scholarly journals « Les chemins qu’on parcourt pour livrer un combat contre la maladie sont très difficiles par bouts »

2007 ◽  
Vol 1 (2) ◽  
pp. 90-114
Author(s):  
Elsy Gagné

Résumé Suite à une recherche qualitative effectuée auprès de 20 femmes vivant en français au Manitoba,cet article fait état de leur expérience avec le cancer du sein et du rôle actif des groupes desoutien. Il s’agit de comprendre plus profondément comment les femmes francophones vivantau Manitoba ont réagi à et vivent avec la maladie et de présenter les initiatives développéespar et pour les femmes pour leur venir en aide afin de contrer l’isolement et le rejet social.Avec le temps, on verra que la maladie devient une manière d’être et de vivre, une occasionde dire et de faire le sens de sa vie et de sa mort. C’est grâce à cette expérience que ces femmespartagent un sentiment d’appartenance à une communauté basée sur la langue d’usage, lamaladie et la survie et qu’elles expriment le besoin de se reconnaître en tant que groupe et departager un héritage culturel et une expérience sociale bien définis.

2012 ◽  
Vol 40 (1) ◽  
pp. 176-194 ◽  
Author(s):  
Josianne Caron ◽  
Liliane Portelance

L’implantation de la réforme d’éducation au Québec dépend en partie des enseignants associés qui ont pour rôle d’encadrer les futurs enseignants dans le milieu scolaire. Une recherche de Martin (2002) soulève un problème d’identification difficile à ce rôle de formateur. En effet, les enseignants associés fourniraient peu de rétroaction constructive à leur stagiaire et seraient peu aptes à en offrir. La mobilisation des savoirs théoriques et la conscience de leur utilisation représentent une lacune (Gervais, 2005). Dans ces conditions, il importe de se pencher sur l’appropriation cognitive et l’intégration des changements prescrits dans l’encadrement offert aux stagiaires. Quel est le soutien offert quant au développement des compétences professionnelles d’un enseignant? Cet article expose les résultats d’une recherche qualitative interprétative menée avec trois enseignants associés du secondaire au moyen d’entrevues individuelles et de l’enregistrement de conversations avec le stagiaire. Nous décrivons leurs représentations de leur rôle et les manifestations de leurs pratiques d’encadrement du stagiaire. Les représentations diversifiées traduisent une certaine théorisation personnelle du rôle d’un enseignant associé, mais aussi sa complexité et le manque de connaissances par rapport à l’ensemble de ses facettes. Bon nombre de pratiques d’encadrement correspondent à l’implantation des changements prescrits, mais plusieurs pratiques attendues ne sont pas révélées.


2018 ◽  
Vol 30 (1) ◽  
Author(s):  
Marco Alberio ◽  
Mario Handfield

Basé sur une recherche qualitative et quantitative menée en partenariat avec COSMOSS La Mitis auprès de jeunes âgés de 16 à 35 ans vivant dans la MRC de La Mitis, au Bas-Saint-Laurent, et d’intervenants du milieu, cet article propose d’explorer les trajectoires d’exclusion individuelles et collectives des jeunes en milieu rural à partir de la perspective des intervenants. À travers ce texte, nous posons un regard sur l’enjeu et les mécanismes d’accès aux services pour ces jeunes ruraux. Nous émettons l’hypothèse que plusieurs phénomènes ruraux tels que la force des liens sociaux et le contrôle social, l’enjeu de la mobilité et le manque d’un bon réseau de transports collectifs, et les obstacles au travail d’intervention en termes de ressources disponibles ou de vulnérabilité de la clientèle sont des facteurs susceptibles de se transformer en barrière à l’utilisation des services. De plus, la crainte d’une stigmatisation, le manque d’anonymat, la faible présence de ressources d’aide alternatives, ainsi que la culture de la « débrouillardise » complexifient les processus d’accès aux services pour les jeunes, surtout les plus vulnérables, nuisant ainsi à leur intégration socioéconomique. Mettant de l’avant les enjeux et les stratégies d’action des intervenants, l’article conclut également sur quelques pistes de solution pour le milieu de l’intervention et les décideurs politiques.


