scholarly journals Le logement communautaire au Québec : apports et limites d’une innovation sociale

2010 ◽  
pp. 93-103 ◽  
Author(s):  
Marie J. Bouchard ◽  
Winnie Frohn ◽  
Richard Morin

Le logement communautaire constitue au Québec une alternative au logement privé à but lucratif et au logement public subventionné de type HLM. Il s’agit d’un logement de propriété collective incarnée soit par une coopérative d’habitation, soit par un organisme sans but lucratif (OSBL) d’habitation. Ces deux formules juridiques, la coopérative et l’association, en plus d’offrir des logements accessibles financièrement, contribuent à la prise en charge de leur milieu de vie par les résidants en favorisant la participation, directe ou indirecte, de ces derniers à la gestion de leur ensemble résidentiel. La réalisation de ce type de logement implique l’engagement d’acteurs de la société civile, l’apport de fonds publics et une remise en cause de la logique marchande. Le logement communautaire représente ainsi une innovation sociale sur le plan des rapports de consommation, de production et de gouvernance. Nous mettons en lumière, dans cet article, non seulement les apports, mais aussi les limites de cette triple innovation sociale qui s’inscrit dans un mode de régulation associatif du logement.

2011 ◽  
Vol 29 (2) ◽  
pp. 83-104 ◽  
Author(s):  
Nicolas Milot ◽  
Laurent Lepage

En décrétant que la « gestion intégrée de l’eau » serait l’un des piliers de la Politique nationale de l’eau, le gouvernement du Québec (2002) formalisait du même coup le recours à la participation de la société civile dans un nouveau mode de gouvernance de cette ressource vitale. Or, l’apparition de nouveaux espaces délibératifs obligeait les acteurs concernés par cette ressource à revoir leur implication et même à ajuster leurs interactions. En utilisant les concepts généraux de l’analyse des organisations pour l’étude de trois organismes de bassin versant, nous décrivons les ajustements et les tensions observés à l’intérieur même des nouveaux organismes de bassin versant, et plus largement à l’échelle des régions. Nous verrons qu’au cours des premières années d’existence de ces organismes, les enjeux procéduraux dominent la dynamique interne alors que, sur la scène régionale, le comportement stratégique des acteurs découle d’une tension entre deux visions du modèle : 1) des organismes qui soutiennent la règle publique ou 2) la prise en charge du bassin versant par la communauté.


Author(s):  
J.-M. Pujo ◽  
S. Houcke ◽  
A. Fremery ◽  
G. Lontsi-Ngoula ◽  
A. Burin ◽  
...  

L’OMS classe l’envenimation vipérine comme pathologie négligée. Elle représente un problème de santé publique associé à des taux de mortalité et de morbidité importants. Notre objectif est de faire une mise au point sur les données récentes de la littérature sur l’épidémiologie et la prise en charge de l’envenimation vipérine en Guyane française. La Guyane est un département français presque entièrement recouvert par une forêt tropicale. Elle abrite une herpétofaune très riche comportant notamment les espèces du genre Bothrops (famille des Viperidae) qui provoquent le plus grand nombre de morsures et d’envenimations. La gestion des envenimations vipérines représente un défi de santé publique. En effet, la plupart des envenimations se produisent dans des zones rurales éloignées où l’accès aux soins est le plus compliqué, avec la présence d’un personnel médical peu formé à la prise en charge et l’indisponibilité de l’antivenin, ce qui constitue une véritable perte de chance pour les patients. En conclusion, dans un contexte d’efforts mondiaux visant à réduire l’impact des envenimations vipérines, la coopération internationale et l’engagement des autorités locales de santé et de la société civile sont nécessaires. En Guyane, la mise en place d’une véritable filière de soins et la mise à disposition de l’antivenin dans les structures sanitaires les plus isolées constitueraient un réel progrès sanitaire.


2006 ◽  
Vol 11 (1) ◽  
pp. 75-104
Author(s):  
Willy Apollon

Résumé Dans la conjoncture de civilisation où nous nous trouvons, dans les conditions de la post-modernité, la responsabilité de la société civile est un déterminant majeur de toute politique de santé mentale. La santé et la santé mentale en particulier, plus que jamais doit se penser en termes d'une dynamique sociale, où la participation des groupes sociaux et celle des individus, dans la prise en charge de la santé collective, priment sur les mécanismes et les structures d'intervention étatiques et institutionnelles. Les responsabilités de l'état, des institutions et des professionnels s'en trouvent déplacées, et redéfinies, en même temps que surgissent de nouveaux droits et des exigences d'information et de contrôle chez les utilisateurs qui payent de leurs taxes, les services de santé. Le souci d'adapter un système devenu anachronique ne peut qu'amplifier les problèmes de société qui l'ont rendu caduque. Les coûts humains et sociaux des changements radicaux qui s'imposent, se révéleront à moyen terme moins onéreux socialement, que les conséquences d'adaptations illusoires. Rien d'efficace n'est à espérer en ce domaine, sans la mobilisation par l'état des responsabilités collectives, pour une dynamique sociale de santé publique.


