scholarly journals La reconnaissance du caractère spécifique du commerce agricole à travers la prise en compte des considérations liées à la sécurité alimentaire dans l’Accord sur l’agriculture

2005 ◽  
Vol 44 (3) ◽  
pp. 471-517 ◽  
Author(s):  
Geneviève Parent

La reconnaissance d’un caractère propre au commerce agricole est au coeur des débats entourant les négociations multilatérales de Doha sur l’agriculture au sein de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). D’un point de vue théorique, l’intérêt de cette question réside dans le fait qu’elle se situe dans la vague de changement qui déferle sur l’OMC. En effet, depuis un certain temps, les limites et les théories qui sous-tendent l’existence de l’OMC sont mises à l’épreuve. Parmi les questionnements que soulève cette situation, plusieurs s’interrogent à propos du champ d’action de l’OMC et des incidences de la libéralisation des échanges sur des sujets importants tels que la sécurité alimentaire ainsi que les pratiques agricoles et alimentaires traditionnelles. Les divergences d’opinions des États Membres quant à la manière de traiter les produits agricoles au sein de l’Accord sur l’agriculture sont des symptômes de cette remise en question. La poursuite du processus de libéralisation des échanges agricoles dépend de la possibilité qu’ont les Membres de l’OMC de prendre en considération la spécificité de leur agriculture dans le contexte de leurs politiques nationales. Les négociations actuelles sont donc de première importance pour encadrer et faire progresser cette reconnaissance. Cependant, la reconnaissance du caractère multifonctionnel de l’agriculture, proposée par bon nombre de Membres, nous semble une avenue trop vaste qui ouvre la porte à des possibilités de contournement des engagements déjà en place. D’autre part, la vision prônée par les États-Unis et le Groupe de Cairns, selon laquelle les produits agricoles doivent subir une libéralisation calquée sur celle des produits industriels, est trop réductrice et ne permet pas une prise en considération efficace de la spécificité du commerce agricole. L’avenue appropriée et réaliste pour atteindre cet objectif est de faire fond sur les acquis de l’Accord sur l’agriculture et de les développer afin qu’ils assurent une prise en compte efficace des considérations autres que d’ordre commercial liées à la sécurité alimentaire.

2002 ◽  
Vol 25 (1) ◽  
pp. 63-80 ◽  
Author(s):  
Manon Boulianne

Résumé L’agriculture d’autosubsistance pratiquée en milieu urbain connaît une résurgence dans les pays « développés » lors des phases d’ajustement de l’économie capitaliste. C’est le cas en Amérique du Nord ces dernières années. Les initiatives les plus récentes favorisent une autoproduction collective. Elles surgissent au Québec dans le contexte d’une reconnaissance accrue de l’économie sociale par l’État. Les jardins collectifs, portés par des organismes communautaires, se veulent une alternative à l’aide alimentaire et un outil d’insertion sociale pour les personnes appauvries. Les femmes occupent une place importante dans les organismes de support et les collectifs de production utilisés. Alors que certaines auteures mettent en relief le potentiel des organisations communautaires féminines actives dans le domaine de la sécurité alimentaire sur le renforcement du pouvoir d’agir individuel et collectif des femmes, d’autres y voient plutôt, dans le contexte de la décentralisation des programmes sociaux, une « domestication de l’espace public ». L’essor du jardinage collectif au Québec s’inscrit-il dans un processus de renforcement du pouvoir individuel et collectif des femmes ou de domestication de l’espace public ? À partir de données de terrain, cet article vise à apporter des éléments de réponse à cette question.


