scholarly journals Exploitation forestière, développement durable et stratégies de pouvoir dans une forêt tropicale camerounaise

2005 ◽  
Vol 29 (1) ◽  
pp. 49-79
Author(s):  
Antoine Lassagne

Résumé Dans le bassin du Congo, l’exploitation des ressources de la forêt a toujours été au coeur des formes les plus violentes de la relation coloniale. L’exemple de la région de la forêt du Dja dans le sud-est du Cameroun suggère que l’installation du pouvoir colonial s’est appuyée sur la mise en place d’un complexe « territoire-population-ressources », processus similaire à celui qui a eu cours en Occident dès la fin du XVIIe siècle. Nous pensons que cette « gouvernementalisation de la population », si l’on s’appuie sur cette notion proposée par Michel Foucault, est déterminante dans la compréhension des modes d’exploitation de la forêt en vigueur depuis la décolonisation jusqu’à aujourd’hui. Il nous est dès lors possible d’envisager les stratégies de pouvoir adoptées par les exploitants forestiers et par les acteurs du développement durable comme faisant partie d’un même dispositif de gestion combinée de la nature et du social. La nouvelle loi forestière adoptée par le gouvernement camerounais en 1994 apparaît comme le point de jonction du discours scientifique sur la population et la forêt tropicale et des intérêts du secteur forestier industriel. Dans ce contexte, les Badjoués qui habitent la périphérie de la Réserve de biosphère du Dja se trouvent être à la fois la cible des conservationistes et des exploitants forestiers.

2018 ◽  
Vol 8 (3) ◽  
pp. 1-14 ◽  
Author(s):  
Arturo Hernández-Huerta ◽  
Octavio Pérez-Maqueo ◽  
Miguel Equihua Zamora

*Full article is in SpanishEnglish Abstract:At the RISC 2017 International Congress, we reflected on the possibility of achieving a “sustainable, integral and coherent development.” We primarily report here on the panel of Mexican experts who shared their experiences on issues such as the impact of the international agenda on the local policy priorities, the relevance of the participation of local stakeholders and the occurrence of inconsistencies throughout the process of design and implementation of development policies. In addition, other experiences were presented on these issues, some of which are included in this special issue. The general conclusion was that not only is it possible to articulate a sustainable, integral and coherent development but also that approaches and tools are already emerging that favor it through an evidence-based policy management and the use of the growing “environmental big data” that already exists.Spanish Abstract: En el Congreso internacional RISC 2017 se reflexionó sobre la posibilidad de lograr un “desarrollo sostenible, integral y coherente”. En este artículo nos referimos principalmente al panel de expertos mexicanos que compartieron sus experiencias con nosotros sobre asuntos como el impacto de la agenda internacional sobre la local, la relevancia de la participación de los actores locales y la ocurrencia de incoherencias a lo largo del proceso de diseño y aplicación de las políticas para el desarrollo. Además, se expusieron otras experiencias sobre estos asuntos, que han sido recogidas en este número especial. La conclusión general es que se estima que no sólo es posible articular un desarrollo sostenible, integral y coherente, sino que están emergiendo enfoques y herramientas que favorecen propiciarlo a través de la gestión basada en evidencia y el aprovechamiento del creciente “big data ambiental” que ya está existe.French Abstract:Lors du congrès international Consortium pour la Recherche comparative sur l’intégration régionale et la cohésion sociale (RISC) 2017, organisé en coopération avec le programme d’innovation pour l’intégrité dans la gestion de l’environnement pour le développement et soutenu par des données massives (big data) et un apprentissage automatisé (i-Gamma), nous avons réfléchi à la possibilité de parvenir à un “développement durable, intégral et cohérent”. L’événement a ouvert de multiples opportunités de discussions sur le sujet, mais cette introduction est basée sur le panel d’experts mexicains qui ont partagé leurs expériences avec nous sur des questions telles que l’impact de l’agenda international à l’échelle locale, la pertinence de la participation des acteurs locaux et le surgissement d’incohérences tout au long du processus de conception et de mise en oeuvre des politiques de développement. Nous ferons également référence à d’autres expériences présentées autour de ces questions, en mettant l’accent sur les contributions de ce numéro spécial. En conclusion générale, nous pensons qu’il n’est pas seulement possible d’articuler un développement de manière durable, intégrale et cohérente, mais que des approches et des outils sont déjà en train d’émerger et favorisent une gestion fondée sur des données probantes et l’utilisation des « données environnementales à grande échelle » déjà existantes.