2002 ◽  
pp. 35-46 ◽  
Author(s):  
Denise Helly

RÉSUMÉLes fondements sociologiques et philosophiques du sens du « vivre ensemble », du common good, du sense of sharing, du lien social, de la cohésion sociale et de la citoyenneté font l'objet d'un débat qui se poursuit depuis plus de dix ans dans la littérature universitaire, tant francophone que d'expression anglaise. L'article expose quelques-uns des arguments soulevés à la faveur de ces discussions, dont on ne peut oublier qu'ils ont été construits dans un contexte politique. Bien que le vocabulaire utilisé ne soit pas uniforme, les débats propres à chaque ensemble national contribuent à la légitimation, par les gouvernements, de nouvelles politiques de protection sociale qui délèguent au secteur privé marchand et à des organisations de la société civile la prise en charge de certains problèmes dits sociaux.


2015 ◽  
Vol 30 (S2) ◽  
pp. S137-S137
Author(s):  
E. Mozas ◽  
I. Bertsch

En France, en matière de prise en charge des auteurs de violences sexuelles (AVS) l’accent est actuellement porté sur la prévention. Ce concept recouvre une réalité d’expérience vaste et multiple qui semble difficile à délimiter. Ce poster propose un modèle global des actions de prévention des agressions sexuelles menées en France auprès des AVS. Il aura la particularité d’organiser le champ de ces actions autour de 2 axes dans une perspective de santé publique :– l’articulation des principaux acteurs de prévention : la Justice, la Santé et la Société Civile ;– la trajectoire du patient au regard de la temporalité des comportements (étendus de l’avant premier passage à l’acte, jusqu’à la récidive).L’interaction de ces deux principes, nous permet de proposer trois niveaux d’actions de prévention auprès des AVS, en référence à la définition de l’OMS :– le niveau primaire : concerne les préoccupations et les recherches portant sur la survenue du premier passage à l’acte sexuel (la souffrance et l’écoute des AVS) ;– le niveau secondaire correspond aux actions sanitaires et judiciaires soutenues par l’évolution législative (psychothérapie, application des peines et lutte contre la désocialisation) ;–le niveau tertiaire dont la conception étend la prévention au domaine de la réadaptation en cherchant à favoriser la réinsertion professionnelle et sociale (rôle des centre ressources, accompagnement SPIP, étayage sur le réseau social).


2005 ◽  
Vol 21 (1-2) ◽  
pp. 55-96 ◽  
Author(s):  
G.-Raymond Laliberté

Préoccupé de cerner plus étroitement que ce n'est souvent le cas le concept même de corporatisme, cet essai en propose une définition opératoire susceptible de réserver cette notion aux seuls projets sociaux globaux qui s'appuient sur une restructuration à base de domination directe qui fasse l'économie des appareils d'État parlementaires ou les contourne en un fascisme de type étatique. Conçue en vue de cerner la forme spécifique de corporatisme que l'on connut au Québec au cours des décennies trente et quarante surtout et dont l'Action libérale nationale, le Bloc populaire, de même que d'autres mouvements politiques de moindre envergure sont directement tributaires, cette étude applique ce concept on ne peut plus politique à l'École sociale populaire de Montréal dont un des éléments forts du discours était de dire son corporatisme social et non politique. Elle tente également de cerner les origines cléricalistes de cette idéologie de classe marquée d'une conjoncture économique de crise, en même temps que d'une tentative hégémonique de prise 'en charge directe de la superstructure idéologique/politique, à travers une nouvelle articulation de la reproduction sociale large qui fasse régner politiquement la petite bourgeoisie clérico-intellectuelle, oriente l'économie locale vers cette forme de « restauration sociale » et asservisse le syndicalisme « national » à cette nouvelle direction politique de la société civile. En cela même, l'École sociale populaire et ses associés intellectuels se révèlent avoir été à l'origine d'un projet corporatiste aussi remarquable, pour le Québec, que ne l'ont été les fascismes catholicistes de l'Europe de l'Ouest dans la période qui précéda la Seconde Guerre mondiale, corporatisme dont les racines nationalistes utopistes effleurent encore la scène politique québécoise actuelle.


2018 ◽  
Vol 17 (132) ◽  
pp. 16-19
Author(s):  
Laurence Foix-L’hélias ◽  
Pascal Boileau
Keyword(s):  

2016 ◽  
Vol 200 (6) ◽  
pp. 1101-1113
Author(s):  
Jean-Marc Léger ◽  
Bahram Haghi ◽  
Raquel Guimarães-Costa

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