scholarly journals L’« humanisation de l’accouchement et de la naissance au Brésil » : de nouveaux dispositifs de régulation des corps des femmes pauvres ?

2008 ◽  
pp. 115-124
Author(s):  
Alfonsina Faya Robles

Résumé Cet article rend compte de la mise en place de politiques publiques dans la sphère de la santé, identifiées sous le nom d’« humanisation de l’accouchement et de la naissance » et de leur emprise sur l’expérience de la maternité des femmes de milieux populaires urbains au Brésil du Nord-Est (Nordeste). Nous nous pencherons sur celle qui nous semble la plus représentative du vaste ensemble de politiques publiques issues de ce processus : la promotion de l’allaitement maternel. Les données ethnographiques, collectées lors de notre travail de terrain au sein de trois maternités publiques ainsi que dans un quartier populaire de la ville de Recife, seront analysées dans le but d’enrichir la discussion sur la régulation du corps des femmes pauvres à travers les dispositifs de santé publique. L’approche analytique tente de ne pas succomber à une vision déterministe de la relation système de santé/actrice-mère, en essayant d’engager une réflexion sur l’articulation entre les dispositifs et les expériences des parturientes.

2008 ◽  
Vol 49 (4) ◽  
pp. 491-520 ◽  
Author(s):  
Denis Goulet ◽  
Gilles Lemire ◽  
Denis Gauvreau

RÉSUMÉ Cet article rend compte des difficultés d'application de certaines politiques sanitaires et préventives rencontrées par le Conseil d'hygiène de la province de Québec lors du processus de structuration du premier système de santé publique permanent couvrant l'ensemble du territoire québécois durant les deux premières décennies du XXe siècle. Analysant les avenues privilégiées par le Conseil d'hygiène pour favoriser la prévention des maladies infectieuses, les auteurs mettent en évidence le rôle donné aux municipalités de 1886 à 1926 dans la création d'un système de santé publique. L'article met aussi en évidence les résistances de certains membres des administrations municipales et de la profession médicale, particulièrement dans les petites municipalités, face à certaines mesures imposées et/ou suggérées par le Conseil d'hygiène.


2013 ◽  
Vol 28 (S2) ◽  
pp. 84-84
Author(s):  
M.-N. Vacheron ◽  
A. Viala

La notion de personne de confiance apparaît pour la première fois dans le Code de Santé Publique dans le cadre de la loi du 4 mars 2002 (art L 1111-6 CSP) relative au droit des malades et à la qualité du système de santé, réclamée par les familles et les associations ; elle est conçue pour permettre au patient de se faire accompagner dans une démarche de soins, mais aussi comme une aide à la décision médicale ou à la participation à un protocole de recherche biomédicale. Elle a été successivement renforcée par les lois sur la bioéthique de 2004, puis sur la fin de vie en 2005, (puis en matière d’incapacité en 2007), et enfin plus récemment à l’occasion de la loi du 5 juillet 2011. Son rôle a ainsi évolué de l’accompagnement à la consultation puis au consentement. La personne de confiance doit être distinguée des « proches », de « la personne à prévenir », de « la tierce personne » et même du « tiers », alors même qu’il peut s’agir d’un parent, d’un proche ou du médecin traitant… La désignation est faite par écrit, la personne de confiance peut être différente d’une période à l’autre et même d’une situation médicale à l’autre, le patient ayant une liberté totale pour décider, et la désignation étant « révocable à tout moment ». Le législateur a voulu d’emblée que le concept en soit large, mais des éléments de confusion, de méfiance, de non-information, ont pu participer au fait qu’elle soit encore peu utilisée ou sous-utilisée, en tout cas en psychiatrie. La perspective d’adapter les procédures de directives anticipées aux modalités d’hospitalisation ou de réhospitalisation pour soins psychiatriques pourrait amener à réactualiser le rôle de la personne de confiance et à envisager une information tant des soignants que des patients et des personnes susceptibles d’être désignées.


Author(s):  
Sarah Benmoyal Bouzaglo

Le harcèlement scolaire (HS) est un problème de santé publique, avec des risques sociopsychologiques importants. De façon générale, les travaux en marketing ont très peu traité, de façon centrale, du rôle de la consommation dans le développement du HS à l’école chez les enfants et les adolescents. L’objectif principal de cet article est donc de proposer un cadre d’analyse pour l’étude du HS lié à des motifs de consommation relatifs aux produits et aux marques possédés, et à la culture de consommation. Pour ce faire, le HS, ses principales caractéristiques et les différents statuts des pairs impliqués (harceleurs, victimes et témoins) sont définis. Puis, une revue de la littérature sur les jeunes consommateurs permet d’aboutir à la proposition d’un cadre d’analyse structuré autour de variables individuelles et contextuelles pertinentes pour mieux appréhender le HS lié à la consommation. Des perspectives de recherche qui en découlent sont développées, et les implications de ces travaux futurs – pour les chercheurs en marketing, les politiques publiques, les écoles, les parents et les entreprises ciblant les jeunes – sont présentées.