2018 ◽  
Vol 11 (1) ◽  
pp. 86-102
Author(s):  
Nejla JBARA

La responsabilité sociale des entreprises est une notion très répandue sur le plan international, aussi bien dans les pays développés que dans les pays sous-développés. Le Maroc ne fait pas exception : il adhère bel et bien à cette pratique, constituant depuis quelques années un chantier dans lequel innovation sociale et économique sont en plein développement. En bref, les entreprises qui y pratiquent sont amenées à jouer un rôle qui dépasse le cadre de leur activité économique, en participant au bien public, en luttant contre la pauvreté, l’analphabétisme, etc., ainsi qu’en promouvant le développement durable, la gouvernance, l’éthique et l’instauration d’une philosophie conforme aux droits de l’homme. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, on a pu distinguer trois vagues successives de conception de la RSE : dans les années 1950, la conception éthique aux États-Unis ; dans les années 1970-1990, la conception utilitariste aux États-Unis ; depuis 1990, la conception fondée sur la soutenabilité dans les pays européens occidentaux qui est loin d’être arrivée à maturité encore de nos jours. Dans notre article, nous essaierons de définir ces trois conceptions de la RSE en nous attardant aux différents termes qui ont vu le jour en association avec cette notion : éthique, gouvernance, développement durable, management responsable, etc. Nous exposerons en même temps le cas du Maroc, en tant que situation prometteuse d’intégration de la RSE dans les pays en développement. L’analyse de ces trois conceptions se fera dans une perspective historique, par la présentation des lieux et des dates d’apparition et de développement de cette notion, y compris de son développement historique au Maroc.


2015 ◽  
Vol 34 (2) ◽  
pp. 7-23
Author(s):  
Patrick ROUSSEAUX ◽  
Michel LICHOU ◽  
Osama ALKOSHAK

Comme tout le monde devrait le savoir, le développement durable repose sur trois piliers : l’économie, l’environnement et le social. Généralement, l’aspect « santé & sécurité » est considéré dans le pilier social. Autre postulat international moins bien connu : les trois piliers du développement durable doivent être évalués sur l’ensemble du cycle de vie des activités humaines (Extraction des ressources → Fabrication → Utilisation → Fin de vie). Les méthodes traditionnelles d'analyse des risques ne prennent pas en compte cette notion de cycle de vie. Une nouvelle méthode A.R.C.V. (Analyse des Risques de Cycle de Vie) a été proposée pour que cette notion essentielle soit intégrée dans l’analyse des risques. L’A.R.C.V. est ici présentée et illustrée par une application à deux filières énergétiques : l’éolien (Eo) et le photovoltaïque (PV).


2006 ◽  
Vol 5 (1) ◽  
pp. 139-164
Author(s):  
Isabelle Van Pevenage

RésuméLa recherche de plaisirs comme motif des consommations de cannabis s’exprime largement dans les discours profanes des usagers. Nous pourrions dès lors nous attendre à ce que cette quête de plaisirs constitue un argument dans le débat sur le statut juridique du cannabis. Cette recherche examine la place et le sens que prennent les plaisirs dans les témoignages tenus devant le Comité spécial du Sénat sur les drogues illicites (Comité Nolin) qui avait pour mandat de réexaminer la politique canadienne en matière de cannabis. Alors que la recherche de plaisirs constitue l’une des pierres angulaires de la constitution du sujet libéral, celle-ci n’apparaît que peu dans les témoignages. Lorsqu’ils sont évoqués, les plaisirs s’expriment dans trois « lieux » : les plaisirs sont dans les motifs, dans la substance ou dans les contextes. Ces plaisirs sont systématiquement pensés en lien avec la consommation de cannabis et non abordés dans une perspective plus large de rapport aux plaisirs. Nous pensons que cette difficulté de parler des plaisirs provient d’une part de la difficulté à saisir cette notion et, d’autre part, du caractère illégitime de la recherche de plaisirs à travers la consommation de cannabis.


2017 ◽  
Vol 42 ◽  
Author(s):  
Amaia Errecart

Nous nous intéressons dans ce texte à la dimension sociologique, mais également communicationnelle et discursive de l’innovation sociale. Or, si l’utilisation de cette notion dans la sphère économique et entrepreneuriale a fait l’objet d’un nombre important d’études provenant des champs académique et professionnel – l’innovation sociale y étant fréquemment associée aux politiques de « responsabilité sociale des entreprises », de « développement durable » –, son usage dans la sphère publique et politique a été jusqu’ici moins abordé, particulièrement sous l’angle des discours auxquels elle donne lieu. Nous voulons dans ce texte analyser la manière dont la notion d’innovation sociale, qui est porteuse d’une représentation singulière de l’idée de « monde commun », a émergé dans les discours institutionnels. Nous cherchons donc à appréhender le processus d’institutionnalisation de l’innovation sociale dans les discours. Inscrivant notre recherche en sciences de l’information et de la communication, nous nous appuierons également sur les apports théoriques de la sociologie pragmatique, notamment la grille de lecture proposée par Pierre Dardot et Christian Laval autour du concept de commun, à partir notamment des notions de « co-activité » et de « praxis instituante » (Dardot & Laval, 2014). Notre démarche méthodologique portera sur l'étude d'un corpus comprenant un ensemble de textes institutionnels, analysés à partir de la méthode de l’analyse discursive, choisie pour l’intérêt qu’elle accorde à la dimension rhétorique et argumentative du discours, et pour son ambition critique.