2005 ◽  
Vol 44 (4) ◽  
pp. 597-666 ◽  
Author(s):  
J.-Maurice Arbour

Dans la mesure où la chasse à la baleine constitue encore de nos jours une activité économique importante pour plusieurs populations autochtones, l’analyse qui suit tente d’évaluer la nature des contraintes juridiques qui découlent des instruments internationaux adoptés pour réglementer la chasse à la baleine. Trois régimes juridiques sont ainsi étroitement étudiés, soit celui qui a été établi par la Convention sur la réglementation de la chasse à la baleine de 1946, celui qui a été mis en oeuvre en vertu de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) et celui qui se trouve dans la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer. Chacun de ces trois régimes vient condamner à des degrés divers tout discours qui voudrait prôner un accès illimité à la ressource et la liberté de commercialiser les produits baleiniers sur les marchés internationaux. En effet, tant le moratoire universel imposé par la Commission baleinière internationale (CBI) en 1982 que le classement des baleines comme des espèces menacées d’extinction en vertu de la CITES s’opposent à toute chasse commerciale ainsi qu’à tout commerce international de la baleine. Ce n’est donc que par la porte étroite d’une exception sévèrement réglementée — la chasse de subsistance au profit de certaines populations autochtones — que le concept de sécurité alimentaire peut s’enraciner dans la réalité juridique ; avec raison, nous semble-t-il, cette situation est loin d’être idéale pour les populations visées qui souhaiteraient voir disparaître le régime actuel de l’interdiction commerciale. Parmi toutes les solutions envisageables pour asseoir sur de meilleurs fondements la sécurité alimentaire des peuples du Nord, nous croyons que la stratégie consistant à travailler à l’intérieur des régimes actuels, que ce soit de celui de la CBI ou celui de la CITES, serait à terme la plus prometteuse.


2005 ◽  
Vol 37 (1-2) ◽  
pp. 120-136
Author(s):  
Lise Dunnigan

Au Québec, tous les aspects de la vie reproductive sont activement débattus. Cet article propose quelques réflexions sur les bases d'une approche différente du problème de l'infertilité, incluant des dimensions subjectives, évolutives et interactives, et sur la place que pourrait prendre l'intervention psychosociale auprès des personnes qui vivent cette situation. L'auteure conclut sur l'intérêt de développer une approche d'intervention féministe sur cette question.


2008 ◽  
Vol 04 (06) ◽  
pp. 1043-1067 ◽  
Author(s):  
SINNOU DAVID ◽  
AMÍLCAR PACHECO

Let ϕ be a Drinfel'd module defined over a finite extension K of 𝔽q(T); we establish a uniform lower bound for the canonical height of a point of ϕ, rational over the maximal abelian extension of K, and thus solve the so-called abelian version of the Lehmer problem in this situation. The classical original problem (a non torsion point in 𝔾m(ℚab)) was solved by Amoroso and Dvornicich [1].Soit ϕ un module de Drinfel'd défini sur une extension finie K de 𝔽q(T); nous démontrons une minoration uniforme pour la hauteur canonique d'un point de ϕ, rationnel sur l'extension abélienne maximale de K, et résolvons ainsi la version dite abélienne du problème de Lehmer dans cette situation. Dans le cadre classique (un point d'ordre infini de 𝔾m(ℚab)), cette question a été résolue par Amoroso et Dvornicich dans [1].


2005 ◽  
Vol 31 (2) ◽  
pp. 409-476
Author(s):  
Patrice Garant

Si autrefois on a parlé de stérilisation politique des fonctionnaires, les législations contemporaines ont contribué à changer cette situation. Toutefois, l'entrée en vigueur de la Charte canadienne a provoqué une nouvelle vague de libéralisation : trois dispositions de la Charte y ont contribué, soit l'alinéa 2b) (liberté d'expression), l'article 3 (droit de candidature) et l'article 15 (égalité). En 1985, la Cour suprême constitutionnalisait le principe de la neutralité de la fonction publique en tant qu'élément du principe de séparation des pouvoirs; au même moment, était contesté en Cour fédérale, l'article 32 de la Loi fédérale sur la fonction publique. En prononçant l'inconstitutionnalité, la Cour a amené le gouvernement fédéral à proposer le projet de loi 157, le 30 août 1988. En 1986, la Commission de réforme du droit de l'Ontario avait publié un important rapport sur cette question. Enfin, la pratique de la liberté politique au sein de l'appareil gouvernemental soulève également d'autres questions délicates concernant l'éthique, la confidentialité, l'engagement politique des syndicats de fonctionnaires, etc.


Author(s):  
Fateh Mamine ◽  
M'Hand Fares ◽  
Guillaume Duteurtre ◽  
Toufik Madani

La sécurité alimentaire est au cœur des débats actuels concernant les politiques de développement agricole. Il s’agit notamment d’arbitrer entre le soutien à la production locale et l’ouverture au commerce international pour répondre à l’essor rapide de la demande. Cette question se pose de manière originale dans le secteur laitier algérien, où l’intervention de l’État concerne l’ensemble des maillons de la filière de la production à la consommation. Or, en dépit de ces mesures particulièrement coûteuses, la progression de la collecte de lait local reste limitée. L’État intervient aussi par des mécanismes de prix administrés et de quotas, qui favorisent l’importation de la poudre de lait afin d’assurer l’offre de produits laitiers à bas prix. Ce compromis aboutit au maintien de la dépendance du pays vis-à-vis des marchés internationaux, et questionne sa capacité à élaborer une véritable stratégie de souveraineté alimentaire.


GeoTextos ◽  
2013 ◽  
Vol 9 (2) ◽  
Author(s):  
Maria Adélia Aparecida de Souza

O que a Geografia tem a dizer sobre a felicidade? Responder a esta questão e gerar polêmicas é o objetivo deste artigo. Ele também se constitui em um ensaio crítico sobre as práticas dos geógrafos enquanto repetidores dos ensinamentos oferecidos pela disciplina geográfica ainda bastante vinculada a uma perspectiva iluminista e positivista do ponto de vista metodológico. Esta repetição é devida a uma dificuldade de compreensão do mundo contemporâneo a partir das dinâmicas e da voracidade do tempo presente. A inspiração central deste artigo é provocada pela capacidade que a Geografia tem de discutir temas como a felicidade a partir dos usos do território e do conceito de espaço geográfico proposto pela Geografia Nova estabelecida por Milton Santos. Desvendar a felicidade a partir das paisagens e das dinâmicas do mundo contemporâneo se constitui na proposta central da discussão aqui feita, partindo da crítica às propostas de medidas estabelecidas por índices (IDH - Índice de Desenvolvimento Humano, Índice Brasil etc.) e metáforas (Sustentabilidade, Direitos Humanos, Segurança Alimentar, Inclusão Social etc.) que vêm sendo cada dia mais assumidos por pesquisas ditas científicas, no mundo todo. Resumé GÉOGRAPHIE, PAYSAGE ET LE BONHEUR Qu’est-ce-que la Géographie peut dire à propôs du bonheur? Repondre à cette question est l’objetif de cet article. Il est aussi un essay critique sur les pratiques des géografes autant que reproducteurs des enseignements offerts pour une Géographie encore três attachée méthodologiquement à l’illuminisme et au positivisme. Cette reproduction est dûe à la dificulte pour la comprehension des dynamiques et voracité du temps present. L’inspiration centrale de cet article a éte provoquée par la possibilité qui a la Géographie de reflechir sur des thèmes tel que celui du bonheur. Cela peux se faire à partir des catégories analytiques comme le paysage, l’usage du territoire et le concept d’espace géographique compris en tant qu’une totalité dynamique, une indissociabilité entre systhèmes d’objets et systhèmes d’actions. Découvrir le bonheur à partir de la comprehension des pysages e des dynamiques du monde contemporain est au centre de la discussion ici proposée. Elle est faite à partir des “mesures” du bonheur produites à partir des índices (tels que l’IDH – Indice de Développement Humain, Indice Brésil, etc.) et des métaphores (Sustentabilité, Droits de l’Homme, Sécurité Alimentaire, Inclusion Sociale, etc.) qui, à chaque jour, sont plus adoptées par des recherches nonmées scientifiques, dans le monde entier.


2020 ◽  
Vol 114 ◽  
pp. 165-180
Author(s):  
Michał Piotr Klakus

Après la Seconde Guerre mondiale, plus de 400 000 personnes d’origine polonaise vivaient en France. La plupart d’entre eux y est venue dans l’entre-deux-guerres à la recherche de travail. Ils considéraient leur séjour sur cette terre comme temporaire, par conséquent, en vue de retourner dans leur pays d’origine, ils cultivaient également les coutumes et les rituels polonais dans le doma­ine religieux. Leur présence était favorisée par l’existence de prêtres polonais dans les colonies ouvrières. Avec le temps, le lien de l’émigration polonaise en France avec le pays d’origine s’est affaibli. Les travailleurs polonais venant en France étaient en voie de disparition, le nombre d’associations polonaises a donc diminué. Dans les années 60 et 70 du XXe siècle, les troisième et qu­atrième générations d’émigrants polonais ne connaissaient leur pays d’origine que grâce aux histoires racontées par leurs parents et grands-parents. Comment préserver dans cette situation la tradition nationale et religieuse polonaise? Le Cardinal Wyszyński a tenté de répondre à cette question. Il voit un moyen de préserver l’identité religieuse des Polonais en France en maintenant la langue maternelle, l’adhésion au culte marial et la promotion du mouvement de pèlerinage. Afin de maintenir l’unité avec l’Eglise en Pologne, il a encouragé ses compatriotes à l’étranger à connaitre l’enseignement des évêques polonais et à participer à l’aide matérielle pour la Pologne.


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