scholarly journals Idéologies au Canada français, 1850-1900 : quelques réflexions d'ensemble

2005 ◽  
Vol 10 (2-3) ◽  
pp. 145-156
Author(s):  
Fernand Dumont

Je n'ai pas la prétention de formuler une synthèse des idéologies qui ont voulu définir la société québécoise entre 1850 et 1900. Trop de courants d'idées n'ont pas encore fait l'objet d'analyses minutieuses. Par ailleurs, trop de choses nous sont inconnues quant à l'histoire économique et sociale de cette période; pour une société comme celle-là, à prédominance rurale, il nous manque surtout des données sur les régions et les élites locales. L'idéologie est une définition explicite de la situation par les groupements, les classes surtout, qui y sont engagés; l'histoire des idées ne peut donc être reconstituée isolément. Non pas que les idéologies soient un quelconque reflet de la structure sociale. Elles en comblent plutôt les indéterminations, elles donnent cohérence, elles fixent des objectifs d'action. Elles sont partie prenante aux mécanismes sociaux. Pour comprendre les idéologies, il faut les saisir dans leur originalité et leurs structures propres; mais il faut aussi pouvoir déceler en quoi elles complètent et assument les autres variables d'un ensemble social. Je voudrais donc simplement suggérer ici quelques hypothèses provisoires qui, axées sur les idéologies, n'en concernent pas moins, pour la période qui nous occupe, la société québécoise dans sa totalité.

2005 ◽  
Vol 7 (1-2) ◽  
pp. 131-145 ◽  
Author(s):  
Jean-Charles Falardeau

J'entends par élites des catégories sociales dominantes ou dirigeantes. À l'idée d'élite est associée une idée de prestige et de suprématie. Du même coup, lui est aussi associée l'idée d'un certain pouvoir, pour autant que le pouvoir dérive d'une position de domination ou de contrôle dans une structure sociale donnée. Il existera autant de types d'élites qu'il y a de formes et de styles de pouvoir : le pouvoir de se faire obéir ; le pouvoir d'influencer les décisions collectives ; le pouvoir d'édicter des valeurs et des façons de penser — en d'autres termes, le pouvoir politique et administratif, le pouvoir économique, le pouvoir spirituel, le pouvoir intellectuel. Nous interroger sur l'évolution des élites au Canada français, ce sera donc mettre en relief les structures sociales qui ont été les lieux ou les sources de pouvoir effectif dans notre société. Ce sera aussi évoquer les modalités typiques de ce pouvoir. Ce sera enfin constater que, selon leur possession ou leur non-possession du pouvoir effectif, selon leur acceptation ou leur refus des pouvoirs établis, selon le degré de visibilité de leur action, des élites ont pu être dominantes sans être dirigeantes ; qu'elles ont pu être clandestines ou manifestes ; qu'elles ont pu être des élites de conservation ou des élites de contestation. Toutes ces variétés ont existé au cours de notre histoire. Reconstituer, même de façon schématique, la continuité entre ces élites successives nous incitera à dégager les conditions sociales de leur opposition ou de leur déclin respectifs, les valeurs dont chacune a été annonciatrice ou porteuse, les collaborations avouées ou inavouées qui les ont associées les unes aux autres ou qui les ont disjointes.


1987 ◽  
Vol 22 (1) ◽  
pp. 66-83 ◽  
Author(s):  
Pierre Trépanier
Keyword(s):  

1991 ◽  
Vol 12 (2) ◽  
pp. 200-205
Author(s):  
Rémi Tourangeau
Keyword(s):  

1972 ◽  
Vol 27 (1) ◽  
pp. 33-45
Author(s):  
Peter Mathias

Le but de cet article n'est pas de dégager des déterminations nouvelles à la révolution industrielle en Angleterre, ou d'établir de nouveaux critères de sa singularité. On a souvent mis en avant de multiples facteurs explicatifs : la situation favorable en ressources naturelles, les mouvements démographiques d'une structure sociale souple et mobile, une demande intérieure en extension (et particulièrement une demande croissante de la part des groupes à revenus moyens), les progrès d'une agriculture spéculative, le développement d'une tradition industrielle à base rurale, un marché extérieur et des colonies, des capitaux disponibles, un génie inné de l'invention, l'esprit d'innovation ou d'entreprise, le non-conformisme protestant, un système de gouvernement qui sut favoriser à différentes époques l'intervention et le laissez-faire selon un dosage propice, une législation encourageant l'efficacité de la concurrence et de l'économie de marché, des connaissances et une attitude scientifiques, des mobiles et des motivations psychologiques.


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