2014 ◽  
Vol 31 (1-2-3) ◽  
pp. 15-32 ◽  
Author(s):  
Frank Kessler

Le présent article propose une ré-interprétation du concept de “dispositif” dans une perspective de pragmatique historique. Partant du constat d’un retour sur la scène théorique de cette notion depuis une quinzaine d’années, l’auteur discute d’abord les difficultés de traduction et de transposition du terme dans des langues autres que le Français, pour ensuite se pencher sur la manière dont la notion est conceptualisée chez, d’un côté, Michel Foucault, puis chez Jean-Louis Baudry. Il propose par la suite de concevoir la notion de dispositif comme un outil heuristique permettant de comprendre les médias en tenant compte des usages qu’on en fait et de leur historicité.


Ethnologies ◽  
2016 ◽  
Vol 36 (1-2) ◽  
pp. 161-176 ◽  
Author(s):  
Véronique Guèvremont

S’il est fréquent d’associer la protection de la « culture » au « développement durable » – l’idée de préservation d’un patrimoine au bénéfice des générations présentes et à venir est en effet inhérente aux deux concepts – la définition classique du développement durable et le contenu de cette notion tel que précisé par certains textes fondateurs passent généralement sous silence l’importance de la culture pour le développement des sociétés. Pourtant, des liens juridiques intimes unissent désormais les deux notions, comme en témoignent les récents développements du droit international en ce domaine. Ces évolutions normatives, qui se fondent en grande partie sur une prise de conscience de l’inestimable contribution de la culture au développement durable des sociétés, tendent cependant à passer sous silence l’autre dimension de la relation, soit le potentiel que représente la notion de développement durable pour la protection des cultures. En utilisant l’exemple de la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, cette contribution vise à explorer ce potentiel en trois temps : en identifiant d’abord les instruments juridiques internationaux qui ont contribué à la reconnaissance explicite d’un lien entre la culture et le développement durable (I) ; en précisant, ensuite, le contenu conceptuel et juridique de cette notion de développement durable à laquelle sont attachés certains « principes de développement durable » (II) ; en procédant, enfin, à une analyse critique de la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel à la lumière de ces principes de développement durable (III).


Pflege ◽  
2004 ◽  
Vol 17 (6) ◽  
pp. 364-374 ◽  
Author(s):  
Heiner Friesacher
Keyword(s):  

In dieser Arbeit wird das Konzept der Gouvernementalität des französischen Philosophen Michel Foucault (1926–1984) vorgestellt und seine Übertragung auf die Pflegewissenschaft aufgezeigt. Der Begriff Gouvernementalität entstammt den Spätschriften Foucaults und bildet eine Fortsetzung, Erweiterung und Akzentverschiebung seiner einflussreichen Analytik der Macht. Die Problemkomplexe Staat und Subjektivität kann Foucault mit der strategischen Konzeption von Macht nicht hinreichend unter einer einheitlichen analytischen Perspektive untersuchen. Erst mit dem Begriff der Regierung und dem Konzept der Gouvernementalität findet Foucault eine befriedigende Analysemethode. Machtbeziehungen werden hierbei unter dem Blickwinkel von Führung untersucht; so lassen sich Sozialtechnologien und Technologien des Selbst in ihrer Beziehung zueinander analysieren. Mittels dieser Perspektivenerweiterung gelingt die Analyse neoliberaler Gouvernementalität. Es lässt sich eine Neudefinition des Verhältnisses von Staat und Ökonomie aufzeigen, wobei der Markt zum regulierenden Prinzip des Staates wird und das Ökonomische alle Bereiche menschlichen Handelns umfasst. Die bisherige Foucault-Rezeption in der Pflegewissenschaft schließt (bis auf wenige Ausnahmen) nicht an die Spätschriften Foucaults an und bleibt damit in ihren Möglichkeiten begrenzt. Exemplarisch wird in dieser Arbeit der Qualitätsdiskurs und die Problematik der Bedürfnisinterpretation untersucht. In beiden Feldern lässt sich zeigen, wie sowohl die Patienten als auch die Pflegenden im Sinne neoliberaler Subjektbildung geformt werden und letztlich pflegerisches Handeln zu ökonomischem Handeln transformiert wird.


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