2006 ◽  
pp. 25-32 ◽  
Author(s):  
Benoît Gaumer

À la fin des années soixante au Québec, à la faveur d’une enquête sur le domaine de la santé et du bien-être social, un modèle social est développé pour définir un nouveau « régime de la santé ». L’enquête n’a pas porté sur la santé publique, mais le ministère des Affaires sociales nouvellement créé regroupe mission sociale et mission de santé sous une même autorité centrale; des structures périphériques sont mises en place pour concrétiser ces missions, mais sans véritables liens entre elles. Au fil des années, plusieurs réformes du système de santé et de services sociaux vont se succéder, modifiant les structures sans bouleverser vraiment la nature de ces missions et leurs relations. En 1985, le ministère des Affaires sociales devient le ministère de la Santé et des Services sociaux; ce changement traduit un certain recul de la prise en charge de la dimension sociale de la santé. Par contre, la prise en compte de celle-ci dans la nouvelle politique de santé publique paraît encourageante.


2004 ◽  
Vol 2 (2) ◽  
Author(s):  
Verena Maag1

Résumé L’opinion publique sur la criminalisation ou la décriminalisation de l’usage de drogues est rarement basée sur des faits scientifiquement prouvés. Des notions préconçues en matière d’acceptation ou de tolérance de produits narcotiques déploient souvent plus d’impact. Actuellement, en Suisse, on discute de la décriminalisation du cannabis et l’on procède à une révision de la loi sur les stupéfiants. L’Office fédéral suisse de la santé publique a demandé à trois experts internationaux de réaliser une évaluation critique des expériences menées dans d’autres pays en matière de décriminalisation de la consommation de cannabis. Ces spécialistes ont remis à l’Office une étude comparative sur le plan européen, un survol de l’état des recherches menées aux États-Unis et en Australie, et une évaluation, dans une perspective historique, de la politique en matière de drogue en Italie. D’une manière générale, les trois rapports suggèrent qu’il n’existe pas un lien systématique entre la politique en matière de drogue et le taux de prévalence en ce qui concerne la consommation de cannabis ou de drogues illégales. Par contre, il s’avère que les frais de poursuite pénale et les conséquences négatives d’un usage illégal peuvent être réduits par des mesures de décriminalisation. Nous avons maintenant besoin de mener davantage d’études empiriques parce que, d’une part, les politiques publiques en matière de drogues se trouvent dans une phase de transformation et que, d’autre part, aucune étude fiable sur l’introduction de mesures de décriminalisation n’a encore vu le jour.


2010 ◽  
Vol 31 (1) ◽  
pp. 26-31
Author(s):  
C Ng ◽  
S Chatwood ◽  
TK Young

Contexte Les données sur l’arthrite et les autres troubles musculosquelettiques chez les Autochtones sont rares. Les données d’enquête montrent que l’arthrite et le rhumatisme figurent parmi les troubles chroniques les plus fréquemment signalés et que leur prévalence est plus élevée chez les Autochtones que chez les non-Autochtones. Objectif Décrire le fardeau de l’arthrite au sein de la population autochtone du nord du Canada et démontrer l’impact social et l’importance sur le plan de la santé publique de cette maladie. Méthodologie À partir de données transversales recueillies auprès de plus de 29 000 personnes autochtones âgées de 15 ans et plus et ayant participé à l’Enquête auprès des peuples autochtones de 2006, les différences régionales relatives à la prévalence de l’arthrite ont été évaluées, de même que les liens avec l’utilisation des services de santé et certains facteurs de risque et de comorbidité. Résultats Dans les trois territoires du Nord (le « Nord »), la prévalence de l’arthrite était de 12,7 %, alors qu’elle était de 20,1 % dans les provinces (le « Sud »). Dans le Nord comme dans le Sud, la prévalence était plus élevée chez les femmes que chez les hommes. Elle demeure moins élevée chez les Inuits qu’au sein des autres groupes autochtones. Les personnes atteintes d’arthrite étaient davantage susceptibles de fumer, d’être obèses, de souffrir d’autres maladies chroniques et d’être sans emploi. Les Autochtones atteints d’arthrite ont utilisé le système de santé plus souvent que ceux ne souffrant pas de cette maladie. Conclusion Les conclusions concernant l’arthrite et d’autres maladies chroniques chez les Autochtones ainsi que la reconnaissance des différences entre le Sud et le Nord seront profitables pour la planification de programmes et l’établissement de nouvelles priorités en matière de promotion de la santé.


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