2019 ◽  
Vol 13 (3-4) ◽  
pp. 191-201
Author(s):  
A. Santarpia ◽  
E. Brabant ◽  
E. Jauffret ◽  
J.-L. Mouysset ◽  
A. Menicacci

Objectif : Cette étude qualitative vise à décrire les effets revitalisants d’un protocole de Danse Mouvement Thérapie chez une patiente en rémission d’un cancer du sein, Mme Magnolia (66 ans). Matériel et méthodes : Mme Magnolia participe à un atelier de Danse Mouvement Thérapie composé de dix moments d’expérience corporelle. Nous utilisons d’abord le logiciel T-LAB Plus 2018 (version 4.0.2.7) pour le calcul des associations de mots lemmatisés (cooccurrences) ensuite une interprétation de la narration selon l’approche de Carl Gustav Jung et de Rollo May. Résultats : La narration de Mme Magnolia peut s’organiser à travers cinq catégories d’expériences corporelles impliquant l’activation de l’archétype du Puer Aeternus ou Enfant divin. Plus précisément, nous avons identifié : « L’effort et le courage de se jeter et s’ouvrir au monde », « Renouer avec le corps et ressentir son éveil », « La mise entre parenthèses de la maladie, générant un sentiment de liberté », « Le plaisir de danser en lien avec un sentiment d’être acceptée », « Le plaisir de danser en lien à l’évocation nostalgique d’un temps lointain ». Conclusion : Nous pensons que « le travail psychique avec la Danse Mouvement Thérapie » peut non seulement éloigner le patient du fardeau de la maladie (symptômes, plaintes, gènes et douleurs physiques), mais aussi générer des expériences corporelles revitalisantes (sensation de liberté physique, éveil psychocorporel, sentiments d’ouverture au monde) et une narration riche d’éléments symboliques.


2019 ◽  
Vol 13 (2) ◽  
pp. 89-94
Author(s):  
R. Sakr ◽  
T. Sawma

Objectif : Notre recherche étudie l’influence du style d’attachement sur le processus d’ajustement psychosocial au cancer du sein, dans différents domaines : contexte médical, relation à la médecine et aux soins, vie professionnelle, vie domestique, relations familiales élargies et amicales, vie sociale et récréative ainsi que détresse psychologique actuelle. L’étude porte sur un groupe de patientes libanaises âgées entre 35 et 55 ans. L’objectif est de mieux connaître quelles patientes sont les plus à risque de montrer des difficultés d’ajustement et d’envisager un accompagnement psychologique qui leur soit adéquat ainsi que de souligner les compétences de communication patientes–personnel soignant. Matériel et méthode : Nous avons adopté la méthode comparative. Notre échantillon est constitué de 60 patientes atteintes de cancer du sein, divisées en deux groupes (patientes sécurisées et patientes insécurisées) selon l’échelle « Revised Adult Attachment Scale (RAAS) (Collins, 1996) — Close Relationships Version ». L’ajustement psychosocial au cancer a été déterminé par le « Psychosocial Adjustment to Illness Scale (PAIS) ». Résultats : L’étude a montré que les femmes atteintes de cancer du sein dont l’attachement est sécurisant présentent un meilleur ajustement à la maladie que celles dont l’attachement est insécurisant, et ce dans les différents domaines déjà cités. Conclusion : La compréhension des styles et des besoins d’attachement des patientes atteintes de cancer du sein aide les professionnels de santé à être plus efficaces dans leur réponse et dans leur manière de se comporter avec les patientes, favorisant ainsi leur ajustement à la maladie, surtout pour celles dont l’attachement est insécurisant.


