par le metteur en scène de ne pas utiliser de couleur ni de conversations orales dans un film du 21e siècle, une décision que l’on croit très courageuse. Une décision qui a aussi mené à la célébrité, car ce film a gagné 3 Golden Globes, 5 Oscars, et 6 Césars, ce film est maintenant le film français le plus célèbre de l’histoire.En analysant l’usage de la communication dans le film « l’Artiste » et l’usage de la communication dans la vie quotidienne, nous allons examiner les changements et les liens de la communication dans les deux mondes et ce qu’ils représentent.


Author(s):  
Ingrid Connidis

RÉSUMÉCe livre renferme les conclusions d'une étude qui s'échelonna sur cinq ans intitulée Ageing and the Family Project, menée par le Research School of Social Sciences du Australian National University. L'accent est nettement mis sur les liens interpersonnels, particulièrement avec la famille, chez les Australiens âgés. Les données ont été puisées à partir de statistiques du gouvernement, d'une enquête sociale de grande envergure, et de plusieurs études qualitatives correspondantes. Les réseaux sociaux et l'espérance de vie sont utilisés pour développer les analyses de données et pour servir de toile de fond conceptuelle dans une discussion portant sur les résultats. Les sujets traités incluent la famille et la structure du réseau (vue d'ensemble théorique, structure familiale, réseaux sociaux et liens), le soutien social (relations expressives, échanges entre générations, changements perçus au niveau des systèmes de soins établis au fil des années) et les diverses étapes de transition clés (retraite, veuvage, entrée dans un foyer d'accueil et changements sociaux).


Author(s):  
Catherine Caws

Le présent article est une réflexion sur le concept d’improvisation dans l’espace virtuel.  A partir d’une étude de cas basée sur des utilisations variées de microblogues dans un cours de langue universitaire de niveau débutant/intermédiaire, nous tenterons d’analyser les productions de quelques participants en les contrastant à certaines des caractéristiques de l’improvisation en éducation.  Bien que l’improvisation soit une technique principalement utilisée en présentiel, et plus généralement en études théâtrales, nous verrons que les enjeux éducatifs résultant de l’utilisation de réseaux sociaux tels que Twitter se comparent facilement à ceux que présentent l’improvisation en éducation. Ce contraste nous permettra de mieux comprendre et de mieux gérer ces enjeux pour conduire les participants (apprenants et enseignants) de ces réseaux à improviser plus librement dans cet espace public virtuel. Notre méthodologie est de nature essentiellement qualitative ;  elle propose notamment une analyse de quelques microblogues pour y repérer des marques de créativité et de spontanéité langagières.  Celles-ci sont discutées dans la conclusion.


Criminologie ◽  
2010 ◽  
Vol 43 (1) ◽  
pp. 91-114 ◽  
Author(s):  
Gilles Sénécal ◽  
Léa Méthé Myrand ◽  
Amélie Dubé

Résumé Le présent article analyse le processus de relance d’un projet de médiation urbaine destiné spécifiquement aux jeunes Noirs du quartier de la Petite-Bourgogne à Montréal. Ce projet nommé BUMP (Burgundy Urban Mediation Project) s’inscrit dans les orientations définies au Québec en matière de prévention des gangs de rue et qui font appel à la concertation des partenaires sociaux à l’intérieur du quartier. L’analyse du processus a mis en lumière les conditions particulières du quartier et des modèles organisationnels des réseaux sociaux. Notre étude dégage les termes de la transaction sociale survenue entre les partenaires sociaux et les représentants des organismes de la communauté noire pour qu’un tel projet de médiation urbaine puisse être relancé. Elle s’intéresse aux obstacles et aux facteurs favorables à une telle démarche participative et partenariale. Elle conclut sur le rôle des représentants des communautés marginalisées dans les instances de concertation de quartier.


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