Écrire/Réécrire le/au féminin : notes sur une pratique
Résumé S’appuyant sur le fait que le phénomène de la réécriture est un effet de lecture lié à la reconnaissance du modèle d’une part et, d’autre part, à la complicité créée par la double conscience — celle de l’auteur et du lecteur — de son détournement, l’article propose quelques pistes en vue d’une configuration possible de la réécriture au féminin. Les figures du palimpseste ainsi examinées s’articulent autour de trois axes principaux : le contre-discours ou la contre-diction, la co-scénarisation ou l’adaptation, le déplacement ou la reprise. Des exemples tirés des oeuvres de diverses écrivaines, de Louky Bersianik à Nicole Brossard, de Pierrette Fleutiaux à Maryse Condé, Muriel Spark et Assia Djebar, sont convoqués pour illustrer les modalités de ces fictions « au second degré ». Ainsi envisagée sous l’angle de sa fonctionnalité et de sa visée pragmatique, la réécriture permet de déployer autrement la cartographie de l’écriture au féminin et d’en explorer les enjeux.