2017 ◽  
Vol 72 (2) ◽  
pp. 345-369
Author(s):  
Pauline de Becdelièvre ◽  
François Grima

À partir d’une recherche qualitative auprès de 48 ex-militants syndicaux ayant eu plus de 80% de leur temps de travail pour leur syndicat, de 10 directeurs des Ressources humaines et de trois organisations syndicales, une organisation patronale et un cabinet d’accompagnement, cet article questionne la reconversion des militants syndicaux en dehors de la sphère syndicale. En s’appuyant sur le contexte français et la littérature existante sur la reconversion des militants syndicaux, nos travaux soulignent les stratégies mises en place par les ex-militants afin d’assurer leur employabilité militante externe. Ces stratégies sont influencées par la perception qu’ils ont de leur employabilité. Plusieurs facteurs externes et individuels affectent cette perception. Les facteurs individuels sont le capital social perçu, la nature du départ (subi ou volontaire), le niveau de poste précèdent et le niveau atteint dans l’organisation syndicale. Ces facteurs individuels n’expliquent pas tout. D’autres facteurs externes, tels la stigmatisation dont peut faire l’objet le militant à cause de son engagement syndical, le lien contractuel et l’accompagnement du syndicat, expliquent la perception que le militant a de son employabilité. Celle-ci entraine soit une non mobilisation du capital social, soit une mobilisation offensive du capital social. Dans ce dernier cas, l’ex-permanent peut subir une phase d’observation de la part de l’entreprise d’accueil. En s’intéressant à la reconversion syndicale, cette recherche constitue un renversement de positionnement par rapport aux nombreux travaux analysant la carrière syndicale. Le capital social des militants n’est plus pensé au sein de l’organisation syndicale, mais en dehors de celle-ci, et il permet de proposer le concept d’employabilité militante externe, à savoir la capacité d’un ex-militant syndical d’obtenir un travail et de se maintenir en emploi en dehors du syndicat grâce à la mobilisation de son capital social.


