Quelques questions fréquentes ou non résolues concernant l’anxiété et les troubles anxieux
Résumé Les champs des troubles liés à l’anxiété indiquent des progrès considérables dans les dernières décades aux plans de la conceptualisation du domaine et du traitement. Cependant de nombreuses questions demeurent ouvertes. Ainsi quelle est l’importance des troubles anxieux en termes de santé publique, quel est leur impact sur d’autres facteurs affectant la santé des populations, notamment l’abus de substances, et parmi celles-ci le tabagisme ? Des questions se posent aussi sur les mécanismes sous-jacents, biologiques ou psychologiques. Par exemple y a-t-il des schémas cognitifs prédisposant à l’anxiété pathologique ? Comment s’expriment physiologiquement l’hypervigilance et l’hyperréactivité décrites cliniquement ? Malgré les nosographies successives, certaines questions subsistent sur le périmètre des troubles anxieux. Par exemple, les troubles obsessionnels-compulsifs appartiennent-ils surtout aux troubles anxieux ou à une autre famille de troubles mentaux qui constitueraient un spectre de troubles obsessionnels-compulsifs ? Plusieurs questions pratiques interpellent les cliniciens : quelle est l’importance de facteurs thérapeutiques spécifiques dans les approches cognitivo- comportementales, existe-t-il une approche d’inspiration psychanalytique et une psychopharmacologie spécifiques aux troubles anxieux ? Des questions concrètes se posent aussi sur les modalités des traitements. Les approches de groupe ont-elles des avantages ? Quelle est la place de l’émotion dans le traitement cognitivo-comportemental ? Est-il utile d’associer des exercices d’autorégulation comme la méditation ? Les associations d’entraide, nombreuses dans ce domaine, jouent des rôles utiles mais ces rôles incluent-ils la psychothérapie ?