scholarly journals Ronfard et la méthode expérimentale : une symbiose de la théorie et de la pratique à travers l’appropriation interdisciplinaire

Author(s):  
Catherine Cyr

Le dialogue interdisciplinaire qui s’établit entre divers champs de l’expérience humaine peut prendre plusieurs formes. Ainsi, différents processus de percolation se sont souvent mis en place entre les arts et les sciences dites « dures ». Quelles sont les manifestations récentes, au théâtre, de cet étonnant processus? Que permet ce métissage? Nous observerons ici les possibles modalités de cette percolation en nous penchant sur ce qui fut longtemps l’un des moteurs de la démarche créatrice de Jean-Pierre Ronfard. En effet, devinant un « cousinage secret » entre théâtre et médecine, ce dernier a intégré à sa pratique et à sa réflexion certains des principes de la médecine expérimentale tels qu’établis par Claude Bernard. À travers l’analyse de quelques-unes des expérimentations théâtrales concoctées par l’auteur et le metteur en scène — Les objets parlent, Autour de Phèdre, La voix d’Orphée — nous verrons comment une telle appropriation interdisciplinaire, inventive et ludique permet à Ronfard d’opérer la délicate symbiose entre le questionnement théorique et la pratique du théâtre.

Author(s):  
Georges Didi-Huberman

À l’époque où triomphait, dans les laboratoires de biologie, la méthode expérimentale théorisée par Claude Bernard, Henri Bergson a proposé une « philosophie expérimentale » dont le réel comme apparaître constituait l’objet central. Contrepoint à une véritable épistémologie des limites du scientisme, la proposition bergsonienne place les images au centre du connaître. À travers une mise en parallèle des modèles bergsoniens et des images instrumentalisées par Étienne-Jules Marey, ce texte questionne la constitution de l’image-temps à la fin du XIXe siècle.


2021 ◽  
Vol 60 (3) ◽  
pp. 347-361
Author(s):  
Hélène Sicard-Cowan

This article makes the case for reading Zola’s protagonists Laurent and Thérèse as literary foils for one of the founding fathers of the experimental method, namely the physiologist Claude Bernard, and his wife, Fanny Martin. Drawing more particularly on elements from Bernard’s and Martin’s lives, as well as Bernard’s scientific writings, the article shows that Zola ‘performs’ two grueling experiments in the aforementioned novel: the first one, initiated by the author himself, results in the death of three protagonists and the paralysis of the fourth one; the second experiment, initiated by Laurent, reveals that the latter’s evaluation of Thérèse and his ensuing hypothesis are seriously flawed. In fact, Laurent’s gaze is marred by his tendency to ‘dirty’ nature (‘salir la nature,’ to borrow Zola’s expression), and his experiment doesn’t turn out the way he had originally planned, as both lovers turned murderers end up committing suicide together. This article thus argues that, in Thérèse Raquin, Zola resorts to critical posturing as a vivisector in a text that can be read as a revenge narrative which gestures towards the possibility for vivisectors to be ‘redeemed’ as individuals made fully capable of feeling compassion for their objects through angelic intervention.


1966 ◽  
Vol 27 (3-4) ◽  
pp. 195-200
Author(s):  
C. Peyre ◽  
J. Pujol ◽  
J. Thouvenin

2018 ◽  
Vol 52 (1) ◽  
pp. 9-20
Author(s):  
C. Goubron ◽  
M. Le Gall ◽  
C. Philip-Alliez ◽  
V. Monnet-Corti

Parodontologie et orthodontie sont deux disciplines odontologiques intimement liées, l’une et l’autre agissant sur le parodonte de nos patients. Si dans la majeure partie des cas l’orthodontie n’a pas d’effet néfaste sur le parodonte, en cas de parodonte dont le phénotype est fragile (faible hauteur ou absence de tissu kératinisé, tables osseuses fines, fenestrations ou déhiscences osseuses), le traitement orthodontique peut, selon les mouvements effectués, entraîner ou aggraver des récessions parodontales inesthétiques et douloureuses pour le patient et compromettre les résultats. Au travers d’un cas clinique, nous verrons comment prévenir et traiter ces cas afin de rendre possible le traitement orthodontique et maintenir ses résultats dans le temps.


2020 ◽  
pp. 172-186
Author(s):  
Cristóbal Farriol
Keyword(s):  

Y a-t-il une entité de l’art ? Pour Duchamp oui, à condition d’en faire une entité vide, produit d’une non-coïncidence entre l’intention de l’artiste et l’interprétation du spectateur. Plus cet écart est accentué, plus l’objet artistique porte ce qu’il nomme « le coefficient d’art ». Nous proposons l’hypothèse d’une correspondance entre l’inadéquation propre au coefficient d’art duchampien, et l’inadéquation propre à l’inconscient. Pour l’argumenter, nous travaillerons le texte « Le processus créatif », et parcourions les moments chez Freud où quelque chose de l’inadéquation est en jeu dans la structure de l’inconscient. Ensuite, nous verrons chez Lacan l’une de ses formalisations pour une inadéquation fondatrice du sujet : aliénation et séparation. Le résultat de cette analyse nous permettra d’argumenter une certaine équivalence entre l’objet artistique selon Duchamp et l’objet cause du désir chez Lacan.


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