2013 ◽  
Vol 9 (31) ◽  
pp. 177-179
Author(s):  
Marc Jamoulle

Peu après l’accouchement de son cinquième enfant ma soeur a consulté son gynécologue. Elle sentait une masse dans son sein et était inquiète. Il l’a rassuré. Elle l’a cru. On était en Espagne, dans les années 80. Ma soeur était avocate et mère de famille. Une femme très occupée. Elle a fait confiance à son docteur. C’était un mauvais docteur. 15 ans plus tard elle mourrait de cachexie cancéreuse après d’innombrables radiothérapies, chimiothérapies, examens diagnostiques et complications en tout genre, entourée de ses enfants et dans la souffrance.Quand on est médecin praticien soi-même et qu’on travaille avec ce souvenir on est très sensibilisé et on cherche par tous les moyens d’éviter à ses propres patients de vivre un calvaire aussi affreux. J’étais très organisé dans ma pratique professionnelle. Nous apprenions aux femmes l’autopalpation, nous avions un échéancier pour les prévenir de faire leur mammographie de dépistage et nous étions satisfaits de trouver de temps en temps un cancer peu évolué, gardant l’impression d’avoir sauvé un patiente qui nous le rendait bien.La Belgique n’a pas de système de santé organisé et le dépistage se faisait et se fait encore de façon pittoresque et épisodique. L’état ou les hôpitaux ou quelques médecins de famille organisés lancent des campagnes qui sensibilisent toujours les mêmes femmes et en « sauvent » quelques-unes, fiers d’avoir mis en place un système de médecine dit préventive.Ce système ne prévient rien du tout et le taux de mortalité par cancer du sein n’a pas changé pendant toutes ses années. On recrute plus tôt, allongeant la période de conscience de la présence du mal. Les cancers fulgurants tuent toujours aussi vite et nous laissent démunis.Dans son article “Principios Éticos y Prevención Cuaternaria: ¿es posible no proteger el ejercicio del principio de autonomía?” le confrère Pizzanelli fait état d’un projet de dépistage systématique dont son pays, l’Uruguay, envisage de se doter, avec une contrainte d’obligation et de risque de perdre l’emploi pour les femmes qui le refuserait.Au moment où dans le monde entier, des voix s’élèvent contre le dépistage de masse, ou les médecins généralistes tentent de s’organiser pour identifier et accompagner les femmes porteuses de risque, des politiques, certainement emportés par leur désir de bien faire et probablement seulement de faire, proposent de mettre en place un système coercitif et obsolète. Cette attitude est politiquement risquée, éthiquement injustifiable et scientifiquement dépassée.Politiquement risquée parce qu’elle va engager des sommes importantes du budget de la santé dans une suffusion administrative (prévenir, en santé publique, c’est d’abord organiser) et dans des investissements majeurs pour du matériel couteux. En même temps s’installera un climat de contrôle et de suspicion qui ne peut que nuire à la convivialité d’une société.Ethiquement injustifiée parce que la maladie et la mort sont de l’ordre de l’intime et du symbolique et que la décision d’examiner un corps pour le savoir ou non malade n’appartient qu’à la personne elle-même et non à la société. Contrôler le corps est une main mise inacceptable sur le devenir humain et revient à assimiler la maladie à une tache ou une faute que le corps social s’autorise à châtier.Scientifiquement obsolète parce qu’on sait maintenant que le soi-disant dépistage ne met à jour que des cancers lents, qui n’auraient probablement pas tué la personne et qui rate les cancers rapides qui eux sont de toute façon mortels. Cette attitude repose sur une croyance d’après-guerre et son vocabulaire militaire. Combattre le cancer et croire qu’en arrivant plus tôt on pouvait le vaincre a été le leitmotiv de toutes les campagnes de masse depuis lors.On sait maintenant que les humains vivent avec le cancer, qu’ils arrivent parfois à s’en défendre et qu’ils ne meurent pas tous. On sait aussi que certaines femmes sont plus à risque que d’autres et qu’une écoute attentive et un relevé minutieux de leur histoire familiale permet de dégager des groupes à risque qu’il est bon de conseiller. Mais investir dans la communication n’a pas la même visibilité ni le même rendement qu’investir dans la technologie et il faudra beaucoup de courage aux politiques pour décider d’investir dans un système de première ligne performant et bien géré qui permettra de mettre la connaissance des grands nombres au sein des consultations individuelles des acteurs de soins primaires.Le Dr Pizzanelli est un collègue courageux. Il dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas et il doit être soutenu, pas ses pairs d’abord dans son pays, et par tous les collègues du monde qui pensent que la science c’est aussi cultiver le doute et se méfier de ses propres erreurs. 


2016 ◽  
pp. 170-194
Author(s):  
Benoît Côté ◽  
Patricia Lamarre ◽  
Andry Nirina Razakamanana
Keyword(s):  

En 2007, un programme scolaire novateur est né : Option-études Châteauguay. Ce programme offre pour la première fois au niveau secondaire au Québec, une scolarisation commune d’élèves du secteur francophone et du secteur anglophone. Plus spécifiquement, il permet aux élèves de « traverser la frontière scolaire » et de faire la moitié de l’année dans une école francophone et la moitié de l’année dans une école anglophone, et ce, tout en respectant la Charte de la langue française. Ce programme, en plus de se distinguer par cette scolarisation commune, prend également appui sur la théorie des contacts intergroupes, un modèle issu de la psychologie sociale. Une recherche qualitative et longitudinale a permis de cerner les impacts perçus à court et à moyen terme de ce programme sur ces élèves, notamment en ce qui a trait aux rapports intercommunautaires et a l’identité linguistique.


2019 ◽  
Vol 106 (12) ◽  
pp. S53-S59 ◽  
Author(s):  
Antoine Elies ◽  
Eleonora Salakos ◽  
Roman Rouzier
Keyword(